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samedi 10 mai 2008

Croissance démographique : opportunité ou menace pour la croissance ?

Par Thomas Lalime
thomaslalime@lematinhaiti.com

Notre collaborateur Rock André et son camarade Joseph Junior Guerrier ont soutenu hier jeudi 8 mai 2008 au Centre de techniques, de planification et d’économie appliquée (CTPEA), leur mémoire de sortie pour l’obtention du diplôme supérieur en planification au terme de quatre années d’études spécialisées.
Un jury composé du responsable de la planification au CTPEA, M. Théophile Roche, président, M. Daniel Milbin, lecteur critique et M. Frédéric Gérald Chéry, directeur de thèse, ont passé au peigne fin le document intitulé : « Croissance démographique et pauvreté : une analyse de la situation d’Haïti sur la période 1980-2003 ».
Après une présentation du travail par les auteurs, la parole a été accordée au lecteur critique pour ses commentaires, puis au directeur de thèse et au président du jury qui ont apprécié et critiqué le texte dans tous ses compartiments. Ce, disent-ils, dans l’idée de permettre aux nouveaux planificateurs de s’améliorer et de peaufiner le document.
Au terme de la discussion qui a permis aux présentateurs de faire la lumière sur les appréhensions du jury, celui-ci, après délibération, a attribué la note de 76/100 aux anciens étudiants de la promotion 2000-2004.
Les objectifs et hypothèses de l’étude
Une population en nette augmentation, des ressources en très faible quantité, résume un peu l’objet du travail. Résultat : un déséquilibre, avec une balance qui penche d’un côté, telle est bien la situation d’Haïti. Tel est aussi le schéma qui illustre la page de couverture du document qui part du constat qu’entre 1980 et 2003, le taux de croissance de l’économie haïtienne a été globalement négatif: -0,94 % entre 1981 et 1985 ; -0,20 % entre 1986 et 1990 ; -3,84 % entre 1991 et 1995 ; 1,91 % entre 1996 et 2000 et -0,41 % entre 2001 et 2003 (MPCE/PNUD, 2006). Pendant cette même période, la population n’a cessé de croître, passant de moins 5,035 millions d’habitants en 1980 à 8,37 millions d’habitants 2003.
Les auteurs se proposent donc de déterminer les implications de cette croissance démographique sur le niveau de pauvreté en Haïti. Aussi, s’intéressent-ils, à étudier l’impact des politiques nationales de population sur la croissance démographique en Haïti de 1980 à 2003 et à analyser l’évolution de l’accès aux services de base en regard de l’augmentation de la population. Il fallait donc tester l’hypothèse principale selon laquelle, sur la période 1980-2003, la croissance démographique a conduit à une augmentation du niveau de pauvreté en Haïti, en provoquant une déviation des ressources vers la consommation au détriment des investissements.
Sur cette directive de base, se greffait d’autres hypothèses secondaires : Plus il y a de membres dans un ménage, plus difficile est l’accès aux services de base ; l’accroissement rapide de la population haïtienne constitue un obstacle à l’accumulation du capital nécessaire à la croissance économique, les politiques nationales de population n’ont pas contribué à ralentir le rythme de croissance de la population de 1980 à 2003. Pour vérifier cette hypothèse, les auteurs ont utilisé la méthode hypothéticoinductive, l’approche qualitative et quantitative couplée de recherches documentaires, d’observation et d’entretiens.
Un grand écart entre les objectifs fixés et les résultats obtenus
Rock et Joseph ont étudié la tendance démographique en Haïti à travers les indicateurs suivants : natalité, fécondité, mortalité, émigration et urbanisation en supposant que l’évolution des variables démographiques considérées n’est pas influencée par les politiques nationales de population, mais plutôt résulte des comportements individuels pour échapper à la pauvreté.
À noter qu’un document de politiques de population publié en 1986 par l’État haïtien fixait un certain nombre d’objectifs à atteindre à l’horizon 2000, concernant les variables démographiques. Il fallait faire passer le taux brut de natalité de 36 pour 1000 en 1986 à 20 pour 1000 en l’an 2000 et le nombre moyen d’enfants nés vivants de 5,48 à 3 enfants par femme, augmenter d’ici l’an 2000 l’espérance de vie à la naissance de 48 ans à 65 ans et le taux brut de mortalité de 17 pour 1000 à 8 pour 1000, réduire la croissance de la population rurale, stabiliser le taux d’accroissement de la population de l’aire métropolitaine, accélérer la croissance des quatre plus grandes villes régionales, développer les villes moyennes, accélérer la croissance de tous les autres chefs-lieux de commune, de sorte que leur population ne soit pas inférieure à 2000 habitants en l’an 2000. Le programme visait également à faire passer le taux de migration de 5 pour 1000 à 0 pour 1000 en l’an 2000. Et parmi les mesures à appliquer pour aboutir à ces résultats, on comptait le programme de protection materno-infantile et de planification familiale en vue de faire passer le pourcentage de femmes utilisant la contraception de 25 % à 60 % en l’an 2000, la promotion de l’allaitement maternel, l’amendement de la loi sur l’avortement, le développement de la médecine préventive, la promotion d’un développement régional équilibré sur le territoire, la maîtrise de la croissance de Port-au-Prince et une meilleure occupation de l’espace et l’augmentation de la production nationale et l’amélioration de la répartition du revenu national.
Au 12 janvier 2003, 8 373 750 habitants vivaient en Haïti où l’on enregistrait un taux de croissance annuel de 2,5 % l’an, un taux brut de natalité de 28 naissances vivantes pour 1000 habitants en 2003, un indice synthétique de fécondité de 4 enfants par femme et un taux de mortalité infantile qui est passé de 101 pour 1000 en 1987 à 74 pour 1000 en 1994, pour remonter à 80 pour 1000 en 2000. Ce qui a poussé, au cours du débat, certains membres du jury à avouer qu’aucune politique de population n’a été jusqu’ici appliquée, en dépit de l’élaboration de divers documents.
La pauvreté haïtienne revêt, aux yeux des présentateurs, une dimension multiple. Cette dernière se traduit à travers un certain nombre de manques et de besoins non satisfaits, qui touchent à des domaines divers, dont les fondamentaux sont l’accès à la santé, l’accès à l’éducation, l’alimentation, l’accès au logement et l’accès à l’eau potable. L’ensemble des insuffisances par rapport à ces différents besoins donne l’ampleur de la pauvreté en Haïti. Selon les différentes enquêtes et recensement de l’Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI), ces indicateurs dénotent un déni d’accès de la population haïtienne à ces services sociaux de base. D’où la conception d’Amartya Sen de la pauvreté. En ce sens, on est tenté de croire que la croissance de la population conduit à la pauvreté. Mais, eu égard au poids du capital humain dans le processus de croissance qui demeure l’élément fondamental de lutte contre la pauvreté, la relation devient donc moins évidente. D’ailleurs, contrairement à Thomas Robert Malthus, Jean Bodin disait il n’y a de richesse que d’hommes. Le processus de développement doit donc se faire par l’homme et pour l’homme. La croissance démographique constitue-t-elle une opportunité ou une menace pour la croissance économique ? La réponse n’est pas toujours évidente. La croissance démographique, selon Rock et Joseph, demeure sans conteste un défi majeur que la société haïtienne se doit d’affronter en vue d’y trouver des solutions appropriées. Les quelques initiatives entreprises dans le passé n’ont pas abouti à des résultats satisfaisants, puisque les problèmes liés à l’accroissement de la population demeurent entiers. Selon l’IHSI, la population haïtienne atteindra le nombre de 17 millions de personnes en 2030, si le rythme actuel de croissance de la population se maintient. Quand on considère que l’économie haïtienne n’est pas en mesure de procurer un niveau de bien-être acceptable à 8 millions de personnes, il y a de quoi s’inquiéter pour l’avenir.
vendredi 9 mai 2008
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http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=12731
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mercredi 9 janvier 2008

Deux prix Nobel pour changer les instruments de mesure de la croissance

N.D.C.D.P.

Voici une très bonne décision du Président français Nicolas Sarkozy.
Les résultats du travail confié aux deux spécialistes en économie, MM. Joseph Stiglitz et Amartya Sen, seront utiles non seulement à la France qui a commandé l'étude, mais aussi au monde entier.

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Sources: PARIS (AFP) et édition du 9 janvier 2008 du journal Le Matin

Le président Nicolas Sarkozy a confié à deux prix Nobel d’économie, l’Américain Joseph Stiglitz et l’Indien Amartya Sen, une mission de réflexion sur la croissance qui prenne en compte le bien-être économique au-delà de la simple mesure du produit intérieur brut. «Il faut changer notre instrument de mesure de la croissance», a déclaré lors d’une conférence de presse le chef de l’Etat, estimant qu’il fallait réfléchir «aux limites de notre comptabilité nationale et de PNB (Produit national brut)».


Les nouveaux indices devraient mieux prendre en compte la perception des Français, qui «n’en peuvent plus de l’écart grandissant entre des statistiques qui affichent un progrès continu et des difficultés croissantes qu’ils éprouvent dans leur vie quotidienne», a estimé M. Sarkozy. «Cela mine la croissance, car plus personne ne croit en l’économie», a-t-il ajouté, au moment où des menaces pèsent sur la croissance et le pouvoir d’achat des Français. M. Sarkozy a indiqué qu’il avait demandé à «deux prix Nobel d’économie qui ont beaucoup travaillé sur ces questions d’accepter de conduire cette réflexion». «Amartya Sen a accepté de m’apporter ses conseils et Joseph Stiglitz de présider le comité d’experts.»


M. Stiglitz a confirmé à l’AFP qu’il présiderait une telle commission, avec la collaboration de M. Sen. Le calendrier des travaux n’a pas encore été fixé, a-t-il indiqué, mais il vise un résultat «à moyen terme», c’est-à-dire d’ici environ 18 mois.


Le «large mandat» confié à l’universitaire américain, connu pour son franc parler et ses positions altermondialistes, vise «à mettre en place une commission d’étude sur la question de savoir comment mesurer le bien-être», a-t-il dit. Selon lui, «il y a depuis longtemps un fort sentiment, parmi les économistes professionnels, que le produit intérieur brut (PIB) n’est pas un bon instrument de mesure». «Il ne mesure pas convenablement les changements qui affectent le bienêtre, il ne permet pas de comparer correctement le bien-être dans différents pays», a-t-il précisé. Or, en tant que dirigeant politique, «si vous essayez de maximiser le PIB et que le PIB n’est pas un bon instrument de mesure, vous cherchez à maximiser la mauvaise chose et cela peut-être contreproductif», a-t-il estimé. L’OCDE travaille sur le même sujet, en collaboration avec la Commission européenne et la Banque mondiale notamment, et a tenu deux conférences sur ce thème l’an dernier à Rome puis à Istanbul.


Joseph Stiglitz, 64 ans, actuellement professeur à l’université de Columbia à New York, a reçu le prix Nobel d’économie 2001 pour ses travaux sur l’influence de la distribution inégale des informations sur le comportement des marchés financiers.Amartya Sen, 74 ans, a obtenu le prix Nobel en 1998, pour ses travaux portant notamment sur l’économie du bien-être, la théorie du développement humain et les inégalités.
mercredi 9 janvier 2008
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//Le texte ci-dessus provient du lien ci-dessous:
http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=10530
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vendredi 12 octobre 2007

Stabilisation et croissance économique : une équation difficile à résoudre

SOURCE: Le Matin du vendredi 12 octobre 2007

Par Kesner Pharel
kesnerpharel@lematinhaiti.com

Le grand argentier de la nation, Daniel Dorsainvil a annoncé cette semaine que le gouvernement compte maintenir le programme de stabilisation économique entamé depuis 2004 par le gouvernement intérimaire de Gérard Latortue. En effet, une sérieuse correction a été réalisée sous la direction du ministre de l’Économie et des finances de la précédente équipe gouvernementale, Henri Bazin, avec un contrôle rigoureux des dépenses publiques et une augmentation des recettes publiques. Ce qui avait permis d’éliminer la monétisation du déficit budgétaire dans l’économie nationale. Cette politique de stabilisation avait permis de réduire les fortes pressions inflationnistes enregistrées durant les premières années de la décennie en cours.
La nouvelle équipe économique qui a pris le relais en 2006, loin de changer de cap, a renforcé la rigueur fiscale avec une augmentation de la pression fiscale qui, selon les prévisions dans le budget 2007 – 2008, devrait atteindre le niveau de 12 %. Les recettes publiques pourraient atteindre au cours de cet exercice le niveau record de 29 milliards de gourdes. Il faut bien reconnaître que la politique de stabilisation adoptée depuis 2004 a eu un impact positif dans l’économie nationale, avec la chute substantielle du taux d’inflation qui est passé de 40 % en 2004 à moins de 10 % en 2007. Ceci a contribué à un certain renforcement du pouvoir d’achat des agents économiques locaux. La politique de stabilisation a été également à la base de la stabilité du dollar américain par rapport à la gourde sur le marché local des changes. Elle a même provoqué un chaud débat entre les partisans et les opposants à l’appréciation de la monnaie locale par rapport à la devise américaine. Sur le plan international, le pays a connu une certaine amélioration de son image, avec une évaluation positive faite par l’indépendante firme financière de cotation, Global Insight. Haïti est ainsi sortie de la zone rouge sur le plan financier, c'est à dire un pays à haut risque sur le plan financier. Il reste toutefois beaucoup à faire sur le plan des réformes économiques pour se retrouver au même niveau que les voisins dominicains qui jouissent d’une bonne réputation sur le plan financier, ce qui permet aux acteurs économiques dans la République voisine d’obtenir des fonds à des taux intéressants.

Si la politique de stabilisation constitue une condition nécessaire et même indispensable pour créer les bases d’une croissance soutenable, elle n’est pas suffisante. Le gouvernement devrait maintenant mettre en place un sérieux programme de relance économique de façon à créer un plus grand nombre d’emplois. Les autorités gouvernementales prévoient un taux de croissance de 4,5 % pour l’exercice fiscal, un taux qui reste encore inférieur au taux moyen nécessaire pour permettre au pays de compenser la contraction économique enregistrée durant les vingt dernières années. À rappeler que le grand argentier avait prévu pour 2007 un taux de 4 %, mais les experts de la Commission économique pour l’Amérique latine et la Caraïbe (CEPAL) ont modifié à la baisse une telle prévision, soit 3,5 %. Ceci indique que l’économie nationale n’arrive pas à créer jusqu’à présent les emplois suffisants pour réduire le nombre important de personnes en situation de pauvreté et d’extrême pauvreté dans le pays.

Après avoir affiché une bonne performance dans la gestion des finances publiques avec un meilleur contrôle des dépenses publiques et une augmentation des recettes de l’État, les autorités publiques haïtiennes doivent prouver maintenant leur capacité à bien allouer les fonds publics et de réaliser des dépenses additionnelles de façon plus efficace. Mrs. Bazin et Dorsainvil étaient bien obligés d’utiliser la pédale que représente le frein dans le train gouvernemental pour éviter une véritable catastrophe financière qui menaçait le pays, mais l’actuel patron des Finances publiques devra commencer finalement à utiliser l’accélérateur pour aller de l’avant.

Les leaders haïtiens devront faire preuve de créativité et d’esprit d’initiative, autant au niveau des programmes sociaux que des programmes économique et financier, pour permettre à la population haïtienne de connaître une certaine amélioration dans leurs conditions de vie. Les membres du secteur des affaires auront également à jouer leur partition pour contribuer à cette relance économique indispensable pour la stabilité politique au cours des prochaines années.
vendredi 12 octobre 2007
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L'article ci-dessus provient du lien ci-après:
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http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=9089
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