vendredi 28 décembre 2007

LE FONCTIONNAIRE DE L’ANNÉE / Lionel Isaac, l’homme de la situation

Source: Le Matin du 28 décembre 2007

Sa voix gronde à travers le téléphone. Presqu’assourdissant. Au bout du fil, sa gêne est palpable à l’annonce de sa désignation comme « fonctionnaire de l’année » par Le Matin. Avec visiblement beaucoup d’efforts, il m’accorde l’autorisation de photographier l’enceinte de l’aéroport et les nouveaux chantiers et la permission de discuter avec ses collaborateurs, en son absence. Le directeur de l’Autorité aéroportuaire nationale(AAN) est à Miami.


Lionel Isaac, ingénieur civil diplômé de la Faculté des Sciences d'Haïti

C’est « une chance » de l’avoir au bout du fil ,car rares sont ceux qui arrivent à lui parler au téléphone. Ne parlons pas de le voir. Généralement, sa secrétaire et son répondeur automatique sont les principaux interlocuteurs des plus têtus. Aussi infranchissables et impassibles que des barrages. Leurs réponses s’égrènent comme des litanies dans un rituel bien rodé: « Il n’est pas là », « Il est en réunion », « Il est en voyage », « Il n’est pas disponible »… Lionel Isaac est une personne rare à trouver ou du moins pour les journalistes. La raison ? Il ne tient pas en place. En fait, il n’a de place que « sur le chantier ». « Il n’est jamais à son bureau, toujours sur le terrain », témoignent ses collaborateurs.L’équipe de Lionel Isaac ne tarit pas d’éloges pour leur directeur général. Elle voit en lui un homme « très simple » qui n’a pas « la grosse tête ». Lionel, comme l’appellent ses collègues, « n’a que deux défauts : il est honnête, il est sérieux », affirme Jean-François Jeanty, le directeur financier de l’Autorité aéroportuaire nationale.

Jeune diplômé de la Faculté des Sciences, Lionel Isaac part en France d’où il reviendra avec une « maîtrise en pont et chaussée ». Nommé une première fois, directeur de l’AAN, il démissionnera en 1991. En 2000, il y revient comme chef de cabinet du directeur général d’alors, Edma Adler. Sa signature marque surtout dans le domaine des infrastructures de l’aéroport, dit-on. En 2004, il est nommé sans surprise directeur général. Le directeur de la sécurité à l’AAN, Serge Simon, lâche : « s’il y avait plus d’Haïtiens placés à ces postes qui soient capables de faire bouger les choses comme lui, le pays serait déjà bien loin ». Pour faire bouger les choses, Lionel Isaac est « l’homme de la situation » : l’aéroport est sur le point de doubler de surface sous sa direction. Pourtant, l’intéressé s’en défend : « Je ne suis pas directeur, je suis fonctionnaire de l’État », dit-il comme pour bien marquer la différence entre le bureaucrate et l’homme de terrain. Lionel Isaac « connaît son domaine. C’est formidable », s’entend-on dire en guise de critique. Côté relation avec ses subordonnés : « chacun a une place dans sa vision d’action ». Très entreprenant, il aime le dialogue. « c’est une exception », disent ses collaborateurs.

L’oeuvre
Un homme, une équipe et un projet commun, l’aéroport international Toussaint Louverture a hérité de tout cela à la fois. Longtemps blacklisté par la TSA (Transportation Security Administration) l’aéroport Maïs gâté, rebaptisé Toussaint Louverture, figurait dans le lot des aéroports les plus dangereux du monde. Une réputation qui a été renforcée après le 11 septembre 2001. Aujourd’hui, le Toussaint Louverture n’a rien à envier aux aéroports de la région, il pourrait même s’enorgueillir de trôner très bientôt parmi les grands. Sous la coupe de son ingénieur de directeur, cet aéroport n’arrête de bouger, de se transformer, de se moderniser. Dernière rénovation, l’installation de nouveaux modules d’embarquement et de débarquement « assortis de passerelles télescopiques ». Une petite révolution, dans l’histoire de l’aéronautique haïtienne. Coût « du confort et de la sécurité » : près de cinq millions de dollars américains des fonds publics, tout de même. Globalement pris en charge par l’AAN.En 2008, les voyageurs ne piétineront plus le tarmac et surtout éviteront inconfort de tout genre par temps de pluie ou par forte chaleur. Comme les aéroports de Paris, de New York, de Miami, le voyageur passera bientôt de l’avion directement à la salle de débarquement par … une passerelle. Vice-versa.

C’est le dernier-né des chantiers du directeur de l’AAN, car à l’intérieur de l’aéroport, les passagers peuvent depuis trois ans profiter du changement : agrandissement de la salle de débarquement, climatisation systématique, balisage et délimitation bien en vue, comptoirs d’immigration multiples installés selon les normes internationales, SAS de sécurité pour les visiteurs, scanner à rayons X… Lionel Isaac et son équipe n’ont pas chômé. Projet après projet, étape par étape, ils courent après leur principal objectif : « avoir un aéroport dont les Haïtiens puissent être fiers ».

C’est à cet homme, ce fonctionnaire que le journal Le Matin décerne cette année sa palme de « fonctionnaire de l’année ». Que cette modeste reconnaissance puisse être un encouragement pour l’équipe de l’AAN dirigée par Lionel Isaac à aller encore plus loin, et à tirer l’aéroport de Port-au-Prince toujours plus haut.
vendredi 28 décembre 2007
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Note du Dr. Pierre Montès:

Avec des hommes comme Lionel Isaac à l'AAN, Guillaume Innocent à l'AAN, Jean Lemerque Pierre à l'OFNAC, Frantz Vérella au MTPTC, tous diplômés de la FDS et assistés d'une équipe d'ingénieurs sortis de la même FDS, on doit s'attendre à de l'excellent travail.

Puissent-ils servir d'exemples aux autres professionnels, tant du secteur public que du secteur privé.

jeudi 27 décembre 2007

Baie de Miragoane, 1977

Baie de Miragoane, 1977


La photo est prise à côté de l'église, sur la colline surplombant le bas de la ville. Au premier plan, on voit un fabricant de blocs de ciment.

Route du Nord, Morne Puilboreau: glissement de terrain - 1979

La photo ci-après montre un tronçon de la route du Nord (Port-au-Prince - Cap-Haïtien) au flanc du morne Puilboreau.
Ce passage était réputé pour sa pente abrupte qui était difficile à gravir par les camions.
Lors de la reconstruction de la route du Nord entre 1974 et 1978, les pentes ont été adoucies selon les règles de l'art (0 % à 8 %): finies les difficultés pour les chauffeurs de camions. Mais, ces améliorations sont obtenues par des coupes de talus de grandes hauteurs au flanc des montagnes traversées. Et il arrive que, parfois, des blocs de roches et de terres glissent le long de ces talus pour venir se reposer sur la route, bloquant ainsi la circulation, un moment et/ou causant parfois des dégâts regrettables en vies humaines.

Éboulement dans le talus de déblai au morne Puilboreau, Nord d'Haïti, 1979


Le camion et les personnes visibles sur la photo (passagers, travailleurs) permettent de se faire une juste idée de la taille des blocs de pierres qui s'étaient détachés du morne Puilboreau.
L'inquiétude était telle dans la région que le ministère des TPTC avait dépêché sur les lieux un professeur, spécialiste de la question, qui travaillait à la Faculté des Sciences; ce spécialiste, n'était autre que moi-même. Dans ces missions ponctuelles, l'ingénieur Marc Jean-Pierre, spécialiste en arpentage et homme de terrain d'un flair remarquable, se faisait un plaisir de m'accompagner. Mes recommandations concernant les éboulements de pierres avaient été faites à cette époque dans un rapport aux TPTC, service de construction et supervision (SCS).
Les techniques de protection des routes contre les éboulements de pierres existent; elles peuvent être très coûteuses. Il est donc difficile de les appliquer à la lettre en Haïti pour le moment.

Haïti, glissement de terrain dans un remblai en craie

La photo Photo ci-après montre le glissement du talus de remblai dû à l'infiltration de l'eau de pluie dans le corps du remblai.
Ce tronçon de route est situé entre Léogâne et Grand-Goâve. Le remblai a été construit en 1976-1977.
Sur la photo, debout, le nommé Ti Juste, un surveillant de chantier des TPTC.

Ti Juste était un homme jovial qui se targuait de ses relations avec les grands hommes du pouvoir de l'époque: politiciens, civils, militaires et macoutes. Les ingénieurs ne s'arrêtaient pas de le taquiner. À mes yeux, il était un enfant innocent quand on le compare aux chimès de Lavalas.

Ti Juste regarde l'ingénieur photographiant le glissement de terrain dans le remblai de craie , entre Léogâne et Grand-Goave - 1978

Une photo du Doyen de la Faculté des Sciences, Maurice Latortue (pont de Momance, 1977)

Le Doyen de la Faculté des Sciences, Maurice Latortue et son épouse Alida Cassagnol Latortue, printemps 1977


Nous sommes dans le lit de la rivière Momance, à l'intersection de cette rivière avec la route nationale # 2, Port-au-Prince - Cayes, plus précisément au niveau des fondations de la culée Sud.
Après avoir battu les pieux en acier devant soutenir la culée Sud, l'un des pieux a été choisi au hasard pour subir un test de chargement, avant de poursuivre avec la construction de la semelle devant coiffer le groupe de pieux et devant recevoir la culée Sud.
Une table d'essai a été érigée pour offrir une réaction au vérin hydraulique placé entre la tête du pieu et la table. Le but de l'essai est de tester si les pieux battus dans le sol pourront supporter efficacement le poids du pont et des surcharges mobiles (véhicules) durant la période de vie utile de l'ouvrage.

Le Doyen, qui passait souvent dans la zone en direction de Léogane, s'était arrêté ce jour-là avec son épouse pour assister à cet essai de chargement inusité.
Sur la photo, de dos, c'est moi; j'étais ingénieur-résident. Sur la photo n'apparaissent, ni l'ingénieur Claude Cantave, ni l'ingénieure Édèle Salvant qui m'assistaient dans la supervision et le contrôle de l'exécution des travaux de construction du pont pour le ministère des TPTC.

Le couple Maurice et Alida Latortue me rappelle un couple canadien que nous connaissons bien: celui de Jean et Aline Chrétien. Jean Chrétien fut Premier Ministre du Canada (1993-2003).

Alida et Aline ont joué, selon moi, un rôle important dans la vie de leurs maris respectifs.
Jean Chrétien a dit d'Aline qu'elle est son "roc de Gibraltar", et je le crois.
Alida aussi était le "roc de Gilbraltar" de Maurice. Le Doyen Latortue est décédé en 1978, peu de temps après avoir été remplacé à la Faculté des Sciences par Monsieur Fritz Pierre-Louis. À la Faculté des Sciences, chacun des étudiants considérait le Doyen Latortue comme leur père: presque tous lui donnaient un baiser sur le front quand ils entraient dans son bureau ou allaient le visiter chez lui à Fontamara. Maurice Latortue est l'un des Doyens-ingénieurs qui ont marqué à tout jamais cette institution (la FDS) que nous devrions aider à grandir pour qu'elle n'ait rien à envier à des institutions soeurs partout dans le monde: tel est mon souhait pour 2008 et les années suivantes.

mercredi 26 décembre 2007

Marcel Paul: un notable de Carrefour Fauché (Haïti) dans les années 1970

De 1975 à 1979, le gouvernement haïtien a reconstruit la route Léogane - Les Cayes.
Les tronçons Léogane - Carrefour Desruisseaux (lot I) et Carrefour Desruisseaux - Vieux-Bourg-d'Aquin (lot II) ont été construits par la firme Sintra inc.; le tronçon Les Cayes - Vieux-Bourg-d'Aquin (lot III) a été construit par Sangamo-Barter; le pont sur la rivière Momance (lot IV), entre Gressier et Léogane, à Brache, a été construit par la firme Melri inc.


Marcel Paul de Carrefour Fauché Haïti (1977)


La supervision des travaux (contrôle de qualité et de quantités) des quatre lots a été assurée par la firme de génie-conseil FENCO ltée, pour le ministère des TPTC.
Le projet comptait environ 22 ponts de portées allant de 12 à 76 mètres et de nombreux dalots et buses; ces ouvrages de drainage des eaux sont communément appelés «ouvrages d'art».
La chaussée comprenait une couche de béton bitumineux de quatre centimètres d'épaisseur reposant sur une couche de base en gravier de bonne qualité de 15 à 20 centimètres d'épaisseur, elle-même reposant sur une couche de fondation en sable et gravier de 20 à 30 centimètres d'épaisseur. L'ensemble (fondation + base + béton bitumineux) forme la chaussée proprement dite.
La chaussée reposait, soit sur un remblai, soit sur un fond d'excavation. Le niveau de la surface supérieure du remblai et du fond d'excavation était calculé de façon à obtenir un profil de route dont la pente fût agréable à gravir par les véhicules (entre 0% et 8%).
Des fossés longitudinaux assuraient, avec les ouvages d'art, le drainage de la route.
De rares firmes haïtiennes avaient obtenu en sous-contrats l'exécution de quelques rares dalots et de la maçonnerie de certains canaux longitudinaux des lots I et II. De mémoire, je cite la firme Westracol, dirigée par un ingénieur haïtien et un ingénieur d'origine israélienne du nom d' Amos Zusmanovich.
Certains des ponts du projet étaient fondés sur pieux. L'installation des pieux des ponts sur pieux des lots I, II et IV a été exécutée par la firme spécialisée Franki Canada.
Le responsable de Franki sur les chantiers était Monsieur Marcel Tremblay: un homme sérieux et compétent.
La photo ci-dessus montre en arrière-plan la grue utilisée par Franki pour le battage des pieux en acier de type H (12BP53 ou 12BP74), ou pour l'installation des pieux de type Franki.
Quand Marcel Tremblay exécutait ses contrats d'installation de pieux pour un projet de pont donné, la surveillance de son matériel, la nuit, était assurée par Marcel Paul (voir photo ci-dessus).
Marcel était toujours en vert olive, le petit révolver à la ceinture, discrètement.
C'était la force tranquille.
Il demeurait à Carrefour Fauché, près de la rivière Lavange.
Marcel Paul (l'haïtien), en matière de sécurité (plus exactement de sûreté), était l'homme de Marcel Tremblay (le québécois/canadien).
Marcel Paul avait une petite équipe pour l'aider dans son travail à temps partiel.
Marcel Paul me paraissait plus un chef de section qu'un «tonton macoute».
C'était l'autorité à Carrefour Fauché. Il possédait des terres dans la région; ses enfants étaient installés à l'étranger.
Peut-être n'a-t-il jamais voyagé; ou a-t-il peu voyagé ?
Je crois qu'il est mort dans des circonstances obscures vers la fin des années 1970, au cours d'une sortie nocturne d'une bande de rara dans laquelle il avait pris part: c'est ce qu'on m'avait rapporté.
Pour moi, qui ai travaillé sur deux ou trois projets avec les deux Marcel, ils étaient deux gentilshommes. Marcel Tremblay est peut-être encore en vie, je ne le sais pas.

dimanche 23 décembre 2007

Chanson de Noël: Les Douze Jours de Noël / The Twelve Days of Christmas

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Les Douze Jours de Noël
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Le 1er jour de Noël mon amour m'a donné
Un gros messe de poutine râpé (1)
Le 2ieme... 2 becs toute mous pis (1)
Le 3ieme... 3 six pack frettes (2, 1)
Le 4ieme... 4 harengs fumés (3,2,1)
Le 5ieme... 5 pets de sœur (4,3,2,1)
Le 6ieme... 6 gros homards (5,4,3,2,1)
Le 7ieme... 7 rapures molles (6,5,4,3,2,1)
Le 8ieme... 8 morues sèches (7,6,5,4,3,2,1)
Le 9ieme... 9 dîners bouillis (8,7,6,5,4,3,2,1)
Le 10ieme... 10 gros bous coqs (9,8,7,6,5,4,3,2,1)
Le 11ieme... 11 poutines à trous (10,9,8,7,6,5,4,3,2,1)
Le 12ieme... 12 beaux maquereaux (11,10,9,8,7,6,5,4,3,2, 1, 1, 1)
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The Twelve Days of Christmas
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On the first day of Christmas my true love sent to me,
A partridge in a pear tree.
On the second day of Christmas my true love sent to me,
Two turtle doves
and a partridge in a pear tree.
On the third day of Christmas my true love sent to me,
Three french hens
Two turtle doves,
and a partridge in a pear tree.
On the fourth day of Christmas my true love sent to me,
Four calling birds
Three french hens
Two turtle doves
and a partridge in a pear tree.
On the fifth day of Christmas my true love sent to me,
Five gold rings
...
and a partridge in a pear tree.
On the sixth day of Christmas my true love sent to me,
Six geese-a-laying
...
and a partridge in a pear tree.
On the seventh day of Christmas my true love sent to me,
Seven swans a-swimming
...
and a partridge in a pear tree.
On the eighth day of Christmas my true love sent to me,
Eight maids-a-milking
...
and a partridge in a pear tree.
On the ninth day of Christmas my true love sent to me,
Nine ladies dancing
...
and a partridge in a pear tree.
On the tenth day of Christmas my true love sent to me,
Ten lords-a-leaping
...
and a partridge in a pear tree.
On the eleventh day of Christmas my true love sent to me,
Eleven pipers piping
...
and a partridge in a pear tree.
On the twelfth day of Christmas my true love sent to me,
Twelve drummers drumming
...
and a partridge in a pear tree.

mardi 18 décembre 2007

L’architecte Oscar Niemeyer fête son centième anniversaire

Sources: Reuters, Le Monde et Le Matin

RIO DE JANEIRO (Reuters) - L'architecte brésilien Oscar Niemeyer (1) a célébré samedi son centième anniversaire en compagnie de sa famille et de ses amis, dans sa Casa das Canoas, l’une de ses créations, à Rio de Janeiro. « Je suis comme tous les êtres humains (...) J’ignore pourquoi je vis si longtemps », a-t-il déclaré à la presse, dégustant une coupe de champagne en fumant une cigarette. (.)

Toujours actif à Rio, où il est né le 15 décembre 1907, Niemeyer travaille dans un bureau donnant sur la plage de Copacabana. En 2006, il a épousé sa secrétaire, Vera Lucia Cabrera, en secondes noces. Père d’une fille unique, il a plusieurs petits-enfants et arrière-petitsenfants.Connu pour les courbes que le béton lui a permis de réaliser, Niemeyer a notamment conçu de grands équipements publics à Brasilia (cathédrale, Congrès, ministères), la résidence Copan à Sao Paulo et un musée d’art contemporain en forme de soucoupe volante à Niteroi, en face de Rio.On lui doit aussi un centre culturel en forme d’œil à Curitiba, le Sambodrome qui accueille le carnaval annuel de Rio et le parc Ibirapuera de Sao Paulo.

Durant la dictature militaire (19641985), l’architecte a vécu en France, où il a réalisé de nombreux projets. Outre le siège du Parti communiste, place du Colonel Fabien à Paris, on peut citer la Bourse du travail de Bobigny et la Maison de la culture du Havre.Dès 1952, il a contribué avec Le Corbusier à la construction du siège de l’Onu, à New York. Au nombre de ses réalisations à l’étranger figurent également le siège de la maison d’édition Mondadori, à Milan, et un musée à Caracas.

Niemeyer est un ami du dirigeant cubain Fidel Castro, qui l’a longtemps ravitaillé en cigares. C’est aussi un fervent partisan du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et du Vénézuélien Hugo Chavez, auquel il a promis cette année les plans d’un monument au héros sud-américain Simon Bolivar.

L’un de ses plus récents projets est un centre culturel à Aviles, son premier ouvrage pour l’Espagne. Il compte aussi se charger de la rénovation du Palacio do Planalto, le palais présidentiel de Brasilia.

Version française Jean-Philippe Lefief


Le Matin du lundi 17 décembre 2007
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(1)
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http://fr.wikipedia.org/wiki/Oscar_Niemeyer
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http://en.wikipedia.org/wiki/Oscar_Niemeyer
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lundi 17 décembre 2007

Livres: suggestions de Pierre pour des cadeaux de fêtes de fin d'année

Certains savent déjà que je suis à la fois un bibliophile et un bibliomane.
Je vais donc me permettre de vous suggérer quelques livres à offrir aux personnes qui vous sont chères. Ce ne sont que des suggestions.
Il s'agit de livres que j'ai lus et que j'aime. La vie et l'oeuvre des personnes concernées dans ces livres m'ont beaucoup marqué. Les domaines touchés sont: la science, la politique, l'art.

1) Le premier livre :

Il s'agit de « Passion politique ». L'auteur n'est nul autre que l'ancien premier ministre du Canada, l'honorable Jean Chrétien. Il est publié chez Boréal.

Éditeur: Boréal (Oct 15 2007)
Langue: French
ISBN-10: 2764605412
ISBN-13: 978-2764605417
Dimensions: 22 x 15 x 3 cm

Ceux qui préfèrent lire l'anglais pourront trouver la version anglaise du livre sous le titre « My Years as Prime Minister».
Category: Political Science
Format: Hardcover, 448 pages
Publisher: Knopf Canada
ISBN: 978-0-676-97900-8 (0-676-97900-9)
Pub Date: October 16, 2007

Le livre est une oeuvre autobiographique. Il couvre la période durant laquelle Jean Chrétien a été premier ministre du Canada (1993-2003).
Bien qu'il traite de politique canadienne en très grande partie, le lecteur y trouvera la perception du monde par l'un de ses plus hauts dirigeants.
C'est un livre que tous ceux qui veulent se lancer en politique devrait lire, qu'il soit canadien, québécois ou un ressortissant d'un autre pays de la planète.

Jean Chrétien n'a rien à envier à Machiavel; et c'est tout à son honneur.

Il y a une page sur Haïti: l'intervention américaine en Haïti en 1994.
Il y a beaucoup de photos aussi; on y voit les présidents des états américains à la conférence de Québec en 2001 (Fidel Castro, excepté; donc on y voit Jean-Bertrand Aristide, malheureusement.)
Pour en savoir un peu plus sur l'homme, en attendant de lire son livre, consultez les liens donnés à la fin du texte (1).


2) Le deuxième livre:

Il s'agit de « Louis Pasteur », de Patrice Debré (en français), Flammarion, 1994.

Il existe aussi une traduction anglaise de Elborg Foster, John Hopkins University Press.
Format:Trade Paperback
Published: October 25, 2000
Dimensions:600 Pages, 6 x 9 x 0 in
ISBN:0801865298

Ce livre présente la biographie du grand homme de science.
C'est un livre que devrait lire tout personne qui fait de la recherche en sciences ou en génie.
Mais la lecture est à la portée de tous.

Voici le commentaire d'un lecteur anonyme sur amazon.com (et je le partage à 100%):
« I found the English translation so interesting that I could not put it down. I wish the book had been available when I started my own education. The author does an excellent job of relating the research of Pasteur to his historical setting. Pasteur was the model scientist and the author reveals this on page after page. This book should be required reading for students interested in any aspect of science. A well-worn copy of this book should be on the shelf of anyone interested in pursuing a career in science. »

Je ne pourrais pas dire mieux, pour avoir vécu des situations similaires à celles de Pasteur dans mes propres recherches, dans un domaine du génie.
Pour en savoir un peu plus sur l'homme de science, en attendant de lire le livre, consultez les liens donnés à la fin du texte (2).

3) Le troisième livre:

Il s'agit du livre « Juste une dernière chose » de Peter Falk.
Ce livre est une oeuvre autobiographique. Il est publié chez Michel Lafond en 2006.
ISBN 2749905729

Il existe une version anglaise sous le titre: « Just One More Thing - Stories from my life».

J'aurais aimé écrire ma biographie comme l'a fait Peter Falk: des textes très courts, beaucoup d'images; et il dit tout ou presque. Le lecteur découvrira l'homme (monsieur Tout-Le-Monde) qui se cache derrière le Lieutenant Columbo, l'enquêteur le plus brillant de la terre.
Il nous montre, dans son livre, qu'il n'est pas différent de nous: rien de ce qui est humain ne lui est étranger.
Pour en savoir un peu plus sur l'homme, en attendant de lire son petit livre, consultez les liens donnés ci-dessous (3).

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(1) Jean Chrétien
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Chr%C3%A9tien
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http://en.wikipedia.org/wiki/Jean_Chr%C3%A9tien

(2) Louis Pasteur
http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Pasteur
//
http://en.wikipedia.org/wiki/Louis_Pasteur

(3) Peter Falk
http://fr.wikipedia.org/wiki/Peter_Falk
//
http://en.wikipedia.org/wiki/Peter_Falk

mercredi 12 décembre 2007

De l'égalité des races humaines: relation masse cerveau vs. stature

Données anthropologiques revisitées...

La figure ci-après provient de l'ouvrage du professeur Pierre Jolicoeur, Introduction à la biométrie, éditions Décarie, 1998. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.






L'analyse du travail de l'éminent homme de science haïtien, Joseph Anténor Firmin, nous amène aujourd'hui, entre autres choses, à reporter les données qu'il rapporte pour les noirs dans "De l'Égalité des races humaines", page 147 et page 157 sur la figure 35.14.2, page 376 de l'ouvrage "Introduction à la Biométrie" du professeur Pierre Jolicoeur, 4e édition, Décarie éditeur, 1998 (QH323.5 J6536, 1998; ISBN2-89137-161-5).

Le professeur Jolicoeur et ses collaborateurs réanalysent les données publiées par Marchand, F. en 1902 dans: Ueber das Hirngewicht des Menschen. Abhandlungen der Königlich Säschsischen Gesellschaft der Wissenschaften, mathematisch-physikalische Classe, 27, 391-482.

Cette analyse est résumée sur la figure 35.14.2 de l'article de Jolicoeur P., Baron, G., Cabana, T. (1988): "Cross-sectional growth and decline of human stature and brain weight in 19 th century Germany", dans: Growth, Development and Aging, 52, 201-206.

Ces auteurs présentent le diagramme de dispersion du logarithme naturel de la stature (en centimètres) et du logartihme naturel de la masse du cerveau (en grammes) chez 699 individus (je précise qu'il s'agit ici de blancs allemands) de sexe masculin dont l'âge postnatal allait de 0 à 83 ans.
Les individus dont l'âge est compris entre 0 et 7 ans inclusivement sont représentés par les points blancs, tandis que ceux dont l'âge est supérieur à 7 ans sont représentés par les points noirs.

L'une des principales conclusions des auteurs est que la croissance pondérale du cerveau s'arrête vers l'âge de 7 ans. Avant la publication de ce travail (avant 1988), les scientifiques croyaient que le cerveau humain continuait à croître jusque vers l'âge de 18 à 20 ans.
Le graphique montre aussi l'importance des soins (au sens créole du terme) à donner à l'enfant dans la période 0-7 ans, de manière que son cerveau se développe physiquement dans les meilleures conditions possibles.

Bien que les données publiées dans l'oeuvre de Firmin ne donnent pas de couples (stature, masse du cerveau) pour un même individu ni pour un même échantillon d'individus de race noire, on peut conclure (conjecture) que ce couple de variables anthropologiques pour des hommes de race noir ne peut se situer que dans le nuage de points noirs obtenus par Jolicoeur et al. pour des hommes blancs.

En effet, à la page 147 de l'ouvrage de Firmin, il est rapporté que la masse moyenne du cerveau d'un échantillon de 141 nègres purs est de 1331 grammes. Le logarithme naturel de ce nombre est égal à 7.19. Bien que le logarithme de la masse moyenne soit un peu différent de la moyenne des logarithmes des masses individuelles, la valeur de 7.19 obtenue doit être assez proche de la moyenne des logarithmes des masses de cerveaux des 141 individus de race noire. En plaçant la valeur de 7.19 sur l'axe des ordonnées de la figure 35.14.2 de Jolicoeur et al. et en menant par cette ordonnée la parallèle à l'axe des abscisses, on observe que cette droite passe à travers le nuage de points noirs et dans la partie supérieure des points blancs.

De plus, à la page 157 de l'ouvrage de Firmin, il est rapporté que la taille d'un échantillon de nègres de Guinée est en moyenne de 1.724 mètres, soit 172.4 centimètres. En prenant le logarithme naturel de 172.4, soit 5.15, et en portant cette valeur en abscisses sur la même figure, on obtient un point à partir duquel on trace la parallèle à l'axe des ordonnées. On constate que cette droite ne traverse que le nuage de points noirs. Encore une fois, l'approximation de la moyenne des logarithmes des statures des individus de l'échantillon par le logarithme de la moyenne des statures ne constitue pas ici une erreur considérable.

On peut donc énoncer ici la conjecture selon laquelle le couple (stature, masse du cerveau) des individus adultes de race noire de sexe masculin correspond à un point situé dans le nuage de points noirs de la figure 35.14.2 de Jolicoeur et al., ce qui va dans le sens de la thèse de Joseph Anténor Firmin: l'égalité des races humaines.

Les experts en anthropométrie pourront venir avec des statistiques plus récentes pour démontrer (ou rejeter) la conjecture.

lundi 10 décembre 2007

«Misère crasseuse et richesse sale»

N.D.P.M.

  • 1 acre = 4047 mètres carrés.
  • Domaine de la famille Benetton en Argentine: 400 000 acres ou 1 619 millions de mètres carrés.
  • Ile de La Gonave (Haïti): 750 kilomètres carrés ou 750 millions de mètres carrés.
  • Rapport Domaine famille Benetton sur Ile de La Gonave: 1 619 / 750 = 2,16
  • Réponse à la question de J.M. Bourjolly: Le domaine des Benetton en Argentine représente 2,16 fois l'île de La Gonave !
  • Si l'on considère l'aire fournie par Wikipédia pour l'île de La Gonave, soit 743 kilomètres carrés, ce rapport est de 2,18, ce qui est pratiquement le même.
  • Si l'on compare le domaine des Benetton à l'île de Montréal (500 kilomètres carrés), île que Jean-Marie Bourjolly a déjà découpé virtuellement en morceaux (comtés), le rapport est: 1619 /500 = 3,24.

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Misère crasseuse et richesse sale
Par Jean-Marie Bourjolly
(collaboration spéciale),
Buenos Aires, 8 décembre 2007
Source: Le Matin du lundi 10 décembre 2007


La misère crasseuse, c’est ce que vivent ces gens qui dorment dans la rue, ou encore ce petit garçon au visage sale qui fait à peine cinq ans, que je croise au métro Independencia. Avec un culot qui force l’admiration, il a placé un gobelet juste à côté du guichet à travers lequel on reçoit la monnaie. Impossible d’y échapper. À moins de se durcir le cœur, comme je le fais chaque fois que je vois un enfant en train de mendier. L’envie me prend, à chaque fois, de rosser ses parents. C’est plus fort que moi, je ne peux m’empêcher de le « prendre personnel ». Après tout, ce petit mendiant, ç’aurait pu être moi si – God forbid! – je n’avais pas eu la mère que j’ai eue. Bref, j’étais presque en retard à mon rendezvous avec L., et l’amie tanguera qui m’accompagnait jusqu’à Callao me dit, comme si elle lisait dans mes pensées, qu’elle refuse catégoriquement de donner de l’argent à des enfants. Le petit dégourdi lui demande ce qu’elle est en train de dire de lui, qu’il ne comprend pas. « Je m’exprime en anglais justement pour que tu ne comprennes pas ce que je dis, mi amor! »


La richesse sale – dans le sens de « filthy rich », ou encore: « nèg sa-a gen yon lajan sal ! » – c’est ce que je m’apprête à côtoyer. Mon amie L. est architecte. Elle m’a invité à visiter le chantier d’une maison secondaire – un chalet, quoi ! – qu’elle construit pour un client irlandais; appelons-le Mike. Nous roulons vingt minutes vers le nord jusqu’à San Isidro, le quartier le plus exclusif de la région de Buenos Aires, paraît-il. Une fois sorti de la route principale, on ne voit que des murs. Des murs, des murs et encore des murs. De hautes murailles derrière lesquelles, on présume, doivent se trouver des maisons. À la marina, je fais la connaissance de Mike et de deux autres Blancs, des « just come » visiblement; l’un d’eux tient un chien en laisse. Dans ce qui, de l’extérieur, ressemblerait à un vulgaire – mais immense – hangar, sont entreposés plus de deux cents canots à moteur, nettement alignés en deux rangées le long des murs que l’on a à sa droite et à sa gauche. Ce qui me frappe, c’est de les voir empilés, quatre par quatre, sans se toucher. Un chariot élévateur conduit par un opérateur prend délicatement un canot situé au troisième niveau et roule vers une plateforme où il le dépose gentiment. Celle-ci, contrôlée par un treuil, glisse doucement le long d’un plan incliné. Le bateau de monsieur est avancé. Le tout aura duré peut-être deux minutes. Même pas. Non, je ne vous raconte pas les choses dans l’ordre où elles se sont passées. J’ai saisi le fonctionnement du système d’entreposage au premier coup d’œil, et ne faisant ni une ni deux, j’ai sauté sur ma caméra vidéo, savourant à l’avance le succès qu’auront ces images auprès des étudiants de mon cours de logistique. Las! Sécurité oblige, interdiction de filmer, me dit-on. Excusez! C’est pas tous les jours que j’ai la chance de frotter mes épaules contre celles de la classe ouvrière.


J’essaie de faire le compte de ce que je vois. Deux hangars, celui que je viens de décrire et un autre, pour des canots de huit places ou moins; et puis, amarrés le long des quais, des bateaux, des gros bateaux, des centaines de gros bateaux, des gros bateaux à droite, des gros bateaux à gauche, des gros bateaux partout. Des bateaux immaculés, bien attachés, parfois recouverts d’une bâche. Un ensemble rigoureusement ordonné. Comme les pierres tombales d’un cimetière bien entretenu. Mais alors que nous sortons de la marina, nous rencontrons un vrai cimetière celui-là, vilain dépotoir de sacs et de bouteilles de plastique vides et autres déchets non bio-dégradables. Richesse sale : au sens propre, cette fois. Nous naviguons sur un bras du Paraná, qui va se jeter dans le Rio de la Plata. Mike s’est étendu à la proue de son canot automobile; le voilà donc en compagnie de son chien, de ses invités, de son architecte, du mari et de l’ami de son architecte, et de son pilote. Il a fait l’acquisition du lot le plus étendu d’une île vierge de quatre-vingts hectares divisée en une trentaine de propriétés. En vertu du règlement de copropriété, on ne pourra construire qu’une maison sur chacune d’elles.


Après une vingtaine de minutes de navigation, nous accostons derrière un bateau à fond plat qui sert au transport des matériaux. Ce que de prime abord je prends pour la maison en construction n’est que l’aire à barbecue. Heureusement que je n’ai pas ouvert la bouche. La structure de la maison à deux étages sur pilotis est ceinturée d’un plan incliné en bois : une image qui me fait penser au chantier de construction des pyramides dans Astérix et Cléopâtre.


Une grande maison préfabriquée pour loger la dizaine d’ouvriers qui passent la semaine sur le chantier. Du linge qui sèche au vent, de la viande sur un feu de bois. J’écoute d’une oreille distraite le babillage des invités de Mike : un Suisse qui veut tout visiter, tout voir, tout acheter; un Américain qui vient d’ouvrir une antenne de son business à Buenos Aires et cherche une propriété où son représentant pourra recevoir (« entertain ») ses importants clients. Je regrette de n’avoir pas pris avec moi le livre de Hannah Arendt que j’ai commencé à lire dans l’avion.Mike s’amuse à lancer une bouteille de plastique à l’eau. Quand le chien la lui ramène, il s’ébroue et nous éclabousse. Son maître s’en réjouit. Le sale con ! Les autres semblent s’en amuser. Je me retiens pour ne pas éclater.


Nous faisons le tour de l’île et accostons à l’autre bout, pour visiter une espèce de maisonmodèle. Pour ceux qui ne veulent pas avoir recours à leur propre architecte, comme l’a fait Mike. Grosse cabane. Deux chambres à coucher, deux immenses salles de bain, deux toilettes plus petites. Je ne peux m’empêcher de penser que cela fait beaucoup de bols de toilette par paire de fesses. Derrière la cuisine, une chambrette et une toilette minuscule : les quartiers de la bonne. Pendant que je jauge la pièce du regard, Mike se met à l’arpenter, et je l’entends s’écrier : « Il n’y a pas de place ici pour un lit! Si on essaie d’en placer un dans le sens de la longueur, la porte de la cuisine ne s’ouvrira pas. Dans le sens de la largeur, il faudrait l’enjamber pour entrer dans la toilette. Quand ils passeront une annonce pour une bonne, faudra surtout pas qu’ils oublient de préciser : réservé aux naines. » Il a l’air sincèrement scandalisé.


J’éprouve un mélange de sentiments qui me donne une impression de déjà vu. Où donc, et quand, ai-je vécu une scène semblable ? Cette interrogation me poursuit toute la journée. Et ce n’est que dans mon lit, après une nuit de tango, que la mémoire me revient. Dans « Mr. Know-All », une nouvelle de Somerset Maugham, le narrateur est profondément irrité par l’attitude d’un compagnon de voyage en bateau, un monsieur-je-sais-tout qui met son nez partout, a une opinion éclairée sur tout, a tout vu, tout analysé, tout compris. Personne d’ailleurs ne peut l’encaisser tant il est imbu de son importance. Un soir, au dîner, en raison d’une violente altercation avec un autre voyageur et un pari sur la valeur du collier de perles que porte la femme de celui-ci, Mr. Know-All se trouve placé devant un dilemme : avoir le dernier mot et compromettre la jeune femme aux yeux de son mari et des autres passagers, ou perdre la face et cent livres, une somme importante après la guerre. Après un moment d’hésitation, il choisira, lui le négociant en perles, de passer pour une grande gueule qui n’y connaît rien. Et le narrateur de dire quelque chose comme : « I began to like Mr. .... ». Voilà qui illustre parfaitement la puissance de la littérature et le talent de l’extraordinaire écrivain qu’était Somerset Maugham. Car, au fond, l’art du conteur n’est-il pas de faire naître chez le lecteur ou l’auditeur les émotions mêmes qu’il aurait ressenties s’il avait été témoin direct des faits rapportés? Et au-delà de leur spécificité anecdotique, ces deux histoires n’ont-elles pas en commun quelque chose d’essentiel? « Thème », dit l’écrivain; « modèle », dit le mathématicien. Ils me font marrer ceux-là qui pensent que les mathématiques et la littérature sont des disciplines opposées, voire contradictoires.


J’entendais ce que disait Mike et à sa voix se superposait celle d’un architecte haïtien de mes amis. (Décidément, qu’est-ce que j’ai avec les architectes aujourd’hui ?) Il avait reçu d’un de nos nouveaux riches, grand mangeur avant la lettre, le mandat de lui construire une maison. Le bonhomme l’avait mené devant la maison d’un autre nouveau riche-grand mangeur et lui avait dit: « J’en veux une plus grosse ». « Et le budget ? » « Qui te parle de budget ? Une plus grosse, je te dis ! » Et quand vint le moment de discuter d’organisation de l’espace, mon ami s’entendit répondre: « Les dépendances? Quelles dependences ? Tu ne peux pas fouiller un trou sous la maison pour mettre ces gens-là ? » Ce que dit Mike de la chambre m’a pris de court. Du coup, je me mis à le regarder d’un autre œil, et des détails de ce qu’il avait dit de sa maison, détails que j’avais comme bloqués, me sont revenus. Aménagement paysager naturel. Respecter environnement. Intégration maison à milieu. Ventilation naturelle. Recyclage et traitement déchets et eaux usés. Énergie solaire. Concept de maison dans un arbre. Carte blanche à L. Architecture audacieuse.... Au retour, nous nous arrêtons dans un restaurant champêtre sur une île proche de la marina. Déformation professionnelle ? Sans que je m’en rende compte, mon cerveau tient le compte du nombre de convives et du nombre d’assiettes que la serveuse a apportées. La serveuse répartit les assiettes; quelqu’un en déplace une; elle les réarrange. Nouveau déplacement, nouveau réarrangement. Dans les trois cas, quelqu’un, la même personne, se retrouve sans assiette. Qui est-ce ? Le pilote, à qui Mike avait fait signe de se joindre à nous. Pas grave, elle en apportera une autre, que je me dis, avec cependant un léger doute. Il y a des choses qui se sentent. Le repas arrive, toujours pas d’assiette. C’est seulement quand Mike en fera la demande que l’assiette sera apportée. Une erreur commise de bonne foi ? Peut-être. Mais je ne parierais pas un sou là-dessus. Le pilote travaille tous les jours à conduire les membres de la marina qui en font la demande, et la serveuse le connaît bien. Peut-être sait-elle qu’il n’est pas question pour ceux qui requièrent ses services de manger à la même table que lui; et elle aura agi conformément à ce qu’elle sait. Je m’amuse à jouer avec l’idée qu’en d’autres temps ou en d’autres circonstances, ce n’est pas le pilote qui aurait été privé d’assiette. Oui, j’aime bien Mike. À plus d’un titre.


Si dormir sur le trottoir – parfois à même le sol, comme cela se voit souvent à Buenos Aires – représente le comble de la misère crasseuse (difficile d’imaginer pire), Mike peut aller se rhabiller, rapport à la richesse sale. Selon le magazine Forbes, la famille Benetton (il est aussi question de Ted Turner et d’autres milliardaires) possède la bagatelle de 400 000 acres de terres en Argentine. Petit problème de math : Sachant qu’une acre vaut 0.4047 hectare et que l’île de La Gonâve mesure quelque 750 km carrés, combien de fois peut-elle entrer dans le domaine des Benetton ? La réponse dans le prochain numéro.

lundi 10 décembre 2007

//L'article ci-haut provient du lien suivant
http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=10011
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//J'ajoute le lien ci-après pour vous permettre de vous faire une idée des entreprises Benetton:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Benetton
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vendredi 7 décembre 2007

Léo-Paul Lauzon: «Faut-il baisser la TPS ou l'impôt ? » (*)

Amis et amies internautes,

Cliquez sur l'image pour l'agrandir et lire l'article.
Source: Journal Métro, Montréal, jeudi 6 novembre 2007.


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(*) L'article, ci-dessus posté, provient de la page 46 du journal Métro, disponible au lien ci-après:
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http://metropoint.metro.lu/20071206_Montreal.pdf
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jeudi 6 décembre 2007

Denis Lessard: « Sondage: le PQ prend les devants »

Pauline Marois, Photo PC

« Le Parti québécois de Pauline Marois prend les devants dans la course serrée que se livrent les trois partis politiques depuis les dernières élections générales. Rien n’est joué, mais l’ADQ aurait été reléguée en troisième place si un scrutin avait été tenu cette semaine. »

Lisez l'article et consultez au besoin le sondage CROP en cliquant successivement sur les liens ci-après:

//Article de Denis Lessard
http://www.cyberpresse.ca/article/20071206/CPACTUALITES/71205266/6488/CPACTUALITES/?utm_campaign=retention&utm_source=bulletin&utm_medium=email
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//Sondage CROP-La Presse
http://www.cyberpresse.ca/assets/doc/CP1199126.DOC
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mardi 4 décembre 2007

CONFÉRENCE MONDIALE DES MAIRES / Le ministre Paul-Antoine Bien-Aimé souhaite « un partenariat fort... »

Remarque liminaire du Dr. P. Montès.

On verrait mal qu’un Ministre des Affaires Municipales d’un pays développé soit élu Président d'une Conférence de Maires de différents pays. Mais en Haïti, la Conférnce Mondiale des Maires (CMM), formée des Maires des communes de quelques pays du monde vient de se choisir pour président un Ministre haïtien d’un palier supérieur de gouvernement. Pourquoi n’avoir pas choisi un maire parmi les 140 maires d’Haïti pour remplir cette fonction de président ?

Le ministre haïtien n’est maire d’aucune commune d’Haïti.

Puisse le ministre être le représentant des maires des communes d'Haïti auprès de la Conférence Mondiale des Maires (CMM) et non le représentant du Pouvoir Éxécutif auprès de la Conférence, en attendant que le Pouvoir Éxécutif permette aux communes de fonctionner de façon autonome...
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Source : Le Matin du 3 décembre 2007

Par Marc-Kenson Joseph
jmarckenson@lematinhaiti.com

La 23e Conférence mondiale des maires (CMM), ouverte dans la soirée du 28 novembre au Club Indigo sur la côte des Arcadins, a pris fin ce week-end. Les maires en sont sortis satisfaits. Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-Aimé est élu président de l’organisation. Un honneur pour Haïti. Mais les enjeux sont de taille.zLors de la clôture, au Club Indigo, de la 23e Conférence mondiale des maires, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT), Paul-Antoine Bien-Aimé, a été élu à la tête de l’organisation. Les maires de Carrefour et de Miragoane, en l’occurrence Yvon Jérôme et Franseau Joseph, sont devenus membres du comité directeur. Cette conférence a réuni, à côté des responsables municipaux haïtiens, plus d’une vingtaine de maires de différents pays, dont une délégation de maires des États-Unis.

Aux commandes, le ministre Paul Antoine Bien-Aimé se propose d’aboutir à « un partenariat fort, durable et même structurant avec les communes étrangères » et prône « un véritable débat national » pour doter Haïti d’instruments légaux capables de rendre effective la décentralisation.« On veut un jumelage effectif entre des communes d’Haïti et d’autres pays du monde. Ce ne sera pas des échanges touristiques. On discutera des visions, des options et des buts à atteindre dans le domaine de la décentralisation. Nous sommes sur la voie de la décentralisation à partir du moment où l’on commence à appliquer les prescrits de la Constitution de 1987 », a déclaré le nouveau président de l’organisation de la Conférence mondiale des maires.

Six communes d’Haïti (Cabaret, Marchand-Dessalines, Saint-Marc, Dame-Marie, Fonds-des-Nègres et Milot) ont été inscrites sur une liste de communes à jumeler dans le meilleur délai avec des villes étrangères. Paul-Antoine Bien-Aimé a assuré que le tour des autres communes suivra. Dans le cadre de ce programme, Haïti s’inspirera des modèles de décentralisation de la France, du Mali et du Sénégal. « Ce n’est pas mal de copier sur des modèles efficaces », a estimé un membre de la délégation des États-Unis. Mais « il faudra attendre qu’un comité de suivi soit formé pour arriver à un partenariat effectif », a-t-il avisé.

À en croire le président de l’Association des maires de l’Ouest, Yvon Jérôme, les 600 maires membres de la CMM sont prêts à s’asseoir pour discuter des modalités de jumelage avec les 140 communes d’Haïti. « La conférence est une réussite donc, les résultats ne se feront pas attendre », a-t-il déclaré.

Toutefois, « il n’y a pas encore de villes étrangères ciblées pour le jumelage », a révélé Baunars Charles, maire de Saint-Marc, la ville hôte de la conférence.

D’autres rencontres doivent se tenir sous peu pour des décisions concrètes », a-t-il indiqué, soulignant que des discussions se sont portées sur les opportunités, avantages et faiblesses de plusieurs des communes d’Haïti.

Les maires de Cerca La Soucre, Cerca Cavajal et Maïssade, respectivement Pierre Petrus, Raphael René et Manassé Maxène, font partie de ceux qui croient que cette conférence permet de présenter Haïti sous un autre angle. « Il y aura des débouchés pour les différentes communes. Nous, maires, nous allons faire tout ce qui est en notre possible pour que les membres de nos populations puissent participer à l’élaboration des projets », ont-ils dit. « Après ces discussions, nous avons une autre vision de la décentralisation. Il nous faut maintenant un cadre légal afin de l’orienter et permettre ainsi que la population bénéficie d’un service de proximité », a estimé Franseau Joseph, maire de Miragoane et membre du comité directeur de la Conférence mondiale des maires.

Les travaux en assemblée de la 23ème Conférence mondiale des maires ont été clôturés dans la soirée du 30 novembre. Une visite d’une délégation de 50 personnes devait se rendre, ce week-end, à la Citadelle Laferrière, Milot, pour l’évaluation des opportunités d’affaires offertes par Haïti, notamment dans le secteur touristique.

Les représentants de maires [noirs] du Sud des États-Unis d’Amérique et d’autres membres de délégations étrangères devaient eux se rendre à la Citadelle Henri Christophe selon les explications fournies à AlterPresse par Joseph Anthony DesMaret (originaire d’Haïti), maire adjoint de Spring Valley.

À l’initiative de Johnny Ford, un ancien maire noir américain, la Conférence mondiale des maires a été fondée en 1984. La 23ème édition, tenue en Haïti, a été l’occasion pour le fondateur de cette organisation mondiale de rappeler les principaux objectifs d’une telle initiative : confiance entre maires, libre échange commercial, technologie, tourisme, coopération décentralisée, jumelage des municipalités et la formation des maires.

Soulignons qu’une dizaine de résolutions ont été adoptées sur des sujets divers, notamment sur la question du traitement des immigrants haïtiens.
lundi 3 décembre 2007
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//L'article ci-dessus provient du lien ci-dessous
http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=9869
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lundi 3 décembre 2007

Leslie François Manigat : « c’est ce que j’appelle un risque calculé »


Source: Le Matin du lundi 3 décembre 2007

Leslie François Manigat, faisait partie des leaders politiques en lice pour les premières élections de l’après-Duvalier. Il est l’un de ceux qui, « en regard du contexte tendu » dans lequel ces élections s’annonçaient, avaient appelé le peuple à ne pas aller voter. Le 17 janvier 1988, il a été élu président lors d’un second scrutin boycotté par ses pairs. Ils lui ont toujours reproché d’avoir participé à cette présidentielle. Le professeur, quant à lui, signe et persiste : « Les partis politiques traditionnels ne pensaient rien faire pour arrêter l’armée. Certains préféraient même une intervention militaire américaine. Moi j’avais fait mon choix, il fallait aller aux élections. C’est ce que j’appelle un risque calculé ».

Le leader du RDNP indique que deux situations plaident en sa faveur: la première : « dans la nuit précédant les tristes évènements sanglants que l’on sait et sous le vacarme de la mitraille, Jean Dominique et moi avions eu un entretien sur le vif à Radio Haïti, nous étions d’accord pour faire renvoyer les élections du matin d’après, parce que leur préparation ne leur permettait pas d’être tenues sérieusement sans trop de risques. Nous n’avons pas été entendus et arriva ce qui arriva au matin du 29 novembre. »

La seconde, le boycott des élections visait un seul objectif : faire intervenir l’armée américaine. «Ce que je ne pouvais accepter », indique l’homme politique.

29 novembre 1987 - 29 novembre 2007, vingt ans après, nous publions la « Déclaration du leader politique du RDNP après le 29 novembre 1987 », reproduite dans le tome II de l’« Éventail d’histoire vivante d’Haïti ».

Déclaration du leader politique du RDNP après le 29 novembre 1987

Le Rassemblement des démocrates nationaux progressistes d’Haïti (RDNP) partage la douleur, la consternation et l’indignation de la nation tout entière devant les tueries indiscriminées du dimanche 29 et du lundi 30 novembre qui ont fait une trentaine de morts et plus de 70 blessés, ceci venant après deux nuits de cauchemar pendant lesquelles la mitraille ponctuait les rafales et les détonations pour apeurer une population dont le seul tort était de vouloir voter. Jamais le mépris de la vie ne s’était manifesté avec une telle cruauté depuis le 26 avril 1963.

Face à ce déferlement de violence et aux conséquences politiques qui en ont découlé affectant le processus de démocratisation dans lequel le pays s’était tant bien que mal engagé, le RDNP tient à préciser sa position:

1-Le RDNP condamne tous les actes de violence perpétrés contre les institutions, les stations de radio, les personnes et les biens avec leur triste cortège de victimes qui ont endeuillé tant de familles haïtiennes auxquelles il exprime ses sympathies et ses condoléances. Il demande une enquête sérieuse et des poursuites judiciaires contre les coupables quels qu’ils soient et à quelque bord qu’ils appartiennent. Une fois de plus, le RDNP proteste contre l’impunité dont continuent de bénéficier les crimes politiques en Haïti, et rappelle que la sécurité des vies et des biens est une des principales fonctions du gouvernement dans un pays civilisé. Il faut arrêter et juger les coupables de ces crimes atroces.

2-Le RDNP s’oppose à toute tentative de retour au pouvoir des macoutes ou d’un régime macoutique. Tout en réitérant son offre bien connue de récupérer pour la démocratie les déçus du duvaliérisme, le RDNP a juré, avec le peuple du 7 février 1986, de ne plus jamais permettre au fascisme duvaliérien et à ses sbires d’assauter le pouvoir. Il faut que les choses changent en Haïti. Or, les chances de changement se jouent dans la crise présente. Caveant consules !

3-Le RDNP met en garde contre toute tentative éventuelle d’établir en Haïti, à la faveur de la crise, une dictature nouvelle, civile ou militaire, alors que le peuple haïtien réclame un régime démocratique. Il en appelle à la vigilance et à la solidarité de tous les démocrates, pour que le cours actuel des choses, avec les violations successives de la Constitution qu’il a charriées, ne débouche sur un nouveau pouvoir autocratique. Il faut monter la garde autour de la démocratie menacée pour démasquer les fourriers éventuels d’une dictature de droite.

4-Le RDNP, se rappelant le proverbe chinois selon lequel, en défendant la porte d’entrée contre le tigre, il faut veiller à ne pas laisser s’introduire la panthère par la porte de derrière, met également en garde contre toute stratégie éventuelle des forces radicales ou extrémistes pour introduire et mettre en place, sur les avenues du pouvoir, les tenants camouflés du marxismeléninisme, partisans en fait d’une dictature de gauche et habiles à exploiter la crise et la confusion qui en résulte. Le peuple du 7 février ne veut ni de l’extrémisme de gauche, ni de ses alliés.

5-Le RDNP est déterminé à faire front contre toute intervention militaire étrangère et à s’opposer à ce que des missionnaires armés, envoyés de l’extérieur, viennent sous quelque prétexte et sous quelque forme que ce soit, fouler le sol sacré de la patrie. Il refusera de collaborer avec tout gouvernement qui arriverait au pouvoir dans les fourgons d’un gouvernement étranger, ou quiconque aurait accepté, voire sollicité, même à titre temporaire, l’occupation du territoire national par une force d’intervention étrangère, unilatérale ou multilatérale. Notre nationalisme est une position de principe non négociable et incontournable.

6-Pour sortir de la présente crise, le RDNP n’estime heureusement pas avoir à choisir entre Pinochet, Staline ou Quisling. Fidèle à sa vocation unitaire et rassembleuse, et soucieux de reconstituer l’unité nécessaire de la famille pour la reconstruction nationale, il est disposé à collaborer avec tous les démocrates et patriotes de ce pays, en vue de trouver une solution concertée, démocratique et haïtienne, pour relancer et mener à son terme le processus de démocratisation après le recul que celui-ci vient de connaître.

Le RDNP réaffirme sa foi inébranlable dans les élections comme seule issue démocratique à la situation de transition et de crise politique que vit le pays, mais estime que les élections, pour être valides, ne peuvent avoir lieu que dans des conditions d’organisation adéquates et dans un double climat de sécurité et de confiance pour garantir la liberté, la sincérité et l’honnêteté, ce qui n’est pas le cas dans la situation présente qui, de ce fait, ne doit plus durer. L’intérêt du pays doit prévaloir et les changements désirés et nécessaires doivent enfin se réaliser. Le pays l’exige pour avoir fait le 7 février. Le peuple le mérite pour avoir tant souffert.

Port-au-Prince, le 30 novembre 1987

lundi 3 décembre 2007

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Chronologie post Duvalier 1986-1987

Source: Le Matin du lundi 3 décembre 2007

1986
15 février: la dissolution du Corps des Volontaires de la sécurité nationale (les Tontons Macoutes), la milice duvaliériste

25 février : Réhabilitation du drapeau bleu et rouge

Mars : Pression accentuée sur le Conseil national de gouvernement (CNG) pour qu’il accélère la «déduvaliérisation» et des réformes dans l’administration

20 mars : Démission de Gérard Gourgue du CNG

21 mars : Recomposition du CNG. De cinq membres (3 militaires et 2 civils), il passe à trois (2 militaires et 1 civil)

23 avril : Des milliers de personnes manifestent devant la prison du Fort-Dimanche, manifestation réprimée dans le sang. Quatre personnes tuées par électrocution.

Juin : Publication d’un calendrier de la transition dont les principales étapes sont :
-formation d’une Assemblée consultative auprès du CNG
-élaboration des décrets sur le fonctionnement des partis politiques
-élection d’une Assemblée constituante-élections générales le 29 novembre
-installation du président élu le 7 février 1988

18 septembre : Attaque d’un poste de police à Cité Soleil par des inconnus, un sergent est tué, un autre soldat est blessé. Des armes sont emportées. De nombreuses arrestations sont effectuées par la police, dont celle d’un dénommé Charlot Jacquelin, un moniteur d’alphabétisation lié au secteur des Ti Legliz. On ne retrouvera jamais sa trace

19 octobre : élection de l’Assemblée constituante (4 % d’électeurs)

7 novembre : gigantesque manifestation de protestation contre l’armée et les duvaliéristes. 200 000 personnes, dit-on, dans les rues de Port-au-PrinceDécembre : ouverture des travaux de l’Assemblée constituante

1987
29 mars : référendum populaire sur la Constitution, massivement approuvée par 1 600 000 voix .

29 avril : entrée en vigueur de la Constitution de 1987

22 juin :
1) Grève déclenchée par la Centrale autonome des travailleurs haïtiens (CATH) dénonçant l’aggravation des conditions de vie de la population.
2) Répression : mise à sac du local de la CATH, arrestation des leaders syndicalistes, dissolution de la CATH.
3) Promulgation du décret électoral du CNG réduisant à néant les prérogatives constitutionnelles du CEP.

29-30 juin :
1) Grèves et manifestations de protestation de l’opposition acculent le CNG à libérer les syndicalistes emprisonnés et à rétablir la CATH.
2) Ce 30 juin, le chef du gouvernement provisoire, le général Henry Namphy s’adresse à la nation. Il offre à l’opposition et au CEP d’ouvrir des discussions sur les modifications à apporter au décret électoral.
3) En réponse, Mgr Willy Romélus lance le mot d’ordre du «Rache Manyòk», appuyant de son autorité la revendication de la démission du CNG.

Juillet :
1) Dès le 2 juillet, les manifestations reprennent avec force et s’étendent aux grandes villes du pays jusqu’à la fin du mois.
2) La répression est sévère (une trentaine de tués et plus d’une centaine de blessés).
3) Massacre de paysans de la région de Jean-Rabel (environ 300 victimes).

Août :
1) La tension est vive dans le pays. Les ténors duvaliéristes affirment leur détermination, avec force menaces, à participer aux élections.
2) Création le 22 août du Front national de Concertation à l’initiative de 57 organisations politiques et associatives

Octobre :
1) Désignation de Gérard Gourgue comme candidat du Front national de concertation (FNC) à la présidence.
2) Au cours de ce mois, plusieurs candidatures duvaliéristes à la présidence se déclarent. Les prétendants, dont Clovis Désinor et le général retraité Claude Raymond, mènent campagne.

24 novembre : Des brigades de vigilance s’emparent de quatre « terroristes » opérant à Cité Soleil et à Carrefour-Feuilles. En réponse, le ministère de l’Intérieur interdit les brigades.

29 novembre : Journée électorale.-Intervention intempestive de militaires et de civils armés dans les bureaux de vote. -Massacre de la Ruelle Vaillant -Opérations électorales annulées-Bilan mitigé d’une centaine de victimes
lundi 3 décembre 2007

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INTERVIEW / Gérard Gourgue : 29 novembre 2007 « le glas de la démocratie avait sonné »

Propos recueillis par Marc-Kenson Joseph

Me Gérard Gourgue, 80 ans, est un ancien membre du Conseil national de gouvernement (CNG) créé après la chute de la dictature de Jean-Claude Duvalier en février 1986. Président fondateur de la Ligue haïtienne des droits humains, qui s’était élevé contre la dictature dès 1978, Me Gourgue avait démissionné avec fracas du CNG le 19 mars 1986, en désaccord avec les méthodes des militaires. Candidat au scrutin du 29 novembre 87, il affirme que « la chaîne démocratique a été brisée» lors des événements macabres de la journée.

Où étiez-vous la semaine d’avant le 29 novembre 1987 ?Vous savez, étant candidat, je parcourais toutes les villes du pays. Une semaine avant la date butoir, je regagnais Port-auPrince. Le 29 novembre, j’étais chez moi en compagnie de ma femme et de mes enfants.

Quelle était alors votre lecture de la situation ?Il fallait tout faire pour que Gérard Gourgue ne remporte pas le scrutin de novembre 1987. Je me demandais quelle était cette hystérie, je représentais l’espoir et j’allais gagner. On a brisé la chaîne démocratique. Cette chaîne ne sera jamais rétablie. Je n’aime pas réveiller le chat qui dort, ni patauger dans toute cette puanteur… Près d’une semaine avant l’élection, on assistait déjà à l’opé-r ation du 29 novembre. On tirait à blanc de partout, on avait incendié le magasin d’Emmanuel Ambroise, des menaces étaient proférées sur les ondes, etc. Dans la nuit du 28 au 29, aux environs de 2 heures du matin, un milicien avait lancé une grenade meurtrière qui avait détruit un pan de mur de notre résidence. C’était une nuit de bombardement.

Je crois que c’était un petit règlement de compte. En 1986, j’étais sorti du Conseil national du gouvernement (CNG) par la grande porte et décidait de rentrer, démocratiquement, de la même façon. Les kakis (militaires hauts placés) étaient mé-c ontents. D’ailleurs, j’ai démissionné parce que j’étais en désaccord avec leurs méthodes. Mais il y avait aussi des signes avant coureurs. Moi, je m’étais opposé aux articles 15 (portant sur la double nationalité) et 291 (portant sur les néo-duvaliéristes) de la Constitution de 1987. Il ne fallait pas écarter les néo-duvaliéristes de la course électorale. J’en avais parlé au président du CEP d’alors. En vain.

Quelles ont été les conséquences de cet acte barbare ?Les maillons démocratiques ont sauté. Le glas de la démocratie a sonné. La porte était grande ouverte pour les coups d’État ; ceux de Namphy, Prosper Avril et compagnie. Il y a eu un frein avec l’arrivée d’Ertha Pascal-Trouillot au pouvoir. Mais cela a repris avec la venue du révérend Aristide 1991, le coup du général Raoul Cédras. Un sergent a renversé un maréchal et un maréchal a renversé un général.20 ans après ?

C’est le titre d’un roman d’Alexandre Dumas. On a connu 20 ans de sang, de ruine. Des leaders sont morts. Notre feu ami Sylvio Claude est mort, lui, dans des conditions atroces, Louis Déjoie, Thomas Désulmé... Je suis un rescapé. 20 ans après, c’est une autre génération. Je ne crois pas que ces choses arriveront encore. Haïti a besoin de souffle pour entrer dans la modernité.
lundi 3 décembre 2007

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Victor Benoît : « Un rendez-vous démocratique manqué »

Par Jacques Desrosiers
jadesro@lematinhaiti.com

« Un rendez-vous démocratique manqué », c’est le jugement porté par le professeur Victor Benoît lorsqu’on lui parle du massacre du 29 novembre 1987. À l’époque, il était membre du Groupe 57 et candidat au Sénat pour le département de l’Artibonite.

Le président du parti de la Fusion des sociaux démocrates estime que le pays a, ce jour-là, raté une belle opportunité. À son avis, la dégradation sociale, économique et politique du pays découle de ce rendez-vous manqué.

Victor Benoît admet aujourd’hui que les événements du 29 novembre 1987 et leurs conséquences ultérieures tirent leur origine du manque de maturité politique du secteur démocratique de l’époque : « Nous n’avions pas mesuré toute la profondeur de la capacité criminelle des ennemis de la démocratie ».

Comme signes annonciateurs de ce tragique événement, Victor Benoît note la décision du gouvernement de l’époque, le CNG, à travers le décret de juin 1987, de transférer le mandat de l’organisation des élections au ministère de l’Intérieur dirigé par le Général Williams Régala, et aux commissaires de gouvernement. Le Conseil électoral provisoire était ainsi converti en une simple autorité de promulgation des résultats. Ce qui allait provoquer une grande mobilisation populaire, durant plus d’un mois, avec comme résultat des morts, des blessés, et le retrait par le gouvernement de ce décret.

Comme autres signes prémonitoires, Victor Benoît relève aussi des tirs sur des églises, les incendies du bureau du Conseil électoral provisoire et de l’imprimerie Le Natal chargée d’imprimer les bulletins de vote. Sa propre maison dans l’Artibonite avait été aussi attaquée et il n’avait pu s’échapper que grâce à l’intervention des paysans. Le président de la Fusion note également l’incendie d’un camion, la veille à Frécineau, qui transportait des bulletins à Saint-Marc.

L’échiquier politique de l’époque
En 1987, le secteur démocratique, selon le professeur Victor Benoît, était formé d’organisations politiques, syndicales, religieuses, féminines et paysannes. À l’intérieur de ce secteur, on trouvait plusieurs courants et idéologies comme les tendances libérale, communiste et sociale démocrate. Jean-Bertrand Aristide, à l’époque curé de l’église Saint-Jean Bosco, véhiculait, déjà, des idées populistes. La plus grande force fut le Groupe 57, créé lors d’une réunion organisée au local du collège « Les Normaliens réunis » de feu le professeur Emmanuel Buteau, explique Victor Benoît. Avaient participé à cette rencontre 57 organisations, avec les trois principaux groupes politiques de l’époque, le Konakom, le Panpra et le PNDPH. L’objectif principal : forcer le gouvernement à revenir sur le décret de juin 1987 enlevant au CEP tout rôle réel dans l’organisation des élections au profit du ministère de l’Intérieur. Ce que la coalition de ces forces démocratiques devait obtenir après de longues mobilisations. Ce groupe de pression utilisa par la suite le Front national pour le changement (FNC), en vue de prendre part aux élections avec la candidature de Me Gérard Gourgue. Parmi les leaders de l’époque, on comptait Marc Bazin, Leslie François Manigat, Grégoire Eugène. Les plus populaires furent le pasteur Sylvio Claude et Me Gérard Gourgue. En plus des masses, Me Gourgue réunissait derrière lui une bonne partie de l’intelligentsia de l’époque.

Leslie François Manigat , bénéficiaire du 29 novembre, sans en être l’instigateurSon ascension à la présidence à partir des élections boudées par une grande partie du secteur démocratique qui réclamait le départ des militaires, après le massacre du 29 novembre, fait de Leslie François Manigat le principal bénéficiaire de ces événements. Victor Benoît pense aussi que le professeur Manigat en profita beaucoup. Mais le président du parti de la Fusion des sociaux démocrates s’est gardé de lui imputer une quelconque responsabilité dans le déroulement de ces événements.

Victor Benoît croit plutôt que le professeur Leslie François Manigat se prêta au jeu de l’armée, comme bien d’autres leaders politiques, qui voulait utiliser son aura et son prestige. « Il fut utilisé comme un instrument », dit-il.

Victor Benoît, comme d’autres, n’est pas en mesure de fournir des informations sur le nombre des victimes du massacre du 29 novembre 1987. Cependant, de ce drame il a tiré une leçon : « pour gagner en politique, il ne suffit pas d’avoir raison. Il faut avoir une bonne stratégie.»
lundi 3 décembre 2007

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Alix Cinéas : « ma seule boussole a été mon désir de vivre en Haïti »

Par Nicole Simeon

Dans le bureau de son entreprise de construction à Delmas, Alix Cinéas est redevenu l’ingénieur qu’il est de métier. Peu de ses clients, aujourd’hui, connaissent son passé politique. Et pour cause ! Il évite d’en parler. « Si je devais dire tout ce que je sais sur ce pays et sur ces hommes politiques… je ne devrais plus vivre ici », indique l’ex-membre du Conseil national de gouvernement (CNG) [première version], qui affirme qu’il « n’a qu’une boussole, le désir de vivre en Haïti. »

Ce monsieur, qui aura 74 ans dans quelques jours, n’a pas eu un destin commun. Secrétaire d’État aux Travaux publics sous Jean-Claude Duvalier, il a assisté à son départ. Alix Cinéas représentait avec Gérard Gourgue les deux civils de la première version du CNG. Il en avait lui-même conseillé la formation. Aujourd’hui, il explique : « après trente ans de pouvoir, on devait passer par l’armée, on ne pouvait pas éviter ça. » L’armée d’Haïti, souffre-douleur du pouvoir duvaliériste a tout de suite été considérée comme alliée du peuple à la chute de la dictature. À tort. « Je crois avoir fait mon travail comme j’ai pensé devoir le faire. J’ai commis beaucoup d’erreurs, mais il n’y avait aucun calcul. La première a été de suggérer la formation du CNG. Les hommes que j’avais choisis n’étaient pas les bons. Cela ne m’a pas pris beaucoup de temps pour me rendre compte que je m’étais trompé. »

« Mon seul critère était leur grade dans l’armée, et j’ai eu tort. Contrairement à ce que je pensais, ces hommes ne pensaient pas « pays » et la réhabilitation d’une certaine démocratie. Mais ils pensaient pouvoir », déplore Alix Cinéas.

« Il y a tant de choses à faire dans ce pays, qu’il nous faudrait démarrer. Or, on n’a pas encore commencé », s’indigne l’ingénieur. Retour sur l’histoire : « Il y avait beaucoup de passion tant du côté des duvaliéristes que du côté de l’opposition en 1986, se souvient-il.

Alix Cinéas raconte : « Dans la nuit du 28 au 29 novembre, un ami m’a réveillé pour me demander si j’étais au courant de ce qui se passait, parce qu’il y avait des tirs un peu partout dans le pays. Je n’avais rien entendu ».

« Il me semble que c’était une affaire réalisée par un groupe de militaires décidés. On prétend que les civils étaient des anciens miliciens, commandé par le général Claude Raymond. Claude Raymond n’a ni participé ni fomenté cette affaire et surtout pas tout seul. Néanmoins, jouant son rôle de candidat à la présidence jusqu’au bout, il a donné refuge à des hommes que le lui demandaient.»

« À mon avis, il y avait tellement de passion à l’époque, je me demande est-ce que ces évènements n’ont pas fait l’affaire des candidats ? J’ai eu certaines réflexions de candidats par la suite qui m’ont conforté dans cette théorie ».

Pensezvous qu’un petit groupe d’individus ait pu empêcher la réalisation des élections ? Réponse : « C’était le fait de l’armée appuyée par des étrangers, c’est mon intime conviction ». Selon l’ancien membre du CNG, les tirs de la nuit ont été le fait d’hommes expérimentés et pas seulement de quelques amateurs. « Ruelle Vaillant n’a pas été la cause de l’annulation des élections. La volonté de ne pas les réaliser dépassait la violence enregistrée ce jour-là. »Boudée par tous les partis, à l’exception de ceux de Ronceray, de Grégoire Eugène et de Leslie Manigat, la présidentielle de janvier 1988 a été cautionnée par l’international. Leslie Manigat, « nommé » président, dit-on, par l’armée, ne devait passer que cinq mois au pouvoir.« Manigat a eu un coup d’État à cause de ses maladresses. Il s’est mis à dos la presse, l’église, l’armée qui l’a cautionné et les duvaliéristes. Tout en faisant un discours d’amnistie, il s’est prononcé contre Namphy en le révoquant. Cela ne lui a pas été pardonné ».

Alix Cinéas est diplômé en génie civil en 1958 à l’École Polytechnique d'Haïti. En 1959, il est diplômé en Travaux publics en France. Rentré au pays en 1961, il a travaillé au Département des Travaux Publics jusqu’en 1974. Entre-temps, il a fondé AC Construction, une petite entreprise de génie qui tourne encore sous la supervision de son fils, Philippe. Professeur à la faculté des Sciences de 1961 à 1972. Nommé secrétaire d’État aux Travaux publics et au Transport sous Duvalier, il est resté jusqu’en 84, date à laquelle il a été renvoyé du cabinet de Jean-Claude Duvalier pour être rappelé six mois plus tard. Il assistera à la chute. Il sera un des membres civils du CNG jusqu’en mars 1986, date à laquelle il a donné sa démission.
lundi 3 décembre 2007

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jeudi 29 novembre 2007

PRESSE/ MENACES / Guy Delva : « Ces menaces ne vont pas m’arrêter »

Par Jacques Desrosiers
jadesro@lematinhaiti.com

Environ 20 jours après son départ forcé pour l’étranger, Joseph Guyler C. Delva est de retour au pays. Au cours d’une rencontre avec la presse, hier lundi, le responsable de SOS journalistes haïtiens a expliqué les motifs de son départ.

Joseph Guyler C. Delva a souligné qu’il faisait l’objet de menaces depuis qu’il avait rapporté des informations selon lesquelles un sénateur de la République, le Dr Rudolph Boulos (Nord-Est,Fusion), serait détenteur d’une double nationalité. Une information contre laquelle d’ailleurs le sénateur s’était formellement inscrit en faux. Delva décida de se mettre à l’abri après avoir été poursuivi, le 5 novembre, à Pétion-Ville, par des inconnus au volant de deux voitures. Une « tentative d’assassinat », a-t-il déclaré.

De retour au pays ce lundi, Delva a déclaré : « Ces menaces ne vont pas m’arrêter dans ma lutte pour que justice soit rendue aux journalistes victimes ou assassinés ». Mais il n’était pas en mesure de dire si les menaces persistaient.Toutefois, le responsable de SOS journalistes haïtiens a précisé avoir obtenu des garanties pour sa sécurité. Avant son retour, il se serait entretenu avec le président René Préval, le commissaire du gouvernement près le tribunal civil de Port-au-Prince, Me Claudy Gassant, et le directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), Mario Andrésol.

Dossiers de justice et obstacles
Joseph Guyler C. Delva a profité de sa rencontre avec la presse pour faire le point sur l’avancement, au niveau de la justice, des dossiers de journalistes assassinés, notamment ceux de Jean Léopold Dominique et de Brignol Lyndor.Concernant le dossier Dominique, le juge instructeur Fritzner FilsAimé ferait face à des obstacles pour poursuivre son enquête. Des individus qu’il souhaite entendre refuseraient catégoriquement de répondre à ses invitations. Joseph Guyler C. Delva a informé par ailleurs du report au lundi 10 décembre du procès, à Petit-Goâve, des présumés assassins de Brignol Lyndor.

Sur tout un autre plan, la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) a procédé, jeudi dernier, à l’arrestation d’Aguillard Jean Hughens Adoplh, un technicien de Radio-Télé Ginen. Aguillard serait l’auteur intellectuel de la fusillade, le 6 novembre en cours, contre les locaux de la station à Delmas 31.Réalisateur, Aguillard Jean Hughens Adoplh a été rétrogradé au poste de simple metteur en onde. Furieux, il aurait engagé les services du gang « Base Cameroun ». Camille Marc Calixte, Johnny Carl Stanley et Brunet Mélier ont également été appréhendés dans le cadre de cette affaire. Ces derniers sont par ailleurs accusés de trafic de faux permis de conduire international.
mardi 27 novembre 2007
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Quelques photos d'Haïti et plus...

Amies et amis internautes,

Voici un site Web qui se consacre principalement à l'art haïtien.
Cliquez sur le lien suivant pour y accéder:
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http://www.haitiphotos.com/
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Vous pouvez aussi trouver un lien conduisant à ce site dans la colonne de droite du blog, rubrique "le coin des arts". Je l'y ai placé momentanément.

lundi 26 novembre 2007

LE SILENCE DU 18 NOVEMBRE 2007 : UN COUP MORTEL PORTÉ À L’IDENTITÉ CULTURELLE HAÏTIENNE

Texte soumis par le Dr. Hubert de Ronceray sur Haitianpolitics (26 novembre 2007)
Auteur: Jacques Pierre-Antoine

On ne tue pas un peuple seulement à coups de canon, de pneus incendiaires, de kidnappings, de pillages et de viols. On le tue aussi en détruisant ses racines historiques, ses institutions, son système de valeurs, ses normes, ses symboles. C’est sur la base de sa propre identité qu’un peuple peut forger les éléments de sa croissance et s’ouvrir à des aires culturelles différentes. Celui qui ne respecte pas cette donnée élémentaire ne peut ni comprendre son peuple ni contribuer à son développement.

Le 18 novembre 2007 les dirigeants haïtiens se sont tus. Ils ont ignoré les héros de Vertières qui ont voulu faire de nous des hommes et des femmes à part entière. En fermant ainsi le chapitre le plus glorieux de notre histoire, ils ont fait éclater au grand jour leur haine de l’institution militaire, leur mépris de la dignité et des couleurs nationales, leur mentalité de collabo et d’esclave.

On doit bien comprendre l’état d’esprit de ces nihilistes qui, pour récolter les cendres d’Haïti, ont promené pendant 17 ans la torche incendiaire dans tous les camps et à tous les niveaux. Ils sont convaincus que la médiocrité, le mensonge, la violence aveugle la corruption et la magie noire resteront toujours à leur portée pour mettre à mort la Constitution de 1987 et pérenniser la suprématie de leur tribu primitive.

Haïti est aujourd’hui la plaie honteuse de l’Amérique. Sa capitale offre le spectacle d’un dépôt d’immondices ceinturé de bidonvilles infectes. Son environnement rural méprisé et livré à la déforestation sauvage défie toutes les règles de l‘urbanisme. Les affamés gagnent de plus en plus les rues pour crier leur désespoir. Les cataclysmes naturels accélèrent le temps des inévitables explosions.

De l’extrême droite à l’extrême gauche, le mal haïtien a empiré. Il faut fustiger le silence du 18 novembre 2007 par une culture politique respectueuse de l’identité nationale, armée d’une idéologie du développement audacieuse et vivante, inventive et critique.

Jacques Pierre-Antoine
Japierro@hotmail.com

vendredi 23 novembre 2007

Guy Delva a quitté le pays sous la menace: RSF exprime son inquiétude

Source: Le Nouvelliste du 23 novembre 2007

Reporters sans frontières exprime son inquiétude après le départ forcé, le 9 novembre 2007, du journaliste Joseph Guyler C. Delva, cible de menaces de mort à répétition depuis le 25 octobre 2007.


Joseph Guyler C. Delva, président de la commission
chargée de lutter contre l'impunité dans les assassinats de journalistes

«Ce départ forcé d'un journaliste connu pour son engagement en faveur de sa profession montre que le combat pour la liberté de la presse reste d'actualité en Haïti. Joseph Guyler C. Delva est obligé de s'exiler trois mois après sa prise de fonction à la tête d'une commission chargée de lutter contre l'impunité dans les assassinats de journalistes. Cet épisode ne pouvait pas plus mal tomber. Nous exprimons notre solidarité à l'égard du journaliste et de sa famille et appelons les autorités à faire très vite la lumière sur les menaces et les intimidations qui l'ont conduit à quitter précipitamment le pays», a déclaré Reporters sans frontières.

Joseph Guyler C. Delva a été pris en filature par des inconnus, dans la soirée du 5 novembre 2007, alors qu'il circulait en voiture à Port-au-Prince. A plusieurs reprises, le journaliste a simulé un stationnement pour s'assurer qu'il était réellement suivi. «Arrivé à une station-service, Joseph Guyler C. Delva s'est arrêté pour faire le plein. A ce moment, les inconnus ont, à leur tour, garé leur véhicule. Certains en sont descendus et se sont dirigés vers sa voiture. Pris de panique, le journaliste est reparti dans son véhicule et est allé chercher de l'aide au commissariat de Pétion-Ville où des policiers l'ont accompagné à son domicile», a expliqué à Reporters sans frontières Jean Wilner Morin, porte-parole de la Commission indépendante d'appui aux enquêtes relatives aux assassinats de journalistes (CIAPEAJ), dont Joseph Guyler C. Delva est le président. Sur les conseils de sa famille, le journaliste a décidé de quitter provisoirement le pays. Il s'est réfugié aux États-Unis.

Destinée à lutter contre l'impunité entourant les principales affaires qui ont endeuillé la presse haïtienne, la CIAPEAJ a été instituée, le 10 août dernier, à l'initiative du président de la République René Préval. Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, les fonctions occupées par Joseph Guyler C. Delva à la tête de cette commission ne seraient pas la seule raison des menaces dont il est l'objet.


Correspondant de plusieurs médias étrangers à Port-au-Prince, dont la BBC et l'agence Reuters, Joseph Guyler C. Delva est aussi l'animateur d'un programme d'actualité de la station de radio Mélodie FM. Il a plusieurs fois évoqué à l'antenne des dossiers sensibles, dont celui d'un sénateur titulaire d'une double nationalité, une pratique pourtant interdite par la Constitution haïtienne de 1987.

Le 25 octobre, Joseph Guyler C. Delva avait été averti à deux reprises sur son portable «qu'il devait faire attention, que l'on savait où le trouver et qu'on allait l'avoir».
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//L'article ci-dessus provient du lien suivant:
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=50969&PubDate=2007-11-23
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MATÉRIELS DU CENTRE NATIONAL D’ÉQUIPEMENTS / « La Cour supérieure des comptes a vendu !»

Par Jacques Desrosiers
jadesro@lematinhaiti.com

« La Cour supérieure des comptes a vendu ! » Tels sont les propos du député de Pétion-Ville, Steven Benoît (Lespwa), jeudi, en marge d’une rencontre entre les commissions Anti-corruption et éthique, Travaux publics et Finances de la Chambre basse et les ministres des Travaux publics, Frantz Vérella, de l’Économie et des Finances, Daniel Dorsainvil, et le responsable de la Direction générale des impôts (DGI), Jean Frantz Richard. Le dossier du Centre national d’équipements (CNE) était au centre des débats auxquels ont également participé les deux sénateurs de l’Artibonite, Youri Latortue (LAAA) et François Fouchard Bergromme (LAAA). Depuis plusieurs semaines, la nouvelle d’une vente à l’encan, peu conforme aux normes, de matériels du Centre national d’équipements (CNE) défraie la chronique. Le ministre des Travaux publics a admis, jeudi, devant les parlementaires, qu’il y a eu une sous-évaluation de ces matériels vendus sous le gouvernement Alexandre/Latortue. Frantz Vérella en a profité pour dénoncer une vieille pratique de dilapidation des biens de l’État. À son avis, c’est un problème qui doit être traité avec beaucoup de sérénité.


Frantz Vérella s’est dit bouleversé par la situation de son ancien collaborateur, Alex Lorquet, directeur du Centre national d’équipements, incarcéré depuis le 12 novembre dans le cadre de cette affaire. Néanmoins, il s’est gardé de juger les pratiques de gestion d’Alex Lorquet durant ces quatre ou cinq dernières années. Comme ministre des Travaux publics, il veut laisser le soin à la justice de suivre son cours.


La DGI se lave les mainsPour sa part, le directeur général Jean Frantz Richard a rejeté toute implication de la Direction générale des impôts (DGI) dans cette affaire. Selon Jean Frantz Richard, la DGI était intervenue seulement au niveau de la vente à l’encan. Il a signalé que l’évaluation des équipements et la fixation du prix plancher ont été effectuées par la Cour supérieure des comptes.


Par ailleurs, la presse locale a rapporté que les avocats et les proches du directeur du CNE, Alex Lorquet, ont indiqué, dans une note de presse rendue publique mardi, que les matériels, en question n’appartenaient pas au Centre national d’équipements. « Aucun équipement, matériel ou engin lourd considéré comme appartenant au CNE et ayant été inventorié officiellement soit en 2004, soit ultérieurement comme bien du CNE, n’a fait partie de la vente aux enchères réalisée en novembre 2005 par la Direction générale des impôts (DGI) », lit-on dans cette note. Clémence Jean Baptiste Lorquet et les avocats Grégory Mayard Paul et Lebon Ciclair, au nom du directeur du Centre national d’équipements incarcéré, ont également rejeté toute implication du CNE dans la vente aux enchères dénoncée aujourd’hui comme irrégulière. « Le seul rôle du CNE a été, le jour de l’inventaire effectué par la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA), d’assister à l’identification des matériels des TPTC jonchant la cour et, ultérieurement, de s’assurer qu’aucun équipement du CNE ne sortait au moment des livraisons aux adjudicataires. »


Possibilité de mise en accusation de la Cour supérieure des comptesLe vice-président de la commission anti-corruption de la Chambre basse ne veut pas lâcher prise. Il projette d’inviter le président d’alors de la Cour des comptes, Julien Simon, à venir s’expliquer au Parlement. En cas de refus de ce dernier, Steven Benoît a annoncé qu’il procédera à la mise en accusation de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif. Évoquant l’éventualité d’une mise en accusation de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, le député de PétionVille, Steven Benoît, s’est référé à l’article 186 de la Constitution. « La Chambre des députés, à la majorité des deux tiers (2/3) de ses membres prononce la mise en accusation: a) du président de la République pour crime de haute trahison ou tout autre crime ou délit commis dans l’exercice de ses fonctions; b) du Premier ministre, des ministres et des secrétaires d’État pour crimes de haute trahison et de malversations, ou d’excès de pouvoir ou tous autres crimes ou délits commis dans l’exercice de leurs fonctions; c) des membres du Conseil électoral permanent et ceux de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif pour fautes graves commises dans l’exercice de leurs fonctions; d) des juges et officiers du ministère public près de la Cour de cassation pour forfaiture; e) du Protecteur du citoyen ».


Autre scandale en perspective : l’affaire de trois chèques, respectivement de 521 000, 130 000 et 11 000 dollars américains, émis pour l’achat de trois dragues pour le compte du Centre national d’équipements. Matériels qui n’ont jamais été livrés au CNE. Le député Steven Benoît a dit attendre des explications des personnes impliquées dans cette affaire.
vendredi 23 novembre 2007
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mardi 20 novembre 2007

Lutte contre la corruption : attention danger

Par Claude Moïse
claudemoise@lematinhaiti.com

Les affaires haïtiennes ne semblent pouvoir évoluer que dans la turbulence. On dirait que pour aborder, régler un problème d’intérêt national, mettre en cause une décision publique contestable ou non, il faut beaucoup de bruit. On se délecte du scandale et on ne peut vraiment opérer que dans le woywoy. Il faudra bien qu’un jour nos anthropologues nous disent s’il s’agit là d’un trait culturel et à quoi tiendrait cette expression de l’idiosyncrasie haïtienne. L’actualité regorge de faits révélés, montés en scandale, qui font les délices de nos échotiers, qui remuent les enceintes du Parlement d’où partent des déclarations enflammées sinon des convocations impératives, qui envahissent les salles de rédaction de nos médias. La vague provoquée par la nouvelle de la liquidation douteuse d’équipements du CNE (Centre national des équipements)ne s’était pas encore retirée que l’on informait de l’arrestation de hauts fonctionnaires de l’APN (Autorité portuaire nationale), dont le directeur général lui-même, pour tentative de vente frauduleuse des biens de l’État. Cette dernière nouvelle est d’autant plus juteuse qu’elle met en scène le commissaire du gouvernement près le tribunal civil de Port-au-Prince dans une opération digne des exploits du commissaire Gassant. En fait, il s’agit de la seule et même personne. S’il ne s’agissait pas de situations à incidences infamantes pour des individus, on se contenterait de sourire de ce qui se rapporte d’une situation rocambolesque à laquelle est associé le chef du parquet de la capitale. Les bulletins de nouvelle font état, sur la foi des déclarations du commissaire, d’une opération au terme de laquelle des responsables de l’APN auraient été pris en flagrant délit de vente d’un équipement de l’entreprise pour une somme dérisoire. Comment se fait-il que M. Gassant se donne à ce point en spectacle alors qu’il devrait s’en tenir à la sérénité et à la rigueur que commande le travail d’un commissaire de gouvernement? Y aurait-il confusion de terme? Même s’il était commissaire de police – quelque attrait que pourrait exercer sur lui cette fonction – M. Gassant serait tenu à la même rigueur, à la même discrétion et au même respect des droits de la personne.

De tous les ragots ou informations multiples que l’on rapporte, il en est resté une impression de confusion. Le fait est que le directeur général de l’APN a été mis en garde à vue durant deux jours, puis libéré sans autre forme de procès, sans que l’opinion en soit informée. Mais le mal est déjà fait. Et dans un milieu prompt à accréditer les accusations au moindre remous, la réputation d’une personnalité est vitement entachée. Il revient au ministre de tutelle, Daniel Dorsainvil, de clarifier la situation et d’accorder aux serviteurs de l’État qui dépendent de son ministère la protection à laquelle ils ont droit s’ils ont été traités indignement au mépris de leurs droits fondamentaux. Une enquête que devraient commander les ministères des Travaux publics et des Finances est nécessaire.

Il ne manquerait plus que cela, que des organismes des pouvoirs publics, par des actions inconsidérées, menacent le lien de confiance qui doit exister entre les fonctionnaires de l’État et les citoyens. À ce rythme, il deviendra encore plus difficile de recruter des gens honnêtes et sérieux pour assumer les lourdes responsabilités de l’Administration publique alors que des offres alléchantes sur le marché de l’emploi international attirent les compétences. Il me semble que le président de la République n’a rien voulu dire d’autre lorsqu’il est intervenu à la défense du ministre de la Culture, Daniel Élie, malmené par les députés. Si M. Préval n’a rien pu faire contre la sanction parlementaire qui a frappé Daniel Élie, il peut sauvegarder ce qui relève de son autorité et donner des directives au gouvernement pour que les fonctionnaires soient traités avec tous les égards dus à leur mission.

Certes, il faut lutter contre la corruption et M. Gassant fait sa part. Mais ses méthodes posent problème. Les arrestations en pleine nuit sous couvert de flagrant délit, le recours à la publicité tapageuse, les menaces dont on dit qu’il est coutumier entretiennent la suspicion sur les motifs de telles opérations et font douter de l’efficacité de la lutte contre la corruption. Certes, les citoyens ne peuvent qu’approuver toute politique tendant à contrer les méfaits des corrupteurs, comploteurs et autres trafiquants qui dilapident le bien public et menacent l’intégrité de l’État. La police doit être bien formée à cette tâche et la justice, sur le rapport motivé des organismes spécifiquement désignés pour cette mission (ULCC, Ucref, Cour supérieure des Comptes), doit procéder avec célérité et sévérité, s’il le faut, mais sans précipitation ni légèreté. Il ne suffit pas que justice soit rendue, clame-t-on, dans le milieu, il faut qu’il y ait apparence de justice, c’est-à-dire qu’il doit être clair pour tout le monde que les droits des personnes et les procédures judiciaires ont été respectés.

Et il y a plus redoutable encore, c’est que la lutte contre la corruption peut être instrumentalisée par ceux qui grouillent et magouillent dans les lieux stratégiques que sont l’APN, les douanes et autres milieux où les enjeux économiques et financiers sont considérables. Ils ont plus d’un tour dans leur sac et peuvent manipuler de près ou à distance. C’est à ces pièges que sont exposés les responsables – à quelque niveau qu’ils appartiennent – de la lutte contre la corruption.
mardi 20 novembre 2007
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