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jeudi 19 février 2009

Les derniers messages postés sur les différents blogs

Voici les liens vers les derniers messages postés sur Le Coin de Pierre :

//Rachida Dati : bientôt le film... sur sa vie ! (réactualisé), 19 février 2009
http://jfjpm.blogspot.com/2009/02/rachida-dati-bientot-le-film-sur-sa-vie.html

//Forums en génie civil et dans d'autres branches du génie, 19 février 2009
http://jfjpm-genie-civil.blogspot.com/2009/02/forums-en-genie-civil-et-dans-dautres.html

//A great civil engineer : Gregory P.Tschebotarioff (1899-1985), 19 février 2009
http://jfjpm-genie-civil.blogspot.com/2009/02/great-civil-engineer-gregory.html

//SÉNATORIALES AVRIL 2009 / Lavalas définitivement out !, 19 février 2009
http://jfjpm-politique.blogspot.com/2009/02/senatoriales-avril-2009-lavalas.html

//Guadeloupe: grève contre la vie chère accompagnée d'émeutes, 18 février 2009
http://jfjpm-politique.blogspot.com/2009/02/guadeloupe-greve-contre-la-vie-chere.html

//Jean-Claude Trichet (BCE) plaide pour une surveillance financière "rigoureuse", 19 février 2009
http://jfjpm-economie.blogspot.com/2009/02/jean-claude-trichet-bce-plaide-pour-une.html

//Pour Dominique Strauss-Kahn (FMI), il faut poursuivre l'assainissement financier, 19 février 2009
http://jfjpm-economie.blogspot.com/2009/02/pour-dominique-strauss-kahn-fmi-il-faut.html

//Génie civil/ Matériels de cours de base et de cours avancés en ligne, 16 février 2009
http://jfjpm-genie-civil.blogspot.com/2009/02/genie-civil-cours-de-base-et-cours.html

//Autres génies/ liens vers matériels de cours de base et de cours avancés, dans la colonne de gauche du blog suivant:
http://jfjpm-genie-civil.blogspot.com/

//Mathématiques/ Cours de base et cours avancés en ligne, 16 février 2009
http://jfjpm-maths.blogspot.com/2009/02/mathematiques-cours-de-base-et-cours.html

//Autres sciences/ liens vers matériels de cours de base et de cours avancés, dans la colonne de gauche du blog suivant:
http://jfjpm-maths.blogspot.com/

//Hervé Kempf: « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme », 15 février 2009
http://jfjpm.blogspot.com/2009/02/herve-kempf-pour-sauver-la-planete.html
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Dernière mise à jour, 19 février 2009, 17h48

dimanche 15 février 2009

Hervé Kempf: « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme »

C'est le titre du dernier livre du journaliste du journal Le Monde, Hervé Kempf, publié aux éditions du Seuil, Paris, 2009.

J'aurais pu écrire cet article soit sur le blog Le Coin de Pierre-Environnement, soit sur le blog Le Coin de Pierre-Économie générale, soit sur le blog Le Coin de Pierre - Politique. En fin de compte, je l'ai posté ici.

Parmi les hommes de notre temps dont les idées, dans une très large mesure, rejoignent les miennes, il y a Fidel Castro, Frédéric Poulon, Albert Jacquard, Hervé Kempf.

Selon Kempf, le capitalisme actuel, envahi par la spéculation et la corruption de ses dirigeants, a engendré une crise écologique qui menace les équilibres planétaires et une crise économique majeure.

Hervé Kempf croit que non seulement un autre monde est possible, mais encore il est à notre portée.

Selon lui, il faut sortir du capitalisme, c'est-à-dire, reconstruire une société où:
a) l’économie est un outil et non une reine;
b) la coopération est plus importante que la compétition;
c) le bien commun est plus important que le profit.

Dans une entrevue sur Radio-Canada cette semaine, Kempf mentionne qu'il ne s'agit pas de retourner à l'âge de la pierre, et, il résume toute sa pensée dans ce slogan: « plus de liens, moins de biens ». Entendez par là plus de liens entre les humains.


Parlant de «liens», en voici quelques-uns qui parlent de l'auteur et de son oeuvre:

//Hervé Kempf selon Wikipédia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Herv%C3%A9_Kempf
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http://lille.indymedia.org/breve1889.html
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//http://cybersolidaires.typepad.com/ameriques/2009/02/pour-sauver-la-plan%C3%A8te-sortez-du-capitalisme.html#more
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http://environnement.branchez-vous.com/2009/02/lenvironnement_est_une_priorit.html
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vendredi 2 janvier 2009

Des vœux pour 2009

La tradition veut qu’au passage d’une année à l’autre l’on fasse une pause, le temps de faire le bilan de l’année qui s’achève et de prendre des résolutions pour celle qui commence.

L’année 2008 a été riche en événements heureux ou malheureux aux quatre coins de la planète :

  1. Les forces armées colombiennes ont réussi à libérer Ingrid Bétancourt et quatorze autres prisonniers des mains des FARC à la suite d’une opération militaire soigneusement préparée.
  2. La Chine, pays organisateur des jeux olympiques, s’est révélée à la face du monde comme une nouvelle puissance économique ayant un potentiel impressionnant, capable de se développer à un niveau sinon supérieur, du moins équivalent à celui des pays développés.
  3. Les Etats-Unis d’Amérique ont écrit une nouvelle page d’histoire en élisant à la tête de leur fédération, pour la première fois, un afro-américain, Barack Obama, qui, avant la convention démocrate de 2004, il y a quatre ans à peine, était très peu connu sur la scène politique américaine.
  4. Des émeutes de la faim ont ébranlé les assises politiques de plusieurs dizaines de pays dont Haïti.
  5. Au cours de l’été, des ouragans ont causé des dégâts importants en vies humaines et en biens dans différents pays de la Caraïbe, en Haïti en particulier.

De grands défis attendent les dirigeants de nombreux pays développés et sous-développés, les dirigeants d’institutions internationales et les dirigeants de nombreuses grandes entreprises dans cette période de crises financière et économique.

Le Coin de Pierre souhaite que ces dirigeants fassent preuve de sagesse, d’esprit d’initiative et de bon sens pour, en bons pères de famille, prendre des décisions dont les effets soient bénéfiques pour tous et chacun des agents économiques (personnes physiques ou morales) dans tous et chacun des pays, petits ou grands.

En 2006, j’avais proposé, entre autres choses, de revisiter les théories expansionnistes de Keynes en économie, dans un processus de recherche d’une solution aux problèmes d’Haïti. J’avais alors dit que les valeurs auxquelles je crois, sur le plan politique haïtien en particulier, me portaient à être (et je le suis encore) « pro-keynésien ». J’avais également mentionné que ma formation de chercheur m’empêchait d’écarter a priori une théorie avant d’en avoir analysé les forces et les faiblesses vis-à-vis une situation donnée ou un problème donné. Ayant appris à faire reculer les frontières de la connaissance scientifique et étant entraîné à former d’autres chercheurs, je crois avoir acquis la capacité de remettre en question des théories établies, d’en proposer des améliorations ou de mettre au point de nouvelles. Ce point de vue n’a pas changé depuis.

A la fin de 2008, soit environ deux ans plus tard, pour faire face à la crise économique (récession) qui fait suite à la crise financière (crise des prêts hypothécaires dits des «subprimes») et qui finira par affecter pratiquement tous les pays du monde d’une manière ou d’une autre, j’entends presque quotidiennement, et brusquement, dans les médias, que les idées de Keynes redeviennent à la mode : on appelle les chefs d’état et de gouvernement à intervenir dans l’économie, en adoptant, en autres choses, des budgets expansionnistes, voire déficitaires, pour initier des grands travaux et aider les entreprises en difficulté à faire face à la crise dont l’ampleur et la durée ne sont pas encore déterminées.

On sait qu’aux trois grandes catégories d’agents économiques que sont : les intermédiaires financiers, les entreprises et les ménages, correspondent plus ou moins respectivement les trois grands types de fonctions (ou décisions) économiques que sont : le prêt, l’investissement et la consommation.

L’État est un agent économique à part dont les activités se répartissent suivant les trois fonctions ci-dessus, c'est-à-dire : trésor public (financement), production de biens publics et de services collectifs (investissement), dépenses de consommation publique des citoyens.

Le marché, lieu d’échanges de biens et de services entre les individus (les agents économiques), doit être régulé, surveillé, encadré par l’État sans supprimer la liberté individuelle. Sans ce contrôle par l’État, le marché s’autodétruirait par suite de ses excès de liberté débridée. C’est le cas du marché mondial jusqu'en 2008.

Il est en effet inconcevable et inadmissible :

  1. que des banquiers accordent des prêts hypothécaires à risque (trop élevés) à des ménages qui soient ensuite incapables d’effectuer de façon continue les paiements de leur hypothèque (crise des subprimes) ;
  2. que des banquiers s’accordent des boni de fin d’année de l’ordre de plusieurs dizaines de millions de dollars (de 25 millions à plus de 150 millions de dollars par banquier);
  3. que des banquiers et des dirigeants de grandes entreprises se paient, aux restaurants réservés à eux seuls, US $ 10 000 pour un petit verre d’apéritif ;
  4. que des personnes bardées de dipômes et un très grand nombre de travailleurs ne gagnent qu’un salaire à peine au-dessus du seuil de la pauvreté ;
  5. que le salaire des ouvriers n’a pratiquement pas augmenté de façon sensible depuis plus d’un quart de siècle ;
  6. que le Sida et la faim affectent une proportion de plus en plus grande de l’humanité.

Il est indéniable donc que de grands défis attendent le nouveau président américain Barack Obama et tous les autres dirigeants du monde entier.

Au nouveau président américain, Le Coin de Pierre souhaite, pendant la durée de son mandat, d’atteindre et de dépasser des réussites similaires à celles du président Franklin Delano Roosevelt, en coopération avec les autorités chinoises et les dirigeants des autres puissances, tout en tendant la main aux dirigeants et aux peuples des autres pays moins avancés, quelles que soient leurs idéologies, dans une sorte d’œcuménisme (réunion) politique mondiale.

À Haïti, notre cher pays d’origine, Le Coin de Pierre souhaite qu’à partir de 2009, enfin, les autorités politiques haïtiennes se ressaisissent pour organiser le pays et permettre à la démocratie de fleurir, comme un vaste jardin de roses où les jardiniers, au moment de prendre leur retraite, soient fiers de transmettre à leurs fils et à leurs filles un champ de fleurs de grande qualité qu’ils (elles) auront appris à cultiver, « si bien qu’au bout de l’an il en rapportera davantage ». Car leurs parents leur auront appris que « le travail est un trésor ». Haïti a besoin de tous ses fils et de toutes ses filles, tant de l’intérieur que de la Diaspora, maintenant et pour toujours.

mardi 14 octobre 2008

Paul Krugman, neo-keynésien, prix Nobel d'économie 2008



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Dr. Paul Krugman, économiste néo-keynésien, prix Nobel d'économie 2008
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Extraits du site Web de l'Université Princeton:
« Krugman was the only winner of this year's Nobel Memorial Prize in Economic Sciences. "By having shown the effects of economies of scale on trade patterns and on the location of economic activity, his ideas have given rise to an extensive reorientation of the research on these issues," the Royal Swedish Academy of Sciences noted in announcing the award today. »
« In addition to teaching and conducting research at Princeton, Krugman is a well-known columnist for The New York Times and one of the country's foremost liberal commentators on economic, political and policy issues, including the current crisis in the world's financial markets.»
« Krugman's work on international trade and economic geography represents a paradigm shift in research on global economics, noted Christina Paxson, chair of the Department of Economics. "The impact of Paul's research cannot be overstated," she said. »
« "Paul Krugman almost single-handedly changed the course of two centuries of thinking about international trade and economic geography," said Gene Grossman, the Woodrow Wilson School's Jacob Viner Professor of International Economics. "Whereas generations of economists thought about differences between countries as the basis for their trade, and about the natural advantages of locations as the basis for agglomeration, Krugman taught us that economies of scale motivates trade between similar countries, and that, in the presence of such economies, accidents of history can explain the growth of cities and regions." For example, Krugman's work has examined how economies of scale helped Rochester, N.Y., home of Eastman Kodak Co., become a hub for the photographic industry.»
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//Wikipedia en français:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Krugman
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//Wikipedia in English:
http://en.wikipedia.org/wiki/Paul_Krugman
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//Université Princeton
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//The conscience of a liberal
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mardi 7 octobre 2008

Plus de 230 économistes canadiens appellent à l’action en matière de changements climatiques

OTTAWA, 6 octobre – Plus de 230 économistes enseignant dans les universités canadiennes ont signé une lettre ouverte aux représentants des partis politiques fédéraux pour que des actions cohérentes sur le plan économique soit prises afin de lutter contre les changements climatiques. Parmi les signataires, on retrouve certains des économistes les plus réputés comme l’actuel et d’anciens présidents de l’association canadienne des économistes, des titulaires de chaires et des membres de l’ordre du Canada.

Cliquez sur le lien suivant pour lire l'article (en français ou en anglais):
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http://www.econ-environment.ca/
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N.D.C.D.P.-
Il y aura élections au Canada au niveau fédéral le 14 octobre prochain.
C'est dans ce contexte que se situe la prise de position des économistes canadiens.

Espérons que cet appel des économistes vienne donner un grand coup de pouce au candidat libéral Stéphane Dion et à son parti pour réussir à battre le Parti Conservateur de Stephen Harper (premier ministre sortant) qui mène largement dans les sondages.
Stéphane Dion propose le «tournant vert», tandis que Sephen Harper est plus timide en matière d'environnement.

vendredi 26 septembre 2008

Crise financière aux États-Unis: commentaires et analyses du professeur Joseph Stiglitz

Professor Joseph E. Stiglitz
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Cliquez sur le lien suivant pour lire les derniers articles du professeur Stiglitz.
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//A Better Bailout
http://www.thenation.com/doc/20081013/stiglitz
//
//Commentary: How to prevent the next Wall Street crisis
http://www.cnn.com/2008/POLITICS/09/17/stiglitz.crisis/index.html
//
//Site Web du Professeur Stiglitz
http://www.josephstiglitz.com/
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//Lien de l'Université Columbia conduisant à divers articles
http://www2.gsb.columbia.edu/faculty/jstiglitz/Crisis.cfm
//

lundi 18 août 2008

Des idées pour l'action / 2008-2011 : Une feuille de route

N.D.C.P.- Au moment où un nouveau premier ministre et un «nouveau» cabinet vont entrer en fonction, Le coin de Pierre reproduit un article de M. Marc L. Bazin publié dans le Nouvelliste au mois de mai dernier. Il contient des idées qui peuvent être mises en application pour « le plus grand bien du plus grand nombre » .

Des idées pour l'action / 2008-2011 : Une feuille de route

Par Marc L. Bazin
Marclouisbazin@hotmail.com

Face aux émeutes de la faim, nous sommes une fois de plus à la croisée des chemins. La conjoncture est pleine de périls. Entre un Président omni présent et le Parlement divisé, de plus en plus décidé à ne pas céder la moindre parcelle de son pouvoir, un Premier Ministre nouveau va devoir se frayer sa voie vers l'efficacité. La crise alimentaire va certainement s'aggraver, car les causes qui l'ont engendrée -notre faiblesse de production et la montée des prix internationaux- ne vont pas disparaître du jour au lendemain. Les solutions envisagées au plan national, et ceci est conforme à la nature des choses, ne sont que des palliatifs. On bouchera un trou ici, un trou là, mais le problème de fond restera entier. Pour sa part, la communauté internationale crée des Fonds d'urgence et s'apprête à intervenir aussi bien au plan mondial qu'au plan régional. C'est bien. Mais personne de bonne foi ne devrait nier le lien qui existe entre d'une part, la crise alimentaire mondiale et d'autre part, le protectionnisme des pays développés, le tout aggravé par l'illusion des années 80 qui consistait à croire que l'industrie absorberait l'excédent de main d'oeuvre libérée par le déclin de l'agriculture.
De toutes façons, la communauté internationale ne nous doit rien. Une fois éteints les pleins feux de la presse internationale, le silence s'abattra sur nous et sur nos malheurs comme jadis, une chape de plomb s'était abattue sur le Sahel et sa sécheresse.
Le moment est donc venu pour nous Haïtiens de nous regarder en face et de nous reprendre en mains. Le texte qui suit est notre contribution à cet essai national nécessaire de reprise en mains. Ce que nous proposons n'est pas un plan de développement. Ce que nous proposons est une feuille de route. Comme toute feuille de route, elle se situe à l'intérieur d'un temps donné 2008-2011 et est assise sur une liste de priorités.
Ce texte est en trois points, comme suit :
A.- Une globalisation ratée
B.- Ni Etat faible, ni Etat fort mais un Etat utile
C.- Une feuille de route 2008-2011
A.- Une globalisation ratée
Avant d'exposer la feuille de route, situons-en le décor et l'arrière plan.
Nous sommes dans la globalisation. Qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, le vaste mouvement d'intégration des économies qui, à travers des bouleversements technologiques extraordinaires ''a fait se rencontrer le temps et la géographie dans un télescopage dramatique'', est un fait de la vie. La seule question que nous devons résoudre est celle de savoir comment la tourner à notre avantage. Pour nous accommoder de la globalisation, nous avons, depuis les années 1980, procédé à un nombre important de réformes. Ces réformes n'ont conduit ni à la croissance économique ni à l'égalité des chances. Depuis 4-5 ans, nous avons contrôlé le déficit budgétaire. Nous avons réduit l'inflation. Mais, contrairement aux attentes, ni la croissance ni les investissements n'ont augmenté. Entre l985 et 1995, nous avons ouvert notre économie à un rythme tellement accéléré et tellement en profondeur que nous sommes classés par le Fonds Monétaire Toutefois, comme le premier de la classe en Amérique latine et dans la Caraïbe. Malheureusement, la libéralisation du commerce qui était censée nous permettre d'utiliser les facteurs de production dans lesquels nous avons un avantage comparatif, notamment notre main d'oeuvre, pour augmenter nos importations, n'a pas donné les résultats escomptés. Au contraire. Ce sont nos importations qui ont augmenté, passant de $500 millions en 1995 à $1,6 milliard aujourd'hui. Dans le même temps, nos exportations, au mieux, ont stagné, plafonnant à $500 millions dont $440 pour l'assemblage. Les réformes n'ont pas attiré les capitaux étrangers privés. Nous sommes restés tributaires de l'aide publique officielle internationale, laquelle fluctue continuellement et est associée, la plupart du temps, à de nombreuses conditions. Nous avons raté l'entrée en globalisation.
B.- Un Etat ni faible, ni fort mais un Etat utile
La raison essentielle du ratage est que la globalisation, l'ouverture, les libéralisations ne servent à rien si elles ne s'accompagnent pas de mesures complémentaires. Le défi pour nous est de concevoir et de mettre au point un arsenal de politiques qui donnent la garantie que notre pays pourra se saisir des opportunités qu'apporte la globalisation, de telle façon que nos pauvres bénéficient de l'intégration dans l'économie mondiale et en même temps soient protégés des coûts inévitables qui sont la rançon des rapides changements sociaux politiques et économiques. De telles mesures complémentaires ne peuvent intervenir que par l'action de l'Etat. Malheureusement, la conception que nous avons aujourd'hui du rôle de l'Etat est inappropriée. Dans l'esprit de la plupart de nos dirigeants, le fait que les réformes impliquent la liberté des marchés, tendrait à signifier ''moins il y a d'Etat, mieux cela vaut''. Ce n'est pas la bonne approche. La bonne approche, c'est celle qui postulerait ''davantage de marché mais un meilleur Etat, un Etat utile. L'Etat d'aujourd'hui, ce n'est pas moins d'Etat mais un non-Etat. Aussi longtemps que l'Etat sera un non-Etat, aucune des mesures d'intégration à l'économie mondiale que nous avons prises ne produira d'effets. Ce qu'il nous faut, c'est une nouvelle vision du rôle de l'Etat dans l'économie. Pour exécuter la feuille de route, il nous faudra donc opérer la transition entre l'approche de maintenant qui repose sur le postulat ''Davantage de marché et moins d'Etat'' et une autre approche basée sur un meilleur Etat, dont les interventions seraient plus nettes, plus cohérentes et davantage orientées vers l'amélioration des conditions des pauvres. Le problème, ce n'est donc pas « plus d'Etat ou moins d'Etat » mais un Etat plus engagé, plus responsable et plus clairvoyant dans ses interventions.
Quels sont les soubassements de l'Etat utile ?
Un Etat utile, c'est un Etat qui donne les biens publics-la sécurité physique pour les personnes et pour les biens, la fiabilité pour les transactions, la garantie d'un système judiciaire compétent, honnête et crédible-la réduction du taux d'accroissement démographique pour éviter que tous autres efforts de développement ne soient en pure perte - l'amélioration de la gouvernance par le maintien de la stabilité macro économique, la réduction des règlements et complications administratives qui encouragent la corruption et la recherche des privilèges, une fonction publique de gens compétents dont la carrière est à l'abri des aléas politiciens, de meilleures procédures de contrôle de ses actions (Parlement, Cour des comptes, Unité de lutte contre la corruption, Presse) et la décentralisation, entendue comme le transfert effectif aux autorités locales des sphères de compétences qui leur sont allouées par la Constitution . Sur la base de ces préalables, l'Etat utile devrait à partir de maintenant, s'assigner huit points.
C.- Les huit priorités de l'Etat utile :
I.- Réduire les inégalités
Le peuple tolère moins la faim quand il sait -et voit- que d'autres ont les moyens de manger davantage que de raison. Réduire les inégalités est donc une contribution utile à l'apaisement, à tout le moins à l'espacement des violences. Réduire les inégalités est également un objectif prioritaire parce que réduire les inégalités présente le triple avantage de réduire la pauvreté, d'augmenter le potentiel de réduction de pauvreté de toute croissance et de permettre aux pauvres de participer à la croissance. Mais la question principale est celle des mécanismes de réduction des inégalités. Nous pensons qu'il convient rapidement de procéder à une refonte du système fiscal qui fasse porter le poids de la pression davantage sur le revenu que sur la consommation et la dépense. S'agissant de l'accès à la terre, notre préférence va à une politique d'encouragements et de subventions aux petits paysans pour leur faciliter l'achat collectif de terres aux grands propriétaires, et à une politique fiscale qui pénalise les absentéistes. De manière générale, il est urgent de créer des filets de protection sociale dont les bénéficiaires seraient soigneusement identifiés grâce à une politique dont la mise en oeuvre serait confiée aux églises et aux organisations de bienfaisance.
II.- Créer l'emploi
Le chômage, i.e. le manque d'un revenu stable, est source de pauvreté, 70% des Haïtiens sont au chômage. Créer l'emploi réduit la pauvreté. Créer l'emploi passe par :-des politiques qui augmentent la demande de main d'oeuvre. Il s'agit donc de toutes les politiques qui encouragent l'investissement aussi bien la stabilité macro économique que la création d'un climat d'incitation favorable comprenant la paix, la sécurité et la disponibilité des services d'électricité, de ports, de téléphones indispensables à la production, l'élimination des entraves légales, réglementaires et administratives à la création d'entreprises, en bref, il s'agit de toutes mesures qui font baisser le coût des transactions.-l'encouragement à la création et à la productivité des petites et moyennes entreprises à travers des programmes de formation professionnelle, l'accès au crédit, et la promotion de secteurs d'activités favorables à la création d'emplois, tels que le tourisme et les constructions de logements ainsi que des programmes de création d'emplois publics dans les infrastructures et dans le secteur agricole-la formalisation de l'informel par la formalisation des titres de propriété des occupants de terrains actuellement sans titre et leur accessibilité au secteur bancaire- l'accès à de nouvelles facilités de pénétration des marchés extérieurs pour l'exportation-l'accès au Guest Worker programme de travailleurs haïtiens aux U.S.A.-la création d'emplois publics non agricoles-l'élargissement des liens avec l'économie globale par le maintien d'un taux de change compétitif, le soutien fiscal et financier aux entreprises à capacité et à volonté d'exportation, l'intensification des relations d'échanges avec le CARICOM, une participation plus active aux négociations internationales visant à augmenter l'ouverture du commerce mondial.
III.- Dynamiser le secteur agricole
Les pauvres dépendent plus que proportionnellement de l'agriculture. Les mesures intervenues au début des années 80 et qui visaient à promouvoir l'agriculture à travers des dévaluations du taux de change, la suppression des offices de commercialisation et la réduction des taxes à l'exportation ont échoué à augmenter la production nationale et à améliorer le revenu paysan. Mais nous devons bien nous rendre à l'évidence, les changements d'incitation par les prix ne sont jamais parvenus au niveau de l'exploitant agricole. En fait, c'est beaucoup plus grave : c'est le système même d'incitation par les prix qu'il convient de remettre en cause car il s'est révélé impropre à dynamiser le secteur agricole. De plus, même si un système d'incitations par les prix arrivait à améliorer le revenu du paysan pauvre, le système jouerait contre les intérêts du consommateur pauvre, en sorte que l'effet net sur la réduction de la pauvreté serait nul. L'action doit donc porter sur l'amélioration de la productivité, laquelle passe nécessairement par des investissements publics substantiels dans l'infrastructure rurale, l'irrigation, le crédit, la recherche, l'encadrement, la promotion d'exportations agricoles non traditionnelles, l'octroi d'avantages incitatifs et une politique systématique, organisée, et volontariste d'opposition au protectionnisme des pays développés.
IV.- Augmenter la contribution du secteur bancaire à la croissance
La libéralisation financière n'a pas produit les résultats escomptés. L'Etat doit maintenant intervenir. 80% des avoirs du secteur bancaire sont concentrés entre les mains de trois banques et 10% des emprunteurs individuels comptent pour 80% des crédits alloués par les banques. Le crédit est cher. Le système ne finance pas l'agriculture, fer de lance de la relance. Le système est fortement dollarisé, la part des dépôts en devises étrangères par rapport au total des dépôts représentant plus de 50%. À quoi il faut ajouter qu'une politique de dollars relativement pas chers a encouragé les Haïtiens à emprunter en dollars plutôt qu'en gourdes au point où les prêts en dollars représentent une proportion très élevée du total des prêts du système. Fin 2006, le portefeuille des institutions de micro crédits ne représentait qu 15% du total des crédits du système bancaire et leur contribution se limite au financement des fonds de roulement de petites entreprises engagées dans le commerce et est sans impact sur le capital fixe et les activités de production. Du secteur des assurances et de sa capacité à absorber de gros chocs, on sait peu de chose. Pas davantage on ne sait l'état réel des fonds de pension (publics ou privés) et encore moins leurs méthodes de gestion de portefeuille.
L'Etat doit donc
i) encourager le secteur bancaire à financer la croissance,
ii) se doter d'un instrument capable d'accorder des crédits à des secteurs considérés comme prioritaires à des conditions favorables et à donner sa garantie aux banques commerciales sur les mêmes opérations,
iii) décourager les banques, en renforçant la compétition, de la pratique actuelle qui consiste à garder à un niveau très bas les taux d'intérêt sur les dépôts et très élevés les taux d'intérêt sur les prêts et de consacrer une grande part de leur financement aux bons BRH sans risques.
V.- Satisfaire la demande en services d'infrastructure
Notre stock d'infrastructure est insuffisant. La disponibilité en matière d'infrastructure est indispensable à la croissance, car elle est source de plus grande productivité, de prix de production plus bas, de plus grande rentabilité pour les entreprises et par suite d'encouragement à l'investissement et à l'augmentation du potentiel de croissance. Les services de production de ports, d'électricité et de télécommunications doivent être privatisés ou donnés en concession pour une exploitation rentable qui soulagerait le budget et inciterait le secteur privé à prendre des risques.Pour ce qui est des routes, les dotations actuelles de Fonds Routier ne suffiront pas à la tâche. De même, l'ampleur de besoins dépasse les capacités du secteur privé. C'est donc à l'Etat qu'il revient d'en assumer principalement la charge.
Plusieurs formules de financement sont envisageables:
-l'élargissement et l'extension des taxes basées sur la consommation des produits pétroliers affectées à la construction de routes
-dans le calcul du déficit budgétaire, un traitement différencié du recours à l'emprunt ou à la Banque Centrale selon qu'il s'agirait d'une dépense en capital, destinée à produire des bénéfices, ou de simples dépenses de fonctionnement à fonds perdus
-un système de partenariat public privé dans lequel le privé investirait et se rémunèrerait par des prélèvements sur les usagers sur la base d'un accord avec l'Etat
-l'émission publique de bons à souscrire par le secteur financier avec, au besoin, la garantie d'organisations internationales de financement
-l'émission de bons par l'Etat garantis par les envois en devises de la diaspora.
VI.- Améliorer le capital humain
Le point le plus important de l'amélioration du capital humain est la réduction du taux d'accroissement de la population. À défaut de réduire le taux d'accroissement de la population, tout ce que nous pourrions faire pour sortir de la pauvreté serait ''lave men siye a tè'', c'est un piège de pauvreté indéfini dans le temps et dans l'espace. Réduire la taille des familles est non seulement une garantie de meilleures conditions de santé et de nutrition mais un moyen puissant de réduction des inégalités. Ceci dit, l'amélioration du capital humain passe non seulement par une augmentation substantielle des ressources publiques à l'éducation et à la santé mais par une priorité aux pauvres pour ce qui est de l'augmentation de ces allocations et l'élimination des frais d'inscription, d'écolage, de livres et d'uniforme à la charge des parents pauvres, notamment dans le domaine de l'enseignement primaire.
VII.- Adapter la politique budgétaire aux circonstances du moment
Nous avons, dans un article précédent, traité de la question de la politique budgétaire actuelle et de ses incidences sur la lutte contre les émeutes de la faim et contre la pauvreté, mais vu l'importance de la question, il nous semble devoir répéter notre position. Nous sommes pour la stabilité macro économique. Nous sommes d'accord qu'elle passe par des politiques budgétaires responsables, appuyées sur la réduction des dépenses, l'augmentation des recettes, le contrôle du crédit et des politiques de taux de change flexibles. Mais dans les circonstances d'aujourd'hui, les vraies sources de l'inflation sont ailleurs que chez nous et nous n'en avons pas le contrôle. De plus, nous ne pensons pas, compte tenu de la vaste capacité de production actuellement sous-utilisée, qu'il soit indispensable, pour contrôler l'inflation, de maintenir à zéro le niveau de déficit budgétaire autorisé, ni qu'il soit indispensable de réduire ce déficit en un an plutôt qu'étalé sur une plus longue période, ni non plus qu'il faille maintenir cette exigence au-delà de la période minimale nécessaire à faire naître la confiance du secteur privé.
VIII.- Réaménager les rapports avec l'aide internationale
Quand elle est de faible niveau, instable dans son volume et aléatoire, l'aide internationale ne contribue pas à la croissance de manière satisfaisante.
Le réaménagement des rapports se présenterait comme suit:
i) l'aide devrait s'adapter aux besoins nouveaux découlant des émeutes de la faim, aussi bien quant à son montant et sa souplesse que dans la recherche d'un équilibre satisfaisant entre la stabilité macro économique et les besoins pressants d'investissements dans les infrastructures, la relance de l'agriculture, la création d'emplois et la satisfaction des besoins en matière de santé et d'éducation.
ii) l'ouverture des marchés des pays développés à nos exportations devrait être encouragée
iii) le soulagement de la dette devrait intervenir à un rythme plus rapide
iv) Nos propres stratégies et priorités devraient être mieux comprises
v) l'aide devrait passer en priorité par le gouvernement et utiliser des mécanismes de comptabilisation qui permettent d'éviter les complications, les litanies de rapports et la balkanisation du budget
Conclusion
Notre politique économique actuelle est basée sur le modèle des marchés libres, de la libéralisation des marchés financiers, de la libéralisation du commerce et de la stabilité macro économique. Faute des instruments qui l'auraient rendue efficace, cette politique ne marche pas. Sans doute le DRSP n'est-il pas mort. Loin de là. Mais dans sa version macro économique, le niveau de rigueur qu'il sécrète est devenu incompatible avec les récentes explosions de la faim, lesquelles pourraient à tout moment remettre en cause n'importe quel équilibre macro économique, de quelque prix humain et social qu'il ait été payé. La crise alimentaire nous fournit une opportunité de remettre en cause la version de stabilisation macro économique de la politique actuelle. Mais il faut la remettre en cause pour un temps limité -3 ans - dans des conditions de clarté, de logique interne et de discipline qui garantissent l'efficacité et le succès de la démarche nouvelle, l'objectif final étant de réduire la pauvreté et, par suite, de rendre notre pays moins instable et davantage propice à l'investissement et à la croissance.
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