Par Jacques Desrosiers
jadesro@lematinhaiti.com
Environ 20 jours après son départ forcé pour l’étranger, Joseph Guyler C. Delva est de retour au pays. Au cours d’une rencontre avec la presse, hier lundi, le responsable de SOS journalistes haïtiens a expliqué les motifs de son départ.
Joseph Guyler C. Delva a souligné qu’il faisait l’objet de menaces depuis qu’il avait rapporté des informations selon lesquelles un sénateur de la République, le Dr Rudolph Boulos (Nord-Est,Fusion), serait détenteur d’une double nationalité. Une information contre laquelle d’ailleurs le sénateur s’était formellement inscrit en faux. Delva décida de se mettre à l’abri après avoir été poursuivi, le 5 novembre, à Pétion-Ville, par des inconnus au volant de deux voitures. Une « tentative d’assassinat », a-t-il déclaré.
De retour au pays ce lundi, Delva a déclaré : « Ces menaces ne vont pas m’arrêter dans ma lutte pour que justice soit rendue aux journalistes victimes ou assassinés ». Mais il n’était pas en mesure de dire si les menaces persistaient.Toutefois, le responsable de SOS journalistes haïtiens a précisé avoir obtenu des garanties pour sa sécurité. Avant son retour, il se serait entretenu avec le président René Préval, le commissaire du gouvernement près le tribunal civil de Port-au-Prince, Me Claudy Gassant, et le directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), Mario Andrésol.
Dossiers de justice et obstacles
Joseph Guyler C. Delva a profité de sa rencontre avec la presse pour faire le point sur l’avancement, au niveau de la justice, des dossiers de journalistes assassinés, notamment ceux de Jean Léopold Dominique et de Brignol Lyndor.Concernant le dossier Dominique, le juge instructeur Fritzner FilsAimé ferait face à des obstacles pour poursuivre son enquête. Des individus qu’il souhaite entendre refuseraient catégoriquement de répondre à ses invitations. Joseph Guyler C. Delva a informé par ailleurs du report au lundi 10 décembre du procès, à Petit-Goâve, des présumés assassins de Brignol Lyndor.
Sur tout un autre plan, la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) a procédé, jeudi dernier, à l’arrestation d’Aguillard Jean Hughens Adoplh, un technicien de Radio-Télé Ginen. Aguillard serait l’auteur intellectuel de la fusillade, le 6 novembre en cours, contre les locaux de la station à Delmas 31.Réalisateur, Aguillard Jean Hughens Adoplh a été rétrogradé au poste de simple metteur en onde. Furieux, il aurait engagé les services du gang « Base Cameroun ». Camille Marc Calixte, Johnny Carl Stanley et Brunet Mélier ont également été appréhendés dans le cadre de cette affaire. Ces derniers sont par ailleurs accusés de trafic de faux permis de conduire international.
mardi 27 novembre 2007
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jeudi 29 novembre 2007
vendredi 23 novembre 2007
Guy Delva a quitté le pays sous la menace: RSF exprime son inquiétude
Source: Le Nouvelliste du 23 novembre 2007
Reporters sans frontières exprime son inquiétude après le départ forcé, le 9 novembre 2007, du journaliste Joseph Guyler C. Delva, cible de menaces de mort à répétition depuis le 25 octobre 2007.

«Ce départ forcé d'un journaliste connu pour son engagement en faveur de sa profession montre que le combat pour la liberté de la presse reste d'actualité en Haïti. Joseph Guyler C. Delva est obligé de s'exiler trois mois après sa prise de fonction à la tête d'une commission chargée de lutter contre l'impunité dans les assassinats de journalistes. Cet épisode ne pouvait pas plus mal tomber. Nous exprimons notre solidarité à l'égard du journaliste et de sa famille et appelons les autorités à faire très vite la lumière sur les menaces et les intimidations qui l'ont conduit à quitter précipitamment le pays», a déclaré Reporters sans frontières.
Joseph Guyler C. Delva a été pris en filature par des inconnus, dans la soirée du 5 novembre 2007, alors qu'il circulait en voiture à Port-au-Prince. A plusieurs reprises, le journaliste a simulé un stationnement pour s'assurer qu'il était réellement suivi. «Arrivé à une station-service, Joseph Guyler C. Delva s'est arrêté pour faire le plein. A ce moment, les inconnus ont, à leur tour, garé leur véhicule. Certains en sont descendus et se sont dirigés vers sa voiture. Pris de panique, le journaliste est reparti dans son véhicule et est allé chercher de l'aide au commissariat de Pétion-Ville où des policiers l'ont accompagné à son domicile», a expliqué à Reporters sans frontières Jean Wilner Morin, porte-parole de la Commission indépendante d'appui aux enquêtes relatives aux assassinats de journalistes (CIAPEAJ), dont Joseph Guyler C. Delva est le président. Sur les conseils de sa famille, le journaliste a décidé de quitter provisoirement le pays. Il s'est réfugié aux États-Unis.
Correspondant de plusieurs médias étrangers à Port-au-Prince, dont la BBC et l'agence Reuters, Joseph Guyler C. Delva est aussi l'animateur d'un programme d'actualité de la station de radio Mélodie FM. Il a plusieurs fois évoqué à l'antenne des dossiers sensibles, dont celui d'un sénateur titulaire d'une double nationalité, une pratique pourtant interdite par la Constitution haïtienne de 1987.
Le 25 octobre, Joseph Guyler C. Delva avait été averti à deux reprises sur son portable «qu'il devait faire attention, que l'on savait où le trouver et qu'on allait l'avoir».
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Reporters sans frontières exprime son inquiétude après le départ forcé, le 9 novembre 2007, du journaliste Joseph Guyler C. Delva, cible de menaces de mort à répétition depuis le 25 octobre 2007.

Joseph Guyler C. Delva, président de la commission
chargée de lutter contre l'impunité dans les assassinats de journalistes
«Ce départ forcé d'un journaliste connu pour son engagement en faveur de sa profession montre que le combat pour la liberté de la presse reste d'actualité en Haïti. Joseph Guyler C. Delva est obligé de s'exiler trois mois après sa prise de fonction à la tête d'une commission chargée de lutter contre l'impunité dans les assassinats de journalistes. Cet épisode ne pouvait pas plus mal tomber. Nous exprimons notre solidarité à l'égard du journaliste et de sa famille et appelons les autorités à faire très vite la lumière sur les menaces et les intimidations qui l'ont conduit à quitter précipitamment le pays», a déclaré Reporters sans frontières.
Joseph Guyler C. Delva a été pris en filature par des inconnus, dans la soirée du 5 novembre 2007, alors qu'il circulait en voiture à Port-au-Prince. A plusieurs reprises, le journaliste a simulé un stationnement pour s'assurer qu'il était réellement suivi. «Arrivé à une station-service, Joseph Guyler C. Delva s'est arrêté pour faire le plein. A ce moment, les inconnus ont, à leur tour, garé leur véhicule. Certains en sont descendus et se sont dirigés vers sa voiture. Pris de panique, le journaliste est reparti dans son véhicule et est allé chercher de l'aide au commissariat de Pétion-Ville où des policiers l'ont accompagné à son domicile», a expliqué à Reporters sans frontières Jean Wilner Morin, porte-parole de la Commission indépendante d'appui aux enquêtes relatives aux assassinats de journalistes (CIAPEAJ), dont Joseph Guyler C. Delva est le président. Sur les conseils de sa famille, le journaliste a décidé de quitter provisoirement le pays. Il s'est réfugié aux États-Unis.
Destinée à lutter contre l'impunité entourant les principales affaires qui ont endeuillé la presse haïtienne, la CIAPEAJ a été instituée, le 10 août dernier, à l'initiative du président de la République René Préval. Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, les fonctions occupées par Joseph Guyler C. Delva à la tête de cette commission ne seraient pas la seule raison des menaces dont il est l'objet.
Correspondant de plusieurs médias étrangers à Port-au-Prince, dont la BBC et l'agence Reuters, Joseph Guyler C. Delva est aussi l'animateur d'un programme d'actualité de la station de radio Mélodie FM. Il a plusieurs fois évoqué à l'antenne des dossiers sensibles, dont celui d'un sénateur titulaire d'une double nationalité, une pratique pourtant interdite par la Constitution haïtienne de 1987.
Le 25 octobre, Joseph Guyler C. Delva avait été averti à deux reprises sur son portable «qu'il devait faire attention, que l'on savait où le trouver et qu'on allait l'avoir».
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