mardi 15 avril 2008

Quatre cent cinquante mille (450 000) tonnes de riz en Haïti à produire : un rêve ou un leurre !

Par Michel William, agronome

Source: Stanley Lucas


Lorsqu'on est président, on est vraiment emprisonné par un cercle d'amis qui vous conduisent à votre perte. Qui aurait cru qu'on emmènerait le président à prendre l'exemple du riz, quand l'organisme officiel de l'Etat placé pour encourager la culture du riz, l'ODVA, se retrouve dans un état de dysfonctionnement. En effet depuis plus de 10 années, l'ODVA qui demande un budget de fonctionnement de 257 million de gourdes rien que pour nettoyer 189 kilomètres de canaux et drains principaux ayant 5 à 7 mètres de profondeurs, 115 kilomètres de canaux et drains latéraux, 1082 kilomètres de canaux et de drains secondaires et tertiaires, à coté de 338 kilomètres de routes secondaires, ne reçoit que 30 millions de gourdes. Cette structure ainsi que les structures départementales du MARNDR, placées pour exécuter la politique du MARNDR sont dans un état lamentable, résultat d'une confusion dans le choix des priorités politiques du gouvernement. Elles ont été réduites à de simples figurines au profit des ONGs qui ont reçu tout le financement qui était destiné à leur fonctionnement.

Qui aurait cru qu'en ces moments de contestation nationale d'une politique qui a déçu tout le monde, il y aurait un conseiller pour suggérer au président de même effleurer le nom de lait à GOGO qui est la négation même de la direction de la production animale appelée pourtant à faciliter l'exécution de la politique du gouvernement en matière d'élevage. L'exemple du riz et celui de lait à GOGO pris par le président pour relancer la production nationale, montre à quel niveau il est emprisonné par un groupes d'amis qui ne songent qu'à leurs intérêts dans les moments les plus critiques de la politique du pays. Cette équipe de conseillers persiste à contribuer à faire mentir le président à la nation à la manière des hommes de Goebel qui disaient : " mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ".

Essayons de voir plus claire dans ce qu'a dit le président tout en lui reconnaissant le bien fondé de sa proposition qui reste une proposition de long terme, moyennant que les dispositions structurelles de renforcement institutionnel soient prises dès maintenant pour concrétiser dans un délai de huit à douze mois en terme de plan, programmes et projets les idées du président, qui, a -t-il fait remarquer ne sont pas des promesses mais des propositions de travail.

1-Les zones rizicoles d'Haiti mesurent 38.750 has reparties comme suit :

Nord-Ouest :Berger, Rivière Salée, Bonneau, Denis, Meance, Fonds Roquefort 1000 has
Versant sud mer Caraïbes : St louis du Sud, Plaine des Cayes, les Anglais 2.250 has
Versant Sud golfe de la Gonâve : Petit Goave, Orouck, Petite Rivière de Nippes ,Fond des Nègres 3.500 has
Département du Nord : Limbe, Plaine du Nord, Grison Garde, St Raphael 4.000 has
Vallée de l'Artibonite : 28.000 has.

2-Production de riz
Les chiffres avancés par le Président de la République font état d'une production de 90.000 tonnes de riz blanc. Si on accepte que l'on fait deux récoltes par an sur 80% de ces terres , la superficie est doublée soit 38.750X 80% X 2 , ou 62.000 has. Le rendement national moyen devient 90.000t/62.000 has ou 1,45 T/ has. La vallée de l'Artibonite est responsable de 75% de la production ou 67.500 tonnes .

La situation des terres irriguées dans la vallée de l'Artibonite

La vallée de l'Artibonite compte 45.000 has dont 32.000 has irrigables et 13.000 non irrigables. Des 32.000 irrigables il ya 28.000 has « irrigués » qui sont plantés en riz .La production du riz dans la vallée varie avec la disponibilité de l'eau offerte par l'EDH à partir de l'exploitation électrique du Barrage Péligre et se fait suivant deux saisons.

Une grande saison qui permet d'irriguer 15 à 20.000 has et une petite saison qui permet l'irrigation de 10 à 12.000 has. Le rendement à l'ha varie d'une zone à une autre avec l'aménagement hydro agricole qui a été fait et selon le pourcentage du paquet .technologique appliqué. 5.160 has bien irrigués et drainés avec un paquet technologique complet incluant le crédit produisent 4,20 T de riz blanc /h. 6.450 has plus ou moins irrigués et drainés avec un paquet technologique diminué et le même crédit produisent 2,74 T/ha. 16.383 has irrigués mal drainés sans crédit produisent 1,39T /has.
En expérimentation sur la ferme de Maugé, le PIA a atteint 6,4 Tonnes/ha. Ce paquet ne peut être appliqué par les riziculteurs dans les meilleurs terrains à cause de l'inexistence du crédit et de la structure officielle pour l'organiser.

Le politiquement correcte de la parole du Président

Le président Préval , parlant dans un contexte d'émeutes de la Faim, a dit que le pays peut produire les 450.000 tonnes de riz en Haiti sur 62.000 has , ce qui revient à produire le riz avec un rendement de 7,25 T de riz à l'ha. Nous disons que c'est du politiquement correcte mais c'est loin d'être faisable sur le terrain, parce que dans les meilleurs moments de l'ODVA, l'organisme arrivait à irriguer correctement à peine 10.000 has de terre que soutenaient un crédit moyen et un montage institutionnel fort à l'époque de Réné Destin et vers le commencement de la Gestion de André Victor.
Aujourd'hui ODVA se voit accordé un budget de 30millions de gourdes sur 257 millions demandés, le crédit n'existe pas ,le personnel d'encadrement est peu efficace, en raison de l'inexistence de budget. Des canaux et des drains ont plus de vingt ans depuis qu'ils ne sont pas nettoyés. Pour réhabiliter 17.000 has, la BID a mis 10 ans pour faire ce travail, 5 années d'étude et cinq années d'exécution. Il reste 13.000 has qui attendent un travail de réhabilitation qui n'est même pas étudié encore.

Les crues du fleuve Artibonite devenues très fréquentes avec trois à quatre cyclones à l'année causent des dégâts dans tout le système d'irrigation y compris dans la partie en train d'être réhabilitée et pour laquelle les fonds ne sont pas prévus si un dommage quelconque se produirait. La berge Gauche du Barrage Canot responsable de l'irrigation des 28.000 hectares menace de s'effondrer avec les prochaines pluies entrainant avec lui la destruction du barrage de Canot et la destruction complète du système d'irrigation de l'ODVA. Le PIA ne peut réparer cette dernière partie parce qu'elle n'était pas prévue dans le projet BID.Si le gouvernement n'arrive pas à gérer le quotidien, dans combien de temps, et avec quel moyen ,il compte rendre le pays autonome en terme de consommation de riz.

Qui dans le gouvernement a pu conseiller au président Préval d'avancer une telle stupidité dans un message à la nation pour calmer des esprits chauffés par la famine et la vie chère. On a fait commettre au Président la même erreur en le laissant mentionner le nom de lait à GOGO qui est le corollaire de la destruction du programme d'Etat de la production animale. En d'autre termes, si le Veterimed disparaissait maintenant le MARNDR aurait trouvé un sursis pour restructurer la direction de la production animale et la production laitière en encadrant 10 à 20.000 éleveurs au lieu des 200 éleveurs d'échantillons de VETERIMED qui ne fait que masquer le problème réel en permettant à l'état affaibli de se cacher derrière cette ONG et de fuir sa tâche régalienne de promouvoir la production du lait dans tout le pays.

Nous accueillons favorablement les idées de subvention de la production agricole nationale. Elles ne pourront se faire qu'à moyen et long terme. Elles ne pourront se faire qu'en mettant à leur vraie place les ONGs. Elles pourront se faire lorsque dans chaque section communale toute la structure administrative des pouvoirs déconcentrés et décentralisés seront mis en place dans le communes et dans les sections communales pour garantir la sécurité des investissements. Aujourd'hui nous attendons un mot économique du président sur les produits stratégiques comme les œufs, le poulet de chair, l'huile, en terme de subvention même pendant un mois . Nous attendons du président un mot politique pour redonner confiance à la nation dans un gouvernement qu'elle n'a pas vu encore à l'œuvre.

Agronome Michel William
10-04-2008

dimanche 13 avril 2008

Rising Food Prices Spark Growing Concern

Source: NPR, Weekend Edition Saturday, April 12, 2008

Deadly rioting broke out this week across Haiti and Egypt, where rampaging inflation has driven up food prices. The United Nations estimates that the cost of food in those countries has nearly doubled in the last two years.
In Egypt, bread is so scarce that in some places it is sold behind a barricaded wall. In Haiti, the 9,000 U.N. peacekeepers have been ordered not to fire on civilians while widespread looting and violence continues.

The Group of Seven is meeting in Washington this weekend to address instability in the global economy, but many analysts seem skeptical about how effective the organization will be at steadying inflation.

Bettina Luescher, the chief North American spokeswoman for the U.N. World Food Program, tells Scott Simon that the factors contributing to the increasing food prices have created "a perfect storm." She says those factors include a rise in oil and energy prices and an economic boom in developing countries like India and China that is increasing demand, as well as climate changes causing droughts and floods.

In addition, Luescher says, some farmers are shifting their crops from food to those used for alternative fuels, like corn used for ethanol, because of rising demand.

"We don't want to, you know, categorize the biofuels as either good or bad, but what we are really seeing is it's part of the market speculation that is going on," she says. "Sometimes farmers are betting that that will be a much better investment, and some of the [crops that] could have been used for foods and are now being used for fuel."

The World Food Program needs money to implement aid operations on the ground, Luescher says, and the organization is also looking at long-term safety nets, such as school feeding programs.

"That is one of the long-term things where we think that from the richer countries much more money should be spent on programs like that, so that we can have a long-term impact," she says.

//This paper comes from the following link:
http://www.npr.org/templates/story/story.php?storyId=89583839
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Le premier ministre Jacques Edouard Alexis renvoyé par le Sénat - Sa carrière politique n’a pas pour autant pris fin, laisse-t-il entendre

NDCDP.-
L'article ci-dessous de Radio Kiskeya corrobore le bref compte-rendu téléphonique donné à chaud à bord de leur véhicule, au sortir de la séance au Sénat, par deux Sénateurs (Clérié et Fortuné) à M. Raymond Laurent de l'émission Samedi-Midi à la radio CKUT Radio McGill 90.3 FM, Montréal, hier samedi 12 avril 2008.
Faut-il noter que M. Raymond Laurent venait de s'entretenir longuement sur la crise avec le Ministre de la Planification et de la Coopération Externe, M. Jean Max Bellerive qui était de passage à Montréal cette fin de semaine. Ce dernier (le Ministre), tout ému, a appris en direct, à midi moins cinq environ, à CKUT, le renvoi par le Sénat du Premier Ministre Jacques-Édouard Alexis et du gouvernement qu'il dirigeait.
Si l'on interprète les voeux de M. Raymond Laurent au Ministre sortant hier, la carrière politique de M. Bellerive, qui connaîtrait bien les couloirs de la Primature, ne serait pas finie non plus.

***

Source: Radio Kiskeya, samedi 12 avril 2008

Le Sénat haïtien a voté samedi une motion de censure contre le premier ministre Jacques Edouard Alexis, 22 mois après l’accession de ce dernier pour la seconde fois à ce poste. Il avait en effet occupé le même poste lors du premier mandat présidentiel de René Préval (1996-2001).
Cette décision survient au lendemain de violentes manifestations contre la vie chère enregistrées à Port-au-Prince et en province. Les 16 sénateurs présents qui avaient initié la démarche d’interpellation ont estimé que ces manifestations constituaient un désaveu public de la politique économique du gouvernement.
Intervenant à la tribune avant le vote, Jacques Edouard Alexis a dénoncé « la sommation de démission » qu’il avait reçue avant la lettre d’interpellation signée du président du Sénat. Il a jugé « irrecevable et contre productive une telle adresse au niveau de l’Etat ».
Il a rapidement souligné les points qu’il juge à son actif, dont l’amélioration du climat de sécurité ; l’assainissement des finances publiques ; la lutte contre la contrebande, la corruption et toutes sortes de trafic. Il a aussi mis l’accent sur la stabilité macro-économique, l’initiative en faveur de la réduction de la dette extérieure du pays, l’élaboration d’une stratégie de réduction de la pauvreté, le renforcement de la crédibilité du pays au niveau international, l’amélioration des infrastructures sociales et économiques.
Reconnaissant que de graves événements se sont effectivement produits la semaine dernière dans le pays, M. Alexis a imputé les violences à des casseurs dont, dit-il, les motivations étaient fort différentes de celles de la très large majorité des gens qui manifestaient légitimement contre la cherté de la vie. Il a en ce sens félicité les casques bleus de l’ONU et les policiers nationaux pour leurs efforts en vue de rétablir rapidement l’ordre.
Après avoir implicitement annoncé la poursuite de sa carrière politique en promettant au peuple de ne jamais l’abandonner en chemin, M. Alexis a réaffirmé ses convictions citoyennes et démocratiques. A ces mots, il a souhaité ne plus faire de déclaration, refusant donc tout débat et invitant les sénateurs à assumer leurs responsabilités.
Le vote unanime est alors tombé tel un couperet, renvoyant l’équipe gouvernementale dont certains membres présents ont dissimulé avec difficulté leur émotion. Quant à M. Alexis, il a sollicité la parole pour la dernière fois rien que pour souhaiter bon travail aux sénateurs.
[jmd/RK]
//L'article ci-dessus provient du lien ci-après:
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samedi 12 avril 2008

Haïti - Derrière les émeutes, le spectre d'Aristide


Photo: Agence Reuters

Par Étienne Côté-Paluck
Source: Journal Le Devoir, Montréal, samedi 12 et dimanche 13 avril 2008
« Depuis quelques jours en Haïti, les groupes criminels des quartiers populaires ont repris le contrôle des rues. Historiquement très liées au parti Lavalas, des émeutes pro-Aristide seraient en grande partie responsables des violences qui ont assombri les manifestations contre la faim apparues il y a dix jours. On soupçonne aujourd'hui l'existence d'une tentative planifiée de faire tomber le gouvernement du premier ministre Jaques-Édouard Alexis...»
Cliquez sur le lien suivant pour lire l'article au complet dans le journal Le Devoir.
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Le cri de la raison

Les actuels troubles sociaux prouvant l'incapacité et la non volonté de l'État à moderniser le pays et à apporter des réponses rapides et adéquates pour satisfaire valablement les attentes des couches les plus vulnérables de la population, interpellent les citoyennes et citoyens que nous sommes. Face aux dangers auxquels la nation est exposée, il est urgent d'oeuvrer pour un État et des institutions républicaines pouvant mériter la confiance de la population.
Le Pouvoir Exécutif et les corps constitués doivent être en mesure d'agir vite en posant des actes concrets, des gestes qui envoient un signal clair quant au choix sans transiger de l'ordre et de l'État de droit. Le Chef de l'État doit puiser dans les instruments offerts par la Constitution, en concertation avec le Premier Ministre, les Chambres législatives et les forces politiques pour trouver la porte de sortie qui nous ramène dans le processus démocratique.
Quand les vies et les biens sont menacés, l'État, garant de l'ordre, doit se porter au devant de la sauvegarde et du respect de la propriété privée. Les problèmes engendrés par la cherté de la vie ne sauraient en aucune façon servir de prétexte pour justifier le pillage, les actes de vandalisme, les agressions physiques et les menaces contre les institutions publiques et les entreprises privées. Ce n'est pas dans l'anarchie que nous construirons l'ambiance propice au développement du commerce et de l'industrie, aux investissements qui apporteront les emplois, les revenus aux travailleurs potentiels ni la croissance et le progrès économique à notre pays.
Le Pouvoir Exécutif doit tout faire pour que force demeure à la loi. L'anarchie actuelle dans les rues des villes d'Haïti est une expression sans détournement de la perte de confiance d'une grande partie de la population en ses mandataires comme en ses dirigeants. Quand le pouvoir quitte les institutions démocratiques pour s'exprimer anarchiquement dans la rue avec toutes les possibilités de dérive et de récupération, l'État, sans tergiverser, agit en extrême urgence pour envoyer aux citoyens les signaux convenables quant à sa détermination imperturbable de maintenir le pays sur les rails de la démocratie et du respect de la légalité.
Si l'État est incapable d'assumer pleinement ses fonctions régaliennes fondamentales, il tombe en déficit de légitimité, jette le pays dans les bras du chaos et l'expose à toutes sortes d'aventures.
Les instances chargées de la sécurité publique doivent assumer pleinement leur rôle pour contribuer à la création d'un environnement politique et social stable, condition indispensable à la mobilisation du capital au profit de l'investissement, de la création d'emplois, de la modernisation du pays, du progrès social et de la croissance soutenue.

Le pouvoir Exécutif doit présenter à la nation un plan clair et public qui indique les choix et orientations du gouvernement pour les trois années qui restent à courir du mandat présidentiel. Nous devons passer des promesses à la concrétisation des projets qui transformeront les difficiles réalités du peuple haïtien.
Le pays attend du Parlement le refus de certaines pratiques de corruption pour que les élus soient vraiment en pouvoir de contrôler, sans complaisance, l'action de l'Exécutif pour éviter que naisse dans l'esprit du citoyen toute interprétation de l'inutilité et du dysfonctionnement des institutions et couper court à toute tentation d'expression et de manifestation de la démocratie dite directe.
Il nous semble urgent que le Pouvoir, sans entraves idéologiques ou partis pris personnel, pose les fondements du renforcement de la force publique nationale pour que notre pays récupère à terme, toutes ses fonctions de souveraineté.
Le Pays attend surtout que nos politiciens, de tout bord, travaillent à mettre fin à deux cents ans de pratiques de clientélisme, de népotisme et de corruption, pratiques qui, ces dernières décennies, ont corrompu des couches entières de la population. La jeunesse de ce pays ne peut et ne doit plus supporter le spectacle abrutissant de ces politiciens voulant comme prouver la non nécessité de la formation intellectuelle et donc de l'excellence.
Haïti doit montrer à ses citoyens et au reste du monde sa capacité de moderniser sa Justice pour la rendre apte à demander des comptes à chacun de ses ressortissants et à tous ceux qui vivent sur son territoire sans distinction de richesse, de classe, de rang ou d'influence d'aucune sorte. L'ère de l'impunité doit finir pour que l'État de droit naisse enfin, qu'il grandisse, et qu'il soit capable de garantir à chacun de nous désormais justiciable, l'égalité dans la justice.
Notre pays, aujourd'hui, doit faire le choix du développement durable, la voie conforme pour reconstruire la dignité par l'effort individuel, l'incorporation de la force de travail dans une activité croissante de création de richesses. C'est là une condition indispensable au développement du respect du bien d'autrui, de l'amour du travail, la démarche rationnelle pour l'accumulation de biens, le plaisir de la possession et le goût de la propriété patiemment construite à la sueur de son front.
Enfin, pour sortir de la misère, du chômage et du sous-développement, les autorités haïtiennes doivent indiquer au pays et au monde entier leur stratégie, dans une volonté de mobilisation des ressources tant locales qu'étrangères pour le développement de partenariats viables. Ceux-ci, tout en profitant des atouts de notre pays, contribueront à mettre les Haïtiennes et les Haïtiens au travail en leur faisant goûter aux bienfaits du pouvoir d'achat et aux autres avantages de revenus stables, de l'épargne, de l'acquisition des biens et services.
Notre pays a droit au bien-être social, à la paix, à la concorde et à la stabilité.
Vive Haïti dans l'ordre, la justice, le travail !
Suivent les signatures :
Gary Victor
Kesner Pharel
Odette Roy Fombrun
Patrice Dumont
Hérold Jean-François
Pour authentification, contactez Hérold Jean-François au 37275570 - 35575214
__________
Sources: Haiti-nation, courriel de Robert Bénodin, 12 avril 2008

Haiti Senate fires prime minister over food riots

12 Apr 2008 17:33:00 GMT
Source: Reuters
By Jim Loney and Joseph Guyler Delva

PORT-AU-PRINCE, April 12 (Reuters) - The Haitian Senate on Saturday fired the impoverished country's prime minister after a week of violent food riots and ignored an emergency plan announced by President Rene Preval to slash the cost of rice.

Please click below to read the entire news:

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http://www.alertnet.org/thenews/newsdesk/N12282450.htm
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Riots Spur State Department Ban On Travel To Haiti

Sources: nbc6.net, RSS

POSTED: 12:07 am EDT April 12, 2008
PORT-AU-PRINCE, Haiti -- The U.S. State Department banned government officials from traveling to Haiti in a statement issued Friday after recent violent demonstrations.
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Please, click below to read the entire note:
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http://www.nbc6.net/news/15863113/detail.html?rss=ami&psp=news
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vendredi 11 avril 2008

Haitian Senate poised to fire prime minister


A Haitian woman carries a basket on her head,
containing chickens, in Port-au-Prince April 11, 2008.
Haiti's fragile government appeared in trouble after
a week of nationwide unrest over skyrocketing food ...
(From Reuters)

PORT-AU-PRINCE, April 11 2008, 20:53:32 GMT
Source: Reuters, By Joseph Guyler Delva

Please click below to read the article:
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jeudi 10 avril 2008

Le FMI et les crises: financière au nord ("mondiale"), alimentaire au sud

Amies et amis internautes,

Je vous réfère au carnet du journaliste Gérald Fillion de Radio-Canada/Télé.
Vous y lirez ce qu'il écrit le 9 avril 2008 sous le titre: "Sentiment d'urgence...", et les réactions de ses lecteurs.
Cliquez sur le lien ci-après:
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http://www.radio-canada.ca/nouvelles/carnets/2008/04/09/99764.shtml?auteur=2062
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Bonne lecture

AFRIQUE / Emeutes de la faim au Cameroun, en Côte d’Ivoire, en Egypte, au Sénégal … et l’Asie va suivre

Sources : AFP/Le Monde et Le Matin du mardi 8 avril 2008

Manifestations contre « la vie chère » au quatre coins de l’Afrique. La rue africaine ne parle que de cela : les prix des denrées quotidiennes sont devenus fous. En quelques mois, la conjonction des hausses du blé, du riz, de l’huile sur les marchés mondiaux, de médiocres récoltes locales et l’absence de contrôle des prix, a accru les tensions sociales et compromis la stabilité politique.

L’ Afrique, piégée par la flambée des prix des aliments de base

Spectaculaire dans les villes africaines mais prégnante aussi en Asie, la flambée des prix a confirmé les propos de Jacques Diouf, le directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) prophétisant, dès octobre 2007, des « émeutes de la faim » alors que le prix moyen d’un repas de base a augmenté de 40 % en une année. « Beaucoup de gens ne mangent plus qu’un plat par jour », entend-on à Dakar. « Avec 1.500 francs CFA (3,55 dollars) pour nourrir ma famille, je ne sais plus quoi faire », dit une ménagère sur un marché de Bamako, au Mali.

De Douala (Cameroun) à Abidjan (Côte d’Ivoire) et du Caire (Egypte) à Dakar (Sénégal), les manifestations de rues secouent les capitales africaines et contraignent les gouvernants à prendre des mesures pour contrôler les prix. « Gbagbo, marché est cher », «Gbagbo, on a faim », clamaient des femmes d’Abdidjan à l’adresse du président ivoirien. Des affrontements avec la police ont causé la mort d’au moins deux personnes. De fait, le prix du kilogramme de riz est passé de 250 à 650 francs CFA (de 0,35 à 1,53 dollar) au cours de l’année ; celui de l’huile a augmenté de plus de 40 %. Le savon, le lait, la viande ont suivi, ce dont ne rendent pas compte les chiffres officiels (8 % d’inflation en 2007 pour l’ensemble du continent noir).

« Dans les pays de la zone CFA, la hausse serait encore plus importante si le franc CFA n’était pas accroché à l’euro, une devise forte. Le coût des importations en est diminué d’autant. Les pays dont la monnaie est accrochée au dollar souffrent davantage », assure un économiste de l’Agence française de développement (AFD).

Suppression des droits de douane et baisse de la TVA : le chef de l’Etat ivoirien, comme ses homologues camerounais, sénégalais ou égyptien confrontés eux aussi à la rue, s’est engagé à faire baisser les prix en jouant sur les rares leviers que l’Etat maîtrise encore. La recette n’est pas de celles que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale préconisent car elle pèse sur les finances publiques.

Seule la gravité de la situation a amené les institutions financières à se montrer plus accommodantes vis-à-vis des pays en développement. Le gouvernement égyptien a ajouté une mesure plus radicale : l’interdiction temporaire d’exporter le riz produit localement.

Aucun pays n’est à l’abri de troubles. A Dakar, une manifestation interdite « contre la vie chère » a dérapé dimanche 30 mars, trois mois après l’annonce de mesures pour contenir l’inflation : suppression de taxes sur le riz, création de « magasins témoin» exemplaires par la modération de leurs prix, diminution du traitement des ministres et même du chef de l’Etat. Les mesures n’ont pas produit l’effet escompté. « Les commerçants n’ont pas joué le jeu et l’Etat n’a plus les moyens de contrôler », constate Mamadou Barry, de l’ONG sénégalaise Enda.

Le Maroc, la Mauritanie, le Burkina Faso se préparent … à la catastrophe!

Au Maroc, secoué lui aussi par des manifestations « contre la vie chère », des rassemblements sont prévus en avril. La marge de manoeuvre du gouvernement est réduite. Cas rare en Afrique, une « caisse de compensation », prend partiellement en charge, au Maroc, la hausse des produits de première nécessité mais son enveloppe, augmentée dans le budget 2008, sera épuisée cet été.

En Mauritanie où l’autosuffisance alimentaire ne dépasse pas 30 %, la situation est encore plus dramatique. Incapable de financer l’importation de denrées agricoles, le pays va connaître « une crise alimentaire sérieuse en 2008 », a prévenu le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies.Au Burkina Faso, une commission parlementaire « contre la vie chère » a été installée après les manifestations de la mi-mars dans plusieurs villes. Les syndicats appellent à une « grève générale » les 8 et 9 avril pour réclamer des augmentations de salaires, le contrôle des prix et la réduction des taxes sur les carburants.

Conseiller pour l’Afrique au Fonds monétaire international (FMI), Eugène Nyambal estime que la situation est le résultat des politiques prônées par les institutions financières internationales. Depuis des décennies elles ont encouragé les cultures d’exportation comme le coton, au détriment des cultures vivrières qu’il était plus avantageux d’acquérir, à bas prix, sur le marché international. Elles ont aussi poussé au démantèlement des structures de contrôle des prix. « La plupart de ces pays attendent des solutions de la Banque mondiale ou du FMI qui sont eux-mêmes dépassés par les évolutions récentes », ajoute-t-il, insistant sur les conséquences des troubles actuels sur les régimes en place qui n’ont pas développé de politique de soutien à l’agriculture locale. Jeudi soir, à l’occasion de la fête de l’indépendance, le président sénégalais Abdoulaye Wade a ainsi annoncé la relance d’un « programme national d’autosuffisance » agricole.

La Banque mondiale a fait amende honorable dans son dernier rapport annuel et mis l’accent sur la renaissance des cultures vivrières. Il faudra des années pour modifier le modèle de développement.
mardi 8 avril 2008

//L'article ci-dessus provient de:
http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=12117
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Le discours du Président Préval ne met rien dans la bouche du peuple affamé

Par Dr. Pierre Montès

Le peuple a manifesté ; il réclame des actions immédiates ; il exige le départ du gouvernement Alexis, sinon, on peut s’attendre à l’étalement des émeutes de la faim.

Hier, au discours monotone du Président Préval, qui n’apporte aucune solution à très court terme aux problèmes de « grangou » de la population, le Sénat de la République, dans sa sagesse, répond en demandant au Premier Ministre Alexis de démissionner motu proprio.

Il est de plus en plus évident que M. Jacques-Édouard Alexis doit partir et que le gouvernement qu’il dirige doit également partir.

Le Président René Préval, vu l’ampleur des émeutes, et, étant donné qu’il reconnaît qu’il ne peut rien faire pour satisfaire les revendications du peuple, devrait spontanément démissionner, lui aussi. Ce n’est pas en demandant aux fonctionnaires qui gagnent 30 000 gourdes et plus par mois (US $ 760) de consentir à verser 10% de leur salaire au bénéfice des plus démunis que le gouvernement soulagera la souffrance de la population.

À l’analyse, il me semble que le Président Préval aurait à choisir entre les deux groupes d’actions immédiates suivantes :

Actions A.-

1) Obtenir la démission du Premier Ministre Alexis et choisir immédiatement un nouveau Premier Ministre à qui il demandera de former un gouvernement de coalition, comme suggéré récemment (il y a deux mois) par différents secteurs.

2) Demander au nouveau Premier Ministre de préparer et de présenter sans délai au Parlement un nouveau budget :
a) qui réponde dans l’immédiat aux revendications légitimes du peuple ;
b) qui opère une réingénierie (réallocation) des ressources internes pour, entre autres choses, répondre à court, moyen et long termes aux objectifs de relance de la production nationale et de croissance économique soutenable.

3) Engager un dialogue permanent avec le secteur privé et des affaires, avec les secteurs socio-professionnels, avec les partis politiques, pour définir et entreprendre des actions concertées dont l’objectif soit bénéfique pour toutes les parties : travailleurs et employeurs.

4) Opérer une véritable déconcentration de l’appareil gouvernemental dans les dix Départements de la République et assurer une meilleure répartition des crédits budgétaires entre les Départements. Par exemple, allouer au budget de MSPP (santé publique) pour le Département de Nippes, un montant adéquat, c’est-à-dire beaucoup plus élevé que celui de 2006-2007 qui n’aurait même pas permis de payer le tiers ou la moitié du salaire d’un médecin en Amérique du Nord !

5) Aider les élus locaux et régionaux à opérer convenablement la décentralisation au niveau des Départements, des Communes et des Sections communales. L’objectif est que le pouvoir se mette réellement au service du peuple et non de mettre le peuple au service d’une clique qui monopolise le pouvoir au détriment du peuple affamé. Par exemple, en plus des efforts pour rééquiper le CNE, prendre des mesures financières immédiates permettant à chacune des 140 Communes de la République d’acquérir tout de suite un minimum de matériels neufs de Travaux Publics (tracteurs, chargeurs, pelles mécaniques, compacteurs, camions, etc.) et de recruter et/ou d’affecter du personnel technique qualifié pour utiliser et entretenir ce matériel qui devra être en opération 7 jours sur 7 dans toutes les Communes de la République, tant à Grison-Garde qu’à Pestel, à Cité Soleil qu'aux Gonaïves, etc.


Action B.-

Si le Président Préval ne se sent pas motivé pour prendre les actions A énumérées ci-dessus, alors, qu’il ait le courage de démissionner.
***
Dans le cas où le Président Préval choisit de démissionner, le Président provisoire, issu de la Cour de Cassation, qui lui succédera :
a) nommera un nouveau Premier Ministre, qui formera un gouvernement provisoire et qui répondra au point 2 a) ci-dessus;
b) organisera des élections présidentielles dans un délai maximum de 90 jours.

Le Président définitif qui sera élu dans trois mois, réalisera pleinement les vœux du peuple exprimés au cours des émeutes de la faim aux quatre coins du pays.

Paraphrasant l’ex-Premier Ministre Gérard Latortue, le futur Président dira : « À l’impossible je suis tenu ! ».

Enfin, la devise du nouveau Président, du nouveau Premier Ministre et des membres du gouvernement qu’il formera, sera par exemple, celle du RDNP : « La tête froide, le cœur chaud, les mains propres ! »
jeudi 10 avril 2008
//Le lien suivant permet d'écouter (pour une période limitée) le discours du mercredi 9 avril 2008 du Président René Préval. C'est une courtoisie de Radio HaitiConnexion:
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mardi 8 avril 2008

Haïti/ÉMEUTES DE LA FAIM: COMMUNIQUE DU RDNP

Sources: Haiti-Nation et courriel de Robert Benodin


Le RDNP n’est pas surpris par les manifestations qui se déroulent tant dans les villes de province, particulièrement aux Cayes, mais aussi dans la capitale.
Nous assistons à ce que l’on appelle des “émeutes de la faim”, évènements classiques lorsque dans un pays la population voit ses moyens et sa qualité de vie se dégrader en raison de la cherté du coût de la vie et que, face à la misère du plus grand nombre, le gouvernement en place démontre son incapacité, son manque de responsabilité qui confinent à une indifférence quant au sort du plus grand nombre.
Ces manifestations tant qu’elles demeurent pacifiques, le RDNP les trouve compréhensibles et justifiables et, de ce fait, il les appuie, car il s’est toujours montré réceptif aux revendications et à la colère de la population exprimés sur tous les tons et depuis trop longtemps. “Nou grangou !!” tel est le cri lancé par les foules et on ne saurait ne pas les entendre! Ce sont des expressions de frustration, d’impuissance et de désespoir. La voix du peuple est poignante et cette image de manifestants mangeant des feuilles devant le Palais National est hautement significative. Lorsqu’une population est réduite à ce stade de privations et de pauvreté, il est normal et prévisible qu’elle recoure aux manifestations publiques et pacifiques. Et tout en gardant la tête froide face aux débordements possibles et surtout en prévision des dérives probables et d’une exploitation politique indue d’une situation qui interpelle la conscience citoyenne, le RDNP attire l’attention sur un certain nombre de points.

1. Tout d’abord, il exprime son émotion devant la mort violente de 5 citoyens dont certains n’étaient même pas concernés par les manifestations et il adresse ses condoléances à leurs familles doublement frappées par les privations et par la mort irrémédiable d’un proche. Il déplore aussi les blessés dont le nombre est incertain. Lorsqu’une situation s’engage dans des actes de violence, il y a lieu de craindre une spirale incontrôlable pouvant déboucher sur le pire.

2. Les causes des manifestations sont évidentes et il est pour le moins audacieux, irresponsable et inutilement offensant de la part du gouvernement et de ceux qui l’appuient de dénoncer des boucs émissaires. Il est probable que certains secteurs aient infiltré les manifestants, mais ces soulèvements sont dus, fondamentalement, à la misère et à la colère de la population qui n’en peut plus, toutes classes sociales confondues, mais certainement à des degrés plus insupportables pour les plus démunies. C’est le moment de faire appel à la sagesse de la population pour qu’elle ne suive pas des mots d’ordre qui incitent au désordre, au pillage indiscriminé de magasins de citoyens honnêtes et peut-être même sympathiques à leur cause.

3. Pourquoi la vie chère ? Des indicateurs réguliers alertent depuis longtemps au sujet de l’élévation du coût de la vie. Le RDNP se fait le devoir de tenir des dossiers régulièrement alimentés à partir des informations recueillies dans la capitale et aussi en province (supermarchés, boutiques, marchés publics, chauffeurs de tap-tap, marchandes de “chin jambé” d’arlequins et de “maléré pa brital”). Les causes sont d’abord nationales car le pays ne fournit pas assez de biens pour nourrir la population et, faute de politique adéquate, il se trouve en situation de cessation de production. Elles sont aussi internationales car il doit importer les produits essentiels, le pétrole aussi bien que le riz, et il ne maîtrise ni les espaces et les facteurs de production, ni les circuits, ni les prix. Soit. Mais le rôle d’un gouvernement responsable est de le SAVOIR, de s’informer, ce qui n’est pas difficile, et surtout de PREVOIR, afin de ne pas se laisser surprendre par l’augmentation des prix internationaux et d’adopter certaines mesures afin que la population n’en subisse pas directement et brutalement les effets. D’autres pays le font et réussissent à limiter les chocs d’importation et le stress collectif consécutif à une brusque montée des prix sur le marché international. Haïti peut aussi le faire, à condition que ceux qui la dirigent en aient le souci, la compétence et la détermination.

4. Ces mesures, quelles sont-elles ? Certainement pas celles qui sont annoncées et qui ne sont que des palliatifs, au demeurant irréalistes non dans leur nature mais dans les mécanismes de leur mise en œuvre par un Etat dont les structures sont si vermoulues par l’inefficacité et la corruption qu’il donne l’impression d’être inexistant, mais en ce qui concerne leur opportunité pour répondre à la conjoncture de l’heure, car elles sont inappropriées et en plus tardives car la population a épuisé ses réserves de patience et elle n’a pas confiance en ceux qui gouvernent le pays. Ces mesures annoncées font songer à un pansement au mercurochrome sur une jambe cassée !

5. Le RDNP l’a déjà dit et publié, elles doivent être d’abord comprises en termes d’urgence, afin de stopper la montée des prix et, pour cela, il convient d’avoir une exacte mesure des besoins ce qui permet d’évaluer l’opportunité des décisions adéquates en consultation avec les secteurs de production (il y en a encore qui poursuivent une action courageuse pleine de foi dans l’avenir du pays) et les entreprises importatrices. La consommation de riz qui est de 450.000 tonnes par année est une donnée à retenir pour fonder une véritable approche agricole et économique de ce produit. Du côté de l’Etat, l’intervention fiscale est indispensable pour faire baisser les prix. Parallèlement et à moyen terme, il y a lieu de monter des stocks stratégiques des produits les plus demandés afin d’agir sur les prix. Mais la solution la plus radicale se situe à deux niveaux :
* la relance sérieusement planifiée de la production nationale de façon à diminuer le volume des importations de riz, d’œufs ou de pois;
* de l’autre une vaste politique d’information et d’éducation afin d’orienter les Haïtiens vers la consommation locale au lieu de l’étrangère (revaloriser le traditionnel akasan par rapport aux corn flakes, le riz national par rapport à l’importé, deux exemples parmi d’autres).

Oui, cela est possible ! Et il est urgent d’y penser ! Mais une telle stratégie demande du courage, de l’expertise fonctionnelle, du respect pour la population qui ne mange pas selon ses besoins, encore moins à sa faim, un peu de décence dans l’utilisation des ressources de l’Etat à des fins personnelles, et suffisamment de crédibilité pour faire accepter des mesures, sans doute difficiles, mais qui correctement expliquées paraîtront moins dures à entériner. Et en donnant l’exemple de la sobriété et du partage. Il ne s’agit pas de faire des miracles mais de prendre le pays au sérieux et par des gens sérieux!

Mirlande Manigat
Secrétaire Générale

dimanche 6 avril 2008

DURA LEX CAESARIS SED LEX

Par Gérard Bissainthe

Je n’ai pas voulu intervenir jusqu’à aujourd’hui, 6 avril 2008, date de la réunion sur la constitution de 1987 à laquelle participeront Madame Myrlande Manigat et Mr Michel Soucar, en la présence du Sénateur Rudolph Boulos. Mon intervention aurait pu être interprétée comme une tentative de saboter cette réunion, ce qui ne saurait nullement être mon intention.

Mais je tiens aujourd’hui à faire savoir que désormais je m’inscris en faux contre tout débat que nous pourrons désormais avoir sur cette constitution, puisqu’il est maintenant avéré que ce genre de débat ne peut jamais aboutir qu’aux résultats suivants:

1.- être une manœuvre de diversion qui nous éloigne des vrais problèmes concrets du pays;

2.- entretenir de fausses illusions parmi des citoyens qui s’imaginent que leurs discussions et leurs opinions sur la constitution peuvent avoir une influence sur la manière dont cette constitution est appliquée aujourd’hui et sera appliquée demain;

3.- créer la division parmi ces citoyens qui aujourd’hui n’arrêtent pas de se crêper le chignon sur le sens et la portée des articles de cette constitution, sans que jamais cela n’ait fait avancer d’un millimètre les problèmes posés par une charte nationale qui est devenue la plus grave pomme de discorde de l’histoire haïtienne;

Je regrette beaucoup que Madame Myrlande Manigat et le Sénateur Rudolph Boulos, aient jugé bon de participer à cette initiative. Les connaissant, je pense qu’ils le font de bonne foi. Mais cela suffit-il ?

Après cette conférence rien ne changera, parce que rien ne pourra changer. Les débatteurs sont piégés. Quelles que soient leurs conclusions et leurs vœux, le fond du problème reste immuablement le fait que la Loi qui nous régit n’est pas celle qui s’exprime dans une constitution intrinsèquement bloquée et verrouillée, mais est la loi dictée par la volonté du Prince.

Alors il est tout simplement surréaliste, chimérique et onirique de se mettre à discuter de la “lex” (la loi) du pays, quand la vraie “lex” qui nous régit est la “lex” du Prince, un Prince qui de surcroit est aux ordres d’un César étranger, lui-même difficile à identifier, parce qu’il porte un masque, comme c’était courant jadis chez les chevaliers de l’ombre dans cette Florence de César Borgia où naquit et mourut le célèbre Niccolo Machiavelli.

L’intelligentsia d’un sous pays tutelle n’est rien d’autre qu’une intelligentsia sous tutelle, à moins qu’elle ne se mette tout de suite à planifier systématiquement la fin de cette tutelle dans les meilleurs délais. Il n’y a nul besoin de préconiser la révolte armée contre la Minustah, puisque ce n’est pas elle qui est venue de son plein gré chez nous; mais nous qui sommes allés la chercher. Il n’y a jamais de tutelle sans complicité locale. Les deux jambes de la Minustah sont Préval et Alexis. Ses mille tentacules les mouvements politiques, les consultants et les organisations qu’elle finance et tous ceux dont la tutelle est devenu le gagne-pain.

L’adage “dura lex sed lex” (la loi est dure, mais c’est la loi) est un bel et noble adage, sauf lorsque dans les faits il faut sous-entendre autre chose: “dura lex Caesaris sed lex” (la loi de César est dure, mais c’est la loi).

Messieurs et dames les césaro-légalistes, sortez de vos rêves!

Beaucoup de citoyens haïtiens sont aujourd’hui arrivés à la conclusion qu’une seule solution désormais s’impose: une outre neuve pour notre vin nouveau. Donc élaborer méthodiquement, rationnellement une nouvelle constitution totalement neuve pour notre nouvelle révolution. Inutile de penser à racommoder l’ancienne; elle n’est pas racommodable. Et nous n’avons pas et n’aurons jamais les outils pour la racommonder. Les raccommodeurs de constitution sont à l’œuvre depuis 1987 et ils y seront encore en l’an 3087, car ce ne sont pas les raccommodeurs qui souffrent, mais le peuple.

Madame Myrlande Manigat, Mr Michel Soucar, le Sénateur Rudolph Boulos, des citoyens remarquables, feraient beaucoup mieux de réorienter leurs ressources et leurs énergies vers la construction d’une nouvelle charte nationale qu’une nouvelle assemblée constituante, s’il le faut révolutionnaire, pourra adopter et promulguer.

Quelle est l’alternative? Elle ne viendra pas de nous; mais d’ailleurs. Le peuple nous a attendus, et nous n’avons à lui offrir que nos débats, nos ratiocinations, notre logorrhée, nos valses-hésitations, nos subtils distinguos, nos solutions pendulaires ou ondulatoires. J’ai déjà dit que le zinglindisme généralisé agressif et provocateur qui est le nôtre n’attend qu’une étincelle pour devenir une révolution. Si nous ne faisons pas la révolution, elle se fera sans nous ou même contre nous.

En 1957 Cuba comme Haïti attendait une révolution pour changer les conditions de vie du peuple. Haïti a continué à attendre dans le camp de l’Ouest et cinquante ans après elle attend encore, en descendant chaque année d’un degré. Cuba, elle, déçue, s’est énervée et est partie ailleurs. Nous pouvons critiquer Cuba comme nous voulons; mais dans les domaines des sports, de l’éducation, de la santé, des arts, Haïti en face de Cuba mord la poussière. Je ne suis toujours pas convaincu qu’il nous faut la solution cubaine. J’ai toujours dit que nous ne devons pas faire comme Cuba, mais mieux que Cuba. Par contre, si notre idéal de démocratie non marxiste n’aboutit pas, rien ne pourra empêcher la solution que j’appelle de colère et de désespoir qui est celle du latino-marxisme. Ce ne sont pas les vitupérations d’Untel et d’Unetelle qui pourront lui barrer la route. Ce n’est jamais de gaité de cœur que le peuple fait tout sauter, mais quand il y est acculé le peuple le fait.

Comme la musique adoucit les mœurs, le beau concert de la Conférence d’aujourd’hui 6 avril à New York pourra peut-être avoir un effet sédatif sur les éléments qui commencent à se déchaîner en Haïti? I will not hold my breath. Je ne pense pas non plus que les exhortations à la Saint François d’Assise de notre chanteur Wyclef Jean arrivent à changer les loups affamés de nos bidonvilles en doux agneaux, selon le souhait et le songe d’une nuit d’été de la Minustah dont le candeur est sans égale.

Quand on aura fermé les bans de la conférence, je souhaite que les compatriotes qui se sont réunis pour cette grand-messe retrouvent le chemin de nos froides réalités et se mettent au travail pour élaborer une nouvelle constitution d’Haïti.

Gérard Bissainthe
6 avril 2008

vendredi 4 avril 2008

Qui assurera la gestion des fonds du DSNCRP?

NDCDP.- Le document auquel réfère l'article de M. Pharel est disponible en format pdf sur le site Web du Ministère de l'Économie et des Finances et sur celui du Ministère de la Planification et de la Coopération Externe. Vous trouverez deux liens vers ces sites Web dans la colonne de droite de ce blog. Le titre exact du document est: "Document de Stratégie Nationale pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté" (DSNCRP); il contient 172 pages et la taille du fichier est de 2,54 Mo.

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Par Kesner Pharel
kesnerpharel@lematinhaiti.com

Tenaillés par la faim dans une conjoncture économique extrêmement difficile (voir l’éditorial de Roody Edmé), un grand nombre d’Haïtiens seront submerges par des nouvelles dans les média durant tout le mois d’avril de promesses d’assistance financière des bailleurs de fonds pour sortir la population de la situation de pauvreté pour certains (7,1 millions) et d’extrême pauvreté pour d’autres (4,4 millions). La population haïtienne est en fait habituée à ces effets d’annonce de promesses de fonds substantiels de la part de la communauté internationale. On se rappelle encore de la joie débordante de l’ancien Premier ministre, Gérard Latortue, durant l’été 2004 au siège de la Banque mondiale dans la capitale fédérale américaine, après les promesses de plus de 1 milliard de dollars américains faites par les bailleurs aux autorités haïtiennes pour l’implémentation du Cadre de coopération intérimaire (CCI). Beaucoup d’eaux ont coulé sur les ponts depuis lors et la grande majorité de la population, si on devait la consulter aujourd’hui, répondrait qu’elle n’a pas ressenti une cerataine amélioration de ses conditions de vie.

Le CCI est mort avec le gouvernement de transition et le DSNCRP représente de nos jours la nouvelle bible du développement prônée par l’administration Alexis. A la manière d’un homme d’affaires recherchant des capitaux auprès d’investisseurs privés pour financer un important projet, le Premier ministre haïtien, Jacques Edouard Alexis, a déjà pris son bâton de pèlerin pour visiter les grandes villes du Nord en quête de financement pour son ambitieux projet dénommé Stratégie nationale pour la croissance et la pauvreté (DSNCRP). Il revient récemment de Washington, D.C où il a rencontré des bailleurs multilatéraux (BID et Banque mondiale) et des responsables de l’administration Bush et s’apprête déjà à s’embarquer pour Miami où se tiendra ce week-end l’Assemblée annuelle de la Banque interaméricaine de développement (BID). Une excellente occasion pour rencontrer dans un même endroit les grands argentiers de plusieurs pays amis d’Haïti et essayer de les convaincre à apporter leur soutien au programme du gouvernement pour les prochaines années. Le patron du gouvernement haïtien sollicite des bailleurs internationaux l’importante somme de 3,9 milliards de dollars américains, soit plus de 150 milliards de gourdes. Ce montant devrait être dépensé au cours des trente prochains mois.

A part les lettres qui sont différentes et le deuxième sigle qui est beaucoup plus long, les observateurs de la situation économique haïtienne peuvent bien demander ce qui distingue vraiment le CCI du DSNCRP. Les membres du gouvernement répondraient rapidement que le second est un produit purement local, fruit d’une consultation nationale, tandis que le CCI, selon ses principales critiques, est un produit fabriqué et impose par des experts de la communauté internationale. Je pense réellement que dans le fond les deux programmes, à travers les objectifs de croissance et de réduction de la pauvreté fixés, ne sont pas trop différents. Là où se situe vraiment la différence, c’est au niveau des institutions qui auront à dépenser les fonds. A rappeler que les fonds alloués dans le cadre du CCI ont été décaissés à travers le circuit des Organisations non gouvernementales (ONG), en raison du manque de confiance a l’époque dans la gouvernance de l’administration publique haïtienne.

Les visites à l’extérieur du chef du gouvernement ne consistent pas seulement à convaincre les bailleurs à mettre les fonds à la disposition du pays, mais aussi qu’ils soient décaissés à travers le circuit gouvernemental. Les responsables économiques et financiers veulent bien avoir le contrôle de ces capitaux qui seront utilisés dans la partie Investissements du budget de la République. «Une bonne partie de cette aide est injectée dans des programmes que gèrent des ONG, certains de ces programmes ne marchent pas, nous allons orienter ces fonds dans notre stratégie nationale pour la croissance et la réduction de la pauvreté», a affirmé M. Alexis durant sa visite à Washington, D.C. Une telle déclaration exprime clairement sa volonté d’assurer le contrôle des fonds des bailleurs qui étaient jusqu’à présent en grande partie sous la supervision des ONG. On ignore pour le moment si les responsables de ces dernières vont s’avouer facilement vaincus, car bon nombre d’entre elles pourraient « crier faillite » dans un tel cas.

Dans le but de convaincre les bailleurs à confier au gouvernement la gestion des fonds qui seront alloués pour l’implémentation de la Stratégie nationale pour la croissance et la réduction de la pauvreté, les responsables du gouvernement ont expliqué comment ils comptent gérer le projet. Le document révèle qu’une structure comprenant deux niveaux est mis en place. Le premier, stratégique, sous le patronage du Président de la République et l’arbitrage du Premier ministre, l’autre, opérationnel, animé par le Ministère de la planification et de la coopération externe et le Ministère de l’économie et des finances. Ces niveaux intègrent les partenaires principaux les partenaires principaux du développement, à savoir, le secteur privé, les collectivités territoriales, et le secteur de la coopération, incluant les agences internationales et les ONG.

Il faut reconnaître que le plan mis sur papier présente une fière allure, respectant les normes de management public moderne. Mais il faudrait que les joueurs sur le terrain, les membres de l’administration publique, puissent démontrer leur capacité à délivrer la marchandise. D’où l’éternelle question de capacités d’absorption.
vendredi 4 avril 2008

//L'article ci-dessus provient du lien ci-dessous:
http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=12079
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jeudi 3 avril 2008

GOUVERNEMENT / À quand le remaniement du cabinet ministériel ?


NDCDP.-
Amies et amis internautes,
Voici un article intéressant du journaliste Sylvestre Fils Dorcilus.
Je me fie à votre intelligence pour décoder et lire entre les lignes le message laconique du Ministre Jasmin et celui de son gouvernement. On ne demanderait pas mieux aux autorités que d'appliquer les belles paroles du Ministre Jasmin:
«Vu la situation actuelle du pays, le mieux ne consiste pas en des changements de quelques visages dans le gouvernement, mais de changer totalement le système politique actuel de manière objective ».
Attendons pour voir quelles actions objectives annonce une si lourde et si belle déclaration.


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À quand le remaniement du cabinet ministériel ?


Par Sylvestre Fils Dorcilus

Face à la détérioration de la situation socio-économique du pays, huit députés, le 28 février, avaient interpellé le Premier ministre Jacques Édouard Alexis. Les débats ont été axés, en particulier, sur la question de la cherté de la vie. 63 députés ont accordé un vote de confiance au Premier ministre Alexis, en lui exigeant un remaniement du cabinet ministériel dans un délai de 3 mois.

« Les consultations se poursuivent avec le président de la République en vue de ce remaniement », a confirmé récemment, à l’AFP, le Premier ministre Jacques Édouard Alexis. Interrogé, hier, par Le Matin, sur l’avancement du processus, le ministre chargé des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, Joseph Jasmin, s’est montré très prudent. « C’est une question très délicate, je ne peux rien vous dire là-dessus. Le Premier ministre Alexis ne m’a jamais parlé de cette affaire, jusqu’à cette date », a déclaré Joseph Jasmin.

Par ailleurs, le ministre Jasmin a indiqué que c’est dans la presse étrangère qu’il a été informé du projet de remaniement du cabinet ministériel. « Je ne sais pas si effectivement il va y avoir un remaniement ministériel, rien n’est encore discuté en Conseil des ministres », a-t-il précisé.

Toutefois, a estimé Joseph Jasmin, «vu la situation actuelle du pays, le mieux ne consiste pas en des changements de quelques visages dans le gouvernement, mais de changer totalement le système politique actuel de manière objective ». Le président René Préval serait de cet avis.

Pour le ministre Jasmin, le gouvernement est contraint de mener de front la gestion des affaires de l’État et d’entreprendre des actions concrètes favorables aux changements promis afin d’améliorer les conditions de vie de la population. Si, pour plusieurs secteurs de la vie nationale, la réforme du cabinet ministériel pourrait être l’outil pour reconstruire la confiance de la population et redonner un nouveau souffle au gouvernement, pour le ministre chargé des Relations avec le Parlement, cette réforme ne voudrait rien dire sans la volonté de changer les structures et les politiques.

« Au-delà de la question de la cherté de la vie, le gouvernement est donc appelé à produire des résultats et se trouve à la croisée d’attentes plurielles (dans certains cas contradictoires), certainement d’ordre politique, mais également d’ordre économique et social », a poursuivi Joseph Jasmin.

Cependant, M. Jasmin a mis l’accent sur la nécessité pour le gouvernement de garder sa pluralité, car l’idée de remaniement ne doit en aucune circonstance écarter des partis politiques.
jeudi 3 avril 2008

//L'article ci-dessus provient du lien ci-dessous:
http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=12034
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Arrêtons le débat: tout est dit

Par Gérard Bissainthe

Nous devons mettre un point final à nos discussions sur la constitution pour les raisons suivantes:

1.- Concernant cette Constitution de 1987 maintenant tout est dit. Personne n'arrive aujourd'hui, ni ne va arriver demain avec une idée nouvelle sur nos problèmes constitutionnels. Nous avons sur ces sujets fait le tour de toutes les choses connaissables. Et même de quelques autres encore.

2.- Les positions de tous sont prises et sont nettement tranchées. Certains sont d'accord sur telle interprétation de tel article. D'autres doivent au moins dire à ceux qui ne sont pas de leur avis: "We must agree to disagree." Et le dire le plus poliment possible.

3.- Comme je l'ai écrit récemment, ayons la sagesse de reconnaître que c'est "le Pouvoir" qui décide de l'interprétation qu'il fait donner à la Constitution. Et le Pouvoir le fait avec tout l'arbitraire qui caractérise un Etat qui ne peut pas être de droit, puisqu'il est régi par la force internationale sous les dehors, les pompes et les œuvres tellement sympathiques de la Minustah. Si, par exemple, il vous vient à l'idée d'aller dire à Préval que Boulos a raison, il vous répondra tout simplement (et il dira la même chose parlant de quiconque avec lequel il est en désaccord): "Combien de divisions a Boulos?"

4.- Nous sommes devenus à ce point aveugles que nous ne voyons même pas les manœuvres les plus énormes. Après 21 ans que se pose la question de la double nationalité, le Premier Ministre vient de dire récemment, avec une remarquable originalité, qu'il va nommer une commission pour étudier la question. Personne n'a applaudi à son sens de l'humour et de la galéjade. Certains y ont même vu un pas dans la bonne direction. Si chaque 21 ans nous faisons un pas de cette envergure, notre pays va bientôt être partagé en deux camps: le camp de ceux qui diront qu'à ce rythme il y a beaucoup de chances que dans mille ans, en l’an 3008, le problème de la double nationalité sera définitivement résolu; on parlera alors du camp des Optimistes Légalistes Millénaristes. Un autre camp sera le camp des Eternels Pessimistes qui se diront que ce problème ne sera jamais résolu.

5.- Au moins je salue la logique d'Antonio Pinchinat qui rétorque à Harry Fouché: "I do not grasp the NEED FOR A NATIONAL ARMY". M. Harry Fouché (probablement, par le nom, un Capois, donc un monsieur intelligent) doit bien constater que nous avons une excellente "INTERNATIONAL ARMY", qui tous les jours ouvrables avec une irréprochable conscience professionnelle, "from 9 to 5" protège nos personnes et nos biens, et sans doute aussi, dans la foulée, nos frontières.

Gérard Bissainthe
3 avril 2008

mercredi 2 avril 2008

Bernanke Warns of Possible Recession

Fed Chief Ben Bernanke


Source: AP, Wednesday April 2, 1:31 pm ET
By Jeannine Aversa, AP Economics Writer

Fed Chief Bernanke Warns Economy May Shrink Over 1st Half 2008 and 'Recession Is Possible'.

Click below to read the article:
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http://biz.yahoo.com/ap/080402/bernanke_congress.html
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Dr. Pierre Montès
April 2, 2008

mardi 1 avril 2008

"Sauvons la baie de Port-au-Prince"

Misael Diaz Asencio, expert cubain: « En Haïti, on tourne le dos à la mer qui devient un immense site de décharge alors que dans d’autres pays les maisons dominent cette étendue d’eau salée et leurs occupants le contemplent de jour comme de nuit ».

Sources: Panos Caraïbe et Le Matin

À moins de 300 mètres de la baie de Port-au-Prince, s’entassent des déchets de toutes sortes. À certains endroits, ils flottent sur l’eau douteuse de la mer lui donnant l’aspect d’un vaste marécage puant. En plus de cela, des tonnes d’alluvions en provenance du Morne l’Hôpital remplissent ce golfe : un risque – à court ou à moyen termede modifier l’échancrure du littoral.
Les premières observations d’une étude réalisée sur la dégradation de la baie de Port-au-Prince par des experts cubains et financée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour le compte du ministère de l’Environnement, révèlent que la pollution marine détruit l’oxygène indispensable aux espèces aquatiques et favorise le développement des algues.
Outre les ordures domestiques qui se déversent dans le golfe de Portau-Prince, les résidus des combustibles de la compagnie nationale d’électricité(EDH) empoisonnent la vie des poissons qui, pour survivre, fuient les côtes, révèle la version préliminaire de l’étude présentée le mercredi 5 mars au ministère de l’Agriculture. Entre autres conséquences de la pollution : les pêcheurs, dépourvus d’équipements et de moyens techniques appropriés partent de plus en plus loin en haute merau risque de leur viepour trouver de quoi nourrir leur famille.
Le dossier de la contamination de la baie de Port-au-Prince et d’autres zones côtières d’Haïti avait déjà été soulevé par des organisations de défense de l’environnement. Des articles de presse attiraient l’attention des autorités sur les déchets plastiques qui s’accumulent sur nos plages après les averses. Certains de ces résidus solides atteignent – à la faveur des marées les côtes de la République dominicaine et d’autres pays de la Caraïbe, confirment des prises de vue aérienne.
Au cours de la première phase de l’étude menée par des experts du Centre d’études scientifiques sur l’environnement (CITMA), des échantillons ont été prélevés à la surface et à plus de cinq mètres de profondeur de la mer. Leurs analyses en laboratoire devront déterminer le degré de contamination de la baie de Port-au-Prince et fourniront des informations sur l’évolution de la pollution des zones côtières d’Haïti pendant des décennies. Ils permettront aussi de faire une projection des conséquences éventuelles de la dégradation de l’environnement sur le littoral et de trouver des solutions pour limiter les impacts.
Avec le déboisement massif et les constructions anarchiques au niveau des bassins versants, la pollution marine devient de plus en plus préoccupante, voire alarmante. « Le déboisement au niveau des bassins versants et le déversement dans la mer des ordures de toutes sortes sont responsables de la contamination de la baie de Port-au-Prince », a notamment déclaré Misael Diaz Asencio qui intervenait à la présentation des premières observations de l’étude. L’expert cubain a suggéré aux responsables haïtiens de travailler à la réhabilitation des bassins versants du Morne l’Hôpital et à prendre des mesures visant à améliorer les conditions de vie de la population, indiquant qu’il s’agit aussi d’un problème social et économique. Le problème de contamination des zones côtières revêt également un caractère culturel, a poursuivi Misael Diaz Asencio. « En Haïti, on tourne le dos à la mer qui devient un immense site de décharge alors que dans d’autres pays les maisons dominent cette étendue d’eau salée et leurs occupants le contemplent de jour comme de nuit », a-t-il fait remarquer.
L’étude sur le degré de contamination de la baie de Port-au-Prince qui s’inscrit dans le cadre d’une campagne océanographique internationale doit prendre en compte cet aspect, ont estimé d’autres intervenants à la présentation des premières observations de ladite étude. Le ministre de l’Environnement, Jean-Marie Claude Germain, qui participait à la rencontre au ministère de l’Agriculture, croit que cette initiative est « une très bonne chose pour Haïti », soulignant que le pays fait face à une carence d’informations techniques fiables sur le taux de sédimentation marine.
« Il nous faut des informations techniques fiables pour développer des stratégies qui permettent d’arrêter la dégradation continue de la baie de Port-au-Prince », a insisté Jean-Marie Claude Germain.
La campagne océanographique supportée par l’AIEA concerne quatorze pays de la région. Haïti est le premier état à lancer une étude sur la contamination des zones côtières et sera le premier à recevoir les résultats en 2011. Outre Port-au-Prince, la ville des Gonaïves est ciblée par les experts qui tenteront d’expliquer le taux élevé de sédimentation marine dans cette zone.

mardi 1 avril 2008

//L'article ci-dessus provient du lien ci-dessous:
http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=12014
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//Voir aussi: Panos Institute of the Caribbean

//http://www.panosinst.org/productions/panos_presse/pollution_marine_haiti_au_creux_des_vagues_120308.php

//

http://www.panosinst.org/productions/panos_presse/vers_le_controle_de_la_pollution_marine_120308.php

//

http://www.panosinst.org/productions/panos_presse/pousser_la_mer_pour_y_habiter_120308.php

//

//http://www.panosinst.org/FIndex.php

//

dimanche 30 mars 2008

PROSPECTIVES POUR UNE RENAISSANCE HAITIENNE (PAGES RETROUVÉES – VIII)

Par Paul G. Magloire
(c) 1986, 2008

EN GUISE D’AVANT PROPOS.- (03/26/08)

(AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD-VIII)
Voici ce qui était dit en 1986. Très peu a été réalisé jusqu'à présent, et beaucoup attend de devenir réalité avant qu’il ne soit pas trop tard. Il nous faudra un Plan d’Urgence…

PROSPECTIVES POUR UNE RENAISSANCE HAITIENNE
(PAGES RETROUVÉES – VIII)
Par Paul G. Magloire
Décembre, 1986



CENT QUATRE VINGT TROIS ANS APRÈS la colonisation, les principales villes du pays sont restées situées sur les côtes, avec pour principales fonctions le drainage des ressources nationales et leur exportation vers les pays étrangers ; et il en est ainsi des matières premières comme des hommes. Durant ces dernières décennies, ce processus a atteint le seuil du macabre. Car Port-au-Prince a littéralement vampirisé les provinces. Comme le seul port officiellement ouvert au commerce extérieur, tous les échanges avec l’étranger transitent par les hommes de la capitale. Le résultat est un spectacle criant. Tandis que, les autres villes du pays sont exsangues, dépérissent ou survivent au prix d’expédients de toutes sortes, la capitale a atteint une proportion énorme. Elle est d’une obésité scandaleuse. La décentralisation fédéraliste sera en fait, un acte de rachat moral pour la capitale. Car la situation a déjà traversé le cap du tolérable.

L’articulation de la nouvelle communauté urbaine du pays tiendra compte de trois critères principaux de direction. Les capitales régionales seront aménagées dans la perspective de démocratiser les structures sociopolitiques du pays. Elles apporteront un renforcement substantiel à la capacité des provinces de trouver des solutions adéquates à leurs propres problèmes. Mais, elles encourageront les populations de chaque région à choisir entre divers modes d’activités, de créer, rechercher, découvrir, définir et participer à la vie nationale selon leur possibilité. Ensuite, il y aura une amélioration dans les rapports entre la ville et la campagne du fait que ces rapports devront s’effectuer et se systématiser en fonction de la spécificité et des besoins de la région. En dernier lieu, la modernisation devra apporter aux individus de la communauté urbaine un environnement technologique propre à faciliter et améliorer leurs attitudes et l’efficacité de leurs actions dans la vie quotidienne. Donc, prenant en compte tout cela, les juridictions régionales serviront de pôles d’attraction vers l’intérieur du pays.

Nous pouvons prévoir le réaménagement du territoire national en QUINZE régions : Fort-Liberté, Cap-Haïtien, Gonaïves, Port-de-Paix, Hinche, Mirebalais, Croix-des-Bouquets, Saint-Marc, Petit-Goâve, Jacmel, Miragoâne, Cayes, Jérémie, l’Ile de la Gonâve et Port-au-Prince la capitale fédérale. Les délimitations juridiques seront basées sur des critères d’affinité, de vocation et de complémentarité, tant du point de vue social qu’économique. Le plan de dotation assurera un crédit budgétaire de SIX MILLIONS DE DOLLARS à chacune de ces régions, à l’exclusion de la capitale, afin qu’elles commencent à aménager leur capitale. Le plan de la ville sera fourni par la direction générale de l’aménagement, et l’exécution sera laissée à des entreprises privées sous la supervision du ministère de l’équipement. Les premières constructions prendront place dans l’aire centrale de la ville ou seront bâties la maison du gouvernement régional, celle de l’assemblée régionale, la mairie, l’édifice qui devra loger le commissariat de police et le service des pompiers ; il y aura également un parc et la maison de la culture. Chaque ville s’épanouira en fonction des réalités de sa région. Et certaines de ces villes devront développer les possibilités de logement, de service pour accommoder dans les quarante prochaines années des populations qui seront dans certains cas dix fois supérieures à celles d’aujourd’hui. L’armature de ces villes, tels que les infrastructures routières, approvisionnement en eau potable, la canalisation et la récupération des eaux usagées et de ruissellement, la décharge des déchets seront prévus à cet effet.

Le cas de Port-au-Prince sera assez spécial, vu que la capitale a déjà atteint un seuil de concentration démographique pour lequel elle n’était pas construite. L’approche qui sera adoptée dans ce cas sera d’intégrer les zones marginales dans des armatures suburbaines reliées à l’armature centrale. De nouveaux axes routiers joueront un rôle important dans ce réaménagement. Par exemple, pour la zone de Carrefour, une autoroute à grande circulation sera construite. Elle partira du haut de la Troisième Avenue de Bolosse pour atteindre Gressier. La voie ordinaire en usage actuellement deviendra une route à circulation restrictive pour les matériels roulants lourds. Une autre voie sera construite parallèlement à celle-ci sur le littoral et sera réservée aux piétons et aux cyclistes. Le projet de construction d’une autoroute partant de la zone de l’aéroport pour atteindre Pétion-Ville, en passant par la zone des Frères, se réalisera dans cette même perspective. Ensuite, le centre ville sera reconditionné dans le sens d’une revitalisation. Tout d’abord les rues orientées Est-ouest, comme la Rue Pavée, seront dallées et réservées strictement aux piétons. De l’autre, les rues perpendiculaires à celles-là seront alternativement à sens unique, sauf pour la Grand-rue et le boulevard du Bicentenaire qui seront à double sens. Il sera tracé des axes de dégagement à quatre voies qui descendent vers le centre ville. Un sera construit du coté du cimetière, un autre du coté de l’aviation et deux autres, à sens unique, seront constitués par la Rue des Casernes et la Rue St. Honoré. Un certain nombre de « Parking » souterrains seront construits dans l’aire du centre ville pour permettre aux usagers de garer leur voiture. Les ensembles de bâtiments communément appelés « block »seront dégagés à l’intérieur, avec ouverture sur les rues. Des cours et terrasses seront aménagées, à l’intérieur de ces ensembles, avec jardin et décor artistique. Les constructions seront à trois niveaux. En général, le rez-de-chaussée d’un bâtiment sera réservé aux boutiques, restaurants, magasins et au commerce. Le premier étage accommodera des offices et le deuxième sera aménagé en appartements à prix modéré pour attirer une clientèle de jeunes couples. L’esthétique de la zone sera rehaussée par une architecture utilisant largement le cuivre et le verre mélangé au béton.

La SOGI donnera aux entrepreneurs une incitation pour les encourager à réaliser cet aménagement. Le financement pour la construction dans cette zone sera à un taux modéré avec un délai de remboursement à long terme. Ensuite, le taux de l’imposition foncière étant le même pour tout le pays, l’imposition locative immobilière dans cette zone sera réduit à un niveau presque symbolique. Les autres points de la capitale ne seront pas négligés. Delmas, les différentes cités, les vieux quartiers seront tous réaménagés et leurs immeubles seront graduellement restaurés. Des espaces verts apporteront de l’agrément à l’espace urbain. Un peu partout le paysage floral des jardins publics sera marqué par la prédominance de couleurs vives telles le rouge et le jaune. Plus loin, le parc des Palmistes sera réaménagé ainsi que la cité du Bicentenaire, où seront transférés les bureaux des ambassades étrangères et des organismes internationaux. De même, l’espace désaffecté du terrain d’aviation « Bowen Field » sera converti en un parc d’attraction pour enfants avec des centres de ventes à grande surface. Il y aura dans l’aire du parc un bâtiment qui servira à recevoir des congrès internationaux et des conférences.

Toutes les autres capitales recevront l’attention des instances fédérales afin de favoriser un épanouissement harmonieux dans les quarante prochaines années. La SOGI et le CAP, entre autres organismes fédéraux, conjugueront leurs efforts pour entraîner l’apparition dans les capitales des services nécessaires au développement de chaque région.

À Fort-Liberté, il y aura certes l’agrandissement et l’aménagement de l’aire urbaine, et la construction d’une autoroute reliant Ouanaminthe à Cap-Haïtien. À coté de cela, il sera aménagé dans cette région, l’une des plus grandes infrastructures industrielles du pays. Tout d’abord, dans le site de la plantation Dauphin sera installé un complexe moderne de production d’eau potable et d’électricité à partir de l’eau de mer. Ce complexe alimentera la région en eau potable et en électricité et servira à l’approvisionnement des zones résidentielles et du parc industriel de la région. Il y aura dans le parc des entreprises agro-industrielles engagées dans la préparation des semences agricoles, la plantation de fleurs pour l’exportation, la préparation des produits à base de manioc, des conserveries de légumes, de fruits, de poissons ; des industries qui exploiteront le souffre, le cuivre, et enfin celles qui feront le montage de matériel électroménager, d’appareils mécaniques, de petits équipements agricoles, d’équipement électronique, d’ameublement etc.

On pourra trouver un parc analogue à celui de Fort-Liberté au Cap-Haïtien. Ici, le développement touristique et l’agro-industrie seront prioritaires. En outre, il sera développé un artisanat de métaux précieux qui trouvera un débouché sur le marché touristique de la région. Le Cap-Haïtien est une région immensément riche en possibilités naturelles et en ressources humaines. L’orgueil régional sera dans cette région un facteur important pour l’accélération du développement économique. La région du Cap-Haïtien porte en elle-même une grande promesse d’avenir.

Gonaïves n’est pas une région très favorisée du point de vue sol. Mais le marbre et le sable calcaire du sous-sol assureront à cette région des revenus importants. L’installation dans la région d’une industrie de ciment qui trouvera une matière première abondante dans la région élargira considérablement le marché de l’emploi. Ensuite, la perspective de trouver des débouchés à l’extérieur pour le sable calcaire fait prévoir que la région pourra tirer bientôt d’importants revenus de ses immenses carrières de sable. Gonaïves a aussi de vastes possibilités pour le développement agro-industriel et artisanal. Les principales productions agricoles pourront devenir le coton, les haricots, et le millet qui servira à la production de l’alimentation pour le bétail, grace à l’irrigation des zones désertiques.

Port-de-Paix est pratiquement isolée des grands axes routiers du pays. Le gouvernement fédéral aura à intervenir pour aider cette région à améliorer ses voies de communication. L’industrie d’assemblage fleurira dans toute la péninsule sitôt que les infrastructures adéquates seront mises en place. De l’autre cote, l’industrie de pêche connaîtra un essor, bien qu’elle sera maintenue à un niveau technologique proche de l’artisanat afin de protéger la flore aquatique des cotes de cette région. La capitale régionale de la péninsule du Nord-ouest sera le siège de la Société Nationale de pêche et de transport Maritime. Cette société, qui sera créée par l’Etat en partenariat avec le secteur privé, aura sous sa direction un chantier de réparation navale au Mole St. Nicolas. En fait, le commerce maritime restera le secteur d’activité économique le plus important à Port-de-Paix.

Hinche sera développée sur la richesse de sa potentialité agricole. La multiplication de fermes d’élevage dans cette région sera l’une des priorités du budget fédéral de développement. Cela entraînera la création de nombreuses entreprises engagées dans la préparation du lait et des produits dérivés. Une attention particulière sera accordée également à l’industrie de la viande. L’important sera d’aider cette région à développer une ligne complète de transformation de matières premières agricoles qu’elles possèdent en grande quantité. Des petites unités de production d’articles à partir de l’argile participeront activement au développement de l’économie de la région. Les produits de ces petites entreprises trouveront un débouché important sur le marché local. Les articles décoratifs intéresseront les touristes, et les nouvelles normes de construction définies pour l’habitat haïtien, en appellera à une utilisation intensifiée de briques, tuiles et claustras d’argile. La région sera alimentée par une centrale hydroélectrique qui sera construite en coopération avec la république voisine.

Mirebalais est placée sur la route des grands centres de production et du commerce du pays. Elle se spécialisera dans les activités de commerce et de services. Par exemple, le service médical hospitalier sera développé au point d’attirer une clientèle internationale. On prévoit la création de centres d’accueil pour étudiants, et des maisons de retraite pour vieillards, desservant une clientèle locale et étrangère. Cette région sera strictement protégée contre toute forme de pollution. Les produits alimentaires et fruitiers occuperont l’essentiel de l’activité agricole de la région. C’est dans la région de Mirebalais que seront placées l’université Autonome d’Haïti et le Centre Olympique Fédéral. Et les principaux édifices de l’Institut de Recherche et de Technologie.

Croix-des-Bouquets sera équipée des plus grandes infrastructures industrielles et commerciales du pays. Des industries légères, des chaînes de montage, d’assemblages et des usines de transformation s’étaleront de la Zone de Fonds Parisien à Fonds Verrettes. Une zone commerciale franche sera établie à Malpasse. À l’extrême Ouest de la ville de la Croix-des-Bouquets sera construit un supermarché régional moderne équipé de nombreux bureaux centraux de service public tels que Banques, Poste, Téléphones et Télégraphes, Services d’impôts et taxes, d’état civil, des Entrepôts, des Maisons de consignations, Services d’incendie, Salle de Cinéma, Clinique, Service de Garages et une multiplicité de larges magasins. Enfin, il aura toutes les facilités nécessaires qui devront permettre à ce centre de mériter sa position nationale. Ce centre aura également, une gare routière centrale et un local pour recevoir des foires nationales et inter caribéennes

St. Marc, L’île de la Gonâve et Petit-Gôave auront un développement assez identique bien qu’on pourra dénombrer de grandes différences. Sur le plan agricole par exemple, en raison des communes de la plaine de l’Artibonite, St. Marc restera la première région de production rizicole du pays. Elle sera placée très haut dans la production maraîchère et vivrière également. Tandis que dans l’Ile de la Gonâve, la plantation forestière sera très poussée et fournira une fraction importante des revenus de la région. Pour sa part, la région de Petit-Gôave donnera pour l’essentiel dans la plantation fruitière avec un développement moindre en agriculture maraîchère et en élevage. Toutefois, les trois régions développeront une infrastructure touristique moderne pour répondre aux exigences du marché national et international. La région de St. Marc, partant de la zone de Délugé jusqu’à Source Puante sera construite comme une mégalopole. Les communes côtières aménageront des villages touristiques intégrés. À L’île de la Gonâve, il y aura également un nombre important de ces villages touristiques et l’aménagement d’un parc national pour la conservation de la faune et de la flore de L’île. La base militaire qui sera aménagée dans la région, ajoutée au parc national, seront des lieux d’attractions très prisés des visiteurs. La région de Petit-Gôave, qui partira de la Rivière-Froide jusqu’aux confins de la région de Miragoâne, aura également des villages touristiques côtiers.

Dans la mesure où des gisements miniers de carbonate de calcium et de marbre de la région pourraient être mis en exploitation dans la zone de Miragoâne, il se dégagera suffisamment de ressources pour financer la renaissance de la région. Les communes de cette région ont de vastes possibilités pour le développement agricole également. Par exemple, le climat de la région de Pierre Payen est très propice à l’épanouissement de l’agriculture maraîchère et de l’élevage laitier. Ensuite, des industries florales seront installées dans la zone. Il existe un certain nombre de sites où seront exploitées des plantes aromatiques et médicinales pour approvisionner l’industrie des parfums et de pharmacologie. En allant vers l’Ouest du coté des Baradères, une incitation sera fournie pour encourager les plantations forestières et celles du café. L’élevage et l’artisanat apporteront également des revenus importants à l’économie de la région. En fait, le désenclavement par terre de la région de Miragoâne qui sera reliée à la région de Jérémie, en passant par Baradères, revitalisera les communes isolées en raison du transport routier. Dans cette zone, un parc agro-industriel jouera un rôle important comme débouché pour les produits fruitiers, agricoles et de la mer.

Jérémie et les Cayes seront deux régions sœurs qui partageront en commun beaucoup de fonctions. La coopération entre ces deux régions fera leur force, de sorte qu’à deux elles représenteront la plus grande source d’alimentation pour le pays. Ce sera également une lourde responsabilité assignée à ces régions. Le ministère de l’équipement appuiera l’exécution de grands travaux d’infrastructure dans ces régions. Aux environs de la ville des Cayes, il sera construit un complexe de production d’eau potable et d’énergie électrique similaire à celui de Fort-Liberté. Deux autoroutes, l’une passant par Tiburon et l’autre suivant le tracé de la voie actuelle par Camp-Perrin, relieront la région des Cayes à celle de Jérémie. Cette dernière sera le siège d’une université d’Etat spécialisée dans les sciences agricoles et alimentaires. La base des revenus de cette région sera l’agriculture. Les Cayes intensifiera l’élevage et Jérémie mettra l’accent sur les vivres alimentaires. La SOGI et le CAP aideront à l’implantation de petits parcs agro-industriels dans les deux régions. L’industrie laitière et celle de la viande seront très développées grace à des dizaines de petites unités de transformation qui seront disséminées dans les communes. Les communes seront équipées aussi de petites entreprises de conserverie semi-artisanale pour la préparation du café, du cacao et la conservation des fruits et légumes. L’élevage des écrevisses sera très répandu dans les zones où il existe des cours d’eau qui descendent vers la mer. En somme, malgré l’essor que connaîtra le transport routier, ces régions resteront des centres importants de transport maritime, et la plupart des villes côtières seront équipées d’un wharf de cabotage. Finalement, dans les hauteurs du massif de la Hotte l’Institut de Reforestation et d’Entretien de l’Environnement (IREE) maintiendra la plus grande forêt du pays.

PERSPECTIVES.-

Le pays apparaîtra plus grand quand toutes les activités et toutes les ressources du pays ne seront plus concentrées à Port-au-Prince. Dans le cas où aucun effort systématique n’est entrepris pour permettre aux provinces de renaître et faire face aux besoins de la population, deux choses sont à prévoir : La première, c’est que dans moins de dix ans presque toute la terre arable du pays s’en ira vers la mer. La seconde, la population des campagnes connaîtra une dégénérescence totale, car tout moyen de subsistance aura presque disparue. Déjà, en 1982, une étude de la FAO concluait que l’équivalent de 6.000 ha de terre arable était emporté par les eaux de pluie tous les ans. Et compte tenu de l’évolution croissante du drame, en 1992 le pays, ou ce qu’il en restera sera hideux et horrible. Certainement, une issue aussi sombre ne concorde pas à l’esprit du 7 Février. Nous misons que ceux qui croient qu’aucun sacrifice n’est trop grand pour assurer le bien être de notre communauté comprendront ce message. Nous savons qu’il y a parmi nous des hommes qui aiment charnellement ce pays. L’amour est la plus grande force du monde, rien ne pourra nous arrêter! La mission d’inventer un avenir à notre peuple appartient, au premier chef, à nous les jeunes. Car, nous devons assurer la responsabilité d’inaugurer l’ordre des choses nouvelles et donner sa chance à notre pays, puisque notre avenir en dépend. Cependant, jeunes et vieux auront à travailler ensemble. Les différentes régions du pays auront besoin d’hommes politiques animés de bonne volonté et de cadres compétents, pour mettre en route le développement. Chacun de nous aura quelque chose à offrir afin que le progrès devienne une réalité.

Beaucoup de sociétés ont modifié leur destin grace à leur détermination. Rien n’est impossible à la volonté humaine. On peut se rappeler que les chinois avaient déplacé une montagne pour faire couler un fleuve jusqu'à une plaine. De leur coté, les Suisses avaient transporté les terres d’une vallée jusqu’au faîte d’une montagne pour y planter des vignes. Et plus près de nous, les Israéliens ont irrigué le désert de sable du Néguev et y ont fait pousser des arbres. Nous ne citons que ces faits, mais il y en a plein d’autres. Car, chaque peuple, à un moment donné de son histoire, s’est trouvé dans une situation critique où il lui a fallu prouver qu’il était formé d’hommes et de femmes qui étaient dignes de l’être. Les ressources de l’être humain sont inépuisables. Dieu nous a créés semblables à lui, si nous avons la foi nous pouvons faire des miracles. Il n’y a aucune raison pour que nous autres, nous baissions les bras, déclarant forfait avant même d’avoir essayé. Une vie ne vaut rien si elle n’a pas été consacrée à quelque tache noble et sublime.

Nous devons sortir notre pays de la nuit et l’amener à la lumière des temps modernes. C’est en se sens que le choix d’une démocratie fédérative est inéluctable. Seul un choix de ce genre peut libérer la force créative du peuple, galvaniser son énergie, lesquelles lui permettront d’inventer un avenir à ce pays. Le pays est le nôtre et nous lui appartenons. Nous devons vouloir ce qu’il peut devenir. Dans quarante ans, la population atteindra douze millions d’habitants. La reforestation du territoire sera complète, et notre faune comme notre flore seront reconstituées. Le pays jouera d’une autosuffisance énergétique et le plus reculé village sera éclairé à l’électricité. Les denrées d’exploitation seront le triple de leur volume d’aujourd’hui, et l’importation des produits alimentaires sera un lointain souvenir. Nous recevrons annuellement au moins un visiteur par habitant et notre balance des échanges sera excédentaire. Ce sera le bénéfice de la foi, de l’amour et de l’effort que nous aurons investi dans notre pays. Qu’il en soit ainsi.

Que Dieu nous bénisse !

A SUIVRE : LE PLAN D’URGENCE