dimanche 22 janvier 2012

Construire une Université haïtienne pour une Nation haïtienne de bien-être et de prospérité

Discours du Dr. Samuel Pierre, le vendredi 13 janvier 2012, au Colloque inaugural du Campus universitaire de Limonade, Haïti.

Source: Haiti-Référence, lundi 16 janvier 2012


Au Dr. Harold Durand, Président de GRAHN-Cap-Haïtien et Vice-président Développement des chapitres de GRAHN-Haïti;

A M. Jean-Claude François, Secrétaire d’État à l’enseignement supérieur, d’avoir pris l’initiative de ce colloque et de m’y avoir invité;
 
 
Aux multiples groupes et citoyens, du Nord et de l’Ouest, auxquels revient le mérite d’avoir ouvert le débat – combien nécessaire – sur le monde universitaire haïtien, à la faveur de l’inauguration de ce Campus universitaire où nous sommes réunis aujourd’hui;
 
 
À vous tous ici présents, à celles et ceux qui sont avec nous virtuellement, nos amis Dominicains qui communient avec nous à distance, je vous remercie pour votre intérêt à la cause, la VRAIE, celle d’une Jeunesse haïtienne assoiffée d’éducation, de savoir, de perspective, d’épanouissement, de bien-être et de prospérité.
Mes premiers mots de gratitude vont à la République Dominicaine – le président et le peuple dominicains – qui a fait à Haïti le plus beau cadeau que j’aurais aimé faire moi-même au pays : un Campus universitaire pour héberger une Université. Le peuple haïtien prend acte de ce geste d’amitié et en remercie le peuple dominicain et son président.
Le cadeau que j’aimerais faire à Haïti, c’est celui d’une Université d’excellence, axée à tous les niveaux sur le mérite, ayant pour mission non seulement de propager la science dans la vision du monde et dans les esprits de nos jeunes, mais aussi pour développer cette conscience, citoyenne et nationale, sans laquelle – pour parodier Rabelais – la science n’est que ruine de l’âme.
Le cadeau que j’aimerais faire à Haïti, c’est celui d’une Université qui forme non seulement des professionnels et des chercheurs compétents, mais aussi et surtout des citoyens responsables envers eux-mêmes, envers leurs proches, envers la collectivité, envers le pays. Une Université qui forme des leaders pour la nation, qui forment des agents de changements positifs à tous les niveaux de la société haïtienne, qui façonne des esprits soucieux et respectueux du bien commun, qui cultive la recherche permanente de la vérité en remettant continuellement en question les idées reçues et les vérités établies par une saine pratique de la réflexion, de la création, de la recherche scientifique et du débat d’idées.
Le cadeau que j’aurais aimé faire à Haïti, c’est celui d’une Université ouverte sur l’ensemble du pays, accessible selon le mérite aux filles et fils du pays, génératrice de compétences et productrice des savoirs dont le pays a besoin pour résoudre ses problèmes complexes et se développer. Une Université capable d’accompagner le peuple haïtien dans ses aspirations de bien-être. Une université capable de jouer le rôle de locomotive pour le reste de la nation haïtienne dans sa quête d’une prospérité au bénéfice de tous.
Le Groupe de réflexion et d’action pour une Haïti nouvelle, créé huit jours après le séisme du 12 janvier 2012 et reconnu aujourd’hui comme GRAHN-Monde, a identifié 12 défis fondamentaux auxquels fait face le pays. Défis qui ne datent pas d’hier et qui pourraient inspirer d’importantes activités de recherche interdisciplinaires à cette Université haïtienne que j’appelle de tous mes voeux. Défis qui pourraient mobiliser plusieurs générations successives de chercheurs et d’intellectuels d’Haïti. Défis qui pourraient aussi engendrer de riches occasions de collaboration scientifique internationale en regard de la pertinence des problématiques de recherche en question. Regardons de plus près cinq de ces douze défis. Je laisserai délibérément le plus important d’entre eux pour la fin, tant il est lié au sujet de la conférence d’aujourd’hui.

Premier défi :
L’inaccessibilité aux soins de santé de base.
Ce premier défi soulève la question de recherche
suivante : Comment mettre en place un système national de santé à la fois compatible avec le faible niveau d’éducation de la population et les ressources financières et médicales dérisoires dont dispose l’État, en tenant compte des caractéristiques et pratiques culturelles de la société haïtienne? Un tel chantier de recherche mobiliserait des chercheurs dans des disciplines aussi diverses que les sciences médicales, les sciences de l’éducation, les sciences économiques, les sciences administratives, l’anthropologie, la sociologie et l’ethnologie.

Deuxième défi :
Le taux de chômage très élevé de la population, particulièrement chez les Jeunes.
Ce deuxième défi soulève la question de recherche suivante : Quel cadre de stimulation mettre en place afin de dynamiser l’économie haïtienne en vue d’attirer de nouveaux investissements pour la création d’entreprises de toute taille, elles-mêmes créatrices d’emplois dans tous les secteurs d’activités et dans tous les coins du pays? Ce chantier de recherche mobiliserait des chercheurs dans des disciplines aussi variées que les sciences économiques, le droit, les sciences et techniques agricoles, l’administration des affaires, la fiscalité, les relations industrielles, et j’en passe.

Troisième défi :
La perte du contrôle démographique.
Ce troisième défi soulève la question de recherche suivante : Quelle stratégie élaborer et quels mécanismes mettre en place pour juguler l’explosion démographique et atténuer les effets négatifs de celle-ci sur l’occupation de l’espace et les infrastructures sociotechniques? Ce chantier de recherche pourrait mobiliser des chercheurs dans des disciplines telles la démographie, l’éducation, les sciences de la santé, la sociologie.

Quatrième défi :
La dégradation considérable de l’environnement.
Ce quatrième défi soulève la question de recherche suivante : Comment freiner la dégradation de l’environnement et réhabiliter le territoire haïtien dont le taux de couverture végétale se situe autour de 2 %? Ce chantier de recherche pourrait mobiliser des chercheurs dans des disciplines aussi diverses que les sciences de l’environnement, le génie civil, le génie énergétique, le génie rural, la démographie, l’agronomie, l’économie, la foresterie.

Cinquième défi :
Sous-éducation chronique de la population.
Ce cinquième défi, et non des moindres, est au coeur de notre rencontre d’aujourd’hui et apparaît comme un méta-défi : le défi des défis qui conditionnent tout le reste. Comment articuler un système éducatif capable de garantir une éducation de qualité, accessible à tous les citoyens du pays et dans toutes les régions du pays, en prenant en compte les impératifs de développement, de bien-être et de prospérité du pays? Dans la foulée de toutes les manifestations de nature éducative qui l’ont précédé, l’événement Haïti-Éduc’2012, qui se déroulera dans le pays du 5 au 10 mars 2012, se veut le point de départ d’une démarche de concertation entre les Haïtiens de l’intérieur et ceux de l’extérieur en vue de tenter – ensemble – de répondre à cette question. Selon une approche holistique que nous préconisons, ce nouveau système éducatif que nous appelons de tous nos voeux devrait permettre de former des citoyens nouveaux, férus de science et de conscience, responsables envers eux-mêmes et envers la collectivité, respectueux du bien commun et de la vérité, et motivés pour travailler au développement du pays dans une quête perpétuelle de solutions aux problèmes nationaux.
L’Université que nous célébrons aujourd’hui est au coeur de cette problématique. Un pays vaut ce que vaut son système éducatif et, dans la mesure où l’Université est au sommet de la pyramide que constitue le système éducatif d’une nation, tant vaut l’Université tant vaut la nation. Pas de développement national sans un système éducatif performant! Pas de bien-être ni prospérité sans une Université performante pour tirer vers le haut le système éducatif! Au cours des cinquante dernières années, des pays comme le Brésil, la Taiwan, le Singapour, la Corée du Sud ont fait des progrès économiques fulgurants en misant sur et en investissant dans une université performante. Certains d’entre eux étaient aussi pauvres qu’Haïti et sont devenus riches grâce au choix judicieux et courageux de développer une université d’excellence, privilégiant la production de connaissances scientifiques et le développement de compétences nécessaires à la résolution des problèmes fondamentaux auxquels ils faisaient face.
Ces choix étaient courageux en cela qu’ils allaient souvent à contre-courant des directives des grandes agences d’aide internationale qui ont trop longtemps privilégié l’éducation de base au détriment de la formation universitaire. Aujourd’hui, le temps a donné raison à ces pays qui avaient pris en main leurs destinées selon leur propre vision. Aujourd’hui aussi, ces agences d’aide internationale ont reconnu avoir erré en refusant un juste équilibre entre les divers niveaux du système éducatif considéré comme
un tout.
Un pays vaut ce que vaut son Université. Si on veut développer un pays, il faut y développer l’Université, ce qui ne saurait se faire sans compter avec les autres paliers de la pyramide du système éducatif. D’où la responsabilité de tout État soucieux de développement, de bien-être et de prospérité de supporter vigoureusement le secteur universitaire dans sa triple mission d’enseignement, de recherche et de service à la collectivité.
Comment construire cette Université haïtienne locomotive de la Nation haïtienne, génératrice de bien-être et de prospérité au bénéfice de tous les citoyens?
L’Université, c’est à la fois trois choses : un système, une culture et un milieu.
1.- L’Université-système:
Dans la plupart des pays du monde, il existe un système universitaire régulé par l’État et dont la mission principale est la diffusion du savoir de haut niveau et la production de nouvelles connaissances par la recherche. Le mot système est pris ici dans le sens du prix Nobel américain Herbert Simon, spécialiste de la systémique entendue comme méthode scientifique privilégiant une approche globale ou holistique pour aborder des problèmes complexes. Le système universitaire est généralement défini par une loi organique et un cadre normatif qui encadrent son fonctionnement. Aujourd’hui, ces deux composantes du système font cruellement défaut et sont à la base de nombreux problèmes dont souffrent les universités haïtiennes. Voilà donc une première pierre à placer dans la construction de l’édifice universitaire haïtien, et il est de la responsabilité de l’État et des pouvoirs publics de s’acquitter de cette tâche.
Si l’on se compare avec un pays comme Cuba, de population comparable, Haïti devrait viser une population universitaire d’environ 500,000 étudiants. En poursuivant cet idéal sur un horizon de 50 ans conformément à une vision stratégique que l’État haïtien devrait se donner, cela correspondrait à terme à un système universitaire constitué schématiquement de 10 universités d’environ 50,000 étudiants. Ces universités devraient être majoritairement publiques et cohabiter avec des universités privées dans des proportions à définir. Elles devraient être réparties sur les dix départements géographiques du pays. Ces chiffres sont évoqués ici à titre indicatif et ne remplace nullement une planification stratégique qui viendrait déterminer plus précisément la taille, le rythme d’implantation et la vocation spécifique de chacune de ces universités, notamment celles qui feraient partie du sous-système universitaire public. À ce titre, il convient de mentionner qu’une certaine asymétrie dans la taille et la mission de ces institutions universitaires serait fortement recommandée pour s’adapter aux réalités d’aujourd’hui et de demain et pour répondre aux impératifs d’aménagement du territoire haïtien. Une société comme le Québec, avec une population un peu moindre qu’Haïti et un territoire au moins soixante fois plus grand que celui d’Haïti, compte une douzaine d’institutions universitaires dont une en réseau.
Quels sont les ingrédients de base d’une institution universitaire?
Une institution universitaire n’est pas un complexe immobilier ni un ensemble d’édifices. C’est bien plus que cela. Avant même l’édifice qui l’abrite, une institution universitaire, c’est d’abord et avant tout un projet académique supporté par des programmes d’études, un corps professoral compétent et de taille adéquate, un bassin d’étudiants en nombre suffisant pour favoriser des économies d’échelle, un personnel cadre et une direction bien rodés aux pratiques de gestion collégiale et à la démocratie universitaire. À ce titre, je voudrais mentionner que l’Université est le lieu par excellence où doit se pratiquer la démocratie et surtout pour donner l’exemple en la matière. Elle doit être un lieu de débat serein, ordonné, basé sur la dialectique et guidée constamment par cette quête de vérité devant laquelle tous les acteurs doivent s’incliner. En effet, la recherche scientifique qui fait partie de la mission universitaire repose sur cette quête de vérité qui se renouvelle au gré des nouvelles connaissances, par une remise en question perpétuelle des idées reçues, voire des faits établis. Rappelez-vous cette fameuse phrase de Galilée, que d’aucuns considèrent comme un mythe : «Et pourtant elle tourne! ».
En effet, le 22 juin 1663, le savant italien du nom de Galilée, alors âgé de 70 ans, est condamné à la prison à vie par la congrégation du Saint-Office, le bras judiciaire de l’Inquisition. Il a été obligé d’abjurer le système héliocentrique de Copernic, dont l’oeuvre a été mise à l’index 15 ans auparavant. Mais, Urbain VII, qui avait au départ soutenu Galilée, transmue cette peine en assignation à résidence. Après avoir renié ses convictions scientifiques et en particulier le fait que la terre tourne sur elle-même, Galilée aurait murmuré : « Et pourtant elle tourne ». Voilà un bel exemple d’attachement à des convictions scientifiques résultant en la mise en cause de vérités établies!
Pour qu’un système universitaire public soit viable et performant, il faut qu’il soit assorti d’un double contrat :
  • Un contrat entre l’État et les universités qui composent ce système;
  • Un contrat entre les universités publiques et les étudiants qui bénéficient de la formation dispensée.
Le premier contrat, celui entre l’État et les universités qui composent ce système, est un engagement pris par l’État pour supporter financièrement le fonctionnement et le développement de ces universités, en retour d’un contrôle de performance et de qualité exercé par l’intermédiaire d’organes étatiques de contrôle et d’instances d’assurance de qualité indépendantes. Un tel contrôle ne doit pas être vu comme un outil de sanction des administrations universitaires mais plutôt comme un moyen de s’assurer que les fonds publics ont été bien utilisés (contrôle financier) et que les objectifs académiques annoncés pour une période donnée ont été bien atteints (contrôle de qualité académique). C’est aussi une occasion de fournir de la rétroaction aux instances dirigeantes de ces institutions universitaires afin d’aider à améliorer leur gestion et à renforcer leur imputabilité.
Le deuxième contrat – celui entre les universités publiques et les étudiants qui bénéficient de la formation dispensée – est un engagement pris par les étudiants admis à ces universités à une forme de service social dont la structure et les exigences devraient prendre en compte les impératifs de développement du pays et les besoins en ressources humaines dans les différents domaines d’activités. Si nous voulons d’une Université haïtienne dédiée à la Nation haïtienne, il faut très tôt sensibiliser et engager les étudiants dans des tâches civiques liées à leur formation pendant et après leurs études. Au nom de quelle justice un pays aussi pauvre qu’Haïti devrait supporter seul le fardeau de donner une formation universitaire complète à des personnes dont une grande partie ne cultive aucun attachement au pays, et encore moins à leur alma mater?
Si l’éducation fondamentale gratuite est une exigence de la constitution, ce n’est toutefois pas le cas pour la formation universitaire qui devrait plutôt répondre aux objectifs de développement socio-économique que l’État s’est donné, dans un arbitrage optimal des choix du niveau d’investissement à consentir dans les différents paliers de la pyramide du système éducatif en contexte de ressources limitée.
Voilà une question qui demeure matière à débat, loin des aveuglements idéologiques et dans un souci de protéger les plus démunis qui souvent font les frais du fonctionnement des institutions universitaires auxquels ils n’ont pas toujours accès. Le mérite et l’accessibilité devraient constituer le binôme indivisible à privilégier dans ce contexte, binôme qui devrait servir de critère de prise de décision notamment dans les universités du secteur public.
On arrive au deuxième attribut de l’Université.
2.- L’université-culture:
S’il est relativement facile de construire l’Université-système, surtout quand on a les moyens financiers et la volonté politique, ce n’est malheureusement pas le cas de l’Université-culture. Comme toute culture, la culture universitaire est quelque chose de très difficile à construire. Elle se crée aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Université, comme une toile fond qui distille les comportements des différents acteurs : professeurs, chercheurs, dirigeants gestionnaires, étudiants. Cette culture universitaire consacre une série de pratiques et fournit une ontologie servant de cadre d’interprétation des faits et gestes posés par les acteurs. Qui ne connaît pas le « Publish or Perish » cher aux milieux universitaires nord-américains, slogan selon lequel le professeur oeuvrant dans une université de recherche ne survit pas s’il ne publie pas suffisamment aux yeux de ses pairs qui siègent aux comités d’évaluation?
La culture universitaire est aussi caractérisée par une certaine collégialité dans le processus de prise de décision. Ce souci de collégialité, qui demeure une valeur fondamentale dans le milieu universitaire, peut engendrer des délais dans la prise de décision, ce qui pourrait être considéré comme de l’inefficacité par certaines personnes non familières avec cette culture. Pour conjurer le risque d’inefficacité, certaines instances universitaires font appel à des personnes extérieures venant des milieux socioéconomiques, dans une quête de diversification des approches et des points de vue, pour éviter le développement d’un climat incestueux entre les membres constituant ces instances et l’enfermement dans la tour d’ivoire souvent reproché aux universitaires.
L’un des plus gros défis d’une université en émergence, c’est le développement d’une culture qui lui est propre, mais qui la rend apte à mériter le respect des autres universités et de la société qu’elle dessert. Une université qui décerne des diplômes non reconnus ne rend service ni à la personne qui reçoit le diplôme ni à la société où vit ce diplômé. D’où l’obligation de l’État de veiller à la qualité des programmes dispensés dans ces établissements, dans un souci de protection des citoyens consommateurs.
Si la construction d’une culture universitaire est une démarche non triviale, voire laborieuse, la transformation d’une culture universitaire l’est encore davantage.
En effet, dans un milieu caractérisé par la collégialité et inscrit dans une pratique démocratique axée sur le savoir, il est difficile de changer les choses à court terme, ce qui nécessite de remettre en cause des habitudes et des façons de faire bien intégrées dans une culture. J’ai en tête plusieurs expériences universitaires ici ou là – certaines heureuses, d’autres malheureuses – par lesquelles les pouvoirs publics ou les dirigeants universitaires se sont attaqué à la culture universitaire existante. Dans tous les cas, la résistance aux changements s’est manifestée et a rendu sinon impossible du point périlleuse l’opération. Pour qu’elle ait de bonnes chances de succès, une démarche de transformation de la culture prévalant dans un système universitaire doit s’inscrire dans la durée. Voilà un autre défi auxquels fait face les universités haïtiennes!
Examinons maintenant le troisième et dernier attribut de l’Université.
3.- L’Université-milieu:
Des trois attributs de l’Université, l’Université-milieu est celui qui est le plus difficile à appréhender et à implanter. Ce n’est pas le système dont on connaît les composantes et la structure. Ce n’est pas non plus la culture qui prend du temps à se construire et à se transformer mais dont on finit par connaître plus ou moins les contours et les manifestations à force d’y être exposé. Le milieu fait plutôt référence à la notion d’ « habitus » popularisée par le célèbre sociologue français Pierre Bourdieu, « définissant une manière d’être, une allure générale, une tenue, une disposition d’esprit ». En acquérant ensemble des connaissances qui forment un capital social, les personnes de mêmes classes peuvent arriver à un certain rapprochement de leurs comportements, de leurs goûts et de leurs styles de vie jusqu’à créer un habitus de classe. Dans un laboratoire ou un centre de recherche universitaire qui est un prototype de milieu universitaire, les étudiants y prennent place et y travaillent sous la direction de chercheurs établis dont ils observent le comportement jusqu’à les intégrer et les reproduire. Ces étudiants sont considérés comme en résidence, à la manière des apprentis qui vivaient chez des maîtres de métier dans un processus de compagnonnage. Ils acquièrent ainsi des habitudes de penser, de raisonner, de chercher, d’intervenir, de mesurer, d’évaluer, en observant le maître. La réputation d’excellence d’une université est généralement déterminée par la qualité du milieu, souvent mesurée par le rayonnement scientifique des professeurs et les exploits académiques des étudiants.
Voilà donc la tâche urgente qui attend les universitaires et les dirigeants politiques haïtiens : construire le système, la culture et le milieu d’une Université haïtienne à l’avant-garde des connaissances, des compétences et des valeurs nécessaires au développement du pays. Bref, construire une Université haïtienne dédiée à la nation haïtienne, une Université haïtienne vecteur de bien-être et de prospérité au bénéfice de tous.
Et si l’on profitait de l’inauguration de ce Campus universitaire de Limonade – une infrastructure, le contenant – pour poser aujourd’hui la première pierre de cette véritable Université haïtienne dédiée à la nation haïtienne, et vecteur de bien-être et de prospérité au bénéfice de tous ?
La « guerre des Toits » n’aura pas lieu à Limonade.
N’est-ce pas Nesmy ?
J’en suis ravi. Vraiment ravi de ce retour au calme pour choisir la VRAIE GUERRE à mener, la guerre authentique, celle qui exige que l’on s’unisse, comme en 1803, pour faire face au véritable ennemi dont nous sommes tous victimes. Pas une guerre des Toits, surtout quand ces toits ont été généreusement donnés par des voisins, mais une guerre pour une Université haïtienne dotée d’un système, d’une culture et d’un milieu universitaires. Il s’agit là d’une guerre qui ne saurait durer l’espace d’un matin. C’est plutôt une guerre qui s’étendra sur des décennies de travail constructif et soutenu.
J’ai suivi avec intérêt l’essentiel du débat qui s’est déroulé et qui se déroule encore sur ce qui est tour à tour appelé le « Campus universitaire Roi Henry 1er », le « Campus universitaire de Limonade », « L’Université de Limonade ». Débat qui – de manière générale – s’est déroulé dans la sérénité et dans la dialectique, malgré quelques rares écarts de langage et malentendus somme toute inévitable dans un contexte qui soulève autant de passions. Mais, dans l’ensemble, le débat est resté dans les normes, à croire que cette culture universitaire dont j’ai parlé précédemment est déjà bien implantée au pays. Il ne suffit que de la promouvoir et la renforcer.
Que retenir d’essentiel dans ce débat ? Trois choses :
  1. Le système universitaire, tel que décrit précédemment, est à créer en Haïti et c’est le rôle des pouvoirs publics de prendre toutes les dispositions nécessaires pour y parvenir le plus rapidement possible;
  2. Les universités publiques d’Haïti – UEH et universités régionales – sont dans un tel état de dénuement, surtout après le tremblement de terre, qu’elles sont incapables de s’acquitter convenablement de la mission qui leur est confiée par l’État envers la société;
  3. Il y a un énorme besoin de décentralisation effective de l’offre publique de formation universitaire afin de permettre aux différentes régions du pays, dont le Nord, de se prendre en main en toute autonomie et dans une stimulation qui ne peut être que bénéfique pour l’ensemble du système universitaire haïtien à construire.
La construction de ce système universitaire doit débuter par l’élaboration, la discussion, l’adoption et la mise en application de la Loi organique qui régira l’Université en Haïti, qu’elle soit publique ou privée. Il faudra également définir le cadre normatif qui encadre le fonctionnement des universités au pays, ce qui passe par la mise en place, entre autres, d’un dispositif national d’assurance qualité permettant à l’État d’exercer le contrôle nécessaire sur ce palier de la pyramide du système éducatif.
Par ailleurs, il est anormal que l’État haïtien laisse les universités publiques haïtiennes sombrer dans une telle pauvreté. Le séisme du 12 janvier 2010 a détruit 9 des 11 édifices de l’Université d’État d’Haïti, avec des pertes considérables en vies humaines : étudiants, dirigeants universitaires, personnel cadre et de soutien. Il est scandaleux que la plus grande université publique du pays n’ait bénéficié d’aucune attention particulière de l’État en Haïtien pour sa reconstruction. Et pourtant, la demande a été faite expressément à la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) qui n’a pas daigné y donner suite. L’État haïtien doit prioritairement prendre en main la reconstruction de la principale université publique du pays.
Les universités publiques régionales des Cayes, des Gonaïves, du Cap-Haïtien, de Jacmel ne sont pas mieux servies. Certaines d’entre elles fonctionnent dans des locaux de fortune non adaptés aux exigences d’un enseignement universitaire, dans l’indigence la plus criante. Quand on pense que le budget annuel réel de l’Université Publique du Sud aux Cayes (UPSAC) pour l’exercice écoulé est inférieur à 6 millions de gourdes, soit 150,000 $ pour l’année considérée, le recteur doit se muer en magicien pour joindre les deux bouts s’il y parvient.
Il y a donc lieu de se pencher sur la question de double contrat que j’ai évoquée tantôt. En effet, l’État haïtien doit redéfinir son contrat avec les universités publiques d’Haïti dans le cadre de la mise en place d’un nouveau système universitaire assorti d’engagements réciproques entre les deux parties, engagements basés sur la qualité attestée des projets académiques et la pertinence des résultats qu’ils génèrent. Cette notion de contrat État-Université ne devrait pas exclure les universités privées d’Haïti dans la mesure où celles-ci pourraient offrir à moindre coût une meilleure formation que celle dispensée dans certaines universités du réseau public. Encore faut-il qu’on sache bien évaluer le coût d’une formation universitaire ! Ce serait une forme de partenariat public-privé qui pourrait s’avérer bénéfique pour les deux parties, surtout en regard de la gestion des risques associés à la mise en place et au déploiement d’une nouvelle institution universitaire.
Dans le même ordre d’idée, il faudrait aussi intégrer dans le nouveau cadre normatif à mettre en place la notion de contrat Université-Étudiants. Avec la demande croissante de formation universitaire au pays, ce n’est pas pour demain que l’État haïtien, avec la taille de l’économie du pays, sera en mesure de supporter financièrement et inconditionnellement une population de 200 mille étudiants universitaires, dont une bonne partie quittera sans retour le pays une fois les études complétées. Il y a donc urgence d’établir un système de service social qui rend l’étudiant redevable envers l’université et le pays qui ont investi dans sa formation.
Une des choses qui a ressorti avec force dans le débat en cours sur le Campus universitaire de Limonade, c’est la détermination des « hommes du Nord » – je préfère parler des « gens du Nord », ce qui fait moins sexiste – de se prendre en main en proposant une vision de développement régional qui correspond à leurs aspirations légitimes. C’est tout à leur honneur et je ne peux que les féliciter. La fierté christophienne est bien connue, légendaire je dirais même : c’est une valeur avec laquelle il faut compter et sur laquelle il faut bâtir, pour la grande région du Nord mais aussi pour l’ensemble du pays dans un processus de saine stimulation régionale.
Voilà donc des ingrédients avec lesquels nous pouvons construire une véritable Université haïtienne : un système, une culture et un milieu universitaires conçus pour relever la Nation haïtienne, contribuer au bien-être et conduire à la prospérité au bénéfice de tous les citoyens, comme l’ont fait des pays comme le Brésil, la Taiwan, le Singapour, la Corée du Sud tout récemment, pour ne citer que ces pays là.
L’Université doit donner l’exemple, doit jouer le rôle de phare et de source d’inspiration pour le reste de la société. Dans sa façon d’aborder et de résoudre les problèmes. Par la réflexion, par la recherche, par la dialectique, par le débat, par le compromis, par l’engagement véritable, par
la recherche du bien commun, toujours selon les principes et l’éthique des moyens pour arriver aux résultats. Le problème du Campus universitaire de Limonade – qui n’est pas encore une université, je le rappelle – doit être résolu universitairement : par la réflexion, par la recherche, par la dialectique, par le débat, par le compromis, par l’engagement véritable, par la recherche du bien commun, toujours selon les principes et l’éthique des moyens pour arriver aux résultats.
La « guerre des Toits » n’aura pas lieu à Limonade. Je m’en réjouis et je vous en félicite ! Cela préserve notre énergie et nos talents pour nous unir, comme en 1803, pour mener la VRAIE GUERRE, la guerre authentique, celle qui exige de faire front commun face aux véritables ennemis dont nous sommes tous victimes : la guerre contre l’ignorance, la guerre contre l’analphabétisme, la guerre contre la pauvreté, la guerre contre la mortalité infantile, la guerre contre le chômage, la guerre contre l’explosion démographique, la guerre contre la dégradation de l’environnement, la guerre contre l’exode des cerveaux, la guerre contre la dépendance du pays, la guerre contre l’érosion de la souveraineté nationale, la guerre contre l’exclusion sociale et l’injustice. Le GRAHN est déjà organisé et prêt; il n’attend que vous pour ce rassemblement des forces pour le grand Konbit national.
Le vrai cadeau que notre généreux voisin nous a fait, c’est de nous permettre aujourd’hui de jeter la première pierre de cette véritable Université haïtienne devant servir de moteur du développement du pays. En ce sens, nous sommes tous ici aujourd’hui des bâtisseurs … d’université certes …mais surtout de pays !
Merci Président Fernandez ! Merci Peuple Dominicain ! Peuple haïtien, mettons-nous au travail pour la VRAIE GUERRE, la vraie construction d’Haïti ! Merci.
 
 
Samuel Pierre
Professeur titulaire
École Polytechnique de Montréal

samedi 31 décembre 2011

Enjeux et perspectives de la scolarisation universelle gratuite

Source: lenouvelliste.com, 29 décembre 2011 
Par Carl-Henry CADET
aloccarlo@hotmail.com



Lancé avec un effectif initial de 142 000 enfants, le Programme de scolarisation universelle gratuite et obligatoire (PSUGO) touche aujourd'hui près de un million d'enfants, selon les statistiques de la présidence. Soit 903 000, pour respecter le nombre inscrit sur des panneaux d'affichage présidentiels fraîchement exposés au bord de plusieurs rues de la capitale. Mais qu'est-ce qui explique un tel bond ? Ce programme vise-t-il seulement la quantité ? Quelles en sont les sources de financement ? Et quels en sont les défis ? Ce sont, entre autres, les questions auxquelles a répondu mercredi dernier Dimitri Nau - coordonnateur du PSUGO et conseiller du président de la République.

Haïti: « Le nombre de 903 000 enfants avancé par la présidence englobe tous les bénéficiaires des mesures favorables à la scolarisation gratuite. Mais, à la vérité, tous ne sont pas de nouveaux écoliers », a précisé Dimitri Nau dans une interview accordée à Panel Magik. D'après lui, divers groupes sont inclus dans cet effectif. « Dans un premier temps, 142 000 enfants, tenus jusqu'alors en dehors du système éducatif, ont été recensées dans le Grand Nord et le Grand Sud. En second lieu, le dévouement du président Martelly nous a porté à inscrire dans le programme tous les enfants de l'Ouest et de l'Artibonite qui étaient en âge d'être scolarisé cette année, soit environ 120 000 enfants, selon les estimations de l'IHSI. Par ailleurs, l'annulation par la présidence des frais scolaires dans le système public bénéficie aujourd'hui à 490 000 élèves déjà insérés dans l'enseignement fondamental. Et enfin, toujours sous l'impulsion du chef de l'Etat, de nombreux enfants vivant dans les quartiers les plus vulnérables ont étés aussi enregistrés dans ce programme », a expliqué le coordonnateur du PSUGO.

Des écoles non publiques subventionnées
Dans le cadre d'un nouveau partenariat avec l'Etat, des institutions privées regroupant 371 422 élèves sont subventionnées, selon Dimitri Nau, soulignant que les 903 000 bénéficiaires du programme proviennent non seulement des écoles publiques, mais aussi des institutions privées. « Le Ministère de l'Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) s'engage à payer à des écoles non publiques une subvention annuelle de l'ordre de 90 dollars américains par élève. De leur côté, ces établissements scolaires promettent de respecter les standards de formation du ministère et de ne solliciter auprès des parents des bénéficiaires aucuns frais », a indiqué M. Nau, pour qui cette entente constitue un moyen efficace, pour le ministère, de contrôler la qualité de la formation fournie par ces institutions, d'ailleurs responsables à 80 % du système éducatif. A ce sujet, le consultant en éducation du président Martelly a aussi informé qu'une première tranche des 90 dollars américains a déjà été versée pour les 371 422 enfants. « Le total de ce versement est évalué aujourd'hui à 11 031 000 dollars américains », a-t-il précisé.

Financement du Trésor public en attendant la légalisation du FNE


Au sujet de la source de financement de ce programme, le coordonnateur du PSUGO a été clair : « Les fonds proviennent exclusivement du Trésor public et s'inscrivent dans le cadre du budget reconduit à travers une ligne budgétaire inédite», a-t-il révélé. Dimitri Nau a expliqué que le Fonds national pour l'éducation (FNE), qui devrait assurer ce financement, ne peut pas jusqu'à présent être utilisé, faute de reconnaissance légale.

Au niveau du système public qui renferme environ 1 300 écoles, le MENFP a déboursé en faveur des 490 000 enfants une avance de démarrage vers les écoles nationales pour un début normal des opérations, selon M. Nau. « Mais, à l'heure actuelle, le MENFP ignore le montant nécessaire par élève pour le service éducatif de base dans le secteur public », a expliqué le conseiller du président de la République. « L'étude est lancée pour nous permettre d'octroyer une subvention à ces écoles qui, à leur tour, seront en mesure de fournir l'éducation de base de façon gratuite », a indiqué le coordonnateur du PSUGO.

Pas assez d'enseignants formés pour soutenir le programme
Le Programme de scolarisation universelle gratuite et obligatoire ne vise pas seulement la massification de l'accès à l'école, selon le conseiller présidentiel. Il envisage aussi, d'après lui, une amélioration de la qualité de l'éducation. « Au niveau du ministère, le premier souci est de garantir d'abord l'accès aux services éducatifs. Un objectif que la subvention permettra à l'Etat d'atteindre. Mais, d'un autre côté, des mécanismes financiers seront utilisés pour améliorer la qualité de l'éducation », a indiqué Dimitri Nau. « Actuellement, le système (éducatif) souffre d'une carence criante de professeurs compétents. « Seuls 15 % des 62 000 maîtres du système disposent des capacités adéquates », a-t-il déploré tout en annonçant que le ministère pourrait exiger à l'avenir une formation minimale des enseignants. M. Nau reconnaît, sur ce point, les efforts de la Formation initiale accélérée (FIA), mais se veut réaliste : « Avec une capacité de former 1 200 maîtres en 3 ans, ce projet ne peut pas répondre aux besoins en volume d'enseignants de l'ensemble du système éducatif », a-t-il admis.

L'avenir du PSUGO, après Martelly

« Toutes ces activités ne s'inscrivent pas dans le cadre d'un simple projet, mais plutôt sont attachées à un programme. De ce fait, elles entrent dans le cadre normal des activités du ministère de l'Education nationale », a souligné le conseiller présidentiel pour expliquer que le processus ne s'arrêtera pas à la fin du mandat présidentiel. Selon Dimitri Nau, les perspectives du système éducatif devraient s'améliorer avec le temps grâce au Programme de scolarisation universelle gratuite et obligatoire : « Après les réformes dans l'enseignement fondamental, la prochaine étape consistera à s'attaquer au cycle secondaire. Et ainsi de suite », a-t-il commenté, optimiste, malgré les difficultés avouées dans la mise en application actuelle du programme.

jeudi 29 décembre 2011

‎100 LEÇONS POUR ECRIRE UN ROMAN (suite 7 et fin)



Par Michel Bertrand
Romancier

Facebook, 5 décembre 2011
50e et dernière leçon

Carrière et succès...

A ceux et à celles qui m'ont fait comprendre qu'il fallait réduire à moitié la quantité de leçons prévues, je leur dis merci. Et passer de 100 leçons à 50, c'est croire que j'ai dû faire des bouchées doubles. J'annonce que je compte publier ce GUIDE DU ROMANCIER DEBUTANT et j'y ajouterai 50 poèmes commentés sous la rubrique: DU ROMAN A LA POESIE. A mon avis, ce sera une aide précieuse, rien qu'une aide au service de tous ceux et celles qui rêvent d'écrire ou plus précisément de devenir romanciers ou poètes.
A mes amis et aux amis de mes amis qui ont suivi ce Cours avec attention et intérêt, je souhaite qu'ils le mettent en pratique en découvrant chaque jour qu'écrire , c'est une véritable source de plaisir et même de bonheur.
 
Bonne carrière et succès continu...

Merci d'avoir fait le voyage ensemble.

FIN
Tous droits réservés.
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samedi 17 décembre 2011

Un beau poème d'Oswald Durand

Tiré du recueil de poèmes Rires et Pleurs.
                      
                           ***

SI!

Si je connaissais l’Italie,
Où Raphael fit ses tableaux :
Florence, où la douleur s’oublie ;
Venise, où brillent les falots ;
Chantant alors la barcarole,
Sitôt qu’arriverait le soir,
J’aimerais dire à ma frivole :
Allons rêver dans ma gondole,
Là-bas, auprès du vieux manoir ! »

Si je connaissais les Espagnes :
Madrid, avec sa senora ;
Séville et ses blondes campagnes ;
Grenade où brille l’Alhambra ;
Le soir, lorsque l’heure s’envole,
Faisant frissonner le roseau.
Je dirais à mon Espagnole :
Allons causer au pied du saule,
Là-bas, au bord du clair ruisseau ! »

Puis les castagnettes d’ivoire,
Des bois réveilleraient l’écho ;
Les filles au corset de moire
Viendraient chanter le boléro ;
Alors, dans ma crainte jalouse,
Voulant pour moi seul ses grands yeux,
Je dirais à mon Andalouse :
« Allons danser sur la pelouse,
« Là-bas, où les cœurs sont joyeux ! »

O Suisse, pays de mes rêves !
Si je connaissais tes villas,
Tes lacs et leurs riantes grèves,
Tes bois parfumés de lilas ;
Je pourrais oublier l’Espagne,
Venise, aux somptueux palais,
Et je dirais à ma compagne :
« Allons dormir dans la montagne,
« Là-bas, où sont les vieux chalets !

Mais, je ne connais que nos mornes
Où se penchent les bananiers ;
Nos cieux, nos horizons sans bornes,
Nos bois, nos zéphyrs printaniers.
Le soir, quand le vent se pavane,
Courbant nos joyeux champs de riz,
Je dis alors á Marianne :
« Allons aimer dans la savane,
« Là-bas, sous les manguiers fleuris ! »

lundi 12 décembre 2011

Un cours gratuit de bachata trouvé sur le Web

Amies et amis internautes,

Voici pour vous un petit cours de bachata:

  1. Apprendre la bachata-cours gratuit sur Internet: le pas de base, Joëlle et Raphaël, 2 août 2009, 9 min. 20 sec.
  2. Le pas de base de la bachata en musique: pratique en solo, Joëlle et Raphël, 7 août 2009, 4 min. 38 sec.
  3. Variation du pas de base en bachata, exercices en solo, Joëlle et Raphaël, 7 août 2009, 3 min. 37 sec.
  4. Cours de bachata, la figure de l'ange, Joëlle et Raphaël, 25 septembre 2009, 5 min. 15 sec.
  5. Figure de bachata, la promenade, Joëlle et Raphaël, 11 octobre 2009, 6 min. 39 sec.
  6. Cours de bachata avancé: la mariposa, Joëlle et Raphaël, 11 octobre 2009, 8 min. 38 sec.
  7. Initiation au rythme de la bachata, Joëlle et Raphaël, 9 mars 2010, 7 min. 17 sec.
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Autres vidéos:
  1. Danser la bachata, bachatashow, 18 février 2011, 3 min. 51 sec.
  2. Show de bachata show au festival suédois 2008, 2 min. 57 sec.

lundi 5 décembre 2011

‎100 LEÇONS POUR ECRIRE UN ROMAN (suite 6)

Par Michel Bertrand
Romancier

Facebook, 13 novembre 2011

‎39e leçon

La livraison des livres
La livraison n'est pas se présenter à l'imprimerie le jour du rendez-vous, tu prends tes livres et tu t'en vas. La première chose à faire, c'est de tirer un exemplaire d'un lot pour voir si toutes les parties du contrat sont respectées. Par exemple, tu dois vérifier cette mention de quatre couleurs si c'était le cas, voir si le nombre de pages est correct parce... que certaines imprimeries, pour des raisons d'économie de papier et d'encre, peuvent prendre carrément la liberté de réduire le caractère des lettres pour avoir moins de pages. Quelles seraient grandes ta surprise et ta déception de voir, par exemple, ton livre de 160 pages réduit à 140 pages. Crois-moi, je connais des écrivains qui ont connu cette déception.

Après 40 ans d'écriture en passant de plus de 130 articles à 8 livres publiés, mon expérience m'a conduit à être toujours vigilant. Après avoir reçu livraison et une fois arrivé chez moi, je me suis toujours donné pour devoir de feuilleter, page après page, tous les livres qui vont être consignés en librairie parce qu'en plusieurs fois une librairie m'avait appelé pour me dire: M. Bertrand, un livre vendu a un problème. C'est quoi le problème? Réponses: après le chapitre 6, c'est 8 qui vient. Ou encore: il y a plusieurs pages qui sont blanches, etc.
Il suffit d'imaginer l'impact négatif de tout cela pour comprendre qu'après la livraison, il y a un suivi à faire et il est important.

A SUIVRE...

Michel Bertrand
Tous droits réservés.
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Facebook, 14  novembre 2011

40e leçon

Ton stock est placé en lieu sûr.
La livraison est faite, les livres sont chez toi ou ailleurs. Il faut les conserver en lieu sûr, particulièrement loin de l'humidité, l'ennemie numéro 1.
C'est certain que la vie d'un livre comprend sa conception, sa réalisation et, bien sûr, le moment de le rendre public.
Imprimé, c'est vrai, mais le public n'a pas encore accès à ton livre. Les presses n'en savent rien. Que faut-il faire alors? C'est à cette question importante que nous consacrerons la prochaine leçon.
Merci à tous ceux et à toutes celles qui nous ont fait parvenir des SMS pour nous convaincre que 100 LECONS sont trop et qu'il fallait, pour aller plus vite, réduire le Cours à un maximum de 50 leçons. Ce que j'ai fait pour le plaisir des uns et des autres puisque, depuis la 39e leçon, c'est déjà la livraison des livres par l'Imprimerie.
Après cette 40e leçon, les 10 dernières leçons seront consacrées aux détails qui surviennent au lendemain de la publication d'un livre. C'est important. Disons que tout s'enchaîne...

A SUIVRE...

Michel Bertrand
Tous droits réservés.

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Facebook, 15  novembre 2011

‎41e leçon


Quelques exemplaires pour constituer la version originale de ton œuvre.
Généralement, cette version originale comprend 20 exemplaires numérotés de 1 à 20 ou même plus. Ce sont des livres hors circulation, hors vente. Le plus souvent, ils sont destinés à être dédicacés aux amis proches, intimes ou tout simplement à constituer la réserve de l'auteur. Ces exemplaires occupent une place ...de choix dans sa bibliothèque.
En Haïti, les auteurs, d'une façon générale, n'accordent pas une trop grande importance à l'existence de ces livres proprement dits et spécialement numérotés. Ils se contentent tout simplement de tirer d'un lot une quantité de 15 ou de 20 livres et les met dans un tiroir ou les serre quelque part avec, bien entendu, la conviction qu'ils ne sont pas à vendre.
Certains auteurs, après épuisement complet d'une publication, se plaignent de n'avoir pas pu ou su en conserver une certaine quantité. Alors, toi, n'oublie pas qu'il ne faut jamais tout vendre. C'est important de garder pour toi une certaine quantité. Et rappelle-toi qu'assez souvent on n'a pas la possibilité de rééditer un livre et plusieurs raisons importantes peuvent expliquer cela. Bref, prévenir vaut mieux que guérir.

A SUIVRE...

Michel Bertrand
Tous droits réservés.

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Facebook, 17  novembre 2011

‎42e leçon


Faut-il organiser une vente/signature?

C'est bien et même logique d'organiser une vente/signature juste après la publication de ton roman, surtout que c'est le premier. Une vente/signature, si elle est réussie, peut permettre d'écouler beaucoup d'exemplaires. Le problème, c'est de trouver l'endroit approprié et cela a certainement un coût.
... D'abord, il faut un endroit réputé pour ce genre d'activités et ensuite de la publicité. Un auteur peut louer un local ou confier la vente/signature à une Maison habituée à ce genre de choses, moyennant un pourcentage quelconque à déduire du montant de la vente. Et ce pourcentage est souvent énorme.
Je sais que beaucoup d'écrivains amis n'ont jamais organisé une vente/signature, mais ils savent bien comment assurer autrement la promotion de leurs livres. De nos jours, avec Internet et autres moyens de Communication, on peut se passer de la vente/signature. Par exemple, on peut aussi profiter de certaines activités au profit du Livre telles que la foire Livres en folie et la foire Livres en Liberté organisées chaque année en Haïti pour permettre aux auteurs d'écouler quelques exemplaires et également de renforcer la pratique de la lecture.
Si tu as l'intention d'organiser une vente/signature, c'est le moment de te dire : Bonne chance.

A SUIVRE...

Michel Bertrand
Tous droits réservés.

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Facebook, 19  novembre 2011

‎43e leçon

Vente en librairie

Généralement, après la vente/signature, la deuxième étape consiste à contacter les librairies. La quantité que reçoivent les librairies varie entre 5 et 10 ouvrages. La consignation n'est pas gratuite. Sur chaque livre vendu, l'auteur doit verser à la librairie un pourcentage variant entre 20 et 25 pour cent.
Chaque librairie a ses principes, ses exigences. Par exemple, certaines librairies reçoivent les livres tous les jours de la semaine, mais le règlement peut se faire le mardi et le jeudi. D'autres choisissent le mercredi comme seul jour de règlement. S'il y a des livres vendus, l'auteur peut recevoir un chèque ou le règlement peut se faire en espèces.
Remarque: Si après un certain temps( 6 ou 8 mois) aucun livre n'est vendu, certaines librairies appellent l'auteur et lui remettent ses livres. C'est vraiment une mauvaise expérience capable de décourager un auteur, surtout si c'est son premier livre. Heureusement que toutes les librairies ne procèdent pas ainsi.
Une fois que les livres sont placés en librairie, l'auteur peut, à travers Internet ou autres formes de publicité, en continuer la promotion en orientant les gens vers les endroits où ils peuvent les trouver et, s'il le faut, en mentionner le prix une fois pour toutes.

A SUIVRE...


Michel Bertrand
Tous droits réservés.

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Facebook, 21  novembre 2011

‎44e leçon

Le prix d'un exemplaire

Le roman est écrit et publié. Chaque écrivain, qui publie à compte d'auteur, s'est toujours posé cette question: combien dois-je vendre mon livre? C'est certain que pour pouvoir en fixer le prix, plusieurs considérations vont entrer en ligne de compte. Certes, le prix de revient d'un exemplaire sera le principal guide, mais il y a d'autres facteurs encore dont il faut tenir compte. Par exemple, si l'on vit en Haïti, n'oublie pas qu'on publie dans un pays où le pouvoir d'achat est faible, où règne la misère, où il y a souvent un choix important à faire entre acheter un livre et se procurer de la nourriture. Cette situation n'est pas proprement celle des écrivains, c'est le drame de tous nos artistes.
Une autre considération est la suivante: si je veux écouler une grande partie de mon stock, faut-il bien que je ne vende pas cher mon livre, c'est-a-dire que j'opte pour un petit bénéfice par exemplaire, ce qui me permettra d'avoir des lecteurs et de gagner de l'argent pour pouvoir publier un second roman. Ce choix permet d'avoir un bénéfice raisonnable sur la quantité vendue.
Dans les pays en voie de développement ou carrément sous-développés, le marché du Livre est étroit. Il y a toujours un risque qu'une publication prenne 5, 10 ou même 15 ans avant son écoulement complet. Alors, heureux les écrivains dont les livres sont épuisés dans un intervalle ne dépassant pas cinq ans. Quelqu'un disait: si l'on veut avoir beaucoup d'argent, on n'écrit pas. Heureusement qu'écrire, cela procure beaucoup de plaisir et gagner de l'argent n'est pas la première priorité.

A SUIVRE...


Michel Bertrand
Tous droits réservés.

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Facebook, 23 novembre 2011

‎45e leçon
Une obligation de remettre 5 exemplaires à la Bibliothèque Nationale
Qu’on soit un écrivain débutant ou un écrivain très expérimenté, la Maison, qui a imprimé ou édité le livre, doit remettre 5 exemplaires à la Bibliothèque Nationale qui assure le dépôt légal par l’octroi d’un numéro propre et unique à la publication concernée. Parfois aussi, c’est l’auteur qui les apporte lui-même à la Bibliothèque. Ces exemplaires donnés et enregistrés sont mis à la disposition du public qui fréquente la Bibliothèque Nationale et des gens qui s’intéressent à la biographie de l’auteur. Ces livres remis peuvent être considérés comme un investissement, car ils permettent de faire connaître l’auteur et son œuvre.
Après avoir reçu les livres, la Bibliothèque délivre, quelques jours plus tard, un certificat qui peut être considéré comme l’acte de naissance du livre publié. Ce certificat contient les mentions relatives au dépôt légal. Il est important et, juridiquement parlant, consolide le droit d’auteur. Il y a toutes formes de procès, qui sait ?

A SUIVRE…

Michel Bertrand
Tous droits réservés.

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Facebook, 24 novembre 2011

‎46e leçon

Livres en folie et Livres en liberté

En dehors des librairies, l'écrivain débutant qui vit en Haïti a, pour pouvoir écouler un certain nombre d'exemplaires, deux Foires du Livre qui lui sont offertes chaque année. D'abord, Livres en folie et ensuite Livres en liberté.

Livres en folie et comment y participer.

Cette foire s'organise chaque année, plus précisément le jour de la Fête-Dieu. L'annonce est faite, via le Le Nouvelliste. Pour y participer, elle impose certaines conditions. Elle reçoit deux catégories de livres. Les livres en signature et les livres qui ne sont pas nouveaux. Les livres en signature, ce sont les livres publiés pour la première fois. L'auteur va s'inscrire au Le Nouvelliste en apportant une quantité de 50 exemplaires ou plus; généralement la quantité est limitée à 300 ouvrages. S'il est d'accord de perdre un pourcentage de 32% du montant de la vente, il remet ses livres. Et le jour de la Foire, il se présente et trouve, parmi les écrivains groupés sous la rubrique ECRIVAINS EN SIGNATURE, un siège personnel qui l'attend. Il s'assied et attend les acheteurs qui viendront réclamer des dédicaces. A remarquer qu'il peut aussi inscrire d'autres publications antérieures ou anciennes, mais ces livres ne feront pas partie de la liste des livres en signature. Après la Foire, il devra attendre quelques semaines avant le règlement.

Livres en liberté

C'est une Foire que la bibliothèque Georges Castera organise chaque année dans une ville de province. Chaque ville de province attend son tour. Ici, il n'y a pas de pourcentage à donner, sauf que l'auteur est obligé d'assurer lui-même son transport quand Livres en liberté ne peut lui faciliter la tâche. L’annonce est toujours faite par le Le Nouvelliste qui supporte cette initiative. En ce qui concerne la vente, l'auteur donne livre, la dédicace et reçoit automatiquement son argent.
Remarque : Livres en liberté parle aussi d’auteurs en signature mais ne mentionne pas qu’il s’agit de nouveaux titres. Anciens et nouveaux livres, l’auteur est en signature.
Bonne chance.

A SUIVRE...


Michel Bertrand
Tous droits réservés.

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Facebook, 27  novembre 2011

‎47e leçon

Les critiques
Tout livre publié, comme toute vie publique, s'expose aux critiques. Tout écrivain, débutant ou pas, doit ou devrait accepter de cohabiter avec la critique, bonne ou méchante, encourageante ou destructrice. Par la critique qui ne t'envoie pas des fleurs tu peux trouver l'assurance, la place que tu cherches dans le métier d'écrivain. A mon avis, plus les critiques sont d...ures plus elles te font grandir, mûrir. Méfie-toi des lecteurs et lectrices qui te disent facilement: ton livre, une merveille!
Qui fait un travail de création est un artiste. Et l'artiste a besoin du courage d'assumer et de s'assumer, de défendre son art avec courage et conviction tout en reconnaissant qu'il doit s'améliorer puisque l'art, c'est la recherche du Beau et l'ennemi de la médiocrité.
L'écrivain a aussi besoin d'une certaine authenticité pour pouvoir poursuivre son aventure, son métier d'écrire. N'aie pas peur de ce qu'on dira. On dira ce qu'on voudra. Toi, tu as écrit le livre que tu as voulu écrire.
Tu écris, on te lit. On te lit pour t'apprécier ou te critiquer. Ce qui doit être irréversible en toi, c'est ta volonté, malgré vents et marées, d'aller jusqu'au bout de tes rêves. Et ceci, pas seulement pour l'écriture, mais pour tout ce qu'on croit et pour lequel on lutte.

A SUIVRE...
 

Michel Bertrand
Tous droits réservés.

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Facebook, 30 novembre 2011

‎48e leçon

Succès ou échec
Le rêve de tout écrivain, c'est d'être lu. Je me souviens de mon premier roman J'ACCUSE MA DESTINEE...et du premier livre vendu. Ma joie était énorme de voir que mon imagination avait créé quelque chose qui me rapportait de l'argent malgré le montant dérisoire: 300 gourdes. La quantité de livres vendus par la suite me rassurait que J'ACCUSE MA DESTINEE était un roman à succès. La preuve: en moins deux ans seulement j'avais presque tout vendu. Dans un pays comme Haïti et la faiblesse chronique du pouvoir d'achat des Haïtiens, publier un roman ou n'importe quel livre, c'est toujours un risque et la chance d'écouler rapidement ce genre de produits, c'est très mince.
Le succès d'un roman, ce n'est pas, à mon avis, quand la presse en parle souvent, mais quand le livre se vend effectivement et souvent. Dans cette optique, notre littérature est malheureusement bondée d'écrivains plus connus que lus. Sache qu'un roman peut construire lui-même son propre destin. Il peut n'avoir besoin ni de presse ni d'aucune forme de publicité...Là, c'est toujours une chance qui n'arrive pas souvent dans le métier de ramancier.
L'échec, ce ne sont pas les critiques défavorables ou méchantes, c'est tout simplement quand le livre ne se laisse pas lire, quand l'auteur a manqué d'art ou tout simplement de métier. Et, incroyable mais vrai, quand le livre a un titre suicidaire. Bref, n'aie pas peur des critiques ou de la presse. Certaines personnes peuvent acheter ton livre parce qu'il est sévèrement critiqué et veulent s'en rendre compte elles-mêmes.
Toutefois, l'échec d'un roman ne doit pas décourager l'auteur jusqu'à le pousser à déposer sa plume. Au contraire ! Je crois avoir lu quelque part que "l'échec apporte des leçons et la victoire des méditations..." Il faut persévérer, car "on échoue vraiment quand on abandonne."

A SUIVRE...
 

Michel Bertrand
Tous droits réservés.

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Facebook, 3 décembre 2011

49e leçon

Devient-on écrivain pour avoir écrit un seul livre?
Ecrire, c'est un métier. En d'autres termes, le métier d'écrivain, c'est d'écrire, d'écrire souvent pour ne pas dire chaque jour. Un premier roman annonce une carrière, surtout si c'est un livre qui marche, qui se vend bien et suscite beaucoup d'intérêts. Si tu n'écris plus, c'est que tu as choisi de mettre fin à un métier que tu voulais exercer. Donc, tu ne peux pas te dire écrivain pour avoir écrit un livre.
Si tu veux qu'on voie en toi un écrivain, tu dois continuer d'écrire et de publier. En France, par exemple, on peut se dire écrivain lorsqu'on a déjà fourni mille pages d'écriture, c'est-à-dire, il faut avoir écrit plusieurs romans pour pouvoir atteindre ce chiffre. Un seul roman de 1000 pages, ce n'est pas pensable ces jours-ci où les romans très volumineux ne marchent pas.
Il faut continuer d'écrire si tu ne veux pas qu'on dise de toi: Il est l'auteur d'un bon roman, mais malheureusement il n'a pas assez d'imagination pour écrire d'autres livres.
Un seul roman ne fait pas de toi un écrivain, mais simplement un auteur...

A SUIVRE...

Michel Bertrand
Tous droits réservés.
 
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dimanche 13 novembre 2011

‎100 LEÇONS POUR ECRIRE UN ROMAN (suite 5)

Par Michel Bertrand
Romancier



Facebook, 30 octobre 2011
28e leçon

Combien de pages pour en faire un chapitre ?

Lors d'une causerie, quelqu'un m'avait posé la question suivante : Généralement, un chapitre se compose de combien de pages? Il n'y a vraiment pas une mesure ou une quantité imposée, mais je peux quand même faire des suggestions. C'est certain que plus les chapitres sont courts, plus c'est facile pour le romancier débutant de bien mener son travail de rédaction. C'est plus facile de contrôler rapidement ce qu'on a déjà écrit, de voir si on est dans l'histoire qu'on raconte. Les chapitres courts permettent de ne pas tomber dans les pièges tels que la fatigue, le verbiage, le bavardage, le remplissage, les temps morts, le manque de précision et de clarté. Les chapitres du roman moderne sont courts et concis.
 
A remarquer que quelqu'un qui feuillette un roman dont les chapitres sont courts, cela lui donne l'impression que c'est un livre qui peut se laisser lire rapidement, en deux temps trois mouvements. Les chapitres courts apportent l'illusion qu'il y a des pages blanches, donc pas beaucoup de choses à lire.
En résumé, le romancier débutant n'a pas intérêt à écrire des chapitres dépassant dix pages dactylographiées. Un minimum de trois pages et un maximum de 7 pages, c'est l'ideal. Et puis, petit à petit l'oiseau fait son nid.
 
Michel Bertrand
Tous droits réservés.
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Facebook, 31 octobre 2011
29e leçon



N'arrête pas de raconter ton histoire à toi-même et à tes amis...

Au fur et à mesure que tu avances, raconte l'histoire de ton livre à toi-même et à tes amis. Demande à tes amis ce qu'ils en pensent. Moi, quand j'écris un livre, je raconte l'histoire d'abord à moi-même très souvent avant de dormir et ensuite à mes proches amis. C'est vrai que c'est bon de rêver, de créer à partir d'un travail d'imagination ou d'observation, mais il y a aussi un plaisir personnel de constater que ton travail arrive à attirer l'attention, à plaire aux autres. Tu peux être surpris(e) de voir avec quelle attention on t'écoute, on te suit en racontant ton oeuvre même inachevée.
Faire choix du métier d'écrire, c'est accepter d'assumer ce que tu as écrit ou écriras plus loin. Tout romancier, particulièrement un débutant, doit reconnaître que la critique, même négative, est nécessaire. Il y a toujours une leçon à tirer de ce qu'on a dit de mauvais à propos d'un livre ou de toute oeuvre d'art. La critique peut être un guide. Les suggestions et le regard que quelqu'un projette sur ton livre, surtout si c'est ton premier roman, ont toujours leur importance si tu en tiens compte et corriges ce qu'il faut corriger. Et puis, n'oublie jamais que personne n'écrit un livre tout seul. Il y a toujours quelque part la contribution de quelqu'un. Si un jour une critique te laissera triste et blessé( e), pour te consoler, tu te souviendras que "la critique est aisée, mais l'art est difficile." Amen !

Michel Bertrand
Tous droits réservés.

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Facebook, 2  novembre 2011
30e  leçon

Ecrire: plaisir, passion et découragement...

Le plaisir d'écrire, de créer, de produire une oeuvre d'art est toujours conditionné par une force impulsive intérieure et souvent incontrôlable. Dès qu'on commence la rédaction d'un roman, on voudrait aller jusqu'au bout, en voir vite la fin. C'est un moment très exaltant, plein de passion et surtout si on est un romancier débutant. Chaque page écrite a la valeur d'un trésor et conduit certainement vers la réalisation d'un rêve très cher. Secrètement ou intimement, on se sent écrivain, on se le dit en soi ou on le dit hors de soi, entre amis. Quelle passion ! Quelle exaltation !
 
Mais, tout n'est pas toujours rose. Il y a des moments où c'est le découragement, où l'on a envie d'abandonner, de déposer la plume. A ce moment-là, il faut arrêter d'écrire, ne pas forcer les choses, mais on doit toujours penser à l'histoire qu'on veut raconter, qu'on est en train de raconter. En d'autres termes, on arrête de l'écrire, mais on y pense toujours. Et puis, brusquement, tu peux retrouver ton énergie créatrice, ta passion et recommencer de plus belle.
Ecrire est une activité humaine, c'est probablement pourquoi il y a des hauts et des bas.
 
 Michel Bertrand
Tous droits réservés.
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Facebook, 3 novembre 2011
31e leçon
L'histoire de ton livre est à 70% racontée.

Tu es sur le point de terminer ton livre, disons de préférence que tu vas finir d'en raconter l'histoire. Bref, ton travail est 70% achevé. Le pourcentage de 30% qui te reste est très important. Il ne faut pas le négliger. C'est dans cet intervalle que tu dois résoudre tous les problèmes posés, répondre aux questions en suspens, créer plus de suspense pour tenir le lecteur ou la lectrice accroché(e )davantage à la fin de l'histoire. Pas de présence de temps morts. Pas de style confus. Pas de situations équivoques sauf si elles sont voulues. A un pourcentage de 30% de sa fin, c'est le moment où le livre a besoin de plus de clarté et de précision. Le lecteur doit être bien pénétré de l'histoire que tu lui racontes et dont la fin approche. S'il lui reste un dernier intérêt comme lecteur, c'est celui de voir comment va finir ton livre ou qu'est-ce qui va se passer? Ce n'est pas le moment d'inventer d'autres personnages. Le personnage principal, sache qu'on le surveille de près; on l'aime ou on le hait davantage; on projette sur lui un regard permanent parce qu'on veut le suivre, le poursuivre à travers son aventure, son rôle, ses audaces, ses qualités, ses défauts ou tout simplement à travers la mission qui lui a été attribuée.

Dans certains romans, la vérité à savoir est sue presque avant la dernière page.
L'écrivain met fin à son livre quand il est certain que tout est dit, que tout est fait, que tout est réglé et que la personne qui le lit restera accrochée jusqu'à la fin et qu'elle n'aura qu'à faire un dernier geste: fermer le livre avec la satisfaction d'avoir lu une bonne histoire.
 
Michel Bertrand
Tous droits réservés. 
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Facebook, 4 novembre 2011
32e leçon

Enfin, toute l'histoire est racontée, mais le livre n'est pas prêt pour être publié.

Un bel effort d'avoir pu arriver au dernier chapitre de ton roman. Finalement, ton histoire est sortie de ton esprit. C'est l'accouchement pur et simple de ton premier bébé. Tu te sens libéré après le dernier chapitre et tu peux même arriver à sourire de satisfaction ou à crier au fond de toi : j'ai écrit mon livre !!! Et c'est surtout avec fierté que tu as terminé le dernier chapitre en écrivant au-dessous de la dernière ligne: FIN.
 
Romancier débutant ou romancier expérimenté, il y a toujours ces questions à se poser après avoir terminé la rédaction de son roman, à savoir: Y a-t-il des fautes? Y a-t-il des errata ou coquilles? Le plus souvent, pour ne pas dire toujours, la réponse est OUI. Puisque c'est oui, un travail d'une autre nature commence. Un travail qui peut nécessiter la compétence d'un spécialiste, d'un grammairien si tu n'es pas suffisamment autonome. De grands écrivains peuvent avoir un problème d'orthographe et soumettent leurs oeuvres à des spécialistes en la matière.
Il est formellement interdit de publier un livre sans en avoir révisé le manuscrit. Paulo Coelho, grand romancier devant l'Eternel, a dit dans une interview qu'il lui est souvent arrivé de réviser un texte cinq, sept ou même dix fois. Réviser un texte, c'est l'examiner de nouveau, le modifier si c'est nécessaire. Moi, ton serviteur, j'ai le souvenir d'avoir éliminé les deux premiers chapitres de mon 5e roman et de le commencer à partir du troisième chapitre. Les premiers chapitres font souvent preuve de tâtonnement, d'un manque d'assurance, de précision, de cohérence, surtout quand on est débutant.
Il faut toujours et toujours réviser ton texte en tenant surtout compte des suggestions ou des critiques...Si je ne me trompe pas, c'est Boileau qui disait: CENT FOIS SUR LE METIER.
 
 Michel Bertrand
Tous droits réservés.
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Facebook, 6 novembre 2011
33e leçon

La première révision proprement dite.

La révision du texte est aussi importante que la phase de la rédaction. Elle est de nature à conduire à un travail fini. Le romancier débutant doit, dans le cadre de cette révision, pouvoir répondre aux questions suivantes sans orgueil:
  1. Ai-je lu et relu mon texte attentivement?
  2. Ai-je déjà corrigé les fautes dont je me suis moi-même rendu compte et celles signalées par mes amis ou autres personnes avisées qui ont lu le manuscrit?
  3. Ai-je tenu compte des suggestions et des critiques de ceux ou de celles qui ont lu le manuscrit?
  4. Après les corrections, ai-je pressé SAVE?
  5. Après la première révision, ai-je transféré sur USB la bonne version?
  6. Suis-je assez patient pour réviser mon texte chaque fois que cela est nécessaire?
  7. Le nombre de pages dactylographiées ne va-t-il pas donner naissance à un roman trop volumineux après la pagination? (250 pages ou plus, c'est contraire aux romans modernes)
  8. Suis-je capable de raconter verbalement l'histoire de mon roman à mes amis ou à travers les presses écrite, parlée et télévisée ?
  9. Dois-je déchirer mon texte si je n'ai pas la possibilité financière de le publier tout de suite?
  10. Suis-je capable de conserver mon manuscrit en lieu sûr?
Le romancier débutant, qui est capable de répondre franchement à ces 10 questions, a la chance que son projet devienne une réalité.

Michel Bertrand
Tous droits réservés.

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Facebook, 8 novembre 2011
34e leçon

La deuxième révision du texte.

Comme la première et encore plus, la deuxième révision du texte impose des méthodes et des exigences. La tendance et l'envie de publier chez le romancier débutant, c'est de croire, après la première révision, que le texte est publiable. Non! Il y a encore du travail et du travail important. Par exemple, c'est la phase de se pencher sérieusement sur le côté grammatical, sur la concordance des temps et même sur la possibilité de réduire ou d'allonger le texte, de l'examiner en profondeur, de le fignoler en rêvant d'un travail parfait.
La deuxième révision permet de voir si les rapports logiques qui existent entre les faits avancés, entre les personnages eux-mêmes sont bien étudiés. Quant aux personnages, leurs traits de caractère permettent-ils de les voir différents les uns des autres ? Paraissent-ils trop fictifs ou trop éloignés de la manière dont les choses se passent vraiment dans la vie réelle ? C'est une histoire imaginée, c'est vrai, mais il faut voir si elle est suffisamment vraisemblable ou trop invraisemblable. Certaines histoires fictives ou imaginées sont tellement bien pensées, le lecteur ou la lectrice se demande, pendant ou après lecture, est-ce vrai ou faux?
 
Le romancier débutant n'est pas souvent en mesure d'analyser la structure de son oeuvre. C'est pourquoi il doit être très patient et prudent avant de contacter une maison d'édition. Qu'il sache que la patience ne tue pas, mais elle mûrit.

Michel Bertrand
Tous droits réservés.
 
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Facebook, 9 novembre 2011
35e leçon

Après la dernière révision du texte...

Le texte est SUFFISAMMENT révisé. Deux pages blanches, susceptibles d'être utilisées pour les dédicaces, doivent précéder le premier chapitre. Tous les chapitres sont minutieusement numérotés de 1 à x. Le choix définitif du caractère des lettres est fait. Ce caractère peut être 12, 13 ou 14, mais généralement 12. Maintenant, que reste-t-il à faire? A cette phase, voyons ensemble ce qu'íl faut faire:
  1. On enregistre, via USB, la dernière version corrigée du texte;
  2. On imprime cette version que contient le USB;
  3. Le texte, une fois imprimé en deux ou même trois copies, on le relit, le fait lire par des amis capables d'apprécier ou de critiquer une histoire romanesque. En fait, on veut, avant la phase de la pagination, avoir les opinions des autres, savoir ce qu'ils en pensent;
  4. S'il y a des opinions, des suggestions ou des critiques valables, il faut avoir le courage de réviser une dernière fois le texte.
  5. N'oublie jamais d'enregistrer, via USB, cette dernière version corrigée compte tenu de son importance. C'est elle qui sera utilisée pour la phase de la pagination...
  6. Ne jamais supprimer le texte au niveau de l'ordinateur malgré l'existence du USB le contenant. Il faut toujours et toujours attendre la parution du livre. 
  
 Michel Bertrand
Tous droits réservés.
  

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Facebook, 10  novembre 2011
36e leçon

La pagination ou la numérotation des pages 

Je me rappelle avoir dit qu'un manuscrit, qui varie entre 90 et 110 pages dactylographiées, peut, après le travail du graphiste ayant la charge de paginer le livre, produire un roman variant entre 140 et 160 pages. Pour un romancier débutant, un ouvrage ainsi volumineux, c'est l'idéal.
Une fois que les dernières corrections sont minutieusement effectuées et enregistrées via le USB, le romancier débutant a pour devoir de:
  1.  Contacter un graphiste pour la pagination et la page de couverture ou toute autre personne qui s'y connaît. A remarquer que la pagination d'un roman qui n'est pas trop volumineux peut se faire en moins de trois heures d'horloge;
  2. Réclamer une copie du graphiste et cette copie sera lue attentivement afin de bien vérifier si les chapitres sont bien placés du point de vue esthétique. C'est très esthétique de commencer chaque chapitre à droite...Il faut aussi vérifier les paragraphes avant l'impression du livre. J'ai un roman, LA VEUVE ET L'AUTRE, dont un paragraphe, après la pagination, a été éclaté en deux parties;
  3. Réclamer un CD qui sera remis à la maison chargée d'imprimer le livre. Ce CD peut contenir le livre paginé et aussi la page de couverture. Certains écrivains ne passent pas par le graphiste pour faire paginer leurs livres. Ils remettent directement le USB à la maison d'édition qui, elle-même, se charge de faire tout le travail( page de couverture, pagination et impression).
Cher débutant ou chère débutante, ton rêve, à cette phase, se dirige vers sa concrétisation. Tant mieux.
  

Michel Bertrand
Tous droits réservés.
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Facebook, 12  novembre 2011
37e leçon

La décision de contacter une Imprimerie ou une Maison d'édition.

En Haïti, d'une façon générale, il n'y a que des imprimeries, ce qui revient à dire que l'écrivain, débutant ou expérimenté, se voit dans l'obligation de publier à compte d'auteur, sauf s'il a bénéficié du support de certains sponsors ou si l'oeuvre est primée suite à un concours. Autrement, il apporte son oeuvre, son argent et on lui donne le service dont il a besoin. C'est différent dans les pays, par exemple, comme le Canada, la France, l'Angleterre et les Etats-Unis où il y a beaucoup de Maisons d'édition qui se chargent de publier elles-mêmes des oeuvres qu'elles jugent susceptibles d'être des best-sellers ou du moins de connaître un grand succès.
La prise de contact avec une Imprimerie se fait de la manière suivante:
  1. Tu te présentes à l'Imprimerie et dis que tu veux publier ton livre;
  2. On va te demander de fournir le CD ou le USB;
  3. L'Imprimerie fait une copie du contenu du CD ou du USB, c'est-à-dire une copie de la version paginée de ton roman;
  4. L'Imprimerie vérifie le nombre de pages pour pouvoir fixer le prix;
  5. Tu dois t'attendre à cette question: tu veux imprimer ton livre en deux ou en quatre couleurs? (c'est encore pour fixer le prix). Une impression en deux couleurs veut dire "noir et blanc" et en quatre couleurs suppose que la page de couverture aie une couleur, le titre aie une couleur, la photo de l'auteur aie sa couleur, le nom de l'auteur aie sa couleur et tout ceci pour arriver à fixer le montant à payer;
  6. L'Imprimerie te parlera, au moins, de deux types de papier ( question de qualité et toujours dans le cadre du prix);
  7. Maintenant, la grande question arrive en ce qui concerne le prix : Combien d'exemplaires voulez-vous imprimer? Généralement en Haïti, cela varie entre 500 et 2000 exemplaires. L'idéal, c'est le choix de 1000 exemplaires parce que, ce qui est paradoxal, il n'y a pas une grande différence entre le prix de 500 et le prix de 1000 exemplaires. Ex: 500 exemplaires pour 1500 dollars américains et 1000 pour 2100 dollars américains. A toi d'en juger...
  8. Le prix est fixé;
  9. La date de livraison;
Remarque: La 37e leçon n'est pas terminée...

Michel Bertrand
Tous droits réservés. 

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Facebook, 12  novembre 2011
38e leçon

Le devoir de l'Imprimerie avant l'impression.

Au cours de la leçon précédente, j'ai laissé voir que l'auteur doit remettre le CD ou le USB à l'Imprimerie. Ce n'est pas un cadeau, l'Imprimerie fera une copie du CD ou du USB et te le remettra tout de suite. 

Avant l'impression définitive de ton roman, l'Imprimerie a pour devoir de te remettre un exemplaire/modèle que tu vas lire attentivement chez toi. Cet exemplaire, c'est le livre(aspect physique) moins la page de couverture.
Pendant qu'il est temps, il faut vérifier l'ordre régulier des chapitres, voir s'il n'y a pas de paragraphes éclatés en plusieurs parties. C'est aussi le moment de porter une dernière correction. Et si finalement tout est correct, l'Imprimerie, pour se protéger, te demandera de signer cet exemplaire . Ta signature apposée au bas de la première page signifie que tu es entièrement d'accord et qu'on peut procéder à l'impression de ton livre. Tu vas attendre deux semaines ou un mois...

A cette phase de voir ton premier bébé naître, l'attente paraît toujours longue. Tu voudras même avoir accès à la cuisine de l'Ímprimerie pour voir comment se fait l'accouchement définitif.

 Michel Bertrand
Tous droits réservés.