mardi 30 janvier 2018

#Haiti /Caravane du changement du Président Jovenel Moïse / Système de gestion matricielle du budget de l'État.-

Par Dr. Pierre Montès
6 janvier 2018

Plusieurs journalistes et intervenants dans les médias disent qu'aucun document n'est publié pour expliquer le programme de la Caravane, ou pour expliquer ce que fait la caravane, ou pour établir à l'avance le budget de la caravane.
De loin, j'observe la Caravane et ceci, dès le départ. J'avais tout de suite compris que le principe de la Caravane s'inscrirait dans une sorte de gestion matricielle du budget annuel de l'État.
Que veut dire l'expression: gestion matricielle ?
Les différents ministères ont leur budget annuel voté par le Parlement. Ces ministères, pourrait-on dire, travaillent en silo ou presque. Ils ont leur fonction, leur personnel, leurs projets pour les différents départements géographiques du pays.
La Caravane du Président est une structure indépendante des ministères qui n'existait pas avant, qui intervient dans les différents départements pour faire exécuter en même temps (dans un délai donné) des projets spécifiques qui étaient déjà programmés dans le budget de différents ministères (par exemple: agriculture (MARNDR), travaux publics (MTPTC), santé publique (MSPP), etc.) .
Dans cette structure de gestion matricielle, les fonds prévus dans le budget sont (seront) moins facilement détournés et la population constate (constatera) de visu la réalisation des différents projets dans six départements en 2017 (dans les 10 départements à partir de 2018). On a entendu, par exemple que le kilomètre de route en béton bitumineux coûterait 100 000 $ US à la Caravane, alors que, antérieurement, les firmes de construction chargeaient 1 500 000 $ le kilomètre de route. Si cela est vrai (et je crois qu'il l'est), ce seul exemple suffirait pour obtenir l'adhésion de tous les secteurs (nationaux et internationaux, privés et publics) qui veulent vraiment le bien du pays d'abord et non s'enrichir aux dépens de l'État haïtien.
Le travail du journaliste serait de chercher dans les budgets 2016-2017 et 2017-2018 ( et les futurs budgets), quels sont les projets et les montants qui étaient prévus dans les budgets des différents ministères qui sont réalisés par la Caravane avec le personnel technique et le matériel des ministères concernés et/ou avec la participation de firmes locales.
Ce que je suggérerais à la Caravane c'est d'avoir dans sa structure une entité spéciale qui s'occuperait, comme il se doit dans toute organisation, du contrôle strict de la qualité des travaux exécutés. Par exemple, on parle de la mise en marche de plusieurs usines d'asphalte à travers le pays. J'aime ça, car c'est de la musique à mes oreilles d'ingénieur. Mais je me demande est-ce que le dosage des bétons bitumineux (mélanges de granulats et de bitume) est vérifié en laboratoire.
D'autre part, je me demande, par exemple, est-ce que l'épaisseur, la qualité, la mise en place, le compactage des différents matériaux utilisés pour construire les différentes couches de chaussée, entre le terrain naturel (ou le remblai) et la couche de béton bitumineux, sont strictement contrôlés et s'ils correspondent aux plans préalablement approuvés par les ingénieurs du MTPTC ?
Enfin, je me demande si le drainage des eaux de pluies qui tombent sur la chaussée des routes est préalablement étudié et ensuite bien exécuté partout où intervient la Caravane.

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Mise en garde de l'auteur.- Il est formellement demandé aux internautes de ne pas extraire certaines parties de cet article pour les citer ailleurs et hors contexte. En d'autres termes, on peut diffuser cet article à la condition qu'il soit reproduit dans son intégralité uniquement, et, en indiquant clairement le nom de son auteur.

samedi 12 novembre 2016

La tempête Mathieu a mis à nu le fonctionnement du système de financement et d'assurances agricoles en Haïti

Par Michel William, agronome
michelwilliam1000@hotmail.com



1- Brève histoire du crédit récent

Le 12-13 juillet 1999 le BCA ou bureau de crédit agricole du MARNDR avait organisé à l'hôtel Christopher un atelier national sur le financement décentralisé. C'était avec le ministre François Séverin. 

En 2009 un nouveau forum sous l'impulsion du ministre Joanas Gué sur le crédit agricole a été de nouveau organisé. 

Ces rencontres se justifiaient par le fait que depuis 1986,le BCA avait été mis en difficulté suite à un ensemble de décisions qui s'inspiraient de la politique politicienne plutôt que du crédit. A partir de 1986, les paysans qui devaient de l'argent au BCA prétextaient que Jean Claude Duvalier avait pillé le pays, que l'argent qu'il dilapidait appartenait à l'état haïtien et que par conséquent eux aussi qui devaient de l'argent, le devaient à l'État et qu'à l'égal des Duvalier ils n'allaient pas rembourser leurs dettes. 

Le forum de 2009 était justifié du fait qu'un ancien directeur du BCA très politisé,l'agronome Jean Claude Amédée, mort sous Préval 1, concédait dans la logique des coopératives 10%, sur simple recommandation du ministre d'alors, des prêts à des hauts dignitaires du régime Lavalas avec aucun espoir de remboursement. 

Lorsque Mr Joanas Gué devint ministre en 2008-2009, pour faire face à ce problème de crédit agricole dans le secteur, il lança le forum de 2009 dont la principale conclusion jamais mise en application par le ministre Gué lui même, était la création d'une banque haïtienne de crédit rural BHCR. Assistaient à ce forum, la kyrielle des ONG qui convoitaient la place du BCA dans le crédit agricole, menée par l'IICA et la FAO qui étaient les fers de lance de la microfinance à cette époque. Participaient à ce forum, la BRH, les banques commerciales, les caisses populaires, les caisses d'épargne et de crédit, l'Union Européenne ,l'USAID, la BID, la Banque mondiale, la Mission française de coopération qui ne voulaient pas officieusement entendre parler de banque de développement agricole, de banque de crédit rural en Haïti. C'est ainsi que l'IICA, en la personne de son représentant dominicain à vie dans le pays, 27 ans, Alfredo Mena, prit l'initiative de fonder le SYFAAH avec les fonds de la coopération canadienne, quand dans son pays, en République dominicaine il y a "el banco agricola de credito rural" à coté d'une banque de coopérative qu,i toutes deux, donnent du crédit dans l'agriculture et qui fonctionnent avec des garanties de l'État dominicain.


2- Deux mots sur le crédit et sur la microfinance


Aucun développement ne peut se faire dans aucun pays du monde sans la présence du crédit. Un exploitant ne développe pas son exploitation avec son argent personnel. Il a besoin du crédit pour travailler et pour augmenter son capital. Le crédit fructifie dans tout pays organisé où la justice et les autres services publics sont fonctionnels, lesquels services permettent de connaître à fond le client. Lorsque le crédit atteint des proportions substantielles qui mettent les fonds des banques commerciales en danger, comme en agriculture, ces dernières font appel à des fonds de garantie. Ces fonds de garantie ne peuvent être garantes que par des banques d'état (BRH) et non par des ONG humanitaires.


La micro finance est une activité génératrice de misère. En témoignent les millions de ti machann qui sont dans la microfinance avec une douzaine de bouteilles de kola ou de sachets d'eau qui inondent les rues des grands centres de consommation et qui polluent à longueur de journée les rues de la capitale et de celles des autres grandes villes. Les microfinances ne conviennent pas dans l'agriculture qui exige des capitaux substantiels dans les dépenses de premier établissement. Elles n'ont pas vraiment de finances pour investir dans l'agriculture. La coopérative canadienne "Le Levier", qui fonctionne en Haïti avec un portefeuille, dit elle, de deux milliards de gourdes, consent 80% de son actif dans le petit commerce et non dans l'agriculture.



3- Apprenons à connaître le SYFAAH en Haïti


Le projet Système de Financement et d’Assurance Agricole en Haiti, SYFAAH, est un projet canadien, qui a un bureau au CANADA et un bureau en Haïti. Il est dirigé exclusivement par du personnel canadien. Le gouvernement haïtien n'a aucun droit de regard sur son fonctionnement en Haïti. Le premier projet lancé par le SYFAAH remonte à 2011. Il a une durée de 7 ans (2011-2018). Sa première enveloppe financière s'élevait à 21 millions de dollars canadiens. Ce projet, réalisé conjointement par Développement international Desjardins (DID), Financière agricole du Québec-Développement international inc (FAQDI) et l’Institut Interaméricain de Coopération pour l’Agriculture (IICA), visait à mettre en place en Haïti un système de financement et d’assurances agricoles, structurant ainsi de façon globale l’offre de services financiers destinés aux agroentrepreneurs dans le but ultime de relancer l’économie agricole et rurale, créer des emplois et améliorer la sécurité alimentaire en Haïti. Ce système impliquait la professionnalisation du secteur en entier, c'est-à-dire le renforcement des capacités des agro-entrepreneurs, des institutions financières et de l’État afin de gérer efficacement deux fonds nationaux de garantie et d’assurances.


Le DID agira à titre de gestionnaire du projet et contribuera à renforcer l’offre de crédit agricole par les activités suivantes:


  • Sélectionner des institutions financières participantes
  • Analyser leur marché potentiel dans le secteur agricole
  • Établir une stratégie de professionnalisation en crédit agricole
  • Proposer une structure organisationnelle adéquate
  • Définir des produits de crédit adaptés
  • Former le personnel spécialisé en crédit agricole
  • Élaborer et mettre en place des normes de gestion et d’encadrement du risque de crédit.
C'est un projet du ministère canadien des affaires étrangères. Une phase pilote de trois (3) ans a terminé en 2013. Une deuxième phase du projet a déjà commencé. Elle finira en 2018.

Au cours de la première phase, 75% de l'enveloppe financière ont été utilisés pour payer le personnel canadien, rapporte -t-on dans les coulisses du MARNDR. Des protocoles d’accords ont été récemment signés avec la Coopération Suisse et l’AFD pour augmenter l’assiette du fond actuel.

Les principaux produits et services développés et prévus par le SYFAAH étaient surtout:

  • l’encadrement technique (condition essentielle pour obtenir le crédit, 
  • le crédit (diversifié vers la production, la transformation, le stockage et la commercialisation), 
  • l’assurance agricole.
Le projet met en œuvre ses activités via des opérateurs financiers, SOGESOL, ACME, et la coopérative canadienne Le LEVIER. 

D'après Mr Olivier Baro, PDG de l'Alternative Insurance Compagny, le SYFAAH garantit également sa compagnie d'assurance pour garantir à son tour des banques commerciales qui financent l'agriculture et le petit commerce. 

Le SYFAAH entend adresser les filières du riz (dans l’Artibonite), la mangue, les maraichers, les filières avicoles et la banane. Il a en perspective, d’inclure les cultures igname, café, cacao, avec l’intégration de la Coopération Suisse et l’AFD. 

Pour le PDG de l'AIC, au micro de radio Kiskeya, c'est l'instabilité politique, 4 ministres d'agriculture en deux ans, qui bloque l'évolution du SYFAAH en Haïti. Je ne suis pas de son avis. Pour l’instant, les services financiers du projet touchent les filières riz et la mangue dans l’Artibonite dans des projets de commercialisation où les risques sont relativement minimes;Cela va dépendre de l’alimentation du fonsd de garantie.

Un groupe de dix (10) Conseillers Techniques en Gestion (CTG) a été déjà formé et fournit l’encadrement technique nécessaire aux aspirants des produits et services financiers offerts par le projet. De nos jours le SYFAAH devrait offrir deux services : l'assurance récolte et le fond de garantie. 

Il est utile de souligner à l'attention de la communauté haïtienne que le fonds assurance récolte n'est jamais mis en opération par le SYFFAH. Le SYFAAH se confine dans la gestion absolument antipeuple des fonds de garantie aux banques commerciales et à la coopérative Le Levier. Il a été récemment appris que l'ACME S.A ne travaille plus avec le SYFAAH.



4- Comment le SYFAAH opère sur le terrain?

On ne connait pas très bien le statut du SYFAAH en Haïti, à savoir, si c'est une banque humanitaire agricole de développement ou si c'est une ONG de garantie des prêts agricoles consentis par certaines banques commerciales en Haïti. Que ce soit l'un ou l'autre, aucun des deux ne répond aux besoins de l'agriculture, fut elle familiale ?


Une compagnie d’assurance est une entreprise commerciale qui capitalise sur la gestion des risques de l’activité assurée par l’entrepreneur pour établir son business . Le temps, la santé financière, la santé technique, les aléas climatiques et la gestion du personnel de l’entreprise, en un mot, la vulnérabilité de l’entreprise sont des critères sur lesquels joue l’assureur pour ne jamais avoir à payer à l’assuré un éventuel dédommagement. L'assurance est le commerce du risque. L’assureur dans son cahier de charges place l’assuré en condition de faire les études d’impacts et de mitigation pour que les chances de dédommagement soient presque inexistantes. Dans l’agriculture haïtienne , le corollaire de la réduction à outrance des chances de dédommagement est superbement élevé. Que ce soit dans la production proprement dite ou dans l’organisation du marché, les risques de pertes sont très élevés. Les risques sont très élevés parce que les services du MARNDR ou du privé qui doivent garantir le paquet technique, jeter les bases de l’organisation du marché, sont déficitaires voire inexistants.

Le SYFAAH approche la Sogesol, l'ACME S.A, Le Levier et leur demande de financer le crédit agricole sous la forme de microfinance. Ces banques donnent un crédit agricole de 34-35% l'an. Ces banques envoient sur le terrain un officier de crédit pour enquêter sur la situation financière du client. 

Le SYFAAH dit à ces banques " vous financez ce petit planteur et l'on vous garantit 70% du crédit alloué.".Il n'y a aucune autre information qui dit au SYFAAH si le client a réussi son jardin, a perdu sa plantation ou a remboursé en partie ou en totalité le dit prêt à la banque commerciale. Le SYFAAH fait confiance au seul rapport de la banque commerciale quant au fond de garantie à réaliser. La banque est juge et partie à la fois. Tous les avantages vont aux banques qui s'enrichissent des fonds du SYFAAH et avec le SYFAAH aux dépens de la clientèle agricole. Le SYFAAH a un job en Haïti, celui d'arrondir les avoirs des banques commerciales et autres compagnies d'assurances qui collaborent avec lui dans "l'agriculture".

En théorie, l’assurance agricole du SYFAAH devrait couvrir les risques liés aux aléas climatiques, aux maladies et aux pestes. Ceci était le verbatim du début pour dorer la pilule et la faire avaler par nos dirigeants haïtiens en mal de pouvoir et d'intérêts mesquins. 

Le SYFAAH est présent dans le Sud et dans l'Artibonite avant et après le passage de la tempête tropicale Mathieu en Haïti. Si c'était aussi une banque d'assurance des crédits à la production agricole, les riziculteurs du Sud qui ont vu leurs jardins de riz détruits par les eaux des rivières en furie le 2-3-4 octobre 2016, n'auraient qu'à présenter leurs factures au SYFAAH pour étre dédommagés. Il n'en est rien .Les banques commerciales prêteuses oui. Les riziculteurs non, pas même l'assurance récolte, car cette composante du projet n'a jamais été opérationnelle. Alors qui trompe qui? Y aurait-il des arroseurs et des arrosés?



5- Complot officieux des politiciens haïtiens contre l'agriculture haïtienne

Je ne peux pas le prouver, mais officieusement le SYFAAH s'est toujours opposé à la création officielle d'une banque haïtienne de crédit rural sans jamais se prononcer publiquement. Dans mon analyse ,je me réfère aux faits suivants: 


1- Le ministre Joanas Gué a refusé de mettre en application les conclusions du Forum de 2009 dont il était le commanditaire officiel , à savoir la création de la banque haïtienne de crédit Rural (BHCR). 


2- A trois mois de son départ de la primature du pouvoir de René Préval, le Premier ministre Jean Max Bellerive a signé en 2011 avec l'ambassadeur canadien un accord de partenariat autorisant la coopérative "Le Levier" à micro financer l'agriculture en Haïti, tâche dont Le Levier ne peut pas s' acquitter. 


3- Le gouverneur de la BRH d'avant ou avec Charles Castel, souhaitait depuis 2012,que les banques commerciales profitent de l'assurance donnée par certaines institutions humanitaires pour mitiger les risques élevés en agriculture et investissent leurs fonds.


Les analyses des faits montrent qu'il y aurait un complot, une complicité même entre le premier ministre Jean Max Bellerive, les ministres d'agriculture qui se sont succédés depuis 2009 et la BRH, pour ne pas avoir cette banque haïtienne de crédit rural, ou à défaut, une banque de développement susceptible de financer l'agriculture haïtienne. 


S'il faut appeler un blanc un blanc, un restavek,un restavek, il n'y a rien d'étonnant que l'on rafraîchisse la mémoire des lecteurs en disant que mêmes nos chefs d'état et les résultats de nos élections ne sont valables que, seulement, lorsque le blanc aura fini d'en placer son mot. 

Alors, pourquoi faire la mimique en pratiquant le déni de la vérité, en manipulant le concept des assurances agricoles en Haïti, en caricaturant le crédit agricole et en refusant le raisonnement inductif et déductif sur le rôle caché du SYFAAH en Haïti ? 

Le SYFAAH, via l'ambassade canadienne en Haiti, aurait réussi à imposer son point de vue aux autorités haïtiennes et interviendrait jusqu'à aider à remplacer le personnel expérimenté du BCA qui constituait les dernières poches de résistance au refus canadien de création en Haïti d'une banque haïtienne d'Etat de crédit rural.


Michel William
11 novembre 2016

samedi 20 août 2016

Louis Morpeau /Anthologie d'un siècle de poésie haïtienne (1817-1925)

Cher lecteur / chère lectrice,

Voici un lien vers un ouvrage Louis Morpeau intitulé: 'Anthologie d'un siècle de poésie haïtienne (1817-1925)':

Louis Morpeau (1925) : Anthologie d'un siècle de poésie haïtienne (1817-1925)


Ce document me fait revivre l'époque où nous suivions au Collège Classique d'Haïti le cours de littérature haïtienne de professeur Antoine Guerrier.

Dr. Pierre Montès
20 août 2016

dimanche 3 janvier 2016

"Vyewo", une chanson composée par le poète Jean-Claude Martineau

Il s'agit de l'histoire d'un coupeur de canne haïtien en République dominicaine.

Martineau est un poète, un conteur. Sans être musicien, il compose de nombreuses chansons pour divers chanteurs et chanteuses dont Emeline Michel, Cornelia Schutt (dite Ti Corn).

Les paroles de toutes les chansons du poète sont d'une clarté qui ne cesse de m'étonner, malgré leur concision. Ce sont là, à mon humble avis, les deux caractéristiques fondamentales de l'oeuvre de l'auteur. Je laisse aux hommes de lettres le soin de faire l'analyse littéraire de l'oeuvre de Martineau.

La chanson "Vyewo" (en espagnol "Viejo") fut d'abord interprétée par Emeline Michel.
Je vous communique le lien suivant pour l'écouter:


Je n'ai pas pu trouver à ce jour les paroles sur le Web.
C'est pourquoi je les ai transcrites (en mon créole écrit à moi) ci-dessous:

Nan mitan yon chan kann bò Ygwey,
An Dominikani,
De Ayisyen chita lan on batey,
Pye atè,  do touni.
Pandan yon tap pale, yon tape koute,
Mwenm  diw yo pat fè bwi.
Van nan kann nan sèlman ki tande
Sa yo tape di.

Youn di : «Kouzen ! Mwen pral fè tè Ayiti !
Men on konmisyon wa bay madann mwen pou mwen.»
Li di : «Kouzen ! Son dyès pesòs.»
Li di : « Kouzen ! Lè wa janbe lakay,
Si w jwenn madann mwen plase wa bay 
Manman mwen li pou mwen.»

Kouzen ale. Kouzen tounen
Ak ou nouvèl ki bay kè plen.
Manman mouri,  mouri sa gen kèk ane.
Gan moun ki di ke se chagren.
Madanm  nan la ! Li la ! Li la ! La pe kenbe.
E Ti moun yo mal okipe.
Premye a grandi, li grandi tankou chwal.
Ti denye a pa menm sonje papa l.

Nan mitan yon chan kann bò Ygwey,
An Dominikani,
Gan de Ayisyen chita nan yon batey,
Pye atè,  yo do touni.
Pandan yon tap pale, yon tape koute,
Mwen m diw yo, yo pat fè bwi.
Van nan kann nan kouri efase,
Efase sa yo tape di.

Youn di : «Kouzen !  Mwen sòt fè tè Ayiti.
Men on konmisyon madanm ou voye pou wou.
Li di ou  kouzen, kouzen,
Li lò pou tounen.
Li di ou kouzen,
Lè wa janbe lakay, menm si wou pa pot anyen,
Pa kite manchèt ou dèyè.»

«Kouzen ! Kouzen !  Kouzen !
Kouzen ! Wa pot manchèt pou koupe bayawonn ! Woy!
Kouzen ! Wa pot manchèt pou koupe kandelab !  Woy!
Kouzen !  Wa pot manchèt pou koupe move zèb !  Woy! (bis)
Kouzen !  Kouzen !  Kouzen !
Wa pote manchèt ! Wa pote manchèt ! Wa pote manchèt !
Koupe bayawonn ! Koupe kandelab ! 
Kouzen ! Kouzen ! Kouzen !»  


À l'initiative de Ti Corn, 13 des chansons composées par le poète Jean-Claude Martineau viennent d'être mises sur un CD (en 2015), sous le titre "Zanmi Nou". Ces chansons sont interprétées par Ti Corn, Beethova Obas et Jean-Claude Martineau. Ti Corn a réussi à faire chanter Koralen (c'est le surnom de Martineau).
"Vyewo" est la 7e chanson du CD. Martineau l'a retravaillée un peu. Il l'a rendue encore plus concise et plus belle.
J'aime les deux versions, Mais c'est la dernière que je préfère.

Voici les paroles (dans mon créole écrit à moi):

Nan mitan yon chan kann bò Ygwey,
An Dominikani,
De Ayisyen chita nan on batey,
Pye atè,  do touni.
Youn ape pale, youn ap koute,
Yo pa fè bwi.
Van nan kann nan sèlman ki tande
Sa ya pe di.

«Vyewo ! Wou kap fè tè Ayiti,
Monw konmisyon wa bay madann mwen pou mwen.
Vyewo !
Son dyès  peso.
Vyewo !
Avèk on pè zanno.
Lò w rive si w jwenn li plase, wa bay manman mwen li pou mwen.»

Vyewo ale, vyewo tounen
Avèk nouvèl ki bay kè plen.
Manman mouri,  sa gen kèk ane.
Gen moun ki di ke se chagren.
Madanm  nan la ! La pe kenbe.
Men ti moun yo mal okipe.
Premye a grandi tankou chwal.
Ti denye a pa menm sonje papa-l.

Nan mitan you chan kann bò Ygwey,
An Dominikani,
De Ayisyen chita nan on batey,
Pye atè, do touni.
Youn ape pale, youn ap koute,
Yo pa fè bwi.
Van nan kann nan kouri efase,
Sa ya pe di.

«Kouzen !  Mwen sòt fè tè Ayiti.
Menwou konmisyon madann ou voye ba wou.
Kouzen, li lò pou tounen.
Kouzen, menm si wou pa pot anyen,
Lè wap janbe fwontyè,
Pa kite manchèt ou dèyè.»

Vyewo ! Vye-e-wo ! Vye-e-e-wo!

Dr. Pierre Montès
3 janvier 2016

lundi 29 décembre 2014

Haïti/ École République du Libéria 1958-1963 (Croquis)

Par Dr. Pierre Montès
Mises à jour, 5 janvier 2015, 8 septembre 2015

C'était mon école primaire à Port-au-Prince entre 1958 et 1963.
Elle était située à la 1ère Impasse Lavaud.
Sur le même terrain, il y avait le bâtiment logeant l'École normale d'instituteurs et les hangars abritant les salles de classe de l'École République du Libéria.

Le croquis ci-dessous qui n'est pas l'échelle, montre une vue en plan de l'École normale d'instituteurs et des 7 salles de classe de l'École primaire République du Libéria entre octobre 1958 et début 1963 (un peu après le 26 avril 1963).

Les classes sont numérotées de la 13e (classe enfantine) à la 7e (Moyen II).

La Direction de l'École primaire au début était située en (1a). Par la suite, elle fut relogée en (1b).
La servante des frères directeurs des deux Écoles avait un petit local situé en (2).

L'impasse (la ruelle) Châtelain qui commence à côté de Radio Vision 2000 à Lalue se terminait en (3) à la barrière arrière de l'École.
La maison d'un ami de l'époque, Martial Heurteulou, qui ne fréquentait pas mon école, était localisée en (4).
La maison d'un ami de l'époque, Litz Domingue, qui fréquentait l'École République du Libéria, était localisée en (5).

En (6) se trouvait une petite école privée appartenant à Mademoiselle Prézeau. Notre camarade de classe, Louicène Merveille, habitait chez Mlle Prézeau.




En 1963-1964, les deux écoles furent démolies et un nouveau bâtiment fut construit sur le terrain pour les loger.

Par la suite, le nouveau bâtiment logea aussi un nouveau lycée: le Lycée Marie-Jeanne.

Une vue d'une petite partie des nouveaux bâtiments est montrée sur l'image suivante.



 Selon ce que nous avons pu découvrir sur le Web, le séisme du 12 janvier 2010 a démoli les bâtiments.

La partie supérieure de l'image suivante montre une salle de classe avant le séisme du 12 janvier 2010.
Un hangar recouvert de tôles fut érigé pour loger cinq salles de classes de 60 à 80 places chacune.
La partie inférieure de l'image ci-dessous montre une salle de classe après le séisme du 12 janvier 2010.




_________________________________
N.B. En 1961-1962, voici comment était composée la classe de 8e (Moyen I):

Pierre Montès,
Jean-Emmanuel Charlot,
Henri-Victor Beaulieu,
Éric Sénat,
Kénel Antoine,
Wilson Flemens,
Pierre Astier,
Gérard Blaise,
Frantz Pierre
Gary Pierre,
Édon Jean,
Gérard Valcin,
Yvon Dieuveuil,
Eddy (ou Carl) Labossière,
Carlo Jean-Louis,
Édouard Jean-Louis,
Litz Domingue,
Pierre-André Despales,
Henriquez Compère,
Klébert Larose,
Louicène Merveille,
Carl Craig,
Lionel Carré,
Frantz Berrouet,
Claude Berrouet.

plus un certain nombre d'autres élèves dont j'ai malheureusement oublié le nom.

vendredi 19 décembre 2014

"Pour faire le portrait d'un oiseau", un poème de Jacques Prévert.

Par Dr. Pierre Montès
Dernière mise à jour: 5 janvier 2015

Mon école primaire était l'École République du Libéria.
Elle était située à la première Impasse Lavaud, au Bois-Verna, Port-au-Prince.
La direction était assurée par un frère du Sacré-Coeur (canadien).
Quand j'étais en classe de 8e (5e année),
le directeur était le frère Pierre (Pierre E. Leury);
mes professeurs étaient au nombre de deux:
André Gauthier, un coopérant français, pour toute l'année,
maître Georges Ligondé, un haïtien de l'Artibonite, pour une partie de l'année,
maître Judes Raphaël, un haïtien du Plateau Central, pour le troisième trimestre de l'année.

Maître Gauthier travaillait les matins (généralement). Maître Ligondé (puis maître Raphaël), l'après-midi.
Maître Gauthier nous enseignait en partie le français et les mathématiques.
Les professeurs haïtiens, titulaires de la classe, enseignaient les autres matières, et en partie, le français et les mathématiques.
La classe de 8e est inoubliable.

Parmi mes camarades de classe, il y avait:
Jean-Emmanuel Charlot,
Henri-Victor Beaulieu,
Éric Sénat,
Kénel Antoine,
Wilson Flemens,
Pierre Astier,
Gérard Blaise,
Frantz Pierre
Gary Pierre,
Édon Jean,
Gérard Valcin,
Yvon Dieuveuil,
Eddy (ou Carl) Labossière,
Carlo Jean-Louis,
Édouard Jean-Louis,
Litz Domingue,
Pierre-André Despales,
Henriquez Compère,
Klébert Larose,
Louicène Merveille,
Carl Craig,
Lionel Carré,
et quelques autres dont j'ai malheureusement oublié le nom.

De nombreux poèmes furent analysés en classe avec maître André Gauthier.
Un poème de Jacques Prévert en faisait partie.
Le voici:

                                    ***

Pour faire le portrait d'un oiseau

Peindre d'abord une cage
avec une porte ouverte
peindre ensuite
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d'utile
pour l'oiseau

Placer ensuite la toile contre un arbre
dans un jardin
dans un bois
ou dans une forêt
se cacher derrière l'arbre
sans rien dire
sans bouger...

Parfois l'oiseau arrive vite
mais il peut aussi bien mettre de longues années
avant de se décider

Ne pas se décourager
attendre
attendre s'il le faut pendant des années
la vitesse ou la lenteur de l'arrivée
de l'oiseau n'ayant aucun rapport
avec la réussite du tableau 

Quand l'oiseau arrive
s'il arrive
observer le plus profond silence
attendre que l'oiseau entre dans la cage
et quand il est entré
fermer doucement la porte avec le pinceau
puis
effacer un à un les barreaux
et ayant soin de ne toucher aucune des plumes
de l'oiseau
faire ensuite le portrait de l'arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l'oiseau
peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été
et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter

Si l'oiseau ne chante pas
c'est mauvais signe
mais s'il chante c'est bon signe
signe que vous pouvez signer
alors vous arrachez tout doucement
une des plumes de l'oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.  

                                    ***

dimanche 19 octobre 2014

Éloge funèbre du Président Jean-Claude Duvalier par l'Ambassadeur Fritz N. Cinéas

Source: haitilibre.com, 14 octobre 2014


Mon cher François Nicolas,
Ma chère Michèle Anya,
Madame Michèle Bennett
Mesdames Marie Denise et Simone Duvalier,
Madame Véronique Roy,
Monsieur le Président et Madame Prosper Avril,
Monsieur le Président Boniface Alexandre,
Messieurs les Anciens Ministres, Grands Commis de l'État, Militaires et Civils durant le Gouvernement du Président Jean-Claude Duvalier,
Colonel Joseph Dominique Baguidy,
Chers parents, amis et collaborateurs du Président Jean-Claude Duvalier
Mesdames, Messieurs,

Il m'échet l'insigne honneur ce matin , de saluer le départ d'un homme, au destin exceptionnel, qui fut à la fois pour plusieurs d'entre nous ici présents, un père, un époux, un frère, un ami et notre Président. Cet homme qui, à l'âge de 19 ans, sans le désirer, voire l'ambitionner, devenait, dans la nuit du 21 au 22 Avril 1971, le Neuvième Président à vie de la République, nous a laissés le Samedi 4 Octobre, à l'âge de 63 ans.

Né le 3 Juillet 1951 à Port-au- Prince, le Président Jean-Claude Duvalier était le quatrième enfant du couple formé par François Duvalier, Docteur en Médecine, et sa légitime épouse, Simone Ovide, infirmière.

Unique garçon de la famille, le jeune Jean-Claude est choyé par ses parents et en particulier par son père qui le couvre de son affection. La famille vit à la ruelle Roy, un quartier relativement aisé à l'époque. Le père, Docteur en Médecine, ancien Ministre de la Santé et du Travail du Gouvernement du Président Dumarsais Estimé entre 1946 et 1950 est, à la naissance de Jean-Claude, Médecin Consultant à la Mission Sanitaire Américaine, qui deviendra dans la suite, le Service Coopératif Interaméricain de Santé Publique, fonction qu'il occupera jusqu'en 1954, avant de prendre le maquis pour persécutions politiques.

En 1957, à l'âge de six ans, Jean-Claude débute ses études primaires à l'École Monseigneur Jean Marie Guilloux dirigée par les frères de l'Instruction Chrétienne, le meilleur établissement primaire de la Capitale. En 1959, Il entre à l'Institution Saint Louis de Gonzague dirigée par les mêmes religieux. Lors des difficultés survenues entre le Gouvernement et l'Église Catholique en 1961, le Président Duvalier décide, pour des raisons politiques, de placer son unique fils au Nouveau Collège Bird, très en vogue à l’époque, mais Jean-Claude retournera à Saint Louis de Gonzague après les évènements d'Avril 1963, une bien triste période. Toutes les années de l'adolescent se passent tranquillement. En 1970, ses études classiques terminées, Jean-Claude entre à la Faculté de Droit.

A la mort de son père, le Docteur François Duvalier, huitième Président à vie de la République, survenue le 21 Avril 1971, Jean-Claude, à la faveur de la Constitution, prête serment comme le Neuvième Président à vie d'Haïti.

Mesdames, Messieurs,

L'homme était d'une éducation soignée. Ceux qui l'ont connu peuvent en témoigner. De tempérament froid, il était incapable d'une impolitesse. Courtois, il n’élevait jamais la voix. De sa bouche jamais ne sortaient que des propos d'un gentilhomme calme et civilisé. Ces derniers temps, son allure était déjà celle d'un penseur et son visage commençait à refléter la beauté de la sagesse.

Au pouvoir, a-t-il manqué d'énergies ? S'est-il laissé mener, entrainer par des thuriféraires ? S'est-il laissé prendre aux pièges par des collaborateurs sournois ? A-t-il été un tolérant ? A-t-il été faible face aux exactions commises par certains de ses amis et partisans ? S'est-il parfois préoccupé à cause de son jeune âge, davantage aux plaisirs de la vie qu'aux affaires de l'État ? Aurait-il placé trop de confiance en certains collaborateurs ? Aurait-t-il laissé trop d'autorité aux Forces de l'Ordre ?.....
 
Il est encore trop tôt pour que le jugement de l'histoire fasse la part des responsabilités. Le Chef reste toujours, aux yeux de tous, le principal Responsable des erreurs commises sous son administration. Que je sache, Jean-Claude Duvalier n'a jamais publiquement déclaré que telle erreur, telle faute commise durant son passage aux affaires de l'État avait été celle de collaborateurs empressés, de partisans zélés. Contrairement à ce que la Presse reproduit parfois, il avait publiquement accepté ses erreurs et s'était excusé auprès du Peuple. A son retour en Haïti le 16 Janvier 2011, il avait fait cette déclaration, reproduite par Le Figaro du 22 Janvier 2011, je cite:

«Je saisis aussi cette occasion pour exprimer, une fois de plus, ma profonde tristesse à l’endroit de mes compatriotes qui se reconnaissent, à juste titre, d’avoir été victimes sous mon gouvernement. »

Les injures dont il a été accablé, les doit-il seulement à Lui même ? L'histoire jugera.

Quoi qu'il en soit, quoi qu'on puisse dire pour et contre Jean-Claude Duvalier, on est forcé de convenir que dans cette foule de libelles, de diffamations et de critiques aussi bien que d'éloges et d'apologies relatives au neuvième Président à vie d’Haïti dont nous saluons, avec émotion, le départ ce matin, on ne voit d'un côté qu'une partialité scandaleuse dictée par la passion, et de l'autre des louanges, des dithyrambes si outrés que la vérité se trouve étouffée sous l'exagération de l'enthousiasme, de la haine ou de l'admiration.

On répète souvent que les hommes politiques valent beaucoup plus pour ce qu'ils ont tenté que pour ce qu'ils ont fait. Il est bon de rappeler ici, à titre d'exemple, que le Président Jean-Claude Duvalier est le premier à avoir mis en place les structures légales pour l'instauration des partis politiques et de la fonction de Premier Ministre, c'est a dire, Chef de Gouvernement.

Mais laissons au temps qui est le grand facteur, la tâche de le juger car la critique, comme disait Chateaubriand, n'a jamais tué ce qui doit vivre et l'éloge, non plus, n'a jamais fait vivre ce qui doit mourir.

Sur ses épaules sont tombées de nombreuses charges, de nombreuses fautes qu'il n'avait pas commises et dont la responsabilité correspond aux marâtres de la flatterie et de l'intrigue qui profitèrent de sa jeunesse et de sa bonne foi, jouant sur les passions naturelles d'un jeune homme qui aimait intensément les joies de la vie.

Maintenant transformé par les attributs que confère le mystère aux élus, par le sommeil dont Vous ne vous réveillerez jamais, Vous rentrez, Monsieur le Président, dans la voie de l'infini, de l'inconnu et de l'immortalité.

Mon cher François Nicolas,
Chère Michèle Anya, Chère Michèle,
Très chers parents éprouvés,

Daignez recevoir, par ma voix, les sympathies des collaborateurs, amis et de tous ceux et celles qui pleurent le départ du Président Jean-Claude Duvalier. Que le Seigneur le reçoive en son sein et que ses restes périssables, en se métamorphosant au delà de la matière palpable, puissent contribuer à vivifier ce sol natal qu'il a tant aimé et que la conscience citoyenne continue à se nourrir du calcium et de l'énergie de son corps pour l'enrichissement de la terre d'Haïti.

Adieu , Monsieur le Président,
Nous ne vous oublierons pas ! »
Dr. Fritz N. Cinéas
Ambassadeur d'Haïti,
Le 11 Octobre 2014

Oraison funèbre de Michel Lamartinière Honorat par le Professeur Daniel Supplice

Source: radiotelevisioncaraibes.com, 16 septembre 2014


Bonjour,

    En général, quand on prend la parole dans de pareilles circonstances c’est pour encenser la mémoire de celui qui au bout de son parcours physique gît reposé, sans souffle ni voix dans sa bière.

    Ce n'est pas ce que je vais faire puisque entre le professeur d'histoire compétent, l'ethnologue avisé, l'homme politique lucide, le citoyen honnête, le père attristé par la mort d'un enfant lâchement assassiné ou celui qui a été pour moi le père que je n'ai pas eu le temps de jouir, entre ces diverses personnalités je ne saurais qui choisir ni pourquoi.

    Mama, je sais que tu aurais souhaité partir sans bruit comme tu avais vécu ces dernières années, entre tes réflexions, tes livres, tes écrits secrets, tes parents, tes amis. Mais je respecterai mon engagement envers toi et, comme promis je prends la parole en ta présence et en public pour la dernière fois pour te dire simplement que tu vas nous manquer, tu vas me manquer.

    Toi et moi sommes de la même école, Aline Duplessis-Rameau, ma grand'mère aurait dit que nous sommes de la même race d'hommes, cette race en voie de disparition qui a ce pays sous la peau et qui souffre profondément de  l'irresponsabilité des élites, de l'indisponibilité de la classe moyenne, de l'indigence de la classe politique et du maintien dans l'ignorance programmée du Peuple des bas quartiers de la zone suburbaine et des zones rurales.  Toi et moi pensons qu'il faut dire la vérité au "chef" pour sortir le pays des affres du sous-développement mais les angoissantes vérités ne plaisent pas et n'offrent malheureusement au patriote convaincu qu'un parcours du combattant stérile.

    Mama dans cet espace intemporel, indéfini, sans dimension et sans couleur, dans ce vide plein de mémoires, dans ce silence de la non existence qui sait de quoi est fait l'après ? 

    Toi et moi curieux, sceptiques, on questionnait en permanence cette nature qui nous entoure et dont nous sommes à la fois la somme et le produit...Et, qui connait l'essence et le contenu de cette nouvelle dimension dans laquelle tu es aujourd'hui plongé? 

    La raison et la science se penchent de plus en plus sur ce qui dans le passé n'était qu'un acte de foi et, le périple d'après la vie sur terre reste une grande interrogation de l'Homme de tous les temps et de toutes les cultures. Alors "pran devan" pars en éclaireur, qu'on t'ouvre la porte, entre  et, au gré de tes rencontres, touche l'éternité et:

-    Dis à Machiavel que la fin ne justifie pas seulement les moyens, ici elle justifie tout.

-    Dis à Montesquieu que l'esprit des lwas suit le rythme de l'Assotor mais que la loi n'arrive pas toujours à orienter nos esprits dans des actes réfléchis.
   
-    Dis à Karl Marx que l'antagonisme de classes n'a pas produit de révolution puisque l'inexistence de conscience de classe n'a pu engendrer que l'atomisation en clans, la désintégration de l'État, la désarticulation de l'administration publique, et un "chien manje chien"  individuel qui ne fait qu'accentuer de ce fait l'antagonisme de classes.

-    Dis à Nelson Mandela qu'un apartheid sournois et vicieux survit en Haïti et qu'aucune commission de vérité ne verra le jour ici parce que l'histoire en alternant allègrement sans égard ni sentiment le rôle du bourreau et de la victime atrophie cyniquement la vérité.

Mais surtout :

-    Dis à Jean-Jacques Dessalines que si c’est vrai que nous avons gagné la guerre pour la liberté, nous avons perdu la bataille contre la misère, [pour] l’égalité et la fraternité.  Dis-lui aussi que 210 ans plus tard les descendants de ces nègres d'Afrique n'ont toujours pas de terre et hantent toujours les mornes.

-     Dis à François Cappoix que la jeunesse actuelle ne s'identifie pas aux milliers de sacrifiés à l'hôtel de la Patrie ce 18 novembre 1803.  Dis-lui que la 5ème colonne est plus que jamais présente parmi nous, qu'elle n'arrête pas de monter en première ligne et que le fort la Crête-à-Pierrot est en  train d'être démoli et vendu pierre par pierre par la population.

-    Dis à Dumarsais Estimé qu’il avait raison quand dans son discours inaugural du 18 août 1946 il avait prédit le risque que les gardiens du troupeau se convertissent en loup. En effet, le troupeau a été décimé par le berger. Dis-lui aussi que le pavillon d'Italie n'existe plus et que personne ne va au "Bicentenaire".

-     Dis à François Duvalier que sa révolution a échoué et que ce qui reste de la classe moyenne patauge dans une misère empreinte d'indifférence, de traîtrise et de lâcheté.  Dis-lui aussi que les morts inutiles de tous les camps se demandent pourquoi ?

-    Dis à ton ami, mon père André Supplice, que la famille se porte bien, que les enfants ont des enfants qui à leur tour ont des enfants. Mais dis-lui aussi que Cabaret qui l’a vu naître et où reposent ses restes n’a toujours pas d’eau courante ni d’électricité.

-     Dis à Anténor Firmin que jusqu'à maintenant beaucoup d'hommes persistent à se croire supérieurs à d'autres hommes.  Dis-lui aussi qu'on continue de violer les livres et de  brûler les bibliothèques.

-    Dis à Leslie Manigat qu'on continue à immoler les symboles du savoir et que la mise en déroute de l'intelligence se poursuit pendant que l'ignorance continue d'être  une vertu.

-    Dis à Jacques Roumain que le soleil a brûlé la rosée et que même si les fleurs persistent à éclore la promesse des fruits est une chimère.

-    Dis à Roussan Camille que des centaines de Nedje patrouillent les rues et trottoirs de Pétion-Ville et que dans des contorsions effrénées vendent à bas prix leur adolescence et leur innocence dans des bordels fumeux comme à Casablanca.

et finalement, si tu croises Yves Massillon demande lui de te remettre le Drapeau national qui aurait dû recouvrir ton cercueil ce matin.

Mais ... viendra le jour de la revanche sur nos malheurs et, un autre soleil brillera quand Haïti remontera une nouvelle fois le podium de l'Histoire!

    Mama, quand on se rencontrera à nouveau dans ce couloir de lumière, sache que je serai content de te revoir et comme on le faisait le samedi matin, on reparlera de livres, d'histoire, du créole, de danses folkloriques, de socialisme, certainement de politique, et bien sûr d'Haïti chérie ! 


Repose en paix Mama !

Daniel Supplice
13 septembre 2014

dimanche 5 octobre 2014

Fable de Jean de La Fontaine: "L'homme et la couleuvre"

Vous pouvez d'abord cliquer sur le lien suivant pour voir et écouter:
L'homme et la couleuvre, déclamée par Fabrice Luchini (durée: 4 min 56 s)
https://www.youtube.com/watch?v=zwWtyrSKci8

Nous reproduisons ci-après le texte de la fable:

L'homme et la couleuvre

Un Homme vit une Couleuvre.
Ah ! méchante, dit-il, je m'en vais faire une œuvre
Agréable à tout l'univers.
A ces mots, l'animal pervers
(C'est le serpent que je veux dire
Et non l'homme : on pourrait aisément s'y tromper),
A ces mots, le serpent, se laissant attraper,
Est pris, mis en un sac ; et, ce qui fut le pire,
On résolut sa mort, fût-il coupable ou non.
Afin de le payer toutefois de raison,
L'autre lui fit cette harangue :
Symbole des ingrats, être bon aux méchants,
C'est être sot, meurs donc : ta colère et tes dents
Ne me nuiront jamais. Le Serpent, en sa langue,
Reprit du mieux qu'il put : S'il fallait condamner
Tous les ingrats qui sont au monde,
A qui pourrait-on pardonner ?
Toi-même tu te fais ton procès. Je me fonde
Sur tes propres leçons ; jette les yeux sur toi.
Mes jours sont en tes mains, tranche-les : ta justice,
C'est ton utilité, ton plaisir, ton caprice ;
Selon ces lois, condamne-moi ;
Mais trouve bon qu'avec franchise
En mourant au moins je te dise
Que le symbole des ingrats
Ce n'est point le serpent, c'est l'homme. Ces paroles
Firent arrêter l'autre ; il recula d'un pas.
Enfin il repartit : Tes raisons sont frivoles :
Je pourrais décider, car ce droit m'appartient ;
Mais rapportons-nous-en. - Soit fait, dit le reptile.
Une Vache était là, l'on l'appelle, elle vient ;
Le cas est proposé ; c'était chose facile :
Fallait-il pour cela, dit-elle, m'appeler ?
La Couleuvre a raison ; pourquoi dissimuler ?
Je nourris celui-ci depuis longues années ;
Il n'a sans mes bienfaits passé nulles journées ;
Tout n'est que pour lui seul ; mon lait et mes enfants
Le font à la maison revenir les mains pleines ;
Même j'ai rétabli sa santé, que les ans
Avaient altérée, et mes peines
Ont pour but son plaisir ainsi que son besoin.
Enfin me voilà vieille ; il me laisse en un coin
Sans herbe ; s'il voulait encor me laisser paître !
Mais je suis attachée ; et si j'eusse eu pour maître
Un serpent, eût-il su jamais pousser si loin
L'ingratitude ? Adieu, j'ai dit ce que je pense. »
L'homme, tout étonné d'une telle sentence,
Dit au Serpent : Faut-il croire ce qu'elle dit ?
C'est une radoteuse ; elle a perdu l'esprit.
Croyons ce Boeuf. - Croyons, dit la rampante bête.
Ainsi dit, ainsi fait. Le Boeuf vient à pas lents.
Quand il eut ruminé tout le cas en sa tête,
Il dit que du labeur des ans
Pour nous seuls il portait les soins les plus pesants,
Parcourant sans cesser ce long cercle de peines
Qui, revenant sur soi, ramenait dans nos plaines
Ce que Cérès nous donne, et vend aux animaux ;
Que cette suite de travaux
Pour récompense avait, de tous tant que nous sommes,
Force coups, peu de gré ; puis, quand il était vieux,
On croyait l'honorer chaque fois que les hommes
Achetaient de son sang l'indulgence des Dieux.
Ainsi parla le Boeuf. L'Homme dit : Faisons taire
Cet ennuyeux déclamateur ;
Il cherche de grands mots, et vient ici se faire,
Au lieu d'arbitre, accusateur.
Je le récuse aussi. L'arbre étant pris pour juge,
Ce fut bien pis encore. Il servait de refuge
Contre le chaud, la pluie, et la fureur des vents ;
Pour nous seuls il ornait les jardins et les champs.
L'ombrage n'était pas le seul bien qu'il sût faire ;
Il courbait sous les fruits ; cependant pour salaire
Un rustre l'abattait, c'était là son loyer,
Quoique pendant tout l'an libéral il nous donne
Ou des fleurs au Printemps, ou du fruit en Automne ;
L'ombre l'Eté, l'Hiver les plaisirs du foyer.
Que ne l'émondait-on, sans prendre la cognée ?
De son tempérament il eût encor vécu.
L'Homme trouvant mauvais que l'on l'eût convaincu,
Voulut à toute force avoir cause gagnée.
Je suis bien bon, dit-il, d'écouter ces gens-là.
Du sac et du serpent aussitôt il donna
Contre les murs, tant qu'il tua la bête.
On en use ainsi chez les grands.
La raison les offense ; ils se mettent en tête
Que tout est né pour eux, quadrupèdes, et gens,
Et serpents.
Si quelqu'un desserre les dents,
C'est un sot. - J'en conviens. Mais que faut-il donc faire ?
- Parler de loin, ou bien se taire.

lundi 11 août 2014

Haïti/ Manno Charlemagne /Konviksyon: un documentaire de Frantz Voltaire

LCDP, 11 août 2014
Mise à jour: 12 août 2014

Voici un très intéressant documentaire sur Manno Charlemagne, troubadour.
Ce travail est réalisé par Frantz Voltaire.
Pour visionner le documentaire, cliquez sur le lien suivant:

Konviksyon, durée 59 minutes.

L'article suivant d'Eddy Cavé analyse le documentaire:
Haiti-Culture: Manno Charlemagne, Konviksyon, un nouveau succès de Frantz Voltaire, Alterpresse, 31 octobre 2011.

lundi 21 juillet 2014

Haïti / Faculté des Sciences (UEH) / 40e anniversaire de la promotion FDS1974 - Discours de Promotion


Par Brunet Georges, ing.
 Port-au-Prince, 12 juillet 2014
 
En octobre 1970, sur un effectif de 65 postulants ayant brigué  l’admission en année préparatoire de la Faculté des Sciences de l’Université d’État d’Haïti, nous avons été 35 a  réussir le concours. Quatre années plus tard, en septembre 1974, le Décanat de la Faculté, avec l’accompagnement du Recteur de l’Université et du Ministre de l’Éducation  Nationale, a gradué 20 d’entre nous aux titres d’ingénieurs-architectes, d’ingénieurs civils, d’ingénieurs électromécaniciens et de licenciée en sciences naturelles.

Notre  sortie  a été suivie d’une dispersion sur plusieurs continents : l’Afrique, l’Amérique du Nord  l’Europe et bien sur Haïti, quelques uns pour des études plus avancées, d’autres pour des engagements professionnels. Trois ingénieurs de notre promotion ont même assez tôt fait le saut vers l’au-delà.

Aujourd’hui, après quarante ans, la famille que nous avons constituée au sein de la Faculté se  réunit pour commémorer notre entrée dans la vie professionnelle. A cette occasion, nous voulons saluer de façon toute particulière la mémoire de nos trois camarades, partis avant l’heure. Avec respect, avec affection, nous nommons Jean Fritz Bernadel, Philippe Guerrier et Nicolas Janvier. Ils sont partis, mais ils restent présents dans le groupe. Leur sourire nous habite comme au temps de nos vingt ans.

Cette célébration nous offre l’occasion de témoigner notre gratitude d’une part envers nos parents, d’autre part envers l’État et le contribuable haïtiens.

Issus pour la plupart de familles modestes, nous avons bénéficié tout le long de nos parcours scolaires et universitaires du soutien permanent de parents vivant souvent au jour le jour. Ils ont travaillé de leurs mains pour nous offrir un niveau d’éducation qu’eux-mêmes n’avaient pas reçu. Nous  présentons nos compliments aux camarades qui ont le bonheur d’avoir encore un parent vivant et nous saluons la mémoire de ces hommes et de ces femmes qui toute une vie sont restés debout  au pied de la montagne, les yeux rivés vers le sommet pour indiquer a leurs enfants le chemin qui mène aux cimes les plus hautes. Aujourd’hui si nous sommes responsables d’état, hauts fonctionnaires, chefs d’entreprises, professeurs d’université, dirigeants de partis politiques,  le mérite  revient largement à maman et a papa. Pour les camarades qui comme moi viennent de province, cet hommage s’étend aux familles qui nous ont  accueillis a Port-au-Prince ; sans leur appui, il nous eût  été difficile, voire impossible, de nous consacrer aux études.

A 60 ans bien sonnés, nous sommes tous ou presque tous parents et même grands parents. Nous connaissons donc bien le prix des études supérieures. Dire que nous avons passé 4 années, c’est-a-dire 8 semestres, a la Faculté sans rien débourser ; les plus doués d’entre nous recevaient même  une bourse de 100 gourdes par mois! L’État haïtien, a travers ses institutions compétentes et avec l’appui particulier de la coopération française, a tout pris en charge. Nous voulons en cette cérémonie rendre hommage au Rectorat de l’Université d’État, au Décanat et au personnel administratif de la Faculté des Sciences ; nous voulons aussi remercier l’Ambassade de France en Haïti et l’Institut français  pour la contribution des Coopérants français à notre formation en mathématiques, physique, chimie et biologie. Nous saluons la mémoire de nos professeurs disparus, nous rendons hommage à ceux qui profitent encore de la vie. Nous nommons spécialement Messieurs Hebert DAMBREVILLE, Pierre RICHE, Guy ROBART, Jean-Paul BERNIER, Maurice SALOMON, Max TIPHAINE, Roger MALBRANCHE, Jean-Jacques COICOU, Ernst LARAQUE, Lionel VIL, Fritz PIERRE-LOUIS,   René MORAVIA, Ferdinand EDOUARD, Eceler LOUIS, Yves NAZAIRE, Frank LAUTURE, Joseph ADRIEN, Alexandre GOUTIER, Gérard GOURGUE.

Le Décanat de la Faculté  se résumait a notre époque a  quatre personnes : le Doyen Maurice LATORTUE, le vice doyen Fritz PIERRE-LOUIS,  l’assistante administrative Madame Béatrice MERCIER et Monsieur HORATIUS, connu sous le nom de HORA. Nous entretenons, 40 ans après avoir quitté la Faculté, une affection particulière à l’ endroit de notre doyen et de Hora.

Doy, comme nous l’appelions, nous enseignait la trigonométrie sphérique et l’anglais technique. Au premier mois de l’année préparatoire, il nous regardait de haut, ou plutôt, il fermait les yeux pour ne pas nous voir ; il nous trouvait trop laids et nous assimilait à nos numéros d’ordre. Après les premiers tests et bons résultats, l’excès de sévérité a laissé la place à l’affection et a la générosité du grand-père qui ne ménageait pas son portefeuille pour récompenser les bonnes réponses et les meilleures copies. Monsieur Latortue nous a appris à être a la fois nobles, réservés et élégants dans nos propos comme dans nos comportements. Il nous a tenus a l’écart des turbulences politiques de l’époque et a su maintenir la Faculté en dehors de l’emprise du Pouvoir. Il nous a formés et a orienté nos carrières professionnelles. Nous lui en sommes infiniment reconnaissants.

Hora était le permanent de l’école ; il gardait les clés, assurait le ménage, distribuait le matériel ; il faisait nos courses et nous informait de l’agenda du doyen. On l’appelait Ti Doy. D’ailleurs, c’est Hora  en personne qui a remis a plusieurs d’entre nous nos diplômes d’ingénieurs en septembre 1974. A l’époque, l’effectif global de la Faculté ne dépassait pas 150 étudiants ; aussi, Hora connaissait tout le monde. Il appelait ingénieurs les étudiants des années supérieures mais désignait seulement par leurs noms les étudiants de Préparatoire ; il savait bien que ceux-là n’étaient pas encore tout à fait membres de la grande famille. Nous sommes fiers d’avoir Hora avec nous et de l’honorer de son vivant; nous le remercions pour l’appui apporté à notre formation.

Après nos études , plusieurs d’entre nous ont intégré des institutions publiques : la BNDAI, l’EDH, le MTPTC, l’INAREM, le MARNDR, la FDS ou  nous avons acquis de l’expérience et développé des savoir-faire en administration, en aménagement et équipement du territoire etc.. qui font de nous  des experts et des entrepreneurs. Nous avons ainsi beaucoup reçu de l’État et du contribuable. Aujourd’hui que sonnent déjà  les cloches de la retraite, nous avons plus que jamais une obligation de restitution. Nos retrouvailles ne doivent pas se réduire à une commémoration. Nous devrions prendre la résolution de nous rencontrer de façon régulière non pas pour de simples échanges mondains mais surtout pour débattre de nos visions respectives et proposer des voies de solutions aux défis majeurs auxquels notre  pays reste confronté.

Nous ne serons pas jugés à l’aune de nos  réussites personnelles, académiques ou matérielles, mais selon les contributions concrètes  que nous aurons apportées à réduire la pauvreté, par la création d’emplois, la production de richesses, la régénération de l’environnement, la formation et l’épanouissement des jeunes.

 L’État nous a formés pour servir la Nation, ne l’oublions pas !

Merci de votre attention.