lundi 26 novembre 2007

LE SILENCE DU 18 NOVEMBRE 2007 : UN COUP MORTEL PORTÉ À L’IDENTITÉ CULTURELLE HAÏTIENNE

Texte soumis par le Dr. Hubert de Ronceray sur Haitianpolitics (26 novembre 2007)
Auteur: Jacques Pierre-Antoine

On ne tue pas un peuple seulement à coups de canon, de pneus incendiaires, de kidnappings, de pillages et de viols. On le tue aussi en détruisant ses racines historiques, ses institutions, son système de valeurs, ses normes, ses symboles. C’est sur la base de sa propre identité qu’un peuple peut forger les éléments de sa croissance et s’ouvrir à des aires culturelles différentes. Celui qui ne respecte pas cette donnée élémentaire ne peut ni comprendre son peuple ni contribuer à son développement.

Le 18 novembre 2007 les dirigeants haïtiens se sont tus. Ils ont ignoré les héros de Vertières qui ont voulu faire de nous des hommes et des femmes à part entière. En fermant ainsi le chapitre le plus glorieux de notre histoire, ils ont fait éclater au grand jour leur haine de l’institution militaire, leur mépris de la dignité et des couleurs nationales, leur mentalité de collabo et d’esclave.

On doit bien comprendre l’état d’esprit de ces nihilistes qui, pour récolter les cendres d’Haïti, ont promené pendant 17 ans la torche incendiaire dans tous les camps et à tous les niveaux. Ils sont convaincus que la médiocrité, le mensonge, la violence aveugle la corruption et la magie noire resteront toujours à leur portée pour mettre à mort la Constitution de 1987 et pérenniser la suprématie de leur tribu primitive.

Haïti est aujourd’hui la plaie honteuse de l’Amérique. Sa capitale offre le spectacle d’un dépôt d’immondices ceinturé de bidonvilles infectes. Son environnement rural méprisé et livré à la déforestation sauvage défie toutes les règles de l‘urbanisme. Les affamés gagnent de plus en plus les rues pour crier leur désespoir. Les cataclysmes naturels accélèrent le temps des inévitables explosions.

De l’extrême droite à l’extrême gauche, le mal haïtien a empiré. Il faut fustiger le silence du 18 novembre 2007 par une culture politique respectueuse de l’identité nationale, armée d’une idéologie du développement audacieuse et vivante, inventive et critique.

Jacques Pierre-Antoine
Japierro@hotmail.com

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