Amies et amis internautes,
Le lien ci-après vous permettra d'écouter le leader du RDNP Mirlande Manigat au micro de La Voix de l'Amérique; elle répondait aux questions du journaliste Chérubin Dorcil, le lundi 28 avril 2008. La durée de l'entretien est d'environ 11:38 minutes:
//
http://www.voanews.com/creole/figleaf/ramfilegenerate.cfm?filepath=http%3A%2F%2Fwww%2Evoanews%2Ecom%2Fmediaassets%2Fcreole%2F2008%5F04%2FAudio%2Fra%2FCreole%5FDorcil%5FManigat%5F28apr08%2Era
//
Madame Manigat était de passage à la capitale américaine. Elle était invitée à prononcer une conférence par la branche locale du RDNP. La conférence a eu lieu la veille (dimanche 27 avril 2008) et s'intitulait: « La régénération d'Haïti est possible ».
Elle a profité de ce voyage pour faire certains contacts à Washington.
Affichage des articles dont le libellé est Mirlande Manigat. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Mirlande Manigat. Afficher tous les articles
jeudi 1 mai 2008
dimanche 6 avril 2008
DURA LEX CAESARIS SED LEX
Par Gérard Bissainthe
Je n’ai pas voulu intervenir jusqu’à aujourd’hui, 6 avril 2008, date de la réunion sur la constitution de 1987 à laquelle participeront Madame Myrlande Manigat et Mr Michel Soucar, en la présence du Sénateur Rudolph Boulos. Mon intervention aurait pu être interprétée comme une tentative de saboter cette réunion, ce qui ne saurait nullement être mon intention.
Mais je tiens aujourd’hui à faire savoir que désormais je m’inscris en faux contre tout débat que nous pourrons désormais avoir sur cette constitution, puisqu’il est maintenant avéré que ce genre de débat ne peut jamais aboutir qu’aux résultats suivants:
1.- être une manœuvre de diversion qui nous éloigne des vrais problèmes concrets du pays;
2.- entretenir de fausses illusions parmi des citoyens qui s’imaginent que leurs discussions et leurs opinions sur la constitution peuvent avoir une influence sur la manière dont cette constitution est appliquée aujourd’hui et sera appliquée demain;
3.- créer la division parmi ces citoyens qui aujourd’hui n’arrêtent pas de se crêper le chignon sur le sens et la portée des articles de cette constitution, sans que jamais cela n’ait fait avancer d’un millimètre les problèmes posés par une charte nationale qui est devenue la plus grave pomme de discorde de l’histoire haïtienne;
Je regrette beaucoup que Madame Myrlande Manigat et le Sénateur Rudolph Boulos, aient jugé bon de participer à cette initiative. Les connaissant, je pense qu’ils le font de bonne foi. Mais cela suffit-il ?
Après cette conférence rien ne changera, parce que rien ne pourra changer. Les débatteurs sont piégés. Quelles que soient leurs conclusions et leurs vœux, le fond du problème reste immuablement le fait que la Loi qui nous régit n’est pas celle qui s’exprime dans une constitution intrinsèquement bloquée et verrouillée, mais est la loi dictée par la volonté du Prince.
Alors il est tout simplement surréaliste, chimérique et onirique de se mettre à discuter de la “lex” (la loi) du pays, quand la vraie “lex” qui nous régit est la “lex” du Prince, un Prince qui de surcroit est aux ordres d’un César étranger, lui-même difficile à identifier, parce qu’il porte un masque, comme c’était courant jadis chez les chevaliers de l’ombre dans cette Florence de César Borgia où naquit et mourut le célèbre Niccolo Machiavelli.
L’intelligentsia d’un sous pays tutelle n’est rien d’autre qu’une intelligentsia sous tutelle, à moins qu’elle ne se mette tout de suite à planifier systématiquement la fin de cette tutelle dans les meilleurs délais. Il n’y a nul besoin de préconiser la révolte armée contre la Minustah, puisque ce n’est pas elle qui est venue de son plein gré chez nous; mais nous qui sommes allés la chercher. Il n’y a jamais de tutelle sans complicité locale. Les deux jambes de la Minustah sont Préval et Alexis. Ses mille tentacules les mouvements politiques, les consultants et les organisations qu’elle finance et tous ceux dont la tutelle est devenu le gagne-pain.
L’adage “dura lex sed lex” (la loi est dure, mais c’est la loi) est un bel et noble adage, sauf lorsque dans les faits il faut sous-entendre autre chose: “dura lex Caesaris sed lex” (la loi de César est dure, mais c’est la loi).
Messieurs et dames les césaro-légalistes, sortez de vos rêves!
Beaucoup de citoyens haïtiens sont aujourd’hui arrivés à la conclusion qu’une seule solution désormais s’impose: une outre neuve pour notre vin nouveau. Donc élaborer méthodiquement, rationnellement une nouvelle constitution totalement neuve pour notre nouvelle révolution. Inutile de penser à racommoder l’ancienne; elle n’est pas racommodable. Et nous n’avons pas et n’aurons jamais les outils pour la racommonder. Les raccommodeurs de constitution sont à l’œuvre depuis 1987 et ils y seront encore en l’an 3087, car ce ne sont pas les raccommodeurs qui souffrent, mais le peuple.
Madame Myrlande Manigat, Mr Michel Soucar, le Sénateur Rudolph Boulos, des citoyens remarquables, feraient beaucoup mieux de réorienter leurs ressources et leurs énergies vers la construction d’une nouvelle charte nationale qu’une nouvelle assemblée constituante, s’il le faut révolutionnaire, pourra adopter et promulguer.
Quelle est l’alternative? Elle ne viendra pas de nous; mais d’ailleurs. Le peuple nous a attendus, et nous n’avons à lui offrir que nos débats, nos ratiocinations, notre logorrhée, nos valses-hésitations, nos subtils distinguos, nos solutions pendulaires ou ondulatoires. J’ai déjà dit que le zinglindisme généralisé agressif et provocateur qui est le nôtre n’attend qu’une étincelle pour devenir une révolution. Si nous ne faisons pas la révolution, elle se fera sans nous ou même contre nous.
En 1957 Cuba comme Haïti attendait une révolution pour changer les conditions de vie du peuple. Haïti a continué à attendre dans le camp de l’Ouest et cinquante ans après elle attend encore, en descendant chaque année d’un degré. Cuba, elle, déçue, s’est énervée et est partie ailleurs. Nous pouvons critiquer Cuba comme nous voulons; mais dans les domaines des sports, de l’éducation, de la santé, des arts, Haïti en face de Cuba mord la poussière. Je ne suis toujours pas convaincu qu’il nous faut la solution cubaine. J’ai toujours dit que nous ne devons pas faire comme Cuba, mais mieux que Cuba. Par contre, si notre idéal de démocratie non marxiste n’aboutit pas, rien ne pourra empêcher la solution que j’appelle de colère et de désespoir qui est celle du latino-marxisme. Ce ne sont pas les vitupérations d’Untel et d’Unetelle qui pourront lui barrer la route. Ce n’est jamais de gaité de cœur que le peuple fait tout sauter, mais quand il y est acculé le peuple le fait.
Comme la musique adoucit les mœurs, le beau concert de la Conférence d’aujourd’hui 6 avril à New York pourra peut-être avoir un effet sédatif sur les éléments qui commencent à se déchaîner en Haïti? I will not hold my breath. Je ne pense pas non plus que les exhortations à la Saint François d’Assise de notre chanteur Wyclef Jean arrivent à changer les loups affamés de nos bidonvilles en doux agneaux, selon le souhait et le songe d’une nuit d’été de la Minustah dont le candeur est sans égale.
Quand on aura fermé les bans de la conférence, je souhaite que les compatriotes qui se sont réunis pour cette grand-messe retrouvent le chemin de nos froides réalités et se mettent au travail pour élaborer une nouvelle constitution d’Haïti.
Gérard Bissainthe
6 avril 2008
Je n’ai pas voulu intervenir jusqu’à aujourd’hui, 6 avril 2008, date de la réunion sur la constitution de 1987 à laquelle participeront Madame Myrlande Manigat et Mr Michel Soucar, en la présence du Sénateur Rudolph Boulos. Mon intervention aurait pu être interprétée comme une tentative de saboter cette réunion, ce qui ne saurait nullement être mon intention.
Mais je tiens aujourd’hui à faire savoir que désormais je m’inscris en faux contre tout débat que nous pourrons désormais avoir sur cette constitution, puisqu’il est maintenant avéré que ce genre de débat ne peut jamais aboutir qu’aux résultats suivants:
1.- être une manœuvre de diversion qui nous éloigne des vrais problèmes concrets du pays;
2.- entretenir de fausses illusions parmi des citoyens qui s’imaginent que leurs discussions et leurs opinions sur la constitution peuvent avoir une influence sur la manière dont cette constitution est appliquée aujourd’hui et sera appliquée demain;
3.- créer la division parmi ces citoyens qui aujourd’hui n’arrêtent pas de se crêper le chignon sur le sens et la portée des articles de cette constitution, sans que jamais cela n’ait fait avancer d’un millimètre les problèmes posés par une charte nationale qui est devenue la plus grave pomme de discorde de l’histoire haïtienne;
Je regrette beaucoup que Madame Myrlande Manigat et le Sénateur Rudolph Boulos, aient jugé bon de participer à cette initiative. Les connaissant, je pense qu’ils le font de bonne foi. Mais cela suffit-il ?
Après cette conférence rien ne changera, parce que rien ne pourra changer. Les débatteurs sont piégés. Quelles que soient leurs conclusions et leurs vœux, le fond du problème reste immuablement le fait que la Loi qui nous régit n’est pas celle qui s’exprime dans une constitution intrinsèquement bloquée et verrouillée, mais est la loi dictée par la volonté du Prince.
Alors il est tout simplement surréaliste, chimérique et onirique de se mettre à discuter de la “lex” (la loi) du pays, quand la vraie “lex” qui nous régit est la “lex” du Prince, un Prince qui de surcroit est aux ordres d’un César étranger, lui-même difficile à identifier, parce qu’il porte un masque, comme c’était courant jadis chez les chevaliers de l’ombre dans cette Florence de César Borgia où naquit et mourut le célèbre Niccolo Machiavelli.
L’intelligentsia d’un sous pays tutelle n’est rien d’autre qu’une intelligentsia sous tutelle, à moins qu’elle ne se mette tout de suite à planifier systématiquement la fin de cette tutelle dans les meilleurs délais. Il n’y a nul besoin de préconiser la révolte armée contre la Minustah, puisque ce n’est pas elle qui est venue de son plein gré chez nous; mais nous qui sommes allés la chercher. Il n’y a jamais de tutelle sans complicité locale. Les deux jambes de la Minustah sont Préval et Alexis. Ses mille tentacules les mouvements politiques, les consultants et les organisations qu’elle finance et tous ceux dont la tutelle est devenu le gagne-pain.
L’adage “dura lex sed lex” (la loi est dure, mais c’est la loi) est un bel et noble adage, sauf lorsque dans les faits il faut sous-entendre autre chose: “dura lex Caesaris sed lex” (la loi de César est dure, mais c’est la loi).
Messieurs et dames les césaro-légalistes, sortez de vos rêves!
Beaucoup de citoyens haïtiens sont aujourd’hui arrivés à la conclusion qu’une seule solution désormais s’impose: une outre neuve pour notre vin nouveau. Donc élaborer méthodiquement, rationnellement une nouvelle constitution totalement neuve pour notre nouvelle révolution. Inutile de penser à racommoder l’ancienne; elle n’est pas racommodable. Et nous n’avons pas et n’aurons jamais les outils pour la racommonder. Les raccommodeurs de constitution sont à l’œuvre depuis 1987 et ils y seront encore en l’an 3087, car ce ne sont pas les raccommodeurs qui souffrent, mais le peuple.
Madame Myrlande Manigat, Mr Michel Soucar, le Sénateur Rudolph Boulos, des citoyens remarquables, feraient beaucoup mieux de réorienter leurs ressources et leurs énergies vers la construction d’une nouvelle charte nationale qu’une nouvelle assemblée constituante, s’il le faut révolutionnaire, pourra adopter et promulguer.
Quelle est l’alternative? Elle ne viendra pas de nous; mais d’ailleurs. Le peuple nous a attendus, et nous n’avons à lui offrir que nos débats, nos ratiocinations, notre logorrhée, nos valses-hésitations, nos subtils distinguos, nos solutions pendulaires ou ondulatoires. J’ai déjà dit que le zinglindisme généralisé agressif et provocateur qui est le nôtre n’attend qu’une étincelle pour devenir une révolution. Si nous ne faisons pas la révolution, elle se fera sans nous ou même contre nous.
En 1957 Cuba comme Haïti attendait une révolution pour changer les conditions de vie du peuple. Haïti a continué à attendre dans le camp de l’Ouest et cinquante ans après elle attend encore, en descendant chaque année d’un degré. Cuba, elle, déçue, s’est énervée et est partie ailleurs. Nous pouvons critiquer Cuba comme nous voulons; mais dans les domaines des sports, de l’éducation, de la santé, des arts, Haïti en face de Cuba mord la poussière. Je ne suis toujours pas convaincu qu’il nous faut la solution cubaine. J’ai toujours dit que nous ne devons pas faire comme Cuba, mais mieux que Cuba. Par contre, si notre idéal de démocratie non marxiste n’aboutit pas, rien ne pourra empêcher la solution que j’appelle de colère et de désespoir qui est celle du latino-marxisme. Ce ne sont pas les vitupérations d’Untel et d’Unetelle qui pourront lui barrer la route. Ce n’est jamais de gaité de cœur que le peuple fait tout sauter, mais quand il y est acculé le peuple le fait.
Comme la musique adoucit les mœurs, le beau concert de la Conférence d’aujourd’hui 6 avril à New York pourra peut-être avoir un effet sédatif sur les éléments qui commencent à se déchaîner en Haïti? I will not hold my breath. Je ne pense pas non plus que les exhortations à la Saint François d’Assise de notre chanteur Wyclef Jean arrivent à changer les loups affamés de nos bidonvilles en doux agneaux, selon le souhait et le songe d’une nuit d’été de la Minustah dont le candeur est sans égale.
Quand on aura fermé les bans de la conférence, je souhaite que les compatriotes qui se sont réunis pour cette grand-messe retrouvent le chemin de nos froides réalités et se mettent au travail pour élaborer une nouvelle constitution d’Haïti.
Gérard Bissainthe
6 avril 2008
jeudi 1 novembre 2007
La soutenance de la thèse de doctorat d’Alain Guillaume à Aix en Provence (France) : un accomplissement intellectuel, une fierté nationale. (*)
Par Mirlande Manigat
Vice Rectrice
Université Quisqueya
Il est de ces moments exceptionnels dans la vie tout court et dans le milieu académique en particulier, d’une intensité spirituelle incomparable et qui procurent à la fois joie et fierté.
Tel fut celui vécu le 6 octobre 2007, à l’occasion de la soutenance de la thèse d’Alain Guillaume, Professeur à la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de l’Université Quisqueya, pour l’obtention de son grade de Docteur en Droit Public.
Moment solennel s’il en fut, lorsqu’à 10h précises, en ce samedi ensoleillé de la Provence française, les membres du jury, vêtus de la lourde et traditionnelle toge noire et rouge, ont fait leur entrée dans la « Salle des Actes » de l’Université Paul Cézanne Aix-Marseille III.
Nous étions quatre : Eric OLIVA, Professeur à l’Université Paul Cézanne, Président du Jury, Gilbert ORSONI, Professeur à la même Université, Directeur de la thèse, Etienne DOUAT, Professeur à l’Université de Montpellier I, Rapporteur, et moi-même. Etant donné le sujet de la thèse, la présence d’un universitaire haïtien était requise et j’ai eu le privilège d’être désignée par le Professeur ORSONI.
La thèse a pour objet : « Le contrôle de l’exécution des dépenses publiques en Droit Haitien ».
Elle est conçue et développée dans une structure binaire identifiée dans deux grandes parties dont l’intitulé précise l’approche retenue. La première retient comme titre Des mécanismes ambitieux dans leur conception ; la seconde prend en quelque sorte le contre-pied de la précédente assertion et affirme : Des mécanismes de contrôle se révélant pourtant inefficaces dans leur mise en œuvre pratique. L’orientation fondamentale est donc une opposition entre la théorie et la pratique, un idéal qui se serait en quelque sorte perverti en se réalisant, et l’on est frappé par le choix des adjectifs pour qualifier ce passage non réussi : ambitieux d’un côté, inefficaces de l’autre, deux faces opposées d’un projet et, de ce fait, deux lignes conductrices de la recherche.
Toute la thèse est construite autour de cette ambivalence essentielle. L’auteur ne ménage pas l’abondance dans la description des mécanismes normatifs prévus, distingue avec précision les deux phases du contrôle a priori et a posteriori, différencie très clairement les ordonateurs des dépenses publiques et les comptables en soulignant d’ailleurs la confusion parfois établie entre les deux catégories. Il démontre dans cette dissection attentive d’un système voué sans doute à être trop parfait pour être vraisemblable et partant crédible et opérationnel, un sens de la précision et de la nuance, versant parfois dans un certain délayage qui peut dérouter une attention qui doit être soutenue pour ne pas se perdre un peu dans ce dédale de dispositions qui ne s’articulent pas toujours les unes aux autres, en fait plus en pratique qu’en théorie .
Par exemple, s’agissant de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif, il souligne que le double rôle de contrôle de la légalité budgétaire et de la légalité ordinaire « fait désordre », une situation qu’il qualifie comme étant « le fonctionnement pathologique du contrôle préventif de la CSCCA ». Ainsi, à force de vouloir être exemplaire et dissuasive, la méthode appliquée a finalement alourdi les étapes du contrôle, d’autant que l’institution manque de moyens matériels et humains pour accomplir sa tâche qui englobe les finances de l’Etat et celles des Collectivités Territoriales ; aussi le contrôle sombre parfois dans l’inanité à cause d’une redondance normative et procédurale.
Une attention est aussi accordée à la décharge conçue depuis les débuts de la vie nationale comme un label de bonne gestion financière. L’arsenal juridique est, ici encore, fort précis dans les différentes Constitutions et la dernière en date prévoit la navette triangulaire entre le Ministère des Finances, la CSCCA et le Parlement, dans un chronogramme séquentiel au demeurant surprenant et chaotique (Articles 204 et 227-3). Mais voici quelque temps que cette démarche n’est pas appliquée, ce qui est un grave accroc aux normes qui prive, en outre, des citoyens de la jouissance de leurs biens une fois qu’ils ont quitté des fonctions qui impliquent la gestion des fonds publics.
Mais la décharge est aussi utilisée pour fonder l’éligibilité à certaines fonctions et, dans ce domaine, un laxisme en chaîne est observé dans l’escamotage de la CSCCA et on aboutit parfois à des « charrettes » de décharges, comme ce fut le cas avec le Conseil National de Gouvernement qui en avait accordé avec complaisance, sans examen aucun, en utilisant les provisions de l’Article 285-1 de la Constitution de 1987 qui lui avaient provisoirement accordé le Pouvoir Législatif.
La deuxième partie du travail confronte les dispositions normatives « frisant la perfection » aux réalités du pays, d’abord au niveau des dysfonctionnements institutionnels et surtout des pratiques délétères : régimes dérogatoires, usage excessif des « comptes courants » (dont le nom ne doit pas tromper), et dont la manipulation échappe au contrôle et l’auteur révèle que la CSCCA elle-même en possède, transactions effectuées par l’Exécutif en liquide, émission de chèques à l’ordre de cash, les Petits Projets de la Présidence….
En somme, ce ne sont pas les dispositions dissuasives ou coercitives qui manquent mais largement la volonté politique de les appliquer. Les mécanismes de contrôle se révèlent stériles au niveau des résultats, non parce qu’ils sont mal conçus, mais parce qu’ils sont peu ou mal appliqués. Ce laxisme est encore plus négativement opérationnel qu’il est favorisé par une culture de la tolérance du côté des gouvernants comme des gouvernés impuissants parce que non organisés et surtout peu informés, et par une certaine hypocrisie qui voit dans l’enrichissement illicite par la corruption qui gangrène le système un facteur de promotion sociale, car le passage de quelques mois à la tête d’un Ministère ou d’une institution aux revenus juteux comme les installations douanières peut suffire pour bâtir une retraite assurée.
C’est un travail remarquable à plus d’un titre. Il est servi par une élégance de style, un bonheur dans l’expression et dans le choix de véritables trouvailles de vocabulaire, tout cet art qui non seulement rend la lecture agréable, mais aussi fait mentir le préjugé tenace développé chez les non-initiés selon lequel le Droit doit s’exprimer dans un langage ésotérique et rébarbatif. Sous sa plume, l’analyse juridique sort de l’opacité normative pour emprunter des chemins ouverts mais balisés, sans trahir les deux caractères essentiels de la recherche, à savoir la précision exigeante des termes juridiques et l’authenticité des références qui sous-tendent la démonstration.
Il s’agit dune contribution inédite dans le domaine de la recherche en Haiti et il ne fait pas de doute que l’auteur a marqué le paysage intellectuel en faisant œuvre de pionnier et son travail demeure désormais une référence majeure sur la question.
C’est une thèse de Droit Public et même de Droit Comparé, avec des références précises à la législation d’autres pays, en particulier de la France et Alain Guillaume a dégagé, peut-être avec trop de sévérité les emprunts effectués, un « mimétisme » tenace, depuis les premiers temps de l’indépendance lorsque, malgré le récent souvenir des guerres de libération sociale et politique, le nouvel Etat avait directement appliqué le Code Napoléon avant qu’un processus d’affranchissement progressif, marqué en particulier par le Code Henry dans le Royaume du Nord, puis le Code Boyer, ensemble de six textes adoptés entre le 25 mars 1825 et le 19 mai 1826, tout en s’inspirant de la sève française, n’ait généré une Législation proprement haïtienne, doctrine et procédure, dans des contextes politiques souvent difficiles jusqu’à nos jours.
La recherche s’arc-boute aussi sur le Droit Constitutionnel, la source qui irrigue les différentes spécialités normatives, en particulier le Droit Administratif. L’auteur fait une large place à la Constitution de 1987 qui édicte la normalité du moment et il est naturel qu’il s’y réfère soit pour fonder la légalité en vigueur, soit pour souligner la distance entre le « dire constitutionnel » et le « faire politique », cette dualité antagonique qui caractérise la mise en œuvre du système instauré par la dernière en date de nos Chartes. Il souligne, fort à propos, que dans le domaine des Finances Publiques, celle-ci reprend des dispositions vieilles de près de deux siècles comme par exemple, la mise en œuvre de la Cour des Comptes créée par la Loi du 18 juin 1823, constitutionnalisée en 1843, et qui a cheminé jusqu’à la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif. Les pages consacrées à cette dernière sont tout simplement remarquables par leur contenu informatif et critique.
La thèse fait place au passé du pays dont le riche patrimoine juridique (des milliers de Lois, Décrets-lois, Décrets, Règlements et Arrêtés) s’étendent sur deux siècles, en soulignant que le temps présent, par delà ses spécificités, doit être appréhendé comme la résultante d’une accumulation sédimentaire avec des couches repérables. Il s’agit, de ce fait, d’un travail d’Histoire du Droit Haïtien en ce qui concerne le contrôle des Dépenses Publiques dans un pays qui a accumulé, dans ce domaine comme dans d’autres, un héritage qui mérite d’être exhumé, au profit du Savoir juridique et afin de combattre cette cécité collective qui porte les Haïtiens à s’enorgueillir, légitimement, de la geste de nos ancêtres mais qui n’hésitent pas à ânonner, par désintérêt et par manque d’éducation civique, que depuis 1804, nous n’avons rien accompli de remarquable. C’est aussi le mérite fondamental de cette recherche de révéler le cheminement du Droit Haïtien, dissuasif, coercitif et répressif, en ce qui concerne la gestion des Finances Publiques.
Car il s’agit du travail d’un citoyen, élevé comme il l’a révélé, dans une famille dont l’histoire personnelle est associée à un des faits du passé national : un ancêtre, Vilbrun Guillaume Sam, impliqué dans le retentissant Procès de la Consolidation qui demeure par sa tenue, exemplaire dans les annales du pays, et qui deviendra après qu’il fût blanchi des accusations portées contre lui, Président de la République au tragique destin : par l’histoire et l’environnement familial, Alain Guillaume a grandi dans un milieu qui valorise le service public et qui professe le souci de la rigueur nécessaire dans le maniement des fonds publics. Il est ainsi moralement adoubé et doublement autorisé à pourfendre les dérives, mais aussi à proposer des solutions. Il ne se contente pas d’analyser froidement, il prend position, et il n’hésite pas à dénoncer hardiment, jusqu’à oser qualifier certains de nos dirigeants de « chefs d’orchestre de toute une machinerie de corruption » et même une fois de « prince des voleurs ».
Ces commentaires cinglants maintiennent le travail dans le temps présent ; il plonge ainsi dans l’actualité et l’auteur évoque les initiatives récentes comme la création de la Commission d’Enquête Administrative (CEA), l’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC) et l’Unité Centrale de Renseignements Financiers (UCREF), en soulignant les principes normatifs sur lesquels se déroule leur fonctionnement, les embûches rencontrés dans un milieu rebelle au respect des normes, les risques de double emploi avec les institutions existantes, le peu de cas juridictionnel fait à leurs accusations documentées. Alain Guillaume a noté dans sa présentation les derniers développements de l’évolution du pays et il a souligné à l’intention des examinateurs étrangers, les dérives engendrées par la dernière initiative du Pouvoir Exécutif qui avait récemment, de manière inconstitutionnelle, accordé des sommes d’argent aux parlementaires, ce qui avait entrainé le communiqué vertueux de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif pour rappeler que quiconque reçoit de l’argent de l’Etat devient, automatiquement « comptable des deniers publics », tout en se demandant, avec amertume, quelle suite sera donnée à cette réaction saine et sans doute trop optimiste pour engendrer des résultats.
Alain Guillaume n’écarte pas non plus, dans l’analyse des mécanismes de la corruption, l’attitude parfois complaisante des bailleurs de fonds et il souligne l’inefficience conceptuelle et fonctionnelle de l’aide internationale qui entretient parfois le gaspillage dans le saupoudrage du financement de quelques projets, ce qui rend certaines institutions internationales un peu complices des abus d’un système qui déjà abrite des « niches à irrégularités », une expression qui revient à plusieurs reprises sous sa plume.
La soutenance a duré plus de deux heures et elle a suivi le déroulement en usage dans les Universités françaises. L’impétrant, pendant 15 minutes, a fait une brillante présentation synthétique de son travail, a évoqué les problèmes méthodologiques rencontrés, les difficultés relatives à la documentation. C’est une phase capitale de l’évènement car il doit démontrer sa capacité à présenter, en peu de mots, l’essentiel de ses recherches. Les quatre membres du jury se sont tour à tour relayés pour poser des questions relatives à la démarche, à la Bibliographie, la présentation technique des notes et, bien entendu au contenu même de la thèse. Ma responsabilité n’était pas facile à assumer. En effet, d’un côté, je n’ai pas dissimulé une certaine correspondance intellectuelle et patriotique avec Alain Guillaume d’autant que, du groupe, j‘étais le membre qui connaissait le mieux le système juridique haitien ; mais d’un autre, je me devais d’effectuer une analyse rigoureuse du texte, étant moi-même trop légaliste pour être complaisante, trop soucieuse de rigueur intellectuelle pour laisser passer ce que je croyais de mon devoir de souligner, et aussi trop convaincue que la meilleure façon de lui rendre service était de me montrer objective.
Pour tous, il ne s’agissait pas de démolir le travail mais, fondamentalement, d’aider à l’améliorer. D’ailleurs Alain Guillaume, sûr de la pertinence de sa recherche, ne s’est pas non plus laissé démonter par les critiques, justifiant ici une approche, précisant là un point de vue et cette attitude, elle aussi, est toujours à inscrire au bénéfice d’un candidat qui, tout en respectant l’autorité de membres du jury qui sont ses aînés, envers qui il manifeste une déférence qui ne doit pas être obséquieuse, fait preuve d’assurance intellectuelle pour défendre son travail car, somme toute, sur le sujet en question, il va de soi qu’il a accumulé un Savoir inédit dont les membres du jury peuvent, plus tard, tirer profit. Dans le déroulement d’une soutenance de thèse de Doctorat, la distance entre le candidat et les professeurs appelés à se prononcer sur le travail soumis à leur examen s’estompe et, au fur et à mesure de l’étalage de cet échange savant, on se retrouve tout simplement collègues.
Le moment attendu était celui de la proclamation des résultats. Je ne dissimule pas une certaine angoisse rétrospective, tout en étant certaine de la qualité du travail. Une fois la salle vidée des assistants, les membres du jury se sont retrouvés pour la phase délibérative de la soutenance. D’entrée de jeu, le Professeur Orsoni a donné le ton en m’interpellant avec amusement : « Madame, nous n’allions pas vous faire venir de si loin pour vous accorder la mention Honorable ! ». C’était bien sûr une plaisanterie car je n’étais pas en cause, mais il avait sans doute perçu une certaine angoisse chez moi et il voulait « briser la glace ». Puis il a enchaîné : ni non plus Très Honorable. Puis, ménageant ses effets, il a annoncé solennellement : « Chers collègues, je propose le maximum :Très Honorable avec les félicitations du jury ». Les trois, à commencer par moi, nous avons, bien entendu, acquiescé. En fait, il n’y a pas eu à proprement parler, de délibération contradictoire et le consensus spontané confirme le partage des appréciations de ce travail remarquable.
A cette distinction exceptionnelle, il a proposé d’en ajouter deux autres : Autorisation de publication sans modification et le Prix de la Faculté.
Je n’ai eu aucune raison de cacher mon soulagement et ma joie et lorsque, le public étant réadmis, le Président a prononcé les paroles concluantes de l’évènement avec la solennité de ton requise, j’avoue que j’ai senti de discrètes larmes perler à mes yeux. Et regardant le nouveau Docteur dont la satisfaction était naturellement évidente, nous avons communié l’espace d’un instant, lui, une étudiante doctorante, Melissa Lovelace, qui avait fait le voyage pour assister son ami et moi dans un sentiment de fierté patriotique partagée car nous étions les seuls Haïtiens.
C’est un moment exceptionnel d’abord pour Alain Guillaume qui voit ainsi couronner ses efforts académiques. C’est en outre un acquis pour la communauté haïtienne en général et il est bon d’en révéler l’intérêt, car il marque le prestige et la qualité de la recherche haïtienne dans le domaine du Droit et il est souhaitable que cette thèse soit publiée. C’est aussi une satisfaction partagée par l’Université Quisqueya toute entière car Alain Guillaume en est « un pur produit » : en effet, il a commencé ses études de Droit à la Faculté des Sciences Juridiques et il y a exactement 7 ans, le 6 octobre 2000, il avait présenté son Mémoire de Licence et j’avais déjà eu le bonheur d’être membre de son jury ; puis il a décroché son DEA en France, enfin le Doctorat maintenant. Il est depuis quelque temps Professeur à la FSJP et actuellement Vice Doyen de la dite Faculté. Son cheminement atteste de la qualité de l’enseignement et de la recherche à l’Université Quisqueya.
Enfin cette expérience à l’issue très honorable, c’est le cas de le dire, est aussi un message adressé à tous les jeunes qui poursuivent des études de Droit ou d’une autre discipline (en particulier les quelques 30 diplômés de l’UniQ qui vont bientôt partir pour la France et ailleurs) pour leur montrer que la persévérance, le sérieux et la recherche de l’excellence sont payants. Merci Alain !
_____________________
(*) Texte reçu de M. Robert Benodin, le 1er novembre 2007
Vice Rectrice
Université Quisqueya
Il est de ces moments exceptionnels dans la vie tout court et dans le milieu académique en particulier, d’une intensité spirituelle incomparable et qui procurent à la fois joie et fierté.
Tel fut celui vécu le 6 octobre 2007, à l’occasion de la soutenance de la thèse d’Alain Guillaume, Professeur à la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de l’Université Quisqueya, pour l’obtention de son grade de Docteur en Droit Public.
Moment solennel s’il en fut, lorsqu’à 10h précises, en ce samedi ensoleillé de la Provence française, les membres du jury, vêtus de la lourde et traditionnelle toge noire et rouge, ont fait leur entrée dans la « Salle des Actes » de l’Université Paul Cézanne Aix-Marseille III.
Nous étions quatre : Eric OLIVA, Professeur à l’Université Paul Cézanne, Président du Jury, Gilbert ORSONI, Professeur à la même Université, Directeur de la thèse, Etienne DOUAT, Professeur à l’Université de Montpellier I, Rapporteur, et moi-même. Etant donné le sujet de la thèse, la présence d’un universitaire haïtien était requise et j’ai eu le privilège d’être désignée par le Professeur ORSONI.
La thèse a pour objet : « Le contrôle de l’exécution des dépenses publiques en Droit Haitien ».
Elle est conçue et développée dans une structure binaire identifiée dans deux grandes parties dont l’intitulé précise l’approche retenue. La première retient comme titre Des mécanismes ambitieux dans leur conception ; la seconde prend en quelque sorte le contre-pied de la précédente assertion et affirme : Des mécanismes de contrôle se révélant pourtant inefficaces dans leur mise en œuvre pratique. L’orientation fondamentale est donc une opposition entre la théorie et la pratique, un idéal qui se serait en quelque sorte perverti en se réalisant, et l’on est frappé par le choix des adjectifs pour qualifier ce passage non réussi : ambitieux d’un côté, inefficaces de l’autre, deux faces opposées d’un projet et, de ce fait, deux lignes conductrices de la recherche.
Toute la thèse est construite autour de cette ambivalence essentielle. L’auteur ne ménage pas l’abondance dans la description des mécanismes normatifs prévus, distingue avec précision les deux phases du contrôle a priori et a posteriori, différencie très clairement les ordonateurs des dépenses publiques et les comptables en soulignant d’ailleurs la confusion parfois établie entre les deux catégories. Il démontre dans cette dissection attentive d’un système voué sans doute à être trop parfait pour être vraisemblable et partant crédible et opérationnel, un sens de la précision et de la nuance, versant parfois dans un certain délayage qui peut dérouter une attention qui doit être soutenue pour ne pas se perdre un peu dans ce dédale de dispositions qui ne s’articulent pas toujours les unes aux autres, en fait plus en pratique qu’en théorie .
Par exemple, s’agissant de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif, il souligne que le double rôle de contrôle de la légalité budgétaire et de la légalité ordinaire « fait désordre », une situation qu’il qualifie comme étant « le fonctionnement pathologique du contrôle préventif de la CSCCA ». Ainsi, à force de vouloir être exemplaire et dissuasive, la méthode appliquée a finalement alourdi les étapes du contrôle, d’autant que l’institution manque de moyens matériels et humains pour accomplir sa tâche qui englobe les finances de l’Etat et celles des Collectivités Territoriales ; aussi le contrôle sombre parfois dans l’inanité à cause d’une redondance normative et procédurale.
Une attention est aussi accordée à la décharge conçue depuis les débuts de la vie nationale comme un label de bonne gestion financière. L’arsenal juridique est, ici encore, fort précis dans les différentes Constitutions et la dernière en date prévoit la navette triangulaire entre le Ministère des Finances, la CSCCA et le Parlement, dans un chronogramme séquentiel au demeurant surprenant et chaotique (Articles 204 et 227-3). Mais voici quelque temps que cette démarche n’est pas appliquée, ce qui est un grave accroc aux normes qui prive, en outre, des citoyens de la jouissance de leurs biens une fois qu’ils ont quitté des fonctions qui impliquent la gestion des fonds publics.
Mais la décharge est aussi utilisée pour fonder l’éligibilité à certaines fonctions et, dans ce domaine, un laxisme en chaîne est observé dans l’escamotage de la CSCCA et on aboutit parfois à des « charrettes » de décharges, comme ce fut le cas avec le Conseil National de Gouvernement qui en avait accordé avec complaisance, sans examen aucun, en utilisant les provisions de l’Article 285-1 de la Constitution de 1987 qui lui avaient provisoirement accordé le Pouvoir Législatif.
La deuxième partie du travail confronte les dispositions normatives « frisant la perfection » aux réalités du pays, d’abord au niveau des dysfonctionnements institutionnels et surtout des pratiques délétères : régimes dérogatoires, usage excessif des « comptes courants » (dont le nom ne doit pas tromper), et dont la manipulation échappe au contrôle et l’auteur révèle que la CSCCA elle-même en possède, transactions effectuées par l’Exécutif en liquide, émission de chèques à l’ordre de cash, les Petits Projets de la Présidence….
En somme, ce ne sont pas les dispositions dissuasives ou coercitives qui manquent mais largement la volonté politique de les appliquer. Les mécanismes de contrôle se révèlent stériles au niveau des résultats, non parce qu’ils sont mal conçus, mais parce qu’ils sont peu ou mal appliqués. Ce laxisme est encore plus négativement opérationnel qu’il est favorisé par une culture de la tolérance du côté des gouvernants comme des gouvernés impuissants parce que non organisés et surtout peu informés, et par une certaine hypocrisie qui voit dans l’enrichissement illicite par la corruption qui gangrène le système un facteur de promotion sociale, car le passage de quelques mois à la tête d’un Ministère ou d’une institution aux revenus juteux comme les installations douanières peut suffire pour bâtir une retraite assurée.
C’est un travail remarquable à plus d’un titre. Il est servi par une élégance de style, un bonheur dans l’expression et dans le choix de véritables trouvailles de vocabulaire, tout cet art qui non seulement rend la lecture agréable, mais aussi fait mentir le préjugé tenace développé chez les non-initiés selon lequel le Droit doit s’exprimer dans un langage ésotérique et rébarbatif. Sous sa plume, l’analyse juridique sort de l’opacité normative pour emprunter des chemins ouverts mais balisés, sans trahir les deux caractères essentiels de la recherche, à savoir la précision exigeante des termes juridiques et l’authenticité des références qui sous-tendent la démonstration.
Il s’agit dune contribution inédite dans le domaine de la recherche en Haiti et il ne fait pas de doute que l’auteur a marqué le paysage intellectuel en faisant œuvre de pionnier et son travail demeure désormais une référence majeure sur la question.
C’est une thèse de Droit Public et même de Droit Comparé, avec des références précises à la législation d’autres pays, en particulier de la France et Alain Guillaume a dégagé, peut-être avec trop de sévérité les emprunts effectués, un « mimétisme » tenace, depuis les premiers temps de l’indépendance lorsque, malgré le récent souvenir des guerres de libération sociale et politique, le nouvel Etat avait directement appliqué le Code Napoléon avant qu’un processus d’affranchissement progressif, marqué en particulier par le Code Henry dans le Royaume du Nord, puis le Code Boyer, ensemble de six textes adoptés entre le 25 mars 1825 et le 19 mai 1826, tout en s’inspirant de la sève française, n’ait généré une Législation proprement haïtienne, doctrine et procédure, dans des contextes politiques souvent difficiles jusqu’à nos jours.
La recherche s’arc-boute aussi sur le Droit Constitutionnel, la source qui irrigue les différentes spécialités normatives, en particulier le Droit Administratif. L’auteur fait une large place à la Constitution de 1987 qui édicte la normalité du moment et il est naturel qu’il s’y réfère soit pour fonder la légalité en vigueur, soit pour souligner la distance entre le « dire constitutionnel » et le « faire politique », cette dualité antagonique qui caractérise la mise en œuvre du système instauré par la dernière en date de nos Chartes. Il souligne, fort à propos, que dans le domaine des Finances Publiques, celle-ci reprend des dispositions vieilles de près de deux siècles comme par exemple, la mise en œuvre de la Cour des Comptes créée par la Loi du 18 juin 1823, constitutionnalisée en 1843, et qui a cheminé jusqu’à la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif. Les pages consacrées à cette dernière sont tout simplement remarquables par leur contenu informatif et critique.
La thèse fait place au passé du pays dont le riche patrimoine juridique (des milliers de Lois, Décrets-lois, Décrets, Règlements et Arrêtés) s’étendent sur deux siècles, en soulignant que le temps présent, par delà ses spécificités, doit être appréhendé comme la résultante d’une accumulation sédimentaire avec des couches repérables. Il s’agit, de ce fait, d’un travail d’Histoire du Droit Haïtien en ce qui concerne le contrôle des Dépenses Publiques dans un pays qui a accumulé, dans ce domaine comme dans d’autres, un héritage qui mérite d’être exhumé, au profit du Savoir juridique et afin de combattre cette cécité collective qui porte les Haïtiens à s’enorgueillir, légitimement, de la geste de nos ancêtres mais qui n’hésitent pas à ânonner, par désintérêt et par manque d’éducation civique, que depuis 1804, nous n’avons rien accompli de remarquable. C’est aussi le mérite fondamental de cette recherche de révéler le cheminement du Droit Haïtien, dissuasif, coercitif et répressif, en ce qui concerne la gestion des Finances Publiques.
Car il s’agit du travail d’un citoyen, élevé comme il l’a révélé, dans une famille dont l’histoire personnelle est associée à un des faits du passé national : un ancêtre, Vilbrun Guillaume Sam, impliqué dans le retentissant Procès de la Consolidation qui demeure par sa tenue, exemplaire dans les annales du pays, et qui deviendra après qu’il fût blanchi des accusations portées contre lui, Président de la République au tragique destin : par l’histoire et l’environnement familial, Alain Guillaume a grandi dans un milieu qui valorise le service public et qui professe le souci de la rigueur nécessaire dans le maniement des fonds publics. Il est ainsi moralement adoubé et doublement autorisé à pourfendre les dérives, mais aussi à proposer des solutions. Il ne se contente pas d’analyser froidement, il prend position, et il n’hésite pas à dénoncer hardiment, jusqu’à oser qualifier certains de nos dirigeants de « chefs d’orchestre de toute une machinerie de corruption » et même une fois de « prince des voleurs ».
Ces commentaires cinglants maintiennent le travail dans le temps présent ; il plonge ainsi dans l’actualité et l’auteur évoque les initiatives récentes comme la création de la Commission d’Enquête Administrative (CEA), l’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC) et l’Unité Centrale de Renseignements Financiers (UCREF), en soulignant les principes normatifs sur lesquels se déroule leur fonctionnement, les embûches rencontrés dans un milieu rebelle au respect des normes, les risques de double emploi avec les institutions existantes, le peu de cas juridictionnel fait à leurs accusations documentées. Alain Guillaume a noté dans sa présentation les derniers développements de l’évolution du pays et il a souligné à l’intention des examinateurs étrangers, les dérives engendrées par la dernière initiative du Pouvoir Exécutif qui avait récemment, de manière inconstitutionnelle, accordé des sommes d’argent aux parlementaires, ce qui avait entrainé le communiqué vertueux de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif pour rappeler que quiconque reçoit de l’argent de l’Etat devient, automatiquement « comptable des deniers publics », tout en se demandant, avec amertume, quelle suite sera donnée à cette réaction saine et sans doute trop optimiste pour engendrer des résultats.
Alain Guillaume n’écarte pas non plus, dans l’analyse des mécanismes de la corruption, l’attitude parfois complaisante des bailleurs de fonds et il souligne l’inefficience conceptuelle et fonctionnelle de l’aide internationale qui entretient parfois le gaspillage dans le saupoudrage du financement de quelques projets, ce qui rend certaines institutions internationales un peu complices des abus d’un système qui déjà abrite des « niches à irrégularités », une expression qui revient à plusieurs reprises sous sa plume.
La soutenance a duré plus de deux heures et elle a suivi le déroulement en usage dans les Universités françaises. L’impétrant, pendant 15 minutes, a fait une brillante présentation synthétique de son travail, a évoqué les problèmes méthodologiques rencontrés, les difficultés relatives à la documentation. C’est une phase capitale de l’évènement car il doit démontrer sa capacité à présenter, en peu de mots, l’essentiel de ses recherches. Les quatre membres du jury se sont tour à tour relayés pour poser des questions relatives à la démarche, à la Bibliographie, la présentation technique des notes et, bien entendu au contenu même de la thèse. Ma responsabilité n’était pas facile à assumer. En effet, d’un côté, je n’ai pas dissimulé une certaine correspondance intellectuelle et patriotique avec Alain Guillaume d’autant que, du groupe, j‘étais le membre qui connaissait le mieux le système juridique haitien ; mais d’un autre, je me devais d’effectuer une analyse rigoureuse du texte, étant moi-même trop légaliste pour être complaisante, trop soucieuse de rigueur intellectuelle pour laisser passer ce que je croyais de mon devoir de souligner, et aussi trop convaincue que la meilleure façon de lui rendre service était de me montrer objective.
Pour tous, il ne s’agissait pas de démolir le travail mais, fondamentalement, d’aider à l’améliorer. D’ailleurs Alain Guillaume, sûr de la pertinence de sa recherche, ne s’est pas non plus laissé démonter par les critiques, justifiant ici une approche, précisant là un point de vue et cette attitude, elle aussi, est toujours à inscrire au bénéfice d’un candidat qui, tout en respectant l’autorité de membres du jury qui sont ses aînés, envers qui il manifeste une déférence qui ne doit pas être obséquieuse, fait preuve d’assurance intellectuelle pour défendre son travail car, somme toute, sur le sujet en question, il va de soi qu’il a accumulé un Savoir inédit dont les membres du jury peuvent, plus tard, tirer profit. Dans le déroulement d’une soutenance de thèse de Doctorat, la distance entre le candidat et les professeurs appelés à se prononcer sur le travail soumis à leur examen s’estompe et, au fur et à mesure de l’étalage de cet échange savant, on se retrouve tout simplement collègues.
Le moment attendu était celui de la proclamation des résultats. Je ne dissimule pas une certaine angoisse rétrospective, tout en étant certaine de la qualité du travail. Une fois la salle vidée des assistants, les membres du jury se sont retrouvés pour la phase délibérative de la soutenance. D’entrée de jeu, le Professeur Orsoni a donné le ton en m’interpellant avec amusement : « Madame, nous n’allions pas vous faire venir de si loin pour vous accorder la mention Honorable ! ». C’était bien sûr une plaisanterie car je n’étais pas en cause, mais il avait sans doute perçu une certaine angoisse chez moi et il voulait « briser la glace ». Puis il a enchaîné : ni non plus Très Honorable. Puis, ménageant ses effets, il a annoncé solennellement : « Chers collègues, je propose le maximum :Très Honorable avec les félicitations du jury ». Les trois, à commencer par moi, nous avons, bien entendu, acquiescé. En fait, il n’y a pas eu à proprement parler, de délibération contradictoire et le consensus spontané confirme le partage des appréciations de ce travail remarquable.
A cette distinction exceptionnelle, il a proposé d’en ajouter deux autres : Autorisation de publication sans modification et le Prix de la Faculté.
Je n’ai eu aucune raison de cacher mon soulagement et ma joie et lorsque, le public étant réadmis, le Président a prononcé les paroles concluantes de l’évènement avec la solennité de ton requise, j’avoue que j’ai senti de discrètes larmes perler à mes yeux. Et regardant le nouveau Docteur dont la satisfaction était naturellement évidente, nous avons communié l’espace d’un instant, lui, une étudiante doctorante, Melissa Lovelace, qui avait fait le voyage pour assister son ami et moi dans un sentiment de fierté patriotique partagée car nous étions les seuls Haïtiens.
C’est un moment exceptionnel d’abord pour Alain Guillaume qui voit ainsi couronner ses efforts académiques. C’est en outre un acquis pour la communauté haïtienne en général et il est bon d’en révéler l’intérêt, car il marque le prestige et la qualité de la recherche haïtienne dans le domaine du Droit et il est souhaitable que cette thèse soit publiée. C’est aussi une satisfaction partagée par l’Université Quisqueya toute entière car Alain Guillaume en est « un pur produit » : en effet, il a commencé ses études de Droit à la Faculté des Sciences Juridiques et il y a exactement 7 ans, le 6 octobre 2000, il avait présenté son Mémoire de Licence et j’avais déjà eu le bonheur d’être membre de son jury ; puis il a décroché son DEA en France, enfin le Doctorat maintenant. Il est depuis quelque temps Professeur à la FSJP et actuellement Vice Doyen de la dite Faculté. Son cheminement atteste de la qualité de l’enseignement et de la recherche à l’Université Quisqueya.
Enfin cette expérience à l’issue très honorable, c’est le cas de le dire, est aussi un message adressé à tous les jeunes qui poursuivent des études de Droit ou d’une autre discipline (en particulier les quelques 30 diplômés de l’UniQ qui vont bientôt partir pour la France et ailleurs) pour leur montrer que la persévérance, le sérieux et la recherche de l’excellence sont payants. Merci Alain !
_____________________
(*) Texte reçu de M. Robert Benodin, le 1er novembre 2007
mardi 7 août 2007
"Leslie, Mirlande et le RDNP", un article de Claude Moïse
Amies et amis internautes,
Voici un article bien pensé du professeur Claude Moïse qui a vécu pendant longtemps dans un pays et une province démocratiques: le Canada et le Québec.
Il a eu l'occasion d'y observer le fonctionnement des grands partis politiques. Dans ces partis, le couronnement d'un nouveau chef, parce qu'il n'a pas eu d'adversaires, ne se produit pas souvent. En général, la course au leadership se fait avec au moins deux candidats et il y a alors un vrai débat d'idées. Et le nouveau chef de parti est élu démocratiquement selon les règles fixées à l'avance.
Dans le cas du RDNP en 2007, l'envergure de Madame Mirlande Manigat a peut-être découragé les autres candidats potentiels au sein du parti.
Prenez lecture de l'éditorial de Claude Moïse en cliquant sur le lien suivant:
//
http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=7617
//
Bonne chance Madame Manigat. Que le Seigneur vous guide et vous bénisse dans tout ce que vous entreprendrez.
Cordialement,
Dr. Pierre Montès
7 août 2007
Voici un article bien pensé du professeur Claude Moïse qui a vécu pendant longtemps dans un pays et une province démocratiques: le Canada et le Québec.
Il a eu l'occasion d'y observer le fonctionnement des grands partis politiques. Dans ces partis, le couronnement d'un nouveau chef, parce qu'il n'a pas eu d'adversaires, ne se produit pas souvent. En général, la course au leadership se fait avec au moins deux candidats et il y a alors un vrai débat d'idées. Et le nouveau chef de parti est élu démocratiquement selon les règles fixées à l'avance.
Dans le cas du RDNP en 2007, l'envergure de Madame Mirlande Manigat a peut-être découragé les autres candidats potentiels au sein du parti.
Prenez lecture de l'éditorial de Claude Moïse en cliquant sur le lien suivant:
//
http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=7617
//
Bonne chance Madame Manigat. Que le Seigneur vous guide et vous bénisse dans tout ce que vous entreprendrez.
Cordialement,
Dr. Pierre Montès
7 août 2007
lundi 6 août 2007
Mirlande Manigat, femme politique «d’une compétence exceptionnelle dans un esprit calme et serein »

Mirlande Hyppolite Manigat
////////////////////////////////
Amies et amis internautes,
Le nouveau chef du parti Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes, RDNP, est Madame Mirlande Hyppolite Manigat qui succède à l'éminent professeur et homme politique Leslie François Manigat.
Lisez l'article ci-après, du journaliste Alix Laroche, pour les détails.
Dr. Pierre Montès
////////////////////////////////
Source: Le Matin, lundi 6 août 2007
CHANGEMENT DANS LA CONTINUITÉ / Mirlande Manigat prend les commandes du RDNP
Par Alix Laroche
alixlaroche@lematinhaiti.com
Le vendredi 3 août en cours marquait la journée inaugurale de la huitième convention nationale du parti Rassemblement des démocrates nationaux progressistes d’Haïti (RDNP). Cette convention a été non seulement l’occasion pour le fondateur du parti, Leslie François Manigat, de faire ses adieux, mais aussi celle, pour l’épouse de ce dernier, Mirlande Hyppolite Manigat,, d’accéder à la direction suprême du RDNP.Le professeur Leslie François Saint Roc Manigat a tiré officiellement sa révérence de la direction du RDNP à l’occasion de la huitième convention nationale du parti, déroulée, du 3 au 4 août au Palais de l’art à Delmas 33, autour du thème : « Un changement dans la continuité ». Visiblement affecté par l’âge, le professeur Leslie François Manigat a jugé bon de passer la main. Il prend non seulement sa retraite de la direction du RDNP, mais encore de la vie politique nationale. Une décision annoncée par le leader lui-même. Une décision de sagesse, a-t-il dit. « C’est d’autant plus sage que de se rendre compte qu’on ne doit plus continuer », a-t-il estimé. Leslie Manigat comptait 27 ans aux commandes du parti. Son épouse, la constitutionnaliste Mirlande Hyppolite Manigat, a désormais la lourde responsabilité de diriger les destinées du RDNP. Elle est présentée par son époux comme « quelqu’un d’une compétence exceptionnelle dans un esprit calme et serein ». « Leslie s’en va, Mirlande arrive. Je dis un adieu définitif à toute position d’occuper le leadership politique à la tête du parti, ni d’y mener des campagnes présidentielles. C’est clair, c’est fini. Nous disons à tout le monde que nous sommes heureux de nous en aller. Nous partons dans l’allégresse. Parce que nous avons la confiance que le parti est en train de passer en de bonnes mains », a déclaré le secrétaire général sortant du RDNP, en présence d’environ cinq cents (500) délégués venus des dix (10) départements géographiques du pays. Le professeur Leslie François a profité, de son discours d’adieu à la vie politique, pour rendre hommage à quelques responsables politiques présents à la cérémonie. De l’avis de Me Martial Célestin, qui a abondé quasiment dans le même sens que le professeur Manigat, Mirlande n’a nullement besoin des conseils de son époux pour réussir. Elle peut mener à bien la barque du parti et même celle de la République. « Mirlande Hyppolite Manigat réunit en elle toutes les conditionsnécessaires pour assurer avec tact et intelligence la relève », s’est exclamé l’ancien Premier ministre Martial Célestin, membre fondateur du RDNP. Me Martial Célestin, n’a pas hésité, dans ses propos de circonstance, de citer la Bible et de passer en revue des personnalités féminines qui, à travers le temps et l’espace, ont joué un rôle déterminant dans l’histoire de leurs peuples respectifs. Donc une façon toute particulière pour lui de démontrer la confiance placée en la compétence de la nouvelle dirigeante suprême du RDNP. Mirlande, seule candidate…D’après Me Jacquenet Oxilus, maître de cérémonie, Mirlande Manigat était, vendredi, la seule et unique candidate au poste de secrétaire général du parti. La candidature du professeur Lionel Desgrange a été rejetée, a-t-on appris, pour n’avoir pas été présentée dans le délai prévu. Prenant la parole au cours de la cérémonie, l’ingénieur Fritz Benjamin, secrétaire général adjoint, a dit croire qu’il faut continuer la lutte pour la moralisation de la politique dans le pays. Il a dénoncé, à l’instar du professeur Manigat, tous ceux qui « pratiquent le métier de diaboliser les partis politiques ». Maintenir les contacts de baseMirlande Manigat a confié en exclusivité au Matin que c’est un poste tout nouveau qu’elle va devoir assurer. « C’est tout nouveau pour moi. Mais moi, je suis une militante ; donc secrétaire générale ou militante de base, c’est la même chose, le même engagement, la même perspective, le même idéal et les mêmes principes qui me guident », a déclaré Mirlande Manigat, avant de poursuivre « Leslie a toujours pratiqué le contact avec les militants et c’est la même chose que je ferai : le contact permanent avec les militants. Je conçois les relations de haut en bas et de bas en haut afin d’accumuler les informations, pour pouvoir moderniser le programme de gouvernement du parti qui est : changer la vie ». Outre les dirigeants et les délégués et d’autres membres du RDNP, la cérémonie de vendredi au Palais de l’art s’était déroulée en présence de sympathisants du parti, de membres de la presse, de responsables politiques dont Me Osner Févry, l’ingénieur Déjean Bélizaire, l’ancien Général-président Prosper Avril, d’invités d’honneur, comme les professeurs Claude Moïse, Christian Rousseau, Yanick Lahens et Patrice Dumont. Il faut noter aussi la présence de la ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes (MCFDF), Mme Marie Laurence Jocelyn Lassègue.Le professeur Leslie François Saint Roc Manigat a reçu de sa fille, Béatrice Manigat, rentrée expressément de Togo, une plaque « honneur et mérite » offerte par les militants du RDNP en signe de reconnaissance et d’appréciation.
Le vendredi 3 août en cours marquait la journée inaugurale de la huitième convention nationale du parti Rassemblement des démocrates nationaux progressistes d’Haïti (RDNP). Cette convention a été non seulement l’occasion pour le fondateur du parti, Leslie François Manigat, de faire ses adieux, mais aussi celle, pour l’épouse de ce dernier, Mirlande Hyppolite Manigat,, d’accéder à la direction suprême du RDNP.Le professeur Leslie François Saint Roc Manigat a tiré officiellement sa révérence de la direction du RDNP à l’occasion de la huitième convention nationale du parti, déroulée, du 3 au 4 août au Palais de l’art à Delmas 33, autour du thème : « Un changement dans la continuité ». Visiblement affecté par l’âge, le professeur Leslie François Manigat a jugé bon de passer la main. Il prend non seulement sa retraite de la direction du RDNP, mais encore de la vie politique nationale. Une décision annoncée par le leader lui-même. Une décision de sagesse, a-t-il dit. « C’est d’autant plus sage que de se rendre compte qu’on ne doit plus continuer », a-t-il estimé. Leslie Manigat comptait 27 ans aux commandes du parti. Son épouse, la constitutionnaliste Mirlande Hyppolite Manigat, a désormais la lourde responsabilité de diriger les destinées du RDNP. Elle est présentée par son époux comme « quelqu’un d’une compétence exceptionnelle dans un esprit calme et serein ». « Leslie s’en va, Mirlande arrive. Je dis un adieu définitif à toute position d’occuper le leadership politique à la tête du parti, ni d’y mener des campagnes présidentielles. C’est clair, c’est fini. Nous disons à tout le monde que nous sommes heureux de nous en aller. Nous partons dans l’allégresse. Parce que nous avons la confiance que le parti est en train de passer en de bonnes mains », a déclaré le secrétaire général sortant du RDNP, en présence d’environ cinq cents (500) délégués venus des dix (10) départements géographiques du pays. Le professeur Leslie François a profité, de son discours d’adieu à la vie politique, pour rendre hommage à quelques responsables politiques présents à la cérémonie. De l’avis de Me Martial Célestin, qui a abondé quasiment dans le même sens que le professeur Manigat, Mirlande n’a nullement besoin des conseils de son époux pour réussir. Elle peut mener à bien la barque du parti et même celle de la République. « Mirlande Hyppolite Manigat réunit en elle toutes les conditionsnécessaires pour assurer avec tact et intelligence la relève », s’est exclamé l’ancien Premier ministre Martial Célestin, membre fondateur du RDNP. Me Martial Célestin, n’a pas hésité, dans ses propos de circonstance, de citer la Bible et de passer en revue des personnalités féminines qui, à travers le temps et l’espace, ont joué un rôle déterminant dans l’histoire de leurs peuples respectifs. Donc une façon toute particulière pour lui de démontrer la confiance placée en la compétence de la nouvelle dirigeante suprême du RDNP. Mirlande, seule candidate…D’après Me Jacquenet Oxilus, maître de cérémonie, Mirlande Manigat était, vendredi, la seule et unique candidate au poste de secrétaire général du parti. La candidature du professeur Lionel Desgrange a été rejetée, a-t-on appris, pour n’avoir pas été présentée dans le délai prévu. Prenant la parole au cours de la cérémonie, l’ingénieur Fritz Benjamin, secrétaire général adjoint, a dit croire qu’il faut continuer la lutte pour la moralisation de la politique dans le pays. Il a dénoncé, à l’instar du professeur Manigat, tous ceux qui « pratiquent le métier de diaboliser les partis politiques ». Maintenir les contacts de baseMirlande Manigat a confié en exclusivité au Matin que c’est un poste tout nouveau qu’elle va devoir assurer. « C’est tout nouveau pour moi. Mais moi, je suis une militante ; donc secrétaire générale ou militante de base, c’est la même chose, le même engagement, la même perspective, le même idéal et les mêmes principes qui me guident », a déclaré Mirlande Manigat, avant de poursuivre « Leslie a toujours pratiqué le contact avec les militants et c’est la même chose que je ferai : le contact permanent avec les militants. Je conçois les relations de haut en bas et de bas en haut afin d’accumuler les informations, pour pouvoir moderniser le programme de gouvernement du parti qui est : changer la vie ». Outre les dirigeants et les délégués et d’autres membres du RDNP, la cérémonie de vendredi au Palais de l’art s’était déroulée en présence de sympathisants du parti, de membres de la presse, de responsables politiques dont Me Osner Févry, l’ingénieur Déjean Bélizaire, l’ancien Général-président Prosper Avril, d’invités d’honneur, comme les professeurs Claude Moïse, Christian Rousseau, Yanick Lahens et Patrice Dumont. Il faut noter aussi la présence de la ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes (MCFDF), Mme Marie Laurence Jocelyn Lassègue.Le professeur Leslie François Saint Roc Manigat a reçu de sa fille, Béatrice Manigat, rentrée expressément de Togo, une plaque « honneur et mérite » offerte par les militants du RDNP en signe de reconnaissance et d’appréciation.
lundi 6 août 2007
Inscription à :
Articles (Atom)